107-Tourisme en Catalogne

Agé de 7 ans , je n’avais pas très bien compris l’intérêt que portait ma tante Germaine Robert à la cause des Républicains espagnols et aux Basques  .
Cela s’est traduit d’abord par l’accueil en 1938 , de Ricardo , jeune basque de Bilbao , qui , non seulement apprit rapidement le Français , mais se révéla un excellent élève de l’école primaire de Saint Christophe sur le Nais .
En 1939 , des représentants de l’ambassade d’Espagne , s’arrêtent à Saint Christophe dans leur repli vers le Sud , au passage ils se délestent de documents qui resteront dans le grenier de la maison !!! ( je n’ai jamais su les implications de la tante Germaine avec les Basques de la République  espagnole .)


Pour ma rentrée au Lycée Descartes , il me fallait une seconde langue , et ma tante qui avait « découvert » la langue espagnole avec Ricardo , me vanta cette langue (facile d’après elle ) dont je réussit à acquérir un vernis grâce à la méthode Assimil et quelques cours par Monsieur Gérin (prof d’allemand !!! au Lycée Descartes )
Cependant , 23 ans plus tard , malgré le développement du tourisme en Espagne et la mode de « la Costa Brava » nous restions réfractaires aux vacances en Espagne franquiste.
Les mémoires collectives (en dehors de celles des historiens ) sont vites balayées par les préoccupations contemporaines , je vais donc dire deux mots de Franco .
Avant 1931, l’Espagne est une monarchie parlementaire, c’est-à-dire qu’elle est dotée non seulement d’un roi qui gouverne, mais également d’un parlement étant élu au suffrage universel. Depuis 1902, Alphonse XIII règne, mais est très influencé par le général Primo de Rivera, véritable dictateur, et appelé au pouvoir en 1923. En 1930, le souverain décide de renvoyer Primo de Rivera car sa politique autoritaire est de plus en plus contestée.

Mais l’opinion publique devient progressivement défavorable à cette monarchie parlementaire. Les élections municipales d’avril 1931 sont remportées par les républicains, opposants aux royalistes. Alphonse XIII est contraint de fuir l’Espagne. Ainsi, la République est proclamée.

La IIe République, dirigée par un président, n’est pourtant pas stable. Les timides réformes engagées par la gauche républicaine ne satisfont pas les classes populaires (les ouvriers).

En 1934, la droite entre au gouvernement mais doit immédiatement faire face à des grèves insurrectionnelles dans les Asturies. Cela se termine en bain de sang et la gauche réagit en formant une coalition dite « Frente popular » (le Front populaire).

Aux élections de février 1936, le « Frente popular » remporte la majorité des voix. Un nouveau gouvernement est formé. Mais très vite des anarchistes refusent ces élections et ce gouvernement. Aussitôt commence une vague de grèves, d’attentats, d’assassinats, de violence… D’un côté les fascistes dirigés par Franco qui veulent changer la situation, de l’autre les républicains qui pensent que la République en place ne fonctionne plus convenablement : c’est le début de la guerre civile.

La Guerre débute suite à l’assassinat du monarchiste Sotelo, en juillet 1936, qui donne le signal à la rébellion préparée au Maroc espagnol par les généraux Franco et Sanjurjo avec l’appui de l’Italie. Entre le 17 et le 19 juillet 1936, les garnisons se soulèvent au Maroc et en Espagne contre le gouvernement républicain. Franco devient, suite au décès de Sanjurjo, le chef suprême et installe son gouvernement à Burgos, il s’empare de la moitié du pays. La guerre dure 3 ans.

Aux nationalistes, appuyés par l’armée, le clergé catholique et la Phalange (organisation fasciste), s’opposent les républicains, et les partis du Frente popular, soutenu par Staline . A Barcelone, à Madrid, à Valence les milices populaires (c’est-à-dire des groupes de personnes opposants à Franco et ne faisant pas partie de l’armée) prennent l’offensive.

A la fin de l’année 1936, les nationalistes franquistes tiennent la partie occidentale de l’Espagne à l’exception des provinces basques. Les républicains conservent, hormis le Pays Basque et les Asturies, la plupart des provinces orientales et Madrid où fut repoussée une première offensive de Franco.

A cette date, la Guerre d’Espagne a pris un caractère d’atrocité extrême (ex. : bombardement  de Guernica par l’aviation allemande , le 26 avril 1937. C’est la première fois qu’on utilise le bombardement systématique d’une ville pour détruire toute une population .

