108-Voyage en Libye en Mars 2009

Voyage en Libye

Avant d’envisager le tourisme en Libye , on s’interrogeait sur le régime du « dictateur » . Mouammar Kadhafi   , né le 19 juin 1942 à Qasr Abou Hadi et mort le 20 octobre 2011 dans les environs de Syrte, communément appelé le colonel Kadhafi, C’est un officier des forces armées libyennes, qui arrive au pouvoir en Libye à la suite du coup d’État de 1969, qui renverse le régime monarchique de la dynastie al-Sanussi .
Mais , comme nous avions fait confiance à l’agence de voyage : Les Voyages de Pharaon pour l’Egypte (voyage organisé individuel !!) nous ( Familles Josset-Berger
Fûmes tentés de renouveler l’expérience en Libye .
Donc , le 22 Mars 2009 nous prenons place dans un avion Libyen sous la protection d’Allah .
En effet chaque dossier de siège indique sur un écran la direction de la Mecque …ce qui permet aux croyants en pivotant sur leur siège de prier vers la Mecque !!!

Inutile de dire qu’avec une telle protection nous atterrissons sans encombre à Tripoli .
On nous amène à notre Hôtel dans la partie ouest de Tripoli au milieu de tours en construction !


pour l’instant nous n’apprécions que modérément ce modernisme international qui gâche un peu la joie de la découverte d’un nouveau pays .
Heureusement le lendemain nous partons pour la visite de la ville ( a partir de « green square » sur le plan .


En francais : « la place Verte » est située à la jonction de la vieille ville et de l’ancien quartier italien et face au port !
En haut de la muraille au Sud , Kadhafi prononçait ses discours .

Nous n’eûmes pas droit à un discours de Khadafi mais seulement la contemplation de sa photo sur le fameux rempart

Ce sont les italiens qui dégagèrent cette grande place devant le château en abattant les maisons adossées au remparts et qui installèrent une statue de Mussolini brandissant l’épée de l’islam  ( déboulonnée par les Anglais en 1943 ).
C’est de cette place le lendemain que nous partons pour visiter les souks de Tripoli .

Visite très agréable qui rappelle les Bazars d’ Istanbul de Tunis , de Beyrouth (avant la destruction ) du Caire ………toujours avec le même plaisir …
Les marchands sont sympathiques le marchandage acceptable et une grande place est accordée aux artisans qui travaillent (réellement) dans la rue .

Ensuite nous abordons le quartier des légumes , des fruits , des bouchers avec cette étalage surprenant de têtes de moutons .

A l’étal des poissonniers , nous admirons des squales de toutes taille .
Enfin nous partons pour les sites antiques  de l’ouest : Sabratha

Les Carthaginois y fondèrent un établissement permanent, au Ve siècle av.J.-C. La cité punique prospéra et passa sous l’autorité de Massinissa et de ses successeurs à la tête du royaume numide, avant de se ranger du côté de Rome en 111 av. J.-C
Les marchands de Sabratha tenaient une place de choix à Ostie, le port de Rome, où le bureau de la place des Corporations s’ornait d’une mosaïque représentant un éléphant, preuve de l’importance du commerce transsaharien qui transitait par ce port .
De plus Sabratha est située sur la voie romaine qui suivait le rivage de la méditerranée depuis les Colonnes d’Hercule jusqu’en Egypte .

Une mission archéologique italienne a beaucoup œuvré sur le site dans les années 1920, elle a fouillé et en partie reconstitué les vestiges visibles aujourd’hui.
Il est surprenant de venir en Afrique pour admirer des ruines romaines .
Il faut dire que la fortune de Rome reposait sur la richesse agricole , et le commerce avec l’Afrique : ivoire , bêtes sauvages pour les jeux du cirque .
Nous parcourons le site de 1000 mètres  par 600mètres : les Thermes , le Tausolée de Bès , la Basilique du Forum , le Temple des Antonins , l’Amphithéatre , le Théâtre . Et partout des magnifiques mosaïques .
Le moulin à huile d’olive avec ses deux meules de pierre nous rappelle que nous sommes sur la terre bénie de l’olivier .
Le raffinement des « latrines » romaines nous est  présenté avec des sièges découpés dans du marbre , quel luxe !

De latrine en égout, nous admirons l’ensemble des canalisations qui se raccordent sur des égouts voûtés .

Mais nous avons gardé le meilleur pour la fin .

