Passé la frontière Espagnole nous allons suivre la côte nord de l’Espagne , itinéraire qui nous avait été refusé en 1988 lorsque la police nous avait interdit de traverser le pays basque !
Nous faisons escale à Bilbao où , hélas , je n’ai pas d’adresse pour Rencontrer Ricardo qui avait été hébergé par ma tante Germaine Robert , cette tante qui avait dans son grenier des archives de la république espagnole !!!!
Ricardo avait appris le Français ( et ma tante l’Espagnol) et passé le Certificat d’Etudes Primaire en une année !!
Après une marche d’un kilomètre sous le soleil , nous prenons le train pour Bilbao .
Dès notre arrivée sur le port , négligeant les petites rue de la vieille ville , notre regard est attiré par l’édifice incroyable du musée Guggenheim !
La construction du musée a été décidée par le gouvernement basque et le gouvernement de Biscaye afin de donner une image à la région et à la ville, qui, après avoir été plongées dans un marasme économique dû à la reconversion de l’industrie lourde, se relevait grâce aux importants investissements réalisés par la région lors du plan Bilbao Ria 2000 .
Le coût du musée, financé par la “Diputación” de Biscaye et le Gouvernement Basque a été de 100 millions de dollars, les collections et leur gestion étant de la responsabilité de la fondation Guggenheim. L’ouverture du musée s’est faite le 17 octobre 1997.
Créé par Frank Gehry et son cabinet d’architectes, le bâtiment fut extrêmement novateur dans son approche technologique tant du point de vue de la réalisation des dessins et simulation de la faisabilité des courbes par conception assistée par ordinateur (CAO) grâce aux logiciels informatiques développés par la société Dassault-Systèmes, initialement réservé à l’aéronautique et à l’automobile .
Nous sommes accueilli par le chien de Koons :

Avec Puppy, Koons allie passé et présent, en employant un modèle d’ordinateur sophistiqué pour créer une œuvre qui fait référence à un jardin classique , un chien terrier géant avec sa livrée de plantes en fleur .
Sa taille imposante et échappant à tout contrôle apparent (l’animal continue de grandir et qui mêle l’art de sculpter des arbustes et l’élevage de chiens. Koons a cherché, avec cette sculpture publique, à attirer, à inspirer l’optimisme et à transmettre, selon ses propres mots, « confiance et sécurité ». Puppy est le gardien majestueux et robuste des portes du Musée .
Après le choc de cette « sculpture » végétale nous marchons vers l’entrée du musée dont l’architecture « futuriste » nous fascine .
On est à la limite de l’illusion d’optique car étant incapable d’identifier les matériaux on perd toute référence à une construction « humaine » connue .

La construction du Musée Guggenheim Bilbao se déroula entre octobre 1993 et octobre 1997.
En raison de la complexité mathématique des formes curvilignes projetées par Gehry, celui-ci décida d’utiliser un ordinateur équipé d’un logiciel ultramoderne, CATIA, employé à l’origine dans l’industrie aérospatiale, pour représenter fidèlement son concept de la structure et en faciliter la construction.
Pour le revêtement extérieur de l’édifice, l’architecte choisit le titane, après avoir écarté d’autres matières et vérifié son comportement sur des échantillons placés à l’extérieur de son propre studio.
Ce métal n’est pas un « matériau » courant . En effet il a fallu attendre plus d’un siècle après la découverte du titane par Gregor pour que l’Américain Matthew Albert Hunter, chercheur au Rensselaer Polytechnic Institute à Troy (New York), soit capable, en 1910, de produire du titane pur à 99 %. Les premières obtentions de titane par Hunter ne furent pas suivies du moindre développement industriel.
En 1939, le procédé industriel de production fut finalement mis au point par Wilhelm Justin Kroll, métallurgiste et chimiste luxembourgeois, consultant au Union Carbide Research Laboratory de Niagara Falls (New York) par réduction du chlorure de titane TiCl4 avec du magnésium.
C’est donc un exploit technologique que la finition des près de 33.000 fines plaques de titane qui aboutit à un effet rugueux et organique, auquel viennent s’ajouter les changements de couleur du matériau selon les variations atmosphériques. Les deux autres matériaux employés dans l’édifice, la pierre calcaire et le verre, s’harmonisent à la perfection, formant une création architecturale à grand impact visuel, qui s’érige aujourd’hui en véritable symbole de la ville dans le monde entier.
L’exposition principale est consacrée au peintre expressionniste Clemente qui depuis 1981 est installé à New York .