En avril 1938, les troupes franquistes parviennent à couper Madrid de Barcelone. Les républicains tiennent un an, mais le 28 mars 1939, l’armée nationaliste occupe Madrid et le 18 octobre, Franco, devenu le « Caudillo » (« guide » en espagnol) y installe son gouvernement et une idéologie totalitaire

La France n’intervient pas malgré les nombreux français volontaires dans les rangs des républicains .

Pendant la guerre de l’Angleterre et de la France contre l’Allemagne , Franco fait mine de ne pas prendre parti .

Traumatisés par la guerre civile qui a fait un million de victimes , les espagnols subissent le régime policier , ils acceptent ensuite l’embellie économique  apportée par le tourisme .

En 1968 , devant l’étonnement de nos parents et amis , de nous voir parcourir l’Europe et refuser l’Espagne nous franchissons la frontière et nous nous donnons bonne  conscience en nous fixant le but de passer au Maroc .

Nous parcourons la route côtière entre Cerbère et Figueras magnifique , pittoresque mais difficile en cette période estivale .

Mais ce pittoresque se transforme en épreuve avec une circulation démentielle , et avec le début de la frénésie immobilière qui nous cache systématiquement la côte méditerranéenne . Autre calamité visuelle et auditive : la voie ferrée suit le rivage et passe dans les terrains de camping . Cependant nous transformerons cet inconvénient en facilité pour visiter de nombreuses fois , la fabuleuse ville de Barcelone . Mais cette première visite fut écourtée car des voleurs cassèrent un déflecteur du J7 et purent entrer dans le camping car …heureusement une alarme sonore mis le voleur en fuite sans avoir le temps de “visiter” le J7 .Il fallut découper un déflecteur en plexiglass pour continuer notre route …..nous reviendrons toujours par le train en laissant le Camping-car dans le terrain de camping .

(le récit de la visite de Barcelone qui suit est donc un condensé des nombreuses visites qui s’étalent sur une dizaine d’années)

Grâce au “guide du routard” nous nous procurons des tickets d’entrée pour visiter la Sagrada Familia dans une boutique de la place .

Gaudí, le plus haut représentant du Modernisme Catalan et l’auteur d’autres bâtiments et d’espaces importants comme La Pederera et le Park Güell dont les 12 800 mètres carrés forment un temple expiatoire au milieu de la montée de l’Eixample, comme une montagne dressée vers le ciel.

Mais son œuvre majeure  c’est la merveille de Barcelone , c’est  la Sagrada Família qui fut déclaré Site du Patrimoine Mondial en 2005; elle est le monument le plus visité de Catalogne et l’un des plus connus du monde.

Mais ce temple qui a été fondé pour devenir la Cathédrale des Pauvres est toujours en construction. Cela fait plus de 130 ans que l’association spirituelle des Dévots de Saint-Joseph a décidé de le construire. Les travaux de construction ont commencé le 19 Mars 1882 et Gaudí a repris le projet en 1883, suite à la démission de l’architecte Francisco de Paula Villar.

Il a fallu attendre 20 ans pour que Gaudí décide de se consacrer exclusivement à la construction du temple. En 1914, il s’installe à la Sagrada Família afin d’être sur son lieu de travail et de pouvoir terminer le chantier en quelques années, également pour se réfugier dans la solitude. Mais son rêve fut brisé en 1926 lorsqu’il fut tué par un tramway.

Gaudí a seulement terminé la Façade de la Nativité, la tour de St Barnabas et une partie de la crypte, où il est enterré. Mais les différents architectes qui ont pris le relais à partir des plans laissés se sont remis au travail, grâce aux dons et aux legs reçus. Ainsi, la Sagrada Família continue d’être bâtie dans la tradition des grandes cathédrales gothiques .

Gaudi savait qu’il ne pourrait achever la Sagrada Familia , aussi réalisa-t-il des maquettes en plâtre heureusement , car en 1936 les plans furent brulés , les maquettes même brisées permirent de retrouver le projet de Gaudi .

