131- Voyages en Grèce
L’Acropole d’ Athènes : Lorsque l’on vit sur les bords de la Loire , la Grèce est une contrée si lointaine que l’atteindre par voie terrestre paraît impossible : ou bien la route à travers la Yougoslavie , construite par les « chantiers de jeunesse » qui concentre les camions et les voitures américaines à bout de souffle des turcs , ou bien la voie maritime avec le bateau Ancone-Patras dont le côut …fait réflèchir .
Enfin tout cela pour « voir Athène » et l’Acropole!
Quoique d’une renommée inférieure à celle de Mycènes ou de Tirynthe, Athènes fut un centre non négligeable de la civilisation Mycénienne, organisé autour d’une acropole fortifiée qui servait de refuge à la population en cas de siège, et de résidence au roi. Au 13ème siècle avant notre ère, le rocher fut ceint d’un mur imposant de type cyclopéen, encore visible derrière le mur sud des Propylées.
Cette maquette montre l’Acropole vers 1200 av J.C. C’est à l’époque de la Seconde Guerre Médique après celle qu’a menée Darius dix ans auparavant, en 490. Il a réussi à franchir le défilé des Thermopyles en massacrant Léonidas et ses soldats jusqu’au dernier. Les Perses gravissent l’Acropole d’Athènes et détruisent tout ce qu’ils peuvent, y compris les bâtiments en cours de construction. La maquette représente l’Acropole à la veille de l’arrivée des Perses. Le temple achevé que l’on voit est l’ancien temple d’Athéna. Sur sa droite, les bases du premier Parthénon en construction.
L’existence d’une source, la Clepsydre, explique sans doute le choix de cette colline. Le palais, auquel on accédait par un escalier, se trouvait sur le point le plus élevé de la colline; c’était un lieu de culte où l’on vénérait la déesse de la source (qui prit plus tard le nom d’Athéna) .
Le mot clepsydre lié à la source , décrit un
chronomètre pour mesurer le temps , dont un exemplaire a été découvert dans le secteur S-O de l’Agora et qui porte l’inscription «Antiochidos» (de la tribu Antiochide), ce qui signifie qu’elle appartenait à cette tribu, ainsi que deux «XX», ce qui signifie que sa contenance est de deux chous (le chous est une mesure de capacité) soit environ 6,50l. Cette clepsydre se vidait en 6mn. L’orateur habile suivait constamment le niveau de l’écoulement de l’eau, et estimait le temps de parole qui lui restait, et réglait la durée de son discours de manière à terminer avec la dernière goutte.
À l’époque archaïque, l’Acropole demeure une forteresse mais, de centre politique, elle se transforme ensuite en lieu de culte. Durant cette période où se constitue la Cité, la déesse de la source fait place à Athéna, patronne vénérée dès le début du ier millénaire dans un petit temple, au sud de l’actuel Erechthéion. La première phase de construction monumentale remonte au 7ème siècle av JC . Le vieux temple, entièrement reconstruit et agrandi vers 600, peut-être sous Solon, est rénové et orné de frontons de marbre sous Pisistrate. Au vie s., la colline se couvre d’ex-voto et les victoires d’Athènes valent à sa déesse protectrice la dédicace d’un nouveau petit temple (temple d’Athéna Nikê), situé à l’entrée. Peut-être est-ce après la victoire de Marathon (- 490) que fut décidée la construction du grand temple, le « vieux Parthénon », que l’invasion perse incendia et dévasta en 480.
L’Acropole de Périclès . Le Roi Cecrops mi-homme mi-serpent avait décidé qu’un Dieu devait protéger la ville , il avait deux possibilités : Athéna et Poséidon qui se sont présentés avec chacun un cadeau : Poséidon a frappé le rocher de son trident et une source a jailli , …mais l’eau était salée !!! Athéna toucha le sol et un olivier poussa …ce qui parut plus utile ! Cécrops décida que ce serait Athéna la Déesse protectrice de la ville et lui donna son nom .
L’acropole aurait été habitée depuis le 7ème millénaire avant Jésus Christ …..un Palais Mycénien y aurait été construit avant de devenir un sanctuaire d’Athéna .
Forte personnalité, entouré d’artistes et de penseurs de génie, Périclès conçut le projet grandiose de réaménager l’Acropole selon un plan d’ensemble, les édifices reconstruits devant s’imposer par leurs dimensions et leur magnificence. Pour financer ce projet très coûteux, on utilisa le tribut annuel payé par les cités alliées d’Athènes ; de plus, en 454, le trésor de cette ligue fut transféré de Délos sur l’Acropole. Les travaux purent donc commencer vers 450, avec Phidias pour maître d’œuvre. Celui-ci commandait à toute une foule de maçons, d’architectes, de peintres et de sculpteurs. Les constructions se succédèrent sans trêve, la guerre du Péloponnèse (431-404 avant J.-C.) ne faisant que suspendre les travaux, à certaines périodes, sans jamais les arrêter complètement.
Le Parthénon
Parthénon, Athènes
L’architecte Ictinos réalisa avec ce sanctuaire consacré à Athéna Parthénos (« la Déesse vierge »), érigé entre 447 et 432, le plus parfait des temples grecs. Aménagé sur le soubassement destiné à un autre édifice, jamais achevé (le « Pré-Parthénon »), il en diffère par des proportions déjà classiques, tandis que les particularités du plan s’expliquent par la nécessité d’adapter l’architecture en fonction du programme de sculpture. Les raffinements techniques (chaque bloc, par exemple, dut être taillé sur mesure), les calculs destinés à corriger les illusions d’optique conférèrent à l’édifice une unité organique et dynamique qui explique l’impression de vivante cohésion qui s’en dégage.
Le Parthénon est construit sans aucune ligne droite : le soubassement est convexe, les colonnes sont inclinées vers l’intérieur, les architraves ne sont pas droites, tous les blocs des murs sont inclinés et chacun des 100 000 bloc est unique, aucun n’est interchangeable… i l n’y a que des courbes dans le Parthénon, pourquoi? Car l’œil humain déforme la réalité pour les lignes horizontales et verticales. Pour compenser ce défaut, les colonnes sont légèrement inclinées vers l’intérieur et la base est un peu convexe (on utilise en fait la courbe pour donner l’illusion de la droite).