Ci-contre tableau autoportrait :
Surprenant : le thème de l’exposition du moment est :



Nous ne quittons pas Bilbao sans parcourir les vielles rues du « Casco Viejo ».
Sur la rive droite de la ria , la ville appelée “Casco Viejo”, se consacrait au commerce et aux activités portuaires. Le coeur de ce Casco Viejo était entouré de murailles et formé de trois rues parallèles. Quelque temps plus tard, il fut nécessaire de démolir les murailles et de tracer quatre nouvelles rues perpendiculaires à la ria qui, avec les trois premières, composent aujourd’hui ce que l’on appelle “les Sept Rues”. Depuis 1979, cette zone est piétonne .

Ce sont les problèmes de stationnement dans la ville qui nous feront écourter notre visite .
Notre voyage vers l’ouest nous amène à Santillana Del Mar , qui nous rappelle « Gil Blas de Santillane » roman picaresque de Lesage !! La nécessité le fait valet, puis il passe par tous les degrés de la domesticité qui le mettent à même d’observer de près toutes les classes de la société, dans l’État et dans l’Église. Il est mêlé à des fripons de tout étage et, par contagion de l’exemple plus que par nature, il pratique lui-même la friponnerie, et avec d’autant moins de scrupule qu’elle s’exerce plus en grand !!!
Mais revenons à notre visite « touristique » , et dans cette ville de Hidalgos , nous y trouvons les maisons blasonnées portant des écussons . Le blason de la maison de Hombrones porte la devise « une bonne mort honore toute la vie »


Nous parcourons la rue médiévale « calle Juan Infante » .
C’est pendant le Haut Moyen-âge que commence l’évolution démographique, urbanistique et artistique de Santillana del Mar
Le développement urbanistique autour de ce qui deviendrait la Collégiale de Santa Juliana et tout le long de la rue del Rey, actuellement divisé en rues del Río, Cantón et Carrera. C’est également à cette époque que remonte la création de l’actuelle rue de Juan Infante, qui conduit à la place du marché (aujourd’hui rebaptisée Plaza Mayor),
C’est par hasard que nous apprenons l’existence , près de Santillana des grottes d’Altamira . Dix-sept grottes ornées datant du Paléolithique constituent ce qu’on nomme la grotte Altamira et constituent le summum de l’art rupestre paléolithique du Nord de l’Espagne. L’ensemble illustre l’apogée de l’art rupestre paléolithique qui s’est développé à travers l’Europe, de l’Oural à la péninsule Ibérique, de 35 000 à 11 000 ans avant J.-C. On doit son excellente conservation au fait qu’il s’agit de galeries profondes, isolées des influences climatiques extérieures. Mais nous ne pourrons admirer que des reproductions des peintures .

Mais la région offre d’autres surprises et en particulier , très inattendue une réalisation de l’architecte Catalan Gaudi .
En effet , le Marquis de Comillas , fondateur de la Compagnie de Navigation Transatlantique , demanda à Gaudi de construire un pavillon pour sa fille .
On y voit toute l’imagination géniale de Gaudi :


On ne s’attendait pas à voir une réalisation de Gaudi . En 1883, la réalisation de ce palais de vacances appelé à l’origine Villa Quijano est confiée à l’architecte Antoni Gaudí alors âgé de 31 ans. Gaudí conçoit une villa comportant un sous-sol, un étage principal et un grenier. Il utilise cependant deux autres bâtiments existants sur le site, une serre et un pavillon. Gaudí réalise des plans précis et une maquette du projet dont il confie la réalisation à son ami Cristóbal Cascante.
Cet édifice de conte de fée est combiné de brique, faïences, pierre, tuile et fer forgé, alliant les styles mauresque, mudéjar et oriental, comme Gaudí en a l’habitude dans ses premières réalisations. Le nom Caprice est donné à la maison par analogie avec le genre musical caprice qui recourt à des formes libres, non académique.
Continuant notre voyage le long de la côte vers l’ouest nous découvrons les « Rias » : une ria désigne la vallée non glaciaire d’un fleuve côtier ennoyée par l’élévation du niveau de la mer (ennoyage tectonique ou dû à la transgression flandrienne), l’aber étant plus spécifiquement une ria en entonnoir largement ouverte vers le large ou selon certains géographes une ria caractérisée par un remblaiement alluvionnaire plus important.
La ria possède parfois des îles qui sont les sommets de crêtes partiellement submergées.
La côte à rias est une ligne de côte avec des rias parallèles séparées par des crêtes. Elles ressemblent aux abers bretons .
On a parfois des vues vertigineuses sur la ria :


Mais , dans la campagne nous découvrons les premiers greniers à grains .
Il faut noter l’ingéniosité du systhème anti – rongeur consistant à placer un disque de pierre interdisant l’escalade .
On imagine le rat suspendu par les pattes avant et tentant un rétablissement !! Efficacité garantie .
Tout le long de la route nous admirons la réalisation de ces dispositifs anti-rats .

