46 - Maurice Robert

Né en 1900 Maurice Robert èpouse en 1925 Germaine Ménard , fille unique du couple Ménard , vigneron à Saint Christophe sur le Nais .


Le sol de Saint Christophe ressemble beaucoup au sol de la vallée de la Loire avec un sous sol calcaire de tuffeau creusé de caves , de l’avis général et de l’avis de Maurice le vin blanc de Saint Christophe vaut bien le Vouvray ou le Montlouis .
Mais la vigne est le domaine du père Ménard , aussi Maurice , installé dans une maison voisine qu’ il aménage , diversifie les activités , et se lance dans le négoce des grains .
La région de Saint Christophe-Saint Paterne n’ est pas à vocation céréalière , pourtant Maurice aménage un stockage de blé en renforçant le plancher au dessus d’ une remise ou est installé le pressoir et des cuves cimentées pour la fermentation du vin .
Maurice est chasseur ,et pêcheur , c’ est sa distraction , et c’est peut-être pour cela qu ‘il achète une petite ferme dans les bois avec un étang : Boisrard .
1938 ,c’est la guerre civile en Espagne , les familles républicaines fuient en France et Germaine recueille Ricardo , jeune espagnol qui apprend vite le Français .

Maurice Robert a vite assimilé la culture de la vigne , les parents de Germaine lui font confiance , et le laisse prendre toutes les initiatives dans la conduite de l’exploitation .

En 1939 , quand la guerre est déclarée avec l’ Allemagne , Maurice qui a participé à la première guerre mondiale , est mobilisé à Tours dans les gardes territoriaux .
C’est pour cela que persuadé que l’ avance des Allemands sera stoppée sur la Loire il conseille à Germaine et Fernande de fuir vers le sud (voir le récit de la débâcle ).
L’ occupation arrive avec son cortège de restrictions . Mais Maurice pratique l’ autosuffisance dans tous les domaines .
Un épisode comique est le logement d’ un officier allemand à la maison , contraint de quitter ses bottes à l’ entrée de la maison , germaine se fichant de lui en permanence et fouillant sans vergogne dans ses papiers .
Maurice diversifie encore les cultures et remet en service le moulin de l’ Image sur la route de Saint Paterne .
Avec l’ aide du charron de Saint Christophe il reconstruit la roue du Moulin , remet en état tout le mécanisme , et fournit en farine les boulangers environnants .
Maurice et Germaine n’ ont pas d’ enfant , ils adoptent un petit garçon ; Jean .
La vie à Saint Christophe est rythmée par les récoltes et les travaux dans les vignes et les champs : les foins la moisson , les battages , vendanges ,récolte des pommes de terre récolte des noix , ( il faut les casser pour l’ huile ) , taille de la vigne , on tue le cochon au moulin de l’ image ,on produit des pruneaux dans le four du moulin Parmi les cultures insolites de Maurice , la culture du pavot que l’on récolte au sécateur dans le parfum d’ opium .
La vedette de la maison de St Christophe , c’est incontestablement la jument percheronne « Mascotte » , Maurice en est si fier qu’ il prend des paris sur les charges qu ‘elle est capable de tirer : imaginez une batteuse tirée par 3 chevaux dans une montée sévère , les chevaux s’ énervent , dérapent dans les cailloux , le fouet claque en vain , Maurice propose d’atteler la jument seule …et miracle , la batteuse s’ ébranle et roule jusqu’ en haut de la côte !
Pendant la guerre il a fallu ranger la vieille Peugeot ,

Maurice a donc acheté un trotteur , une petite Jument racée , Marquise , capable de parcourir attelée à un cabriolet une distance de 40 km en 3 heures environ .
Marquise a même participé à une course hippique à Neuillé Pont Pierre .
Maurice accueille un jeune parent de la région parisienne , Jean Lenoir qui échappe au STO ( service du travail obligatoire en Allemagne . Il devient le meunier du Moulin de l’ Image , et le restera jusqu’ à sa retraite .
À partir de 1943 , Maurice entre dans un réseau de résistants , il participe à des parachutages d’ armes dont le souvenir tangible est le tissus de nylon des parachutes convertis en corsages pour les dames .
Lors du débarquement des alliés en normandie ils tendent des get-apens aux officiers allemands qui regagnent en hâte leurs régiments en Normandie , Maurice gardera en souvenir une épée d’ apparat d’ officier allemand .
À la libération il participe à la bataille de la poche de Saint Nazaire .
Maurice achète l’un des premiers camion Peugeot sorti des usines après guerre , c’ est ce camion qui permet les premières sorties à la mer , à la Baule et à Tharon sur le lieu des combats de la poche de Saint Nazaire .
Maurice et Germaine adoptent un deuxième enfant : une petite fille Annette , déjà grande .
Germaine adore être entourée de gens , la maison de St Christophe est toujours pleine de parents , d’ amis ….

En 1947 le vin blanc est d’ une telle qualité que Maurice creuse une grande niche dans la nouvelle cave dans le roc pour y mettre des centaines de bouteilles dans le tuffeau .
Mais cependant , Maurice subit de plein fouet la crise de la vente des vins qui n’ ont pas d’ appellation contrôlée , il n’ hésite pas et arrache ses vignes pour planter des pommiers .
Germaine a une cousine Françoise , qui devient orpheline , Maurice et Germaine la recueille et ensuite l’ adoptent .
En 196 , Jean qui effectue son service militaire dans l’ aviation comme pompier de piste , meurt écrasé par un engin qui se renverse lors d’ un exercice .
Maurice , qui n’ est jamais malade , est terrassé par une attaque le
Germaine , lui survivra quelques années et meurt d’ un cancer généralisé .