Le théâtre de Sabratha avait été commencé au cours du règne de l’empereur Commode, et fut achevé sous Septime Sévère (175-200 apr JC ). Sa capacité était de 5000 personnes. L’état actuel du théâtre,  est dû aux restaurations entreprises par les archéologues italiens à l’époque de Mussolini. On admire particulièrement les bas reliefs qui décorent l’avant de la scène. Leur iconographie est variée. Ils représentent des danseurs, des philosophes, des divinités, des soldats, une scène de sacrifice de taureau, des masques de théâtre, etc. Il a été remarquablement restitué en 7 ans , dans sa splendeur initiale par les archéologues italiens du temps de Mussolini !!

On admire en particulier le mur de scène avec ses trois étages et ses 96 colonnes , on peut apprécier l’acoustique en écoutant parler des visiteurs sur la scêne .

Nous sommes convaincus de la richesse des vestiges Romains sur cette terre africaine , et la visite du Musée National de Tripoli va nous confirmer cette impression .

Nous y sommes accueillis par la belle statue de Vénus que l’Italie vient de restituer à la Libye .

Mais nous « tombons » en admiration devant les mosaïques
Ces mosaïques proviennent des grandes villas des cités romaines de la Tripolitaine comme Sabratha, Leptis magna et Zliten. Elles composaient le sol de grandes demeures montrant ainsi la richesse de cette région à l’époque romaine. L’une de ces mosaïques représente les 4 saisons, printemps, été, automne et hiver au travers de 4 personnages. Une autre mosaïque représente les jeux du cirque avec des combats de gladiateurs et des combats d’animaux (ours contre taureau).

Une mosaïque représente des angelots dans différentes positions comme chevauchant des dauphins ou à bord d’une trirème romaine.

Une très belle scène représente une partie de pêche et on observera les différentes espèces de poissons, les mêmes que de nos jours : « la mosaïque de la Villa du Nil »

L’une des plus belles mosaïques du musée représente le dieu Mithra entouré de nombreux animaux sauvages comme des cerfs, des sangliers, des ours mais aussi des lions, des zèbres, des antilopes et des autruches. Une autre mosaïque représente une scène de chasse au lion. Deux cavaliers poursuivent un lion et une lionne. On peut aussi voir une représentation de la déesse Aphrodite sur le dos d’un centaure.
Une autre imposante mosaïque représente une grande partie de pêche sur plusieurs navires.

Nous sommes stupéfaits de la richesse de ces  mosaïques  .
Par contre nous sommes très surpris par l’exposition de la première voiture de Khadafi : une vénérable « coccinelle » turquoise de 1956 .

En effet une section du musée est consacrée à la « révolution du Peuple » du colonel Kadhafi. Dans le hall d’entrée, qui rassemble symboliquement des objets « phares » de l’histoire libyenne, est exposée une volkswagen verte : la voiture avec laquelle le colonel Kadhafi fit son entrée dans Tripoli au moment de son coup d’état, en 1969

La Lybie est vaste , aussi pour parcourir les 600 km vers la Cyrénaïque nous reprenons un jet .
Atterrissage à Benghazi où bizarrement nous ne nous attardons pas ( quelques années plus tard
nous comprendrons pourquoi : cette zône était entrée en rébellion) .
Nous prenons connaissance avec  notre chauffeur qui dès notre départ s’arrête longuement à la mosquée pour prier et s’excuser auprès d’Allah de véhiculer des infidèles …
Notre guide lui signifie que c’est la dernière fois qu’il agit ainsi !!!
Heureusement la voiture elle ..est fiable et tient la route car le chauffeur ..confiant dans la protection d’Allah conduira en regardant des films sur une petite télévision !!

Nous commençons notre visite de la Cyrénaïque par Ptolémaïs près de la ville moderne de Tolmeitha .
La ville fondée au 6ème siècle av JC intègre l’Empire de Ptolémée puis devient une province de Rome . Elle résiste au terrible tremblement de terre de 365 et devient la capitale de la Cyrénaïque puis est détruite par les Vandales ….puis par les Arabes !!!

Couvertes de sable  ses ruines furent bien conservées . Au 6ème siècle avant JC c’était un port important Nommé Ptolemaïs en l’honneur de Ptolémée 3 , la ville s’entoure de remparts et on aménage les vastes citerne sous la place principale .


Sous cette place on peut visiter les citernes alimentées par un aqueduc et un canal de 25 km .
Un petit schéma permet de comprendre l’histoire de ces citernes : il y a 15 citernes , à 6 mètres de profondeur , construites par les grecs et agrandies par les Romains .