Pour photographier la façade de la nativité je n’ai pas de recul , je prends trois photos à assembler (erreur ; modifier l’ouverture de l’objectif !!! ».Cette façade fut achevée en 1905

Sur la façade de la Nativité, Gaudí a étalé toute sa fantaisie. Il y a inséré une profusion de formes de la nature,

Le portail est doté de quatre tours et de trois portes. On admire particulièrement sa décoration, très soignée et garnie de symboles chrétiens. Des sculptures couvrent toute la surface allant de la partie inférieure à la base des clochers.  La façade raconte la naissance de Jésus. On peut ainsi y admirer, entre autres, la représentation de la Trinité, la Vierge Marie sous l’invocation de l’Immaculée Conception, la Nativité, l’étoile de Bethléem, les rois mages, les bergers et l’arbre de vie .

Il vaut mieux avoir des jumelles et un téléobjectif pour apprécier la profusion des sculptures .

Par contre lors de notre visite en 1968 l’intérieur de la cathédrale est un immense chantier où l’on peine à discerner l’aboutissement des travaux.

Mais la visite des ateliers et du bureau (reconstitué) de Gaudi , permet de comprendre le génie de cet architecte visionnaire et sa maîtrise des calculs de résistance des matériaux .

A 17 ans il entreprend des études d’architecte à Barcelone , il est excellent en mathématiques , mais sans ordinateur à cette époque la résolution de la courbe de la chaînette est difficile et approximative . En mathématiques, la chaînette est une courbe plane transcendante, qui correspond à la forme que prend un câble (ou une chaîne) lorsqu’il est suspendu par ses extrémités et soumis à une force gravitationnelle uniforme (son propre poids).
Quand on rigidifie la chaînette et qu’on la retourne tête en bas, ces tensions changent d’orientation et deviennent des compressions. Mais leur résultante compense toujours parfaitement le poids du chaînon en chaque point.
Cette étonnante propriété des “chaînettes pendantes renversées” a été depuis Gaudi souvent mise à profit dans de nombreux édifices

Pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt? A première vue, c’était quand même plus simple et plus élégant que d’imaginer des clefs de voûte et de mettre des contreforts . A seconde vue pas du tout: la forme de la chaînette pendante est aussi simple à réaliser (à échelle réduite) qu’elle est compliquée à calculer. Car contrairement à ses apparences de bonne vieille parabole, son équation mathématique est coriace au point d’avoir trompé Galilée lui-même. Il fallu attendre que Jacques Bernoulli lançât un défi aux savants de son époque pour que simultanément Huygens, Leibniz et Jean Bernoulli (le frère de Jacques) ne découvrent sa formulation mathématique en 1691: un cosinus hyperbolique, rien que ça:

Le seul moyen qu’a trouvé Gaudi pour obtenir la forme recherchée, fut de retourner le problème: il laissait pendre des filets convenablement lestés, accrochées aux points hauts de sa structure). En rigidifiant le tout et en le retournant, il obtenait le modèle de ses voûtes, sans aucun calcul. La méthode est originale mais très laborieuse. Et en l’absence de plan, tout reposait entièrement sur ce que Gaudi avait en tête.
Par le moyen de la statique, Gaudi s’est persuadé que les arcs paraboliques transmettent mieux les poussées que les arcs en plein cintre ou en ogive appuyés sur des piliers agissant comme de véritables pieds droits. En rendant capable d’équilibrer la structure, sans avoir recours à des arcs-boutants, des contreforts et des pinacles, il supprime ces trois éléments dans la Sagrada Familia.
Une des caractéristiques de son originalité est qu’il sent l’espace, la base et l’essence de l’architecture, dans son double jeu : interne et externe. Il travaille la matière, comme il a été habitué à travailler le métal, en le pliant à sa volonté.

Il est très émouvant de visiter l’atelier de Gaudi :

Lorsqu’il mourut en 1923, aucun document précis ne décrivait dans le détail ce qu’il restait à faire! Un vrai casse-tête pour les architectes qui ont repris le chantier et qui n’auront pas fini le « boulot » avant une ou deux décennies.

La beauté des arcs de la cathédrale résulte d’un calcul mathématique expérimental ! étonnant !Mais les architectes actuels disposent d’ordinateurs pour terminer l’ouvrage . Depuis 1987, le chantier, placé sous la direction de l’architecte espagnol Jordi Bonet i Armengol, n’a plus été interrompu. .

On peut encore rêver en regardant la maquette de Gaudi .

Surtout il ne faut pas visiter Barcelone sans aller voir l’avancement du chantier .