Pour la même raison d’esthétique, les colonnes d’angle, en raison de leur isolement, ont leur diamètre légèrement supérieur aux autres. De même, les colonnes sont plus épaisses jusqu’au 1/3 de leur hauteur pour éviter les illusions d’optique. Cette technique de correction optique est appelée «entasis» .
En outre, les colonnes ne sont pas parallèles mais leurs axes “verticaux” se rencontrent en un point de fuite situé à environ 5 km d’altitude (ce qui se perçoit d’autant plus que la colonne est loin du centre de l’édifice).
Enfin, les colonnes elles-mêmes sont modifiées pour ces raisons optiques : les colonnes d’angles sont plus épaisses (car, se détachant sur le vide, elles sembleraient trop minces sinon) et, ce qui est très courant, toutes les colonnes sont légèrement renflées au tiers de leur hauteur en partant du pied (il s’agit de l’entasis, l’œil ayant tendance à voir à cet endroit un étranglement): le rayon de courbure des renflements dépassant 1,5 km il semblerait que pour fabriquer les tambours d’une même colonne on utilisait un modèle réduit ” saucissonné ” de cette colonne, de même largeur mais n’ayant que le 1/16ème de la hauteur réelle. De même, toujours dans ce souci d’atteindre la perfection visuelle, aucun des blocs de marbre constituant les murs n’ était rigoureusement parallélépipédique…. Tout cela permet d’expliquer en partie la durée et le coût des travaux de réfection actuels, du fait qu’il est absolument impossible d’intervertir deux constituants de l’édifice sous peine de voir son esthétique en pâtir. Mais la question qui se pose alors est la suivante : comment les bâtisseurs du “siècle” de Périclès ont-ils pu achever cette construction en moins de neuf ans avec des outils beaucoup plus rustiques que les nôtres ? Actuellement on pense qu’ils utilisaient des procédures standardisées permettant une construction modulaire.
Premier problème : extraire et transporter les blocs de marbre des carrières au chantier de construction .
Cependant pour le montage d’une colonne il fallait être capable de déposer en douceur un tambour de plus d’une tonne suspendu au-dessus de celui qui allait le supporter, tout en ayant la possibilité de le déplacer facilement pour l’ajuster à la perfection ; pour cela, on encastrait les deux parties d’une clavette en bois de cèdre dans des trous cubiques ménagés au centre de chacune des deux faces à mettre en contact (la partie “mâle” dans l’une et la partie “femelle” dans l’autre), le guidage et le positionnement recherchés s’effectuant au cours de l’emboîtement progressif jusqu’au blocage final .
Il faut savoir que l’on a retrouvé des joints plus fins qu’un cheveu et d’une résistance telle que les deux blocs jointés se sont comportés comme un seul bloc lors d’un tremblement de terre, d’après l’analyse d’une fissure qui les traversait tous les deux…De plus, on a pu reconstituer une meule métallique suivant un modèle de l’époque, qui se manie à deux, qui porte des sortes d’entonnoirs sur le dessus (dans lesquels on verse du sable fin), et qui permet de poncer les faces d’un bloc de marbre sur une épaisseur de l’ordre de 1/20ème de millimètre
Mais , peut-on imaginer et reconstituer les technologies et techniques mises en œuvre pour réaliser un tel monument :
Le système de construction des temples grecs s’appelle « triliptyque »comprenant trois éléments de pierre : deux verticaux : pieds-droits et un troisième horizontal ; plate-bande.
Les pieds-droits , colonnes ou piliers ,sont composés de plusieurs blocs superposés , dont le dernier prend la forme du chapiteau semblable pour toutes les colonnes.
Sur ces colonnes est posé un bloc monolithique de forme parallélépipédique soutenant les corniches et les frontons des façades et ensuite les poutres en bois et la couverture en grosses tuiles .
Tout l’ensemble structural tenait parfaitement sans avoir recours à l’utilisation de mortier , cependant pour mieux maintenir les blocs entre eux on employait des chevilles en bronze bloquées avec du plomb fondu pour éviter les glissements en cas de tremblement de terre .
Les blocs des colonnes pèsent entre 2 et 2,5 tonnes et les architraves dépassent les 3 tonnes . Ils sont dégrossis au sol .
Le déplacement de tels blocs se faisait sur des rampes de faible inclinaison par des hommes et des bêtes de trait pouvaient traîner les blocs , on déplace les rouleaux de l’arrière à l’avant du traîneau , mais les rampes inclinées doivent êtres faites et défaites pour chaque bloc. Ce qui devient impossible pour des colonnes de 9 mètres de haut .
D’où la nécessité d’un recours à des machines dont le principe repose sur celui de la balance . Il s’agit d’une énorme balance placée au sommet d’un échafaudage . A l’une des extrémités on place le bloc à soulever et à l’autre extrémité on charge des pierres d’un poids équivalent à celui du bloc qui peut s’élever . Pour la mise en place la machine élévatrice peut pivoter autour d’un pivot de bronze enduit de graisse animale .Pour la mise en place en place il suffit alors de décharger les pierres .
Les blocs peuvent être sculptés sur place ce qui garanti la disparition des joints .
Pour la décoration on recouvrait la surface de stuc ( le stuc est un enduit à base de chaux éteinte) .
Les couleurs du Parthénon : On a pu les reconstituer à partir des traces laissées sur la pierre .
C’était certainement une splendeur , avec des couleurs qui soulignaient les scènes et les rendaient visibles à partir du sol .
le Parthénon était coloré. Des couleurs rehaussaient tous les éléments sculptés décoratifs (triglyphes en bleu, moulures, palmettes, etc.) de même que les scènes figurées. La preuve en a été apportée en juin 2009 quand des études à l’aide d’une caméra à rayons infrarouges ont détecté la présence de la couleur appelée « bleu égyptien » sur des restes des frontons.
