122- Souvenirs de vacances 1973 de Jean-Marc
Souvenirs des vacances 1973 par Jean Marc.
Ce samedi 30 Juin nous sommes partis à 5 heures et demie au lieu de 4 h 1⁄2 à cause d’un réveil récalcitrant , et grace au coq qui nous a fait bondir du lit . Nous partons enfin ! Le soleil commence à se lever et donne des lueurs rouges aux HLM des rives du Cher .
Le voyage se continuant sans fait notable , je me plonge dans la lecture d’un livre de Campbell emprunté à la bibliothèque .. Quand tout à coup une énorme pierre vient frapper le parebrise qui sous le choc se craquelle . Papa arrête la voiture et il dégage une ouverture qui nous permettra d’atteindre le premier garage qui , heureusement travaille le Samedi , mais celui-ci ne peut nous prendre qu’à deux heures . L’entreprise est beaucoup plus difficile que l’on peut le penser car il faut démonter le tableau de bord .
Nous repartons à 3 H 1⁄4 et peu après entrons dans un terrain de camping qu’une pancarte qualifie de plein mais qui est assez dégagé .
Dimanche 1er Juillet .
Aujourd’hui nous nous réveillons à 8 h 1⁄2 et ce n’est pas sans peine que nous nous levons car hier nous avons eu une journée chargée . Nous déjeunons puis nous nous habillons , allons regarder les cygnes au barrage du lac car nous sommes à Genève que nous allons visiter ce matin . Prets à 9 heures nous commençons par regarder le jet d’eau qui surplombe le lac et la ville de 145 mètres , près de la moitier de la tour Effel . Nous nous promenons ensuite parmi les jardins qui font la beauté de Genève et , ce midi , nous partons . Nous nous arrêtons ensuite dans un petit village de chalets .
Nous passons par la ville de Berne qui possède une ou deux fosses à ours , dans chacune d’elle deux ours s’ébattent tranquillement . Nous assistons aux exploits de l’un d’eux qui grimpe à un arbre scellé au milieu du sol en ciment et essaye de casser une grosse branche .
Lundi 2 Juillet .
Ce matin c’est en Suisse encore que nous déjeunons , nous partons vers les 8 1/2 à la conquête des routes . Nous nous arrêtons à midi pour manger au Lichtenstein , puis nous traversons le col Aarlberg en faisant 160 km en 6 heures , un record ! et pas de vitesse . Nous dînons ensuite en Autriche avec de gtosses saucisses . Puis nous cherchons mais ne trouvons pas de terrain de camping . Enfin nous sommes heureux d’en trouver enfin un en Allemagne .
Mardi 3 juillet :
Ce matin , aujourdhui nous partons d’assez bonne heure pour Vienne où nous trouvons presque aussitôt un terrain où nous mangeons de bon appetit puis nous allons dans la ville en laissant la caravane au camp .
Nous subissons ensuite une visite « autoguide » car nous nous trompons de car et prenons un guide en anglais . Papa et moi arrivons à nous débrouiller en demandant à maman les détails ou les mots incompréhensibles , puis après unr heure d’effort nous nous arrêtons au « Prater » où nous faisons un tour de la grande roue qui d’élève à 65 mètres au dessus du sol .
Le soir nous allons manger dans une brasserie bavaroise au son de la lourde musique munichoise .
Puis nous tentons de retrouver le camping , mais nous nous engageons dans une autoroute et ce n’est que 10 kilomètres plus tard que nous trouvons une sortie . Après quelques hésitations , nous retombons dans la bonne direction . Il est 9heures et demie et le camp ferme à 10 heures , le plus grand pessimisme règne , mais personne ne fait part aux autres de ses tristes pensées , je me prépare à dormir dans la voiture , maman regarde s’il lui reste assez d’argent pour louer une chambre d’hotel et papa rumine du noir . Finalement nous y parvenons avant 10 heures . Nous dormons bien cette nuit là .
Le 7 Juillet :
Ce matin nous nous réveillons près d’une église à côté de la frontière de la Hongrie . Nous avons dormi d’un sommeil léger entrecoupé de réveils dus aux mâtines de 5 et de 6 heures.
Nous avalons notre petit déjeuner et faisons route vers Budapest , la capitale de la Hongrie .
Arrivés ici nous cherchons un terrain de camping , terrain que nous trouvons bientôt . Il s’agit du « Romaï » ainsi nommé parce que il est placé près de vestiges romains .