Mais Barcelone recèle d’autres merveilles : le Palais Güell qui est une réalisation d’Antoni Gaudi

Le Palais Güell a été construit entre 1886 et 1891 pour le riche industriel Eusebi Güell. Une des difficultés principales que Gaudí a dû surmonter est l’exiguïté relative du terrain (500 mètres carrés), en plein centre-ville. Il a donc organisé certaines pièces sur plusieurs niveaux, tirant même parti de la terrasse où il a disposé vingt cheminées de conduits ou de ventilation, de formes extravagantes et de tailles différentes, recouvertes de céramiques : elles font également office de bouches d’aération et puits de lumière.La façade de l’immeuble s’orne de deux curieuses portes cochères à voûtes paraboliques, ornées de grilles en fer forgé aux dessins complexes.
L’intérieur est organisé autour d’un vestibule central qui s’élève jusqu’à la coupole parabolique, percée d’ouvertures en forme d’étoiles qui diffusent la lumière à l’intérieur. La coupole est surmontée d’une lanterne d’une hauteur de 15 mètres de forme conique, recouverte de pierre sablonneuse vitrifiée.

;                                                                         Quatre claire-voies, s’élançant à partir de la terrasse et en forme d’arc parabolique, servent à éclairer la coupole et à ventiler le grenier. La distribution des pièces se divise en un sous-sol, un rez-de-chaussée, un étage noble, deux étages supérieurs et une terrasse. Les pièces sont isolées des bruits de la rue. La sous-sol et le rez-de-chaussée servent pour les chevaux et les voitures. L’étage noble est réservé à la vie sociale, tandis que les étages supérieurs sont privés, la famille au deuxième et le personnel au troisième.

La Casa Batlló est le deuxième  des deux grands édifices déssinés par Antoni Gaudí que nous visitons sur le Passeig de Gràcia .
De l’extérieur, la façade de la Casa Batlló ressemble à une construction d’os et de crânes. Ces « crânes » sont en fait les balcons et les « os » sont les colonnes , et la toiture est le dos d’un dragon .
La visite de l’intérieur est encore plus surprenante : Gaudi a tout dessiné : escalier , meubles glaces , luminaides …Sur la terrasse nous sommes stupéfaits de circuler au milieu des cheminées , de coupoles surréalistes !
Le bâtiment fût construit par Gaudí pour Josep Batlló, un riche aristocrate, voulant une maison digne de sa classe sociale. Monsieur Batlló vivait avec sa famille dans les deux premiers étages et louait les appartements des étages supérieurs à d’autres familles.

C’est un projet de Gaudi qui parmi les plus beau . Il a captivé Salvador Dali qui y voyait des affinités avec son propre art .

plan emprunté à Samia Wahbi, Gaudi dans Barcelone, février 2011

A Barcelone , lorsqu’on commence à visiter les réalisations de Gaudi … on ne peut plus s’arrêter : direction la Perdera :Façade totalement insolite pour cette dernière œuvre civile de Gaudi, La Casa Milà est aussi surnommée familièrement La Pedrera (la carrière) car des falaises proches de Barcelone furent (dit-on) la source d’inspiration du grand architecte mais aussi en raison de l’apparence qu’offre la façade ondulée du bâtiment.


On remarque en effet que le bâtiment ne comporte pas de ligne droite, et la façade est conçue de telle manière qu’on ne peut pas tracer de verticale du toit au sol. Très peu appréciée des promoteurs, qui la qualifieront d’« horrible », ils refusent de payer l’intégralité du salaire de Gaudí. À la suite du procès engagé par l’architecte et perdu par les Milà, celui-là décide de verser les sommes récupérées à un couvent de religieux.Il faut s’éloigner pour admirer la  grande façade sculptée en forme de vague, des balcons de pierres couronnés d’acier forgé comme des algues et le toit ressemblant à une coque de bateau. Et à l’inférieur on prend toute la dimension de la créativité et de la précision du maître en observant le raffinement de chaque détail de la décoration , serrures, meubles, ascenseur. Un chef d’oeuvre!! La visite montre que Gaudi s’attachait à dessiner lui même tous les détails et ameublement , chaises , banquettes , lits , lavabos .
Mais  la rivalité talentueuse entre les architectes , au début du siècle probablement se concentra sur des réalisations dans le quartier de « L’Eixample ». Y sont érigés la Casa Batllo de Gaudi, Casa Amatller de Josep Puig i Cadafalch, la Casa Lleo Morera de Amatller et Lluis Domènech i Montaner.
Lorsqu’on a épuisé les visites de ces prestigieux immeubles en jonglant avec les heures d’ouverture , on prend le bus pour l’est de la ville , pour le parc Güel .
Güel qui avait séjourné longtemps en Angleterre , pays des villes – jardins , engagea Gaudi pour un projet de ville-jardin avec 50 parcelles .
Le projet démarra en 1900 mais n’attira que peu de clients : seules trois maisonsfurent construites , dont l’une habitée par Gaudi de 1906 à 1926 , et depuis transformée en musée .