Toujours en suivant la costa verde au plus près , en empruntant des petites routes nous faisons étape à Gijon .
C’est une énorme ville construite à l’origine sur une presqu’île entre deux baies qui abritent à l’ouest le port ; à droite une plage . Le Camping domine la baie …splendide vue .
La route de la côte nous révèle des paysages magnifiques : le port de Cudilleros , installé dans fracture de la falaise nous attire dans un cul-de-sac somptueux .

Nous passons dans la ville d’El Ferrol , ville natale de Franco ce qui lui a vallu d’être rebaptisée « El Ferrol del Caudillo » de 1938 à 1982 .
Mais quand nous y passons la statue équestre de Franco est toujours en place :

En contournant le vaste golfe d’Ares nous arrivons à La Coruna …la Corogne . C’est une vieille ville aux étroites rues dallées, un centre avec de larges avenues et de beaux immeubles couverts de galerie

s vitrées, un port de plaisance. La cité, bâtie sur une presqu’île, puis sur l’isthme qui la relie à la terre, est toute tournée vers la mer. Elle était déjà prospère grâce au commerce à l’époque romaine. En 1588, son vaste port fut le point de départ de l’Invincible Armada.
En 1589 , le corsaire anglais Drake attaque la ville , les premiers corsaires escaladent les remparts , mais Maria Pita veille , elle renverse l’assaillant et donne l’alerte , la ville est sauvée .
Nous admirons la Plaza Maria Pita entourée sur trois côtés d’édifices à galeries vitrées et sur le quatrième de l’hotel de Ville

Ces galleries typiques de la Gallice sont des balcons fermés par des vitres à petit carreaux situé en avant des fenêtres.

Le portail de l’Eglise Santiago est décoré d’un relief de Saint
Jacques à cheval .
Nous continuons à suivre la côte rocheuse et découpée , ainsi nous arrivons à la Coruna (la Corogne) installée sur un rocher relié à la terre par un isthme étroit .
Tout au nord , face à la mer , se dresse le phare :La tour d’Hercule (en galicien : Torre de Hércules) est un
phare romain situé sur un cap, face à l’océan Atlantique, dominant l’entrée de la ria donnant sur le port de La Corogne, en Galice (Espagne).
Le port antique de Brigantium a été renommé au XIIe siècle Ad Columnam, c’est-à-dire La Colonne ou la Tour (du phare), dont dérive directement le nom actuel de La Corogne (dont la forme galicienne « A Coruña » est le nom officiel en Espagne).
La tour d’Hercule est le seul phare romain — et le plus ancien phare au monde — en fonctionnement de nos jours .
Le port bien abrité accueille une flottille de pêche mais aussi …un paquebot !!!

Plus nous allons vers l’ouest , plus la côte devient sauvage , nous prenons des petites routes…ou plutôt chemin et nous décidons de passer la nuit au dessus de la praya de Traba à Beano

C’est certainement le lieu de camping le plus génial de tous nos voyages ……avec un coucher de soleil !!!!!!!!

Une petite frayeur quand des douaniers espagnols viennent nous demander si on n’a pas vu d’épave sur la plage !
Enfin tout périple terrestre vers l’ouest se termine … au cap Finisterre !

Ce cap entre l’océan atlantique et le golf de Gascogne est balisé par un phare très puissant .

Corcubion : ce qui est amusant c’est que ce cap dirigé vers l’Amérique a été le centre d’une terre d’émigration vers l’Amérique , au cours des cinq cents dernières année , un galicien mâle sur trois a quitté sa terre natale pour l’Amérique du Sud , c’est pourquoi , en Amérique du Sud les immigrants espagnols sont appelés Gallegos .
Nous ne sommes donc pas surpris de voir un monument offert par les Emigrés d’Amérique .

Dans la Ria , nous sommes intrigués par des plate-formes souvent équipées d’une petite cabane .
Les bateaux sont équipés d’un bras hydraulique articulé pour manipuler les sacs de moules .


Nous arrivons au terme de notre « Chemin de Saint Jacques deCompostelle »La cathédrale actuelle est un édifice roman, construit en granit, dont les travaux ont débuté en 1075, avec l’évêque Pélaez, et grâce à l’élan donné par l’évêque Gelmírez, ainsi que le roi Raimond de Bourgogne (v. 1059-1107), époux de la reine Urraque Ire de Castille (1081-1109-1126), ils furent terminés en 1211. La facade principale de la Cathédrale dite de l’Obradoiro (œuvre d’ or)a été construite au début du 18ème siècle dans le style baroque . L’escalier et le perron renferment la vieille cathédrale romane du 12ème siècle .