Le gros œuvre du Parthénon étant achevé dès 438, le deuxième chantier du programme de Périclès put commencer. L’architecte Mnésiclès se vit chargé de la construction des Propylées, entrée monumentale de l’Acropole que devaient flanquer d’énormes portiques. Construits en marbre pentélique à partir du soubassement (le marbre bleu d’Éleusis fut cependant utilisé pour rehausser certains traits architecturaux), les Propylées forment une entrée théâtrale composée d’un corps central et de deux ailes en retour dont le plan était destiné à impressionner les visiteurs.
Terminé en 431, ce chef-d’œuvre d’architecture pure remplace les Propylées archaïques de Pisistrate et associe, comme au Parthénon, les deux ordres dorique (façade) et ionique (passage intérieur).
Pour éclairer la méthode d’assemblage des colonnes il faut signaler la découverte de bois de cèdre vieux de 2500 ans dont les archéologues purent encore humer l’essence…
En effet, lorsqu’ils séparèrent les tambours composant une colonne, ils comprirent comment les Athéniens joignaient entre eux, de manière hermétique, les différents éléments des colonnes tout simplement avec des espèces de chevilles en bois de cèdre ! C’était si hermétique que le bois s’est ainsi conservé… Jusqu’à cette odeur. Pour couper à toute poésie, les restaurateurs ont décidé de remplacer ce bois de cèdre par du titane… La restauration n’est pas la reconstruction. Lors d’une première campagne, dans les années 1900, les restaurateurs ont surtout dégradé, involontairement, l’édifice. D’une part, ils n’ont pas respecté
l’emplacement des différents morceaux, d’autre part ils ont placé des crampons de fer pour joindre ces pièces de marbre. Or le fer, en s’oxydant, par la rouille, a érodé la pierre… On avait tout simplement oublié la leçon des Grecs : eux-mêmes utilisaient des crampons de fer, sauf qu’ils n’oubliaient pas d’enduire le fer de plomb, ce qui permettait, tout en évitant l’oxydation, de mieux combattre les fissures…
Heureusement, le hasard faisant parfois mieux les choses que les humains, une ambassade française avait profité de sa présence à Athènes, 14 ans avant l’explosion , pour reproduire en dessins, avec longue-vue et force détails, les sculptures de la frise des Panathénées qui ornent le Parthénon .
Les Anglais, avec l’autorisation des Turcs, pillèrent la frise des Panathénées pour l’acheminer au British Museum.
La statue géante d’Athéna, d’or et d’ivoire, était une façon de thésauriser les richesses de la cité. Elle servit d’ailleurs à financer une part de la guerre du Péloponnèse : Lachares fit enlever les feuilles d’or en 296 avant J.C. pour payer ses troupes , elles furent remplacées par du bronze doré , elle subit un incendie en 165 avant J.C. mais elle fut restaurée …et détruite définitivement dans un incendie au 5ème siècle .
Selon les auteurs antiques comme Pausanias , la statue de 12 m de hauteur (15 m avec sa base) avait un casque à trois cimiers où se trouvait un sphinx au milieu et de chaque côté des Pégases. La statue d’Athéna était
également vêtue d’un péplos ouvert sur le côté et serré à la ceinture(statue péplophore) ainsi que de l’Égide en peau de chèvre ornée de la tête de la gorgoneion et bordée de serpents. Elle tenait dans sa main droite la Niké (Athéna Niképhoros) ailée, posée obliquement. La main droite est parfois représentée supportée par une colonne. La haute lance reposait contre l’épaule un peu obliquement, la main gauche retenait le bouclier à ses pieds autour duquel se lovait un serpent, représentant probablement Erichthonios . Sur la tranche épaisse de ses sandales étaient figurées en relief une centauromachie. Sur le piédestal était sculpté la naissance de Pandore. Son armature était en bois imputrescible (cyprès et thuya selon Dion de Pruse sur laquelle étaient fixées des plaques d’ivoire (ivoire poli et mis en forme à l’aide de moules dans lesquels il était pressé) et d’or (plaques d’or malléable clouées sur l’armature en bois ou ajustées grâce à de fines cannelures) . Ce matériau fragile et sujet à dessiccation était entretenu à l’aide d’une eau huilée qu’on laissait à disposition dans un bassin, au pied de la statue. La couche d’huile laissait une pellicule protectrice empêchant l’évaporation et donnant un lustre à l’ivoire.
La frise du Parthénon ou frise des panathénées représente l’ensemble des citoyens athéniens au cours de la fête des Panathénées (les Grandes Panathénées avaient lieu tous les quatre ans .
Démontée elle a été transportée à Londres et elle a ainsi été protégée des dégradations dues à la pollution de l’air à Athêne .
C’ est une frise ionique (sur un bâtiment dorique) en marbre du Pentélique de 160 mètres de long représentant 378 figures humaines et 245 animaux. Elle entourait le sékos (partie fermée) du Parthénon sur l’Acropole d’Athènes. Si elle a été réalisée par plusieurs artistes, elle fut sculptée très probablement sous la direction de Phidias entre 442 et 438 av. J.-C.
Elle représente la procession du péplos lors des grandes Panathénées. La procession part du côté ouest où sont représentés les préparatifs. Elle se déroule ensuite en parallèle sur les murs sud et nord qui représentent la même chose : d’abord des cavaliers, puis des chars sur près de la moitié, ensuite des personnages masculins à pied. Le côté nord, potentiellement le plus vu, est celui qui a fait l’objet du plus d’attentions de la part des sculpteurs. La procession arrive du côté est où elle est accueillie par les dieux. Là, apparaissent pour la première fois des figures féminines.
La frise a été relativement peu touchée pendant des siècles, car peu visible et peu accessible, jusqu’au siège d’Athènes par les Vénitiens commandés par Francesco Morosini en 1687, quand un cinquième a été détruit, réparti sur les côtés nord et sud. Un peu moins de la moitié de la frise se trouve au British Museum, apportée par Lord Elgin ; un tiers est encore en Grèce, au musée de l’Acropole d’Athènes ; le reste est conservé dans divers musées, notamment au Louvre et au Vatican.