Gaudí s’est efforcé de conserver le relief naturel et, laissant libre cours à son imagination, a produit une œuvre originale tout en courbes qui s’intègre à la nature et la reproduit, les colonnes des allées simulant par exemple des troncs d’arbres. Une fois le portail passé, le visiteur se trouve devant des escaliers avec des îlots-fontaine au centre, en particulier l’emblématique fontaine en forme de salamandre. En haut de ces escaliers on accède à la Salle Hypostyle aux cent colonnes, En longeant la salle, le visiteur arrive sur la place centrale avec le plus long banc ondulé du monde.

Au centre du parc se trouve une salamandre multicolore faite de mosaïque.

La place initialement prévue pour un marché qui n’a jamais été établi attire de nombreux marchands à la sauvette.

Le trencadis - une technique de mosaïque utilisant des morceaux cassés et dépareillés de faïence ou de verre de couleur - est abondamment utilisée sur les bâtiments, les fontaines, le banc principal et d’autres constructions du parc.

Mais il nous restait à visiter la maison-musée de Gaudí, dans le parc Güell a été construite par Francesc Berenguer, un collaborateur de Gaudí. Gaudí y vécut ses dernières années. Ce musée comprend une importante collection d’œuvres de Gaudí et de certains de ses employés .Güel séjourna longtemps en Angleterre où l’on projetait des villes-jardins , il engagea Gaudi pour un projet de parc avec 50 parcelles .

Les travaux commencèrent en 1900 , mais le parc trop éloigné du centre ville n’attira pas de clients , seules trois maisons furent construites .

La Maison-Musée Gaudí fut à l’origine imaginée comme la maison d’exposition de ce qui devait être un grand complexe résidentiel et qui est finalement devenu le Parc Güell. Après que le projet de construction du complexe résidentiel ait été abandonné la maison d’exposition fut mise en vente, en ne rencontrant pas d’acheteurs c’est finalement c’est Antoni Gaudí qui la racheta, et qui y vit jusqu’en 1925, soit un an avant sa mort.

La maison comporte quatre étages bien que seulement deux peuvent être visités, plus précisément le rez-de-chaussée et le 1er étage, car le sous-sol est utilisé pour des usages internes et le 2ème étage abrite la Bibliothèque Enric Casanalles à laquelle on ne peut y accéder que sous autorisation.

Mais l’intérêt de cette Maison-Musée Gaudí, c’est qu’on peut y trouver du mobilier original utilisé par Gaudí ainsi que des objets personnels de l’architecte. On y trouve également exposé du mobilier dessiné à l’origine pour d’autres grands projets réalisés par Gaudí , en particulier son bureau avec un magnifique lustre , et des sièges et canapés dessinés par Gaudi

Nous sommes enthousiasmés par cette visite .
Impossible de s’ennuyer à Barcelone , quand on ne visite pas un monument on « fait les ramblas »

La Rambla (mot d’origine catalane, lui-même dérivé du mot arabe « raml » signifiant « sable » est une avenue emblématique de Barcelone qui relie la place de Catalogne, centre névralgique de la ville, au vieux port où se dresse la colonne de Christophe Colomb.

La Rambla est construite sur le lit de l’ancien ruisseau d’en Malla. Des murailles et plusieurs couvents furent construits le long de ce ruisseau, qui fut dévié en plusieurs étapes . Les platanes ont été plantés à partir de 1859. La fontaine des canaletes fut inaugurée en 1860. La vente de fleurs traditionnelle a commencé au milieu du XIXe siècle.

L’avenue se compose d’une voie piétonne centrale bordée par deux voies carrossables de sens inverses. L’ensemble mesure en moyenne 35 m de large sur 1,2 km de long.

La promenade est particulièrement fréquentée, aussi bien le jour que la nuit. Elle est jalonnée de petits kiosques de presse, de marchands de fleurs, d’oiseaux et d’animaux, de bars et restaurants, de mimes, de commerces et de vendeurs ambulants, le plus souvent d’origine indo-pakistanaise avoisinantes sont représentatives du quartier telles que la rue Ferran et la plaça Reial.