Le musée de Ptolémaïs renferme de magnifiques mosaïques provenant de villas du site , en particulier la mosaïque des quatre saisons .
Décidément , c’est en Cyrénaïque que nous aurons vu les plus belles mosaïques .
Celles de Qasr Lybia sont Byzantines , dans une petite église fondée en 539 .
Parmi ces merveilleuses mosaïques , l’une d’elle représente Le phare d’Alexandrie ! je ne pouvais pas manquer la photo ! Cette mosaïque ne nous renseigne pas sur l’importance de l’ouvrage mais seulement sur sa notoriété autour de la méditerranée .

Nous reprenons la route vers l’est .
Heureusement celle-ci  est droite ..dans le désert …hélas nous n’irons pas à Tobrouk (mon rêve) mais nous obliquons vers le nord , vers  la côte méditerranéenne au nord de la Cyrénaïque .

J’ai fait allusion au terrible tremblement de terre de 365 après Jesus Christ qui va profondemment marquer les pays riverains de la méditerranée :
Voici une carte qui indique les zônes touchées : la côte de Cyrénaïque était aux premières loges !!!

Cyrène
Elle est fondée par les grecs fuyant Théra (Santorin) et son terrible volcan et ils s’installent sur « ces terres riches où le ciel est percé »  (signe de pluies abondantes ) .Cyrène est située près du village de Shahat. Il abrite le Temple d’Apollon qui fut construit dès le VIIe siècle av. J.-C.. Parmi les structures anciennes, on compte aussi un temple de Déméter et un temple  de Zeus  ( plus grand que le Parthénon).

Une grande nécropole de près de 10 km©˜ se trouve entre Cyrène et son ancien port d’Apollonia. Cette nécropole est l’une des plus importantes de l’Antiquité. Elle a étéutilisée du VIe siècle av. J.-C. jusqu’au IVe siècle. Elle comptait 1 200 caveaux creusés dans le roc et des milliers de sarcophages
individuels en plein air. Nous parcourons la zône de l’Agora , passons devant l’Odéon et le Théatre Romain . Nous nous dirigeons  vers le temple de Zeus, dorique. A proximité on peut voir les restes d’un hippodrome herbeux .
Nous passons au  Ptolemaion, un gymnase  encadré par des colonnades avec un temple en son centre ,  on peut voir un petit odéon, un palais avec des mosaïques, un forum couvert de marbres, avec une victoire debout sur la proue d’un bateau , et un temple circulaire .

Plus haut  près d’un petit ruisseau à partir d’ une source qui coule le long d’une esplanade on trouve de nouveaux temples,  une fontaine encadrée par deux lions . un temple qui renfermait le trésor de Cyrène
Enfin on arrive à  l’amphithéâtre de la ville destiné aux  jeux du cirque  à la mode dans les provinces.

Mais c’est le musée qui nous procure un choc avec la statue d’une « Sphinge » (buste de femme , corps de lion , ailes d’oiseau )

Nous reprenons des forces avec notre guide dans un petit restaurant troglodytique très sympa pour un repas  réparateur .

Nous allons ensuite voir les restes d’Apollonia port de Cyrène
En 450 les Byzantins la rebaptiseront Sogousa (cité du sauveur)
Mais le raz de marée de 365 après JC qui a ravagé les côtes d’Alexandrie à la Cyrénaïque jumelé avec un tremblement de terre et un affaissement de la côte a en partie détruit la cité !!

Plus à l’ouest nous visitons les ruines des églises Byzantines d’El Athrum qui ont été dégagées par un américain et puis restaurées par des français ; ainsi on peut admirer des colonnes et les plaques de marbre bleu clair , sculptées , qui proviennent de Grèce .

Nous sommes stupéfaits de la finesse des plaques de marbre sculptées .. et c’est Pline l’ancien qui nous en révèle la technique de sciage ; « le sciage se fait par le sable et paraît se faire par le fer , la scie ne fait que presser le sable dans un sillon très fin et c’est en le promenant dans ce sillon qu’elle coupe ».