L’État grec réclame depuis près de deux siècles au Royaume-Uni la restitution de la partie de la frise conservée au British Museum,
La longueur de l’ensemble sculpté se prête à la représentation d’une procession. Les préparatifs sont présentés du côté ouest du bâtiment, que les visiteurs qui arrivaient sur l’Acropole par les Propylées voyaient donc en premier. Elle se déroule ensuite d’ouest en est, de chaque côté du sékos. À l’est, la procession est accueillie par les dieux. Au total, elle représente 378 personnes et 245 animaux (227 chevaux ainsi que 14 bovins et 4 ovins pour le sacrifice). Il semblerait qu’en choisissant de faire passer la procession en parallèle de chaque côté du bâtiment, Phidias ait voulu éviter qu’elle en fasse le tour et qu’elle se trouve à progresser en sens contraire[. La majeure partie de la frise représente une cavalcade. Il pourrait ici s’agir d’un choix artistique : les nombreuses attitudes des chevaux, cavaliers et chars évitent la monotonie d’une simple procession à pied.
Les personnages faisant les mêmes gestes sont représentés à différents stades consécutifs du geste : ainsi, pour les jeunes gens portant des hydries, le premier rencontré dans le déroulé de la frise se penche pour prendre son vase, le suivant place le sien sur son épaule, le suivant ajuste son hydrie, le premier de la file marche. D’un autre côté, sur les 130 figures masculines à cheval, toutes sont de profil, les jambes pendantes . Seules deux figures humaines (et masculines) sont nues, ainsi qu’Éros. Toutes les autres sont plus ou moins vêtues, ne serait-ce que d’une simple chlamyde.
C’est en 1833 qu’Alphonse de Lamartine arrive en bateau à Athènes :
« j’envoyai demander au Bey Turc Youssouf Bey , commandant de l’ Attique , la permission de monter à la citadelle et de visiter le Parthénon . Il m’envoya un janissaire pour m’accompagner . Nous partîmes à cinq heures du matin , accompagnés de monsieur Gropius . Tout se tait devant l’impression incomparable du Parthénon , ce temple des temples bâti par Setinius , ordonné par Péricles , décoré par Phidias ;-type unique et exclusif du beau , dans les arts de l’architecture et de la sculpture ;-espèce de révélation divine de la beauté idéale recue un jour par le peuple , artiste par excellence, et transmise par lui à la postérité en blocs de marbre impérissable, et en sculptures qui vivrons à jamais . Ce monument , tel qu’il était avec l’ensemble de sa situation , de son piédestal naturel , de ses gradins décorés de statues sans rivales , de ses formes grandioses , de son exécution achevée dans tous les détails , de sa matière , de sa couleur , lumière pétrifiée ; ce monument écrase , depuis des siècles , l’admiration sans l’assouvir ;-quand on en voit ce que j’en ai vu seulement , avec ses majestueux lambeaux mutilés par les bombes vénitiennes , par l’explosion de la poudrière sous Morosini , par le marteau de Théodore , par les canons des Turcs et des Grecs ;-ses colonnes en blocs immenses touchant ses pavés , ses chapiteaux écroulés , ses triglyphes brisés par les agents de Lord Elgin , ses statues emportées par des vaisseaux anglais . Ce qu’il en reste est suffisant pour que je sente que c’est le plus parfait poème écrit en pierre sur la surface de la terre …L’aspect du Parthénon fait apparaître plus que l’histoire la grandeur colossale d’un peuple ….
Rebâtissons le Parthénon : cela est facile , il n’a perdu que sa frise et ses compartiments extérieurs ciselés par Phidias ….
Cependant la mei
lleure solution est de mettre en place sur le monument exposé à la pollution , des moulages qui restituent une vision restituée du monument . Ci-contre photo des moulages des frises du Parthénon qui redonneront au monument sa « beauté » antique .
Le temple d’Athéna Nikê Tout près des Propylées fut construit, de 427 à 424, le petit temple d’Athéna Nikê (« la Victoire personnifiée »). Cet édifice miniature, auquel conviennent parfaitement la grâce et l’élégance de l’ordre ionique, fut réalisé à partir des plans de l’architecte Callicratès pour remplacer le
sanctuaire détruit par les Perses en 480. Entièrement érigé en marbre pentélique, ce temple constitue l’un des traits les plus remarquables du programme de l’Acropole, dont il signale l’entrée. Le temple, de style ionique, se compose d’une seule chambre qui abritait la statue du culte, reproduction d’une antique statue en bois (xoanon) probablement détruite par les Perses lors du sac de l’Acropole.
Dominant la falaise de la colline se trouve le bâtiment le plus important du point de vue cultuel, l’Érechthéion. L’Érechthéion était le lieu de culte essentiel de l’Acropole depuis ses origines ; intimement lié à la fondation et à la pérennité de la Cité, il le restera toujours. De ce fait, c’est un assemblage complexe de plusieurs sanctuaires .Sa construction se fit en deux temps (421-414 et 409-406). L’identité de l’architecte de cet édifice particulièrement complexe reste inconnue. Le bâtiment, de style ionique, reproduit à peu près le dispositif intérieur du vieux temple d’époque archaïque.
Evidemment notre regard est attiré par Le portique des Caryatides :
Œuvre majeure de l’art hellénique, ce portique constitue le motif le plus original de l’Érechthéion, et une sorte de dais funéraire au-dessus du tombeau de Cécrops, le roi-serpent, l’un des fondateurs mythiques d’Athènes. Peut-être dues à l’atelier du sculpteur athénien Alcamène, six statues de jeunes filles s’acquittent avec grâce de leur fonction de support. Droites, vêtues de longues tuniques ioniennes, elles portent en guise de coiffure un chapiteau circulaire. Ce portique servait peut-être de tribune depuis laquelle certains personnages officiels pouvaient contempler le défilé et les cérémonies des panathénées, en même temps qu’il masquait l’escalier reliant l’Érechthéion à la terrasse de l’Acropole.
On ne peut pas visiter l’Acropole sans évoquer l’occupation Ottomane .