Un peu plus loin se trouve la place Sant Jaume, à côté de l’hôtel que nous avons fréquenté à plusieurs reprises) cœur politique de la ville. La Rambla compte un grand nombre de cafés et de restaurants.   C’est le lieu de réunion le dimanche de collectionneurs de timbres et de monnaies et un des principaux lieux touristiques de la ville.

En descendant l’avenue , vers le port on atteint le « Mirador de  Colomb » : c’est une colonne de bronze et d’acier surmontée de la statue de Christophe Colomb qui indique la direction des Indes à 60 mètres de hauteur .

Nous arrivons au port où l’on peut visiter une réplique de la caravelle de Christophe Colomb !

En empruntant le funiculaire de Monjuïc on peut accéder au musée de la fondation Miro .

La création de cette institution privée a été souhaitée par l’artiste lui-même ainsi que certains de ses amis, comme Joan Prats, un peintre espagnol. Une salle d’exposition porte le nom de ce dernier. La construction a démarré en 1975. C’est aussi ami de Joan Mirò, l’architecte Joseph Lluìs Sert, qui dirigea les travaux, au sud-ouest de la ville. La municipalité a fait cadeau du terrain à l’institution.

La fondation Mirò expose principalement les œuvres de Joan Mirò, peintre, céramiste et sculpteur Catalan du début du XXème siècle. Elle organise aussi des expositions itinérantes, qui font voyager les réalisations de Mirò. Les locaux de la fondation abritent aussi un espace de production réservés aux jeunes talents.

Je suis très ému de voir à l’entrée du musée la fontaine de mercure de Calder prêtée à l’exposition de 1937 par la République espagnole . Calder avait une commande d’où naîtra la “Fontaine de mercure”, exposée avec “Guernica” de Picasso et “Le Faucheur” de Miró au pavillon espagnol de l’Exposition internationale en 1937. Alimentée en mercure provenant de la ville d’Almadén, la “Fontaine” de Calder est une oeuvre ouvertement politique, symbolisant la résistance des ouvriers d’Amaldem au fascisme franquiste. Ce musée à l’architecture moderne renferme une collection unique au monde du peintre Miro .

( tapisserie de la fondation 1979 )

En redescendant de Montjuic , si l’on n’a pas le vertige , on peut emprunter le téléphérique (hors d’âge ) qui nous fait survoler le port . Mais le coup d’oeil sur le port et les Ramblas en vaut la peine. C’est à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1929 qu’on décida de construire ce téléphérique entre Monjüc et le Port . Il a gardé la même apparence qu’à ses débuts ce qui ne manque pas de créer une certaine angoisse pour l’emprunter et après avoir survolé le port on aboutit à une tour à 50 mètres de haut .

On redescend sur le port . Et du port on gagne la grande plage de la Barceloneta et surprise lors de nos derniers voyages , en arrivant au port Olympique d’arriver près de l’immense Baleine  Les JO de 1992 ont ouvert la voie à la réalisation du port olympique, non loin du pittoresque quartier de Barceloneta. La capitale catalane s’est alors dotée d’une gigantesque sculpture de cuivre : architecture à la forme novatrice et extraordinaire .

Il s’agit du “Peix”, un poisson de 35 mètres sur 54 (!!!), oeuvre de Frank Gehry.

A proximité nous avons toujours trouvé des restaurants de fruits de mer !!!!

Mais , Barcelone offre un tel éventail de visites de sites et de monuments qu’on peut y aller et revenir sans épuiser toutes les merveilles à voir et revoir .

Installé dans une petite rue dans le quartier Gothique de la Ribera , le musée Picasso occupe 5 palais médiévaux juxtaposés et communiquant entre eux

Les œuvres couvrent la période de 1890 à 1967 et surtout  les premiers travaux de l’artiste. À l’âge de 14 ans, Picasso déménagea avec sa famille de Malaga à Barcelone. Cette ville étant également le lieu de sa première exposition datant du 1er février 1900 au cabaret Els Quatre Gats,

Le musée naît de l’imagination de Jaime Sabartes en 1935. Cet ami personnel et secrétaire de Pablo Picasso donne à la ville sa collection de toiles du maître. Ce sont les premières à être exposées au musée. En 1968, à la mort de Sabartés, Picasso offre à l’établissement une série de 58 tableaux sur les Ménines, ainsi qu’un portrait de 1901 de Sabartès. Il s’engage également à fournir d’autres œuvres.