Nous mangeons de bon cœur puis avec la seule voiture détachée , nous nous dirigeons vers le centre .
Ici , nous participons à une autre visite autoguidée dans laquelle , comme dhabitude nous nous trompons de guide . Mais cette fois , elle a la gentillesse de nous traduire les phrases .
Le soir tombant , nous trouvons une taverne , écoutant de la musique typique .
Le 10 Juillet :
Aujourdhui nous décidons sans hésiter à visiter le delta du Danube :
Quand nous voulons choisir l’excursion , on nous annonce qu’en tant de touriste nous n’avons droit qu’au voyage le plus cher : 60 francs (200 laÏ ) une vraie fortune !(pour moi) nous sommes 3 donc 180 francs .
Après une triste discussion , la mort dans l’âme , nous nous résignons . De plus le départ n’est qu’à 11 heures et il est 9 heures . Nous avons donc deux heures à occuper .Heureusement , guidé par le vendeur des tickets nous apprenons l’existence d’un musée sur la faune du delta et nous nous y rendons aussitôt . Des cartes expliquant leur répartition , des animaux empaillés dans des cages de verre nous renseignent sur leur vie , leurs habitats , leurs couleurs . Entre autre un énorme sanglier aux yeux de verre se dresse au milieu de la pièce gardant même après sa mort sa sauvage majesté .
En revenant vers le quai de Tulcéa , nous nous arrêtons à la caravane pour y prendre et y déposer quelques affaires , puis nous nous dirigeons vers l’embarcadère en flanant car il nous reste 1⁄2 heure avant le départ .
Là , fumant fumant de ses deux cheminées , un énorme bateau à aube nous attend .
Montés à bord , le bateau se dirige vers le delta.
Midi vingt , tout le monde descend dans la salle à manger .
Bientôt nous atteignons les canaux et nous stoppons .
Alors , surprise , deux vedettes accostent notre bateau et les passagers se séparent en deux groupes . Papa , maman et moi nous nous trouvons sur le deuxième , le moins rempli . Commença alors une série d’images inoubliables : imaginez , deux haies de roseaux , des saules , un canal sinueux . Un décor d’où sortent et rentrent les acteurs : canards , flamants roses , hérons , aigrettes , .
Sur l’eau d’un des nombreux méandres , là où le chenal s’élargit , sous une haie de roseaux , nous avons même la chance de voir , lent et majestueux , auréolé de la lumière du soleil qui s’abaisse dans le ciel un gros pélican qui s’enfuit à notre approche , non sans être passé devant nous , d’un air de défi , laissant à papa le temps de le filmer .
Le bateau tourne encore une fois et nous nous retrouvons comme par enchantement à notre point de départ . L’autre bateau est déjà arrivé et nous embarquons pour entendre la cloche qui annonce le dîner .
Le voyage de retour nous ramène sur le quai Neuf heures sur l’eau , tous mes records de promenades sont battus .
Istambul le 13 Juillet :
Ce matin nous nous réveillons dans le Floryce à 20 kilomètres d’Istanbul , nous nous habillons en un clin d’œil , engloutissant notre petit déjeuner , enfournons les affaires indispensables dans l’auto et partons vers le but du voyage .
Maman a emmené le fer à cheval que j’ai trouvé sur une route . Nous sommes parés .
Nous arrivons enfin aux portes de l’ancienne Byzance , la ville aux mille mosquées .
Nous laissons la voiture entre Aya Sophia et Sultan Ahmet .
Nous nous dirigeons d’abord vers Sultan Hannet , c’est à dire la Mosquée Bleue ( ainsi nommée parce que les céramiques qui l’ornent sont bleues ) . Nous enlevons respectueusement nos chaussures et pénètrons à l’intérieur .
Alors ce fut un éblouissement immense , de ma vie , le plus grand émerveillement , la plus grande surprise , j’ai vu ce qu’on ne peut exprimer avec des paroles , j’ai vu l’ impossible . C’est un lieu majestueux et doux où on se sent chez soi . On se sent bien dans sa fraîcheur . En sortant je prends une photo de ses 6 minarets : elle seule en a ce nombre avec la Kaaba , la mosquée de La Mecque .
Puis , d’un pas allègre , nous nous dirigeons vers
le Palais de Topkapi .
Nous pouvons y admirer les parures et les armements des sultans , entre autre nous admirons un énorme diamant de 83 carats et une énorme émeraude de de 3 kilos 500 !! de la taille d’un melon !