En 1456 à Athènes tomba aux mains des Ottomans, et le Parthénon a été transformé à nouveau, mais en mosquée cette fois.
Contrairement à une idée reçue, les Ottomans étaient généralement respectueux des monuments sur leur
territoire, et n’ont pas de détruits délibérément les antiquités d’Athènes. Mais ils n’avaient pas non plus de programme concret pour les protéger. Ainsi en temps de guerre, ils n’hésitaient pas à les démolir, pour fournir des matériaux aux fortifications. Un minaret a été ajouté au Parthénon, mais sinon il n’a pas été endommagé davantage. Des visiteurs européens au 17e siècle ont témoigné que le bâtiment était en grande partie intact.
En 1687, le Parthénon a subi son plus grand coup quand les Vénitiens ont attaqué Athènes, les Ottomans fortifié l’Acropole et le Parthénon. Le 26 septembre 26 le bâtiment a été partiellement détruit par un obus vénitien qui a fait sauter le stock de poudre à canon .
Les structures internes ont été démolis, ce qui restait du toit s’est effondré, et quelques-uns des piliers, en particulier du côté sud, ont été décapités.
Les sculptures ont beaucoup souffert. Beaucoup sont tombées au sol et leurs pièces, devinrent des objets-souvenirs. Le parthénon est ensuite tombé en désuétude.
Sur l’image de 1751 on voit la mosquée à l’intérieur du Temple et les nombreuses maisons qui occupent l’Acropole .
En 1801 : l’anglais Elgin, ambassadeur de Grande-Bretagne auprès de l’empire ottoman, obtient de la Sublime Porte un firman (décret impérial) autorisant « l’enlèvement de quelques blocs de pierre avec inscriptions et figures ». Vont être prélevés, voire arrachés dans les années qui suivent : sur le Parthénon, 17 statues du fronton ouest, 15 métopes et 56 plaques de la frise des Panathénées, une caryatide de l’Érechthéion, des reliefs des frises nord et sud d’Athéna Niké. En outre, pour prélever la frise, les ouvriers «ont d’abord brisé l’architrave et jeté en bas des chapiteaux ; ensuite, au lieu de faire sortir les métopes par leurs coulisses, les barbares ont trouvé plus court de rompre leur corniche» (témoignage de Chateaubriand). L’enlèvement d’une des caryatides et son remplacement par un pilier en briques, opéré par Lusieri, agent d’Elgin, aurait provoqué une émeute à Athènes.
En 1805 : les prélèvements sont interdits (mais continuent clandestinement), les Turcs aussi s’étant émus des déprédations provoquées.
En 1822 : la guerre d’Indépendance a commencé ; la garnison turque est chassée de l’Acropole.
1827 : lors d’un siège, un obus turc tombe sur l’Érechthéion, provoquant l’écroulement d’une partie du mur sud et de la tribune des Caryatides. Selon un témoin, lors de la même journée sont tombés sur l’Acropole 180 bombes et 350 boulets. La même année, les insurgés grecs réunis à Trézène décrètent l’interdiction de l’exportation des antiquités.
En 1834 : Athènes devient la capitale de la Grèce ; tous les bâtiments turcs sur l’Acropole sont détruits ; on envisage la construction d’un palais royal sur l’Acropole, des plans sont dessinés par l’architecte Schinkel mais le projet est (heureusement) abandonné !!!!
En 1894 : un tremblement de terre secoue le Parthénon. L’opportunité de grands travaux de restauration fait débat.
De 1898 à 1933 : grands travaux de restauration, menés sous la direction de l’architecte Balanos.
En 1936 : le temple d’Athéna Niké est démonté, car le bastion qui lui sert de support menaçait de tomber en ruines, puis remonté à sa place d’origine. C’est la seconde, et non la dernière, reconstitution de l’édifice.
Progressivement, les restaurations apparaîtront inadaptées, insuffisantes, voire néfastes : de nouveaux fragments sont retrouvés, l’usage du fer et du ciment abîme le marbre, fragilisé en outre par une pollution de plus en plus intense. Tout est à refaire…Mais en quoi consiste la restauration ?
- d’abord le démontage des parties du monument
- démonter toutes les anciennes réparations et en particulier les ferrailles qui abîment les marbres (utiliser le titane) .
- nettoyer les pierres et les protéger contre la pollution (nettoyage au laser ) .
- enlèvement des sculptures pour les abriter dans le musée et remplacement par des copies dans le même matériau .
- reconstitution des blocs en marbre en respectant l’origine du matériau .
Le remontage permet de corriger les erreurs commises lors des restaurations précédentes .
Les équipes de restauration travaillent avec des machines parfois créées pour l’occasion. Aujourd’hui encore, le transport des blocs de marbre jusqu’au haut de l’Acropole est problématique. Des camions les amènent du Pentélique au pied de l’Acropole, côté sud-est, de là ils subissent une première découpe puis sont hissés par une grue spéciale montée sur rails, capable de lever de 50 m un poids de 10 tonnes. Arrivé en haut de l’Acropole, les blocs sont placés sur un wagonnet et conduits au chantier. Une machine est spécialement conçue pour ciseler les cannelures des colonnes. Quand les tambours ont été empilés, les finitions se font à la main.
Utilisation de l’informatique : tous les blocs sont entrés dans une base de données pour aider à retrouver leur place originelle.
De 2001 à 2005, 1000 pièces (pour un poids total de 2,315 tonnes, ont été démembrées et rassemblées, 1100 fragments ont été recollés et ont comblé d’anciens fragments, 90 nouvelles sections de marbre ont été ajoutées.
Les connaissances sur les techniques de construction et d’assemblage des Anciens ont été profondément renouvelées. Les blocs de marbre étaient grossièrement équarris dans les carrières du Pentélique, transportés sur le chantier, et travaillés sur place. Mais certains blocs (éléments d’architraves et de linteaux, tambours de colonnes…) pèsent jusqu’à 12 tonnes.