En 1970, Picasso fait un nouveau don de 920 toiles mais la collection actuelle compte de plus de 4 000 œuvres.

La majeure partie des peintures exposées font partie de la période comprise entre 1890 et 1917. Les principales sont la Science et la Charité (1897) ou l’Arlequin, peint en 1917. Le musée garde peu de toile des époques suivantes. La plus importante, peinte en 1957, fait alors partie des Ménines.

Je suis particulièrement touché par ce musée  qui abrite plusieurs tableaux que je me suis efforcé de reproduire , en particulier « los pichones ».
Le musée naît de l’imagination de Jaime Sabartes en 1935. Cet ami personnel et secrétaire de Pablo Picasso donne à la ville sa collection de toiles du maître. Ce sont les premières à être exposées au musée. En 1968, à la mort de Sabartés, Picasso offre à l’établissement une série de tableaux .
En 1970, Picasso fait un nouveau don de 920 toiles de styles et de techniques variées. En 1982, la Jacqueline Picasso  fait livrer au musée 40 nouvelles céramiques suivi un an plus tard de 117 gravures. Enfin, des particuliers et des galeries d’art complètent la collection actuelle de plus de 4 000 œuvres.

Si l’on veut comprendre la démarche , l’évolution et les recherches picturales de Picasso il faut absolument visiter ce musée : Pour donner une idée de ce Musée je mets ci dessus quelques vignettes .

Mais , au centre nous parcourons le “Barri Gôtic” . En effet , nous sommes chanceux car après le Camping qui nous rejetait à 20 Km de Barcelone avec obligation de prendre le train un hôtel situé au centre du quartier Barri Gôtic nous trouvons un hôtel au confort “fluctuant” au gré des travaux d’aménagement …mais superbement placé.

C’est dans le “Barrri gôtic” que se trouvent les monuments les plus importants depuis l’époque romaine et le Moyen Age .

Nous partons de de la place Saint Jaume avec l’Ajuntament” (hotel de ville) qui présente une façade néo-classique , face à la “Casa del Canonges (des chanoines) et passons sous une galerie néo-gothique .

Nous arrivons à l’arrière de la Cathédrale consacrée à Saint Eulalie

, puis nous arrivons sur la place de Nova puis sur la place de la Seu qui est le coeur du quartier gothique où nous découvrons la façade de la cathédrale d’allure gothique et sa tour-lanterne .

Sur cette place , au débouché de la carrer del Bisbe lrurita on voit deux tours rondes vestiges de l’ancienne muraille romaine .

La cathédrale a été commencée à la fin du 13ème siècle à l’emplacement d’anciennes églises , mais sa façade et sa flèche sont du 19ème siècle , c’est un riche industriel qui proposa de financer la réalisation de la façade de style gothique,  d’après les plans et selon le style gothique  .

A l’intérieur de style gothique Catalan , nous admirons les 61 stalles du choeur , réalisés en bois ciselé oeuvre du Père Sanglana qui a également sculpté la chaire à prêcher finement ciselée .

Ensuite nous accédons au cloitre par la porte de Sant Sever .

le cloître est superbe avec des palmiers et des magnolias ….et ses oies !!!

Elles sont 13 et semblent apprécier les touristes  (à condition d’être remplacées avec un séjour de repos à la campagne ) , elles sont installées près de la fontaine où chaque année pendant la fête du “Corpus Christi  , a lieu le miracle de l’oeuf qui reste en équilibre sur le jet d’eau (manifestation de l’oeuf qui danse )  : on place sur le jet une coquille d’oeuf vidée !!!! qui ainsi peut se maintenir au centre du jet !!.

Nous visitons également la salle capitulaire qui abrite une série de tableaux : en particulier une Piéta et une Vierge à l’enfant Jésus .

Nous ressortons sur la magnifique place Nova , où au 13ème siècle se tenait un marché aux esclaves .

Nous passons au pied du rempart romain et de la restitution d’une arche de l’aqueduc qui amenait l’eau de la ville .

La visite de la ville revêt tellement d’aspects , qu’on n’épuise jamais les centres d’intérêt , c’est pour celà qu’on s’y arrête plutôt  que continuer vers le sud sur la côte définitivement défigurée par la folie immobilière.