Lors de la visite des ruines du Temple d’Asclépios , notre guide attire notre attention sur un chapiteau de colonne qui représente une plante extraordinaire aujourd’hui disparue : le Sylphium ,
Il était utilisé comme condiment dans la cuisine gréco-romaine ; il est cité dans des recettes d’Apicius.
Le principal usage médicinal du silphium était de servir d’abortif et de contraceptif. De nombreuses espèces de la famille des apiacées ont des effets œstrogéniques Les terpénoïdes qu’elles contiennent bloquent la synthèse de la progestérone chez les femmes dans les premiers jours de la grossesse, ce qui empêche l’œuf fertilisé de s’implanter dans l’utérus
On ne connaît pas exactement la cause de l’extinction du silphium. La plante ne poussait qu’en Cyrénaïque, dans une étroite zone côtière d’environ 200 km sur 50 km, le long du golfe de Syrte
Théophraste rapporte que la variété de férule appelée silphium présentait la particularité de ne pousser qu’à l’état sauvage et qu’il était impossible de la cultiver.
Pour agrémenter notre voyage de retour notre accompagnateur  nous fait visiter le site de Teuchira (Tocra) avec un fort Turc sur la côte et des ruines grecques et romaines …dont le seul intérêt est quelques mosaïques …et le guide lui-même très volubile mais au langage incompréhensible .

Notre accompagnateur  , qui n’a pas l’air de respecter les règles du Coran , nous offre une soirée « Alcool de dattes » , il nous annonce que pour attirer les touristes Kadhafi s’apprête à autoriser la vente d’alcool pour les touristes !

Nos reprenons l’avion de la Compagnie « Buraqair » pour Tripoli .
Une visite d’une ville antique qui va nous marquer :
Leptis Magna cette ville est placée sur la voie romaine Carthage – Alexandrie : il ne faut pas oublier que les bateaux antiques redoutaient la voie maritime en hiver .
nous foulons d’ailleurs cette voie romaine qui traverse la ville antique en passant sous l’arc de Septime Severe

On s’attarde longuement devant l’Arc de Septime Severe , édifié en 203 apr JC au dessus de la voie Decumanus Maximus ( les chars devaient contourner le monument : sens giratoire ! . Septime Severe (146-211 )était un sénateur d’origine africaine né à Leptis Magna .
Les marbres sculptés qui l’ornaient sont au musée mais des copies montrent la beauté du monument :

Les bains d’Adrien sont interessants car on y voit  détaillé tout le système de chauffage des bains :
le chauffage de l’eau , le chauffage du sol !!! le chauffage des murs !!le chauffage de l’air !! depuis on n’a rien fait de mieux ! le tout installé sur un plancher « béton » .
Et l’eau sale va dans l’égout .

Et moi pauvre touriste Gaulois j’ai honte de mon sous-développement et mon manque d’hygiène !!!

Après l’hygiène la culture dans un magnifique Théâtre édifié en 1-2 de notre ère , dédié à l’Empereur Auguste par le riche Hannibal Tapapius Rufus , pourvu de 5 vomitoires , et un mur de scêne  avec colonnes et statues d’Empereurs et divinités sur trois étages .

Notre visite se poursuit avec un autre vestige qui nous laisse sans voix : la Basilique Séverienne édifiée sous le règne de Septime Sévère , et achevée sous son fils Caracalla .
Elle a des dimensions impressionnantes (92 mètres par 40 mètres ) avec une nef à deux étages soutenue par des colonnes en granit rose d’ Egypte .
Comme il est difficile d’imaginer un tel monument je vous livre une reconstitution de l’édifice .

Après les édifices culturels nous approchons du marché , à nouveau nous avons du mal à reconstituer l’édifice , et j’avoue que dans mon guide une reconstitution de l’édifice m’aide à apprécier ses vestiges .
En comparant ces deux images je pense que vous serez de mon avis .

Sur cet édifice une inscription est particulièrement intéressante et témoigne de l’importance commerciale de cette ville entre Rome et l’Afrique : c’est une table de conversion des mesures :
Trois étalons de longueurs y figurent :
-      la coudée punique de 51,5 cm
-      le pied romain de 29,6 cm
-      la coudée ptolémaïque de 52,5 cm
Nous parcourons la magnifique  Voie aux colonnes de 420 mètres de long  qui s’étendait jusqu’au port romain bordée par 125 colonnes avec arches et des médaillons dont quelques uns ont été  restaurés pour le plaisir des yeux .

Pour finir de nous persuader de l’importance de cette colonie romaine nous admirons  le Cirque , en bon état dont les gradins pouvaient accueillir 25000 spectateurs !!!!
Pour conclure ce magnifique « voyage dans le temps » nous visitons le musée de Leptis Magna sous la protection de Septime Severe .