Le nettoyage des sculptures de la frise ouest a révélé des traces de couleur : le rouge, qui provient de l’hématite, le bleu égyptien ; l’utilisation de ces deux couleurs était déjà connue, mais on a trouvé aussi des traces de vert, obtenu à partir de malachite. Les textes antiques nous apprennent d’ailleurs que non seulement les frises, mais aussi les colonnes étaient peintes. L’examen du sol de la maison des Arrhéphores a permis de découvrir des fragments d’architecture et de sculpture du Parthénon, comme un élément d’une métope du côté nord. )
Mais il a fallu reprendre des parties déjà restaurées. Ainsi, les 6 colonnes du pronaos mises en place en 2004 ont dû être démontées puis remontées. Explication : l’absence de cannelures les rendait inesthétiques et jurait avec l’environnement ; on a donc décidé d’ajouter des cannelures, en dégrossissant d’abord les tambours avec une scie électrique spécialement conçue à cet effet (ce qui nécessite le désassemblage des tambours), les finitions se faisant à la main ultérieurement. Il faudra un an pour traiter et remettre en place les 33 tambours concernés.
De plus, au fur et à mesure de la restauration, le programme est changé :
- il est décidé en 2006 d’enlever 7 des 8 métopes d’origine qui restaient encore sur la frise dorique le long du côté nord, il s’agit des métopes 24, 25, 27 à 31, qui sont remplacées par d’anciens moulages, tandis que les
originaux, après nettoyage et restauration, seront exposés dans le nouveau musée de l’Acropole. L’opération a eu lieu durant l’année 2007. Désormais, seules la métope 32 (à l’extrémité ouest du côté nord) et les 14 métopes du côté ouest seront les éléments originaux de la décoration sculptée encore en place sur le Parthénon. La frise Est a été transférée vers le musée en 1993.
- Mais en avril 2008, le directeur de l’Acropole d’Athènes, fait campagne pour que les dernières sculptures antiques originales en place sur le temple du Parthénon soient déménagées, elles aussi, avant d’être définitivement dégradées par la pollution.
“Il reste 17 métopes de la frise dorique. Il faut les protéger car elles ne supportent plus les conditions atmosphériques”, affirme Alexandros Mantis, qui réclame leur transfert dans le nouveau musée au pied de l’Acropole.
Mais l’opération, qui reviendrait à débarrasser le Parthénon de ses dernières sculptures originales, n’a pas que des partisans.
“il n’y a pas eu de décision du KAS, il faut d’abord lancer les études nécessaires et ensuite convoquer une conférence internationale pour décider”, a affirmé la responsable du service de restauration de l’Acropole (Ysma), Maria Ioannidou.
Le directeur des restaurations des monuments antiques (Daam) du ministère de la Culture, Démosthène Giraud, est tout aussi prudent: “il est nécessaire d’établir des études détaillées”, dit-il. Mais pour le directeur de l’Acropole il y a urgence. “Nous devons à tout prix conserver notre patrimoine”, insiste-t-il.
14 métopes sur la face occidentale et deux autres sur la face nord dont l’une est connue sous le nom de “l’Annonciation” : elle avait été laissée intacte par les premiers Chrétiens qui avaient cru voir dans la scène une représentation de l’annonce faite à Marie. Une dernière métope sur la façade sud représente une scène du combat entre Les Centaures et les Lapithes. Elle est attribuée à Myron, le sculpteur du fameux Discobole.
A l’origine, 92 métopes ornaient la frise dorique, l’ensemble sculpté le plus ancien du Parthénon. Très peu sont restées en place et la plupart sont mutilées et méconnaissables. Celles de la façade principale à l’est représentent le combat des dieux et des géants, celles du sud, les combats des Lapithes et des Centaures (voir ici), celles à l’ouest, le combat des Grecs contre les Amazones, et celles au nord, des scènes de la guerre de Troie.
En définitive, la nouvelle intervention est décidée pour la façade ouest, qui a souffert successivement des attaques des chrétiens (sculptures abîmées), de la guerre d’indépendance (700 impacts ont été repérés), des séismes de 1981 et 1999, et de l’humidité constante sur cette façade ; on prévoit la présence d’échafaudages pendant trois ans à partir de 2009 ; les travaux comprendront la dépose des métopes authentiques qui restent et leur remplacement par des moulages, la consolidation du fronton, avec la remise en place de deux fragments antiques et l’addition de nouveaux morceaux de marbre.
- en novembre 2009, la restauration des colonnes du côté nord est en cours et s’achève.
Restera ensuite à enlever la dalle temporaire qui protège actuellement le sol. La question d’une toiture a également été posée. Les spécialistes ont retrouvé pas moins de 1600 morceaux du Parthénon, disséminés autour de la colline. Quand ils seront remis en place, l’édifice aura retrouvé 15% en plus de sa structure avant restauration.
Mais , si le bâtiment peut retrouver son aspect primitif …qu’en est-il de la statue d’athéna qu’il renfermait .
Selon les auteurs antiques comme Pausanias, la statue de 12 m de hauteur (15 m avec sa base) avait un casque à trois cimiers où se trouvait un sphinx au milieu et de chaque côté des Pégases. La statue d’Athéna était également vêtue d’un péplos ouvert sur le côté et serré à la ceinture(statue péplophore) ainsi que de l’Égide en peau de chèvre ornée de la tête de bordée de serpents. Elle tenait dans sa main droite la Niké (Athéna Niképhoros) ailée, posée obliquement. La main droite est parfois représentée supportée par une colonne mais les sources littéraires sont la gorgoneion et contradictoires à ce sujet. La haute lance reposait contre l’épaule un peu obliquement, la main gauche retenait le bouclier (orné à l’extérieur d’une amazonomachie et à l’intérieur d’une gigantomachie) à ses pieds autour duquel se lovait un serpent, représentant probablement
Erichthonios .