Nous allons boire quelques rafraichissements , et prenant notre courage à deux mains nous nous dirigeons …(à pieds ) vers le bazar , tout un quartier couvert !
Il comporte 3000 magasins , 5 mosquées , 1 école , 7 fontaines, 61 rues, 5 portes . Nous y déjeunons , puis allons faire nos achats parmi les bronzes et les cuivres , parmi l’onyx et l’albâtre , la fourrure et le marbre
Nous entrons enfin dans la poste où nous décachetons ret lisons les lettres de Papy , Mamy , Yves et Mylène , nous finissons cette journée par une course vers la voiture en nous rendant compte qu’il est déjà 5 heures .
Troie le 17 Juillet
Ce matin , plein d’exaltation , nous sautons du lit 1⁄2 heure seulement après Maman ! Un nouveau record est établi .
C’est en 33 minutes et trente secondes exactement que nous déjeunons et vingt minutes que nous nous préparons , deux autres minutes pour regarder la carte et nous partons (sans la caravane )
Les routes de montagne , avec des tournants , les épingles à cheveux , les éboulements se coalisent pour nous arrêter et c’est avec envie que que nous regardons nos voisins prenant allègrement les belles autoroutes rectilignes tandis que , la voiture chauffant nous baissons notre moyenne . Au bout de la route deux garçons montrent une tête de madone , antiquité qu’ils ont du trouver , de l’avis de Papa au coin du feu , dans un moule !!
Je sors enfin , à l’horizon rien du tout , c’est à dire une colline , des ruines ayant été découvertes dans le sol , nous roulons jusqu’à un parking , découvrant des boutiques de souvenirs , qui vendent des morceaux du cheval de bois (Troie) authentiquement faux , morceaux de cheval style vieille souche , et planches vermoulues .
Nous prenons des tickets , chers , (ô décadence) puis montons voir les ruines . Contrairement aux affirmations du guide , les ruines sont importantes , près de 250 m2 de surface , très bien conservées . Nous commençons par le haut d’une terrassé , comme l’avait fait Priam , regardant la plaine de Troie , voyant dans notre esprit les images confuses de la plus grande guerre de l’antiquité , la guerre de Troie ,
Nous entrons dans une de « Troie 6 » car ….on a découvert que neuf villes se superposent et la Troie de l’Illiade est la 6ème .
Le soleil chauffe les ruines à blanc , et la visite est de plus en plus pénible . Nous ne pouvons plus avancer que d’ombre en ombre , d’arbre en arbre , de figuier en figuier .
Nous suivons les monuments , les murailles et les tours . Nous marchons là où la guerre a tout détruit , où la nature a vaincu les hommes ; tu es poussière et tu retournera poussière.
Nous terminons par un amphithéâtre , une mosaïque et des potteries . Nous revenons par la même route et ensuite au cours du trajet en voiture nous voyons une tortue traverser la voie . Ce que voyant nous essayons de nous arrêter , mais un camion nous oblige à continuer encore 100 mètres . Quand Papa et moi arrivons sur les lieux , elle a déjà disparu dans les buissons avoisinants , grosse déception , nous en reverrons , peut être répondit Papa , mais c’est tout de même assez rare .
La Tortue
Nous avons eu plusieurs fois l’occasion de voir des tortues , mais elles disparaissaient avant qu’on ait pu les approcher , contrairement à la légende , les tortues courent assez vite et nous en subissons les concéquences . Nous commençons à désespérer quand … pour la 5ème fois nous en aperçûmes une . Cette fois-ci , dès que la voiture fut arrêtée , Papa et moi , tout pleins d’expérience , nous poussons un « sprint » jusqu’à l’endroit en question , l’attrapant au bord du chemin , Papa se remit à courir vers la voiture où maman nous attendait , et il posa la tortue sur le sol où je l’observai .
Papa en prita pour refaisait le plein avec un bidon d’essence .
Au bout d’un court instant , la tortue sortit une tête reptilienne , puis des pattes d’éléphant en miniature , et se mit à marcher lentement vers le fossé . J’essayai bien de l’arrêter , mais malgré sa petite taille elle m’entraînait , quand , me souvenant de « deux ans de vacances » de Jules Vernes je la retournai avec difficulté . Une fois sur le dos , elle rentra sa tête et ses pattes .
A ce moment , entendant Papa , je la remis sur ses pattes dans un buisson .