La légende veut que ce soit un ermite, nommé Pélage (Pelayo en espagnol et galicien), qui vit d’étranges lumières dans le ciel pendant plusieurs nuits, qui illuminaient le bois Libredón. Il en fit part à l’évêque Théodomir, de la ville d’Iria Flavia (près de l’actuelle Padrón), qui vint voir de lui-même le phénomène. Ils trouvèrent sur une colline le tombeau de trois personnes, Saint-Jacques, et ses deux disciples, Théodore et Athanase. L’évêque, décrétant qu’il s’agissait là d’un miracle, en informa le roi des Asturies Alphonse II. Le roi, en venant voir de lui-même le tombeau, est devenu le premier pèlerin de Saint-Jacques de Compostelle. Le roi, bouleversé par une si grande découverte, y fit construire une chapelle, puis, en 829, une première église qui disparurent . Des fouilles archéologiques eurent pour but de retrouver le tombeau « perdu ». En effet, les ossements de l’apôtre avaient été déplacés puis cachés afin de les préserver de périodes perturbées de l’Histoire d’Espagne.
On construisit une nouvelle église, consacrée en 899, ordonnée par le roi Alphonse III , d’Art Asturien, héritier de l’Art Wisigothique. L’église est désormais composée de trois nefs. Cette nouvelle église sera détruite un siècle plus tard, en 997, par al-Manzor, dernier grand leader musulman de tout l’al-Andalus, l’Espagne musulmane. Les portes et les cloches de l’église sont transportées par des prisonniers chrétiens jusqu’à la mosquée de Cordoue. Là-bas, les cloches serviront de lampadaires dans la Grande Mosquée.
Ce funeste évènement pour la chrétienté précipitera la reconquête de la péninsule ibérique. Le statu quo des siècles précédents fut interrompu par al-Manzor, provocant dès lors le ressentiment des chrétiens : il fallait libérer l’Espagne, et protéger définitivement les lieux sacrés .
Calixte II fait de Saint-Jacques-de-Compostelle (dont son frère Raymond de Bourgogne est Roi), une ville sainte du même ordre que Jérusalem et Rome. Il fait construire avec son frère la cathédrale. Il suscite l’écriture du Codex Calixtinus pour assurer la dévotion à l’Apôtre du Christ, St Jacques le Majeur, venu évangéliser l’empire romain jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle, au Ier siècle et dont les saintes reliques reposeront dans la nouvelle cathédrale. Il assure la promotion du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle dans toute l’Europe.
Un groupe sculpté en bois polychrome de Saint Jacques Matamore nous accueille .
« en 844 les espagnols livrent un combat désespéré contre les maures .Soudain apparaît un cavalier monté sur un cheval tenant un étendard blanc frappé de la croix rouge , c’est le tueur de Maures , le Matamore , c’est la reconquête qui commence !!!
C’est à partir de 1882, avec l’impression du dernier Livre du CodexCalixtinus, recueil composé au XIIe siècle, que s’est répandue la notion de chemins de pèlerinage. Ce livre commence en effet par ces mots : « Quatre chemins vont à Saint-Jacques ». Nous prenons place parmi les pélerins pour monter par un escalier situé derrièrel’autel pour embrasser la pélerine du saint éclairée par une lampe en argent offerte par Gonzalo de Cordoba . Je suis un peu inquiet en temps que mécréant de prendre place dans la file des catholiques …mais il ne se passe rien …
Sur la façade de l’Eglise San Martin Pinario nous avons beaucoup de mal à distinguer Saint Martin coupant son manteau .

Après ce « pèlerinage » nous nous préoccupons de la nourriture terrestre ….nous contemplons les vitrines de « raciones » .


Les photos en couleur sont très utiles pour commander …mais les « mariscos » sont également exposés en vitrine , comme cette magnifique pieuvre .
Nous faisons le tour de la Ria de Pontevedra jusqu’à Hio , près de l’extrémité de de la presqu’île du Morazzo .
En face de l’église nous admirons le calvaire sculpté , le plus beau de Galice sculpté par José Cervino .
Réalisé en 1872, il représente la descente de croix, l’expulsion d’Adam et Eve du Paradis et les âmes du purgatoire.

Je suis obligé d’assembler deux photographies pour en fixer l’image .
Très réaliste avec l’échelle ..
Mais notre descente vers le sud dans le finistère s’arrête à la frontière avec le Portugal .
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on Mercredi, juin 10th, 2015 at 16:35 and is filed under Autres histoires, Genealogie, Histoires personnelles, Josset, Les aïeux, Les enfants, Les grands parents, Les parents, Maisons, Non classé, Rebière, Voitures, Voyages.
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