Héphaistos épris des charmes d’Athéna voulu obtenir les faveurs d’Athéna et la poursuivit , dans les transports de sa passion, des germes de fécondité tombèrent sur la terre, et Athéna, en rougissant les couvrit de poussière. De ces germes naquit Erichthonius (Fulgence), dont le nom retraçait leur dispute. C’était un jeune enfant qui avait la partie inférieure de son corps terminée en serpent,. On dit, qu’Athéna l’enferma dans une corbeille bien couverte, qu’elle confia à la garde des filles d’Erechthée, avec défense de l’ouvrir. Mais ces filles cédant à la curiosité, irritées encore par la délense, ouvrirent la corbeille et n’y trouvèrent qu’un Serpent. C’est celui d’automnne, consacré dans less mystères de Dionysos. Cette vue les effraya au point, que, dans leur folie, elles se précipitèrent du haut de la citadelle d’Athènes (Pausanias, Apollodore). Le Serpent fut se cacher sous le bouclier d’Athéna, et la déesse l’éleva (Hyginus).
Sur la tranche épaisse de ses sandales étaient figurées en relief une centauromachie. Sur le piédestal était sculpté la naissance de Pandore. Son armature était en bois imputrescible (cyprès et thuya selon Dion de Pruse sur laquelle étaient fixées des plaques d’ivoire (ivoire poli et mis en forme à l’aide de moules dans lesquels il était pressé) et d’or (plaques d’or malléable clouées sur l’armature en bois ou ajustées grâce à de fines cannelures . Ce matériau fragile et sujet à dessiccation était entretenu à l’aide d’une eau huilée qu’on laissait à disposition dans un bassin, au pied de la statue. La couche d’huile laissait une pellicule protectrice empêchant l’évaporation et donnant un lustre à l’ivoire. Le luxe de la statue contrastait avec son intérieur rempli, comme toutes les statues chryséléphantines, par « des leviers, des coins, des clous qui traversent la machine de part en part, des chevilles, de la poix, de l’argile et d’autres choses aussi choquantes à la vue,
Pline l’Ancien dans son Histoire Naturelle, XXXVI, 16-19, indique que le bouclier était décoré de l’amazonomachie sur le côté extérieur du bouclier et à l’intérieur était représenté la gigantomachie.
Selon Pausanias et Lucien de Samosate, la statue n’est pas la réalisation du seul Phidias mais d’une équipe d’artisans représentant plusieurs corps de métiers (orfèvres, charpentiers, ciseleurs, marqueteurs, artisans qui amollissent l’or et l’ivoire), Phidias supervisant les travaux de décoration de l’ensemble du Parthénon.
De la statue d’Athéna Parthénos elle-même il ne reste plus la moindre trace. Chef d’œuvre du sculpteur Phidias et de taille gigantesque (environ 12,5 m), elle était façonnée de bois, sur lequel un revêtement d’or (pour les parties vêtues) et d’ivoire (pour la chair) était fixé.
Créée en 447 avant notre ère et placée dans la cella du Parthénon sur l’Acropole d’Athènes, la statue y survécut au moins jusqu’à la première moitié du Ve siècle de notre ère, date à laquelle fut rédigée la dernière description que nous en possédons. Nous ignorons à quel mom
ent précis et par qui elle fut finalement détruite (quant à la raison, il suffit de se rappeler que les plaques de revêtement en or pesaient plus qu’une tonne!).
Nous sommes toutefois en mesure de nous en faire une certaine idée grâce, d’une part, à quelques descriptions par des auteurs anciens, dont celle de Pausanias (I 24: 5) est la plus détaillée, et, de l’autre, à plusieurs représentations et reproductions plastiques, dont les plus anciennes remontent au IVe siècle avant notre ère. Les reproductions en ronde bosse (nous en connaissons une bonne douzaine) sont toutes de taille beaucoup plus modeste que l’original et ne nous donnent donc qu’une idée sommaire de ce dernier. Une statuette d’époque romaine dite ‘du Varvakéion’ (nom de l’école située au centre d’Athènes, où elle fut découverte en 1880), est sans doute la plus célèbre de ces reproductions. Elle est conservée au Musée National d’Athènes et mesure, avec sa base carrée, 1.05 m. Elle reproduit donc l’original à l’échelle de 1:12. Quant au style du chef d’oeuvre de Phidias, c’est une autre statuette, elle aussi en marbre et également d’époque romaine, qui semble en avoir conservé les traits plus fidèlement que celle du Varvakéion. Il s’agit de la petite Athéna dite de Bukovo (d’après le village de la République de Macédoine, où elle fut trouvée en 1931), qui ne mesure que 54 cm, et qui est aujourd’hui conservée au Musée National de Belgrade.
L’original de la statue a de nos jours disparu, pour laisser la place à des répliques trouvées sur le site lors de fouilles. Périclès et Phidias justifièrent alors le luxe de la statue en expliquant que l’on pourrait toujours en récupérer l’or si la cité se trouvait dans une situation malheureuse. Le Parthénon est conçu comme un lieu sacré abritant cette offrande. Plus que d’un temple, il s’agit en fait d’un trésor, édifice qui sert à présenter des offrandes (comme on en trouve dans les sanctuaires panhelléniques de Delphes et Olympie), impression renforcée par l’existence de l’opisthodome, qui conservait également à l’abri le trésor de la cité.
Nous redescendons de l’Acropole vers l’Agora par le sentier des Panathénées . Peu visible près du Parthénon le chemin qu’empruntait la procession apparaît sur l’agora .
Le regard est alors attiré par la magnifique reconstitution de la Stoa d’ Attale transformée en musée .
Le monument fut construit par Attale II Philadelphe, roi de Pergame, vers 150 av. J.-C., en remerciement de l’éducation qu’il avait reçue dans la cité attique.
La stoa a été reconstruite à l’identique de 1953 à 1956 par l’École américaine d’archéologie, grâce au financement de John D. Rockefeller. Elle abrite désormais le musée de l’Agora antique d’Athènes.
Finalement la conception très « américaine » de reconstituer un édifice antique n’est pas une mauvaise idée , elle permettra de conserver dans l’avenir la trace de la civilisation grecque .
Typique de l’art hellénistique, la stoa est un bâtiment de grande envergure, long de 116,50 m et large de 20,05 m, construit sur deux niveaux, un rez-de-chaussée d’ordre dorique et un étage d’ordre ionique, reliés par deux escaliers situés aux extrémités. Les murs sont constitués de calcaire du Pirée, avec une façade en marbre du Pentélique et un toit de tuiles.
L’ensemble pouvait accueillir, dans l’Antiquité, deux fois vingt et une boutiques, chacune mesurant 4,91 m sur 4,66 m. Les locaux étaient loués par l’État athénien. Il s’agissait donc d’un centre commercial, mais aussi d’un lieu de sociabilité où les citoyens pouvaient se retrouver et discuter tout en s’abritant du soleil pendant l’été et du froid pendant l’hiver.
Avant de redescendre , du haut de l’Acropole , notre regard est attiré par le Temple Théséion situé sur une colline de 60 mètres qui domine d’Héphaïstéion.
Le temple d’Héphaïstos et Athéna Ergané, également connu sous le nom périptère, situé au nord-ouest de l’agora d’Athènes, en haut de la colline appelée Colonos Agoraios. Du VIIe siècle jusqu’en 1834, il a servi d’église orthodoxe grecque sous le nom de Saint-Georges Akamatès.
Donc , le temple d’Héphaïstos, aussi appelé Théséion à cause des fresques représentant les exploits de Thésée, est sans doute le monument de cette époque le mieux conservé d’Athènes, voire de Grèce. Le fait qu’il n’ait
jamais contenu aucune richesse y est sans doute pou
r quelque chose.
Les pilleurs l’ont épargné. Construit à la même époque que le Parthénon, au Ve siècle av J.C, il abritait une statue de bronze d’Héphaïstos, patron des artisans, dont les échoppes étaient situées dans les quartiers proches de l’Agora, ainsi qu’une autre statue à l’effigie d’Athéna, également considérée comme patronne des artisans.
Lorsque notre visite du site s’achève nous revenons au 20ème siècle avec la visite de la rue commerçante de Ermou
Nous passons devant la La Tour des Vents qui se dresse à l’extrémité de l’Agora romaine, au pied nord de l’Acropole.
Il s’agit d’un bâtiment octogonal en marbre pentélique de 12 m de haut et de 8 de diamètre. Vitruve attribue sa construction à l’architecte grec Andronikos de Kyrrhos, mais la date est débattue et oscille entre le IIe et le Ier siècle avant JC.
Cette construction complexe associait une girouette, une représentation des huit principaux vents, des cadrans solaires et une clepsydre.
Son remarquable état de conservation vient de ce qu’elle a été utilisée par les chrétiens comme baptistère, puis par les Turcs comme salle de danse pour les Derviches.
Nous arrivons dans la Plaka avec la rue qui passe aux pieds de l’Acropole , on n’en finit pas de visiter les magasins (qui sont climatisés …même la porte ouverte !!!) .
Nous nous installons à la terrasse (sur le trottoir) d’un petit restaurant pour déguster une salade Grècque et un verre de rosé (résiné) C’est un vin blanc ou rosé léger à base de cépage savatiano dans lequel est rajouté de la résine de pin au cours de la fermentation. La résine stabilise le vin, lui permettant de mieux résister à la chaleur. Elle lui donne un goût particulier, âpre et franc, qui au premier contact désoriente le consommateur non averti. Le retsina doit être bu très frais.
On pense que l’origine de cette recette viendrait des temps antiques lorsque l’étanchéité des amphores à vin et des gourdes était assurée par un badigeonnage interne de résine. Le goût donné au vin aurait été ensuite reproduit par habitude gustative. On notera qu’à l’époque antique, le vin était pratiquement toujours additionné d’épices et herbes diverses destinées à l’aromatiser.
Nous assistons le soir , aux pieds du rempart de l’Acropole à un spectacle à la belle étoile de chants et de danse . Le bouzouki est un instrument de musique. C’est un luth à manche long fretté, de la famille du tambur .Contrairement à une idée répandue, on trouve son ancêtre, le « tambouras » (sous la forme « pandouras ») dès l’époque byzantine dans tout l’espace grec et slave, donc avant l’arrivée des Turcs dans les Balkans.
Nous parcourons la Plaka et ses boutiques souvenir où , en été les commerçants mettent leur climatiseurs « à fond » pour attirer les touristes assommés par la chaleur .
Ces photos donnent une idée de cette rue
où alternent boutiques et restaurants .
Pour apprécier les colonnes antiques il faut voir les colonnes de l’Olympeïon sur le sol qui révèlent le secret de leur édification .
Durant la démocratie athénienne, le temple est resté inachevé, apparemment parce qu’il n’était pas dans l’esprit du temps de construire des bâtiments d’une telle ampleur. Les travaux ne reprennent qu’au IIIe siècle av. J.-C. avec la souveraineté macédonienne, et continuent sous le roi Antiochus IV Épiphane, qui charge l’architecte romain Decimus Cossutius de concevoir le plus grand temple du monde. Lorsque Antiochus meurt en -164, la construction du temple est à nouveau arrêtée.
Le temple ne fut achevé qu’en 129 (ou 131) après J.-C., sous l’impulsion de l’empereur Hadrien, grand admirateur de la culture grecque.
Les colonnes, en marbre blanc, ont plus de 2 mètres de diamètre : la façade en avait 10, et chaque côté 21; sur les côtés elles étaient à double rang. La longueur de l’édifice était de près de 130 mètres.
Privilège du 20ème siècle nous assistons à un son et lumière extraordinaire …Péricles aurait adoré !! du haut d’une terrasse restaurant au pied de l’Acropole .
Pour terminer , je vous montre le parking « divin » au pied de l’acropole que nous avons fréquenté !! (petit triangle rouge ) avec une proximité qui nous permettait d’accéder au Parthénon après une marche de quelques centaines de mètres !
(je suis obligé de mettre une photo pour crédibiliser cette affirmation ).
Quelle privilège d’arriver sur le site avant le flot des touristes .
Mais le tourisme en Grèce est « sans fin » : Olympie …Epidaure ..Mycènes Delphes…les Météores …nous reviendrons …souvent !!




























