102-Claude et son petit couteau

Mon petit couteau ( Claude )

J’ai cinq ans , j’ai un défaut d’élocution bizarre , je ne peux pas prononcer le « gu » ….. notre épicière qui en réalité tient un petit bazar , s’appelle madame Gault …. Que je prononce madame Dault .

Dans ce petit bazar il y a un carton avec des élastiques , qui présente des petits couteaux … de toutes les couleurs que j’admire tout en suçant le berlingot offert par l’épicière .

Après de nombreuses tentatives pour corriger ce défaut de prononciation , mon père a une idée géniale …si tu dis « bonjour Madame Gault » tu aura ton petit couteau .

Je suis « submergé » de joie par cette promesse et nous pénètrons dans la petite épicerie .

Suspense : …..bonjour Madame GGGGaut ….je suis débarrassé de la malédiction du Gue …soulagement des parents instituteurs sensés rectifier dans leur classe les défauts de prononciations des élèves . A vrai dire les élèves du Boulay parlent « du nez » …comme leurs parents d’ailleurs .

Me voilà donc en possession d’un petit couteau au manche nacré vert ….qui en principe …ne coupe pas !!!

Désormais , dans ma poche , je sentais la présence familière et rassurante du petit couteau .

Il faut dire que chez mon oncle , « tonton Maurice » viticulteur , qui avait de nombreux employés , les hommes arrivaient à table et « ouvraient »  leurs couteaux de poches posés à côté de l’assiette . Le couteau était très utilisé à table : pour découper le pain , pour couper la viande , et aussi pour tenir les aliments solides entre le pouce et un morceau de pain … la lame du couteau …et l’index !!la fourchette étant très peu utilisée .

Ce couteau était donc le symbole de la supériorité des hommes …et j’appartenais à cette « caste » .

Quand on avait commencé à avoir un couteau dans sa poche …on ne pouvait plus s’en passer , après le couteau à une lame c’était le couteau à deux lames ….puis après l’initiation à la bouteille de vin rouge , la nécessité du tire bouchon …. La fierté quand devant une bouteille remontée de la cave de répondre à l’interrogation …est-ce que quelqu’un a un tire-bouchon .De fil en aiguille à 16 ans , quelle joie d’avoir dans sa poche un couteau à 7 usages !!!

Ensuite c’est l’escalade dans le nombre de lames et d’usages , pour en arriver à 21 ans au super couteau Suisse …à 19 pièces ..20 usages !

Et même un cure-dent

Ce magnifique couteau Suisse , le rêve de gosse réalisé , devait m’accompagner dans tous mes déplacements , travail et tourisme … cela jusqu’aux premiers « détournements d’avions »

Dans les années 1970, les opérations de piratage aérien ont eu une origine terroriste et on assistait à une moyenne de 40 à 50 détournements par an !!. Ensuite, cette statistique a nettement baissé.
La “mode” des pirates aériens prit en partie son essor à cause de la sécurité défaillante des aéroports.

On se contenta au départ , de fermer à clé la porte du poste de pilotage .

Petit à petit, avec l’expérience, les terroristes reconnurent par exemple les Boeing 727 et les DC 9 comme les appareils les plus appropriés pour un action de détournement . Les procédures de pilotage, l’organisation de l’aéroport de départ, les caractéristiques techniques des appareils, les différentes méthodes de détection n’ont plus de secrets pour les terroristes les plus aguerris.

Au début , lors des voyages « lointains » , ma solution fut de mettre mon couteau dans la valise en soute , mais petit à petit , la peur d’avoir des ennuis me fit abandonner l’envie de garder un couteau dans les bagages ….la fin d’une époque .

Le couteau finit par rester à la maison au fond d’un tiroir , et maintenant dans les voyages , plus personne ne demande … « est-ce que quelqu’un a un couteau » ….

Maintenant on se contente de « piquer » les couteaux en plastiques qui accompagnent les plateaux repas .

Eh oui, le 9 Septembre a aussi été un véritable attentat contre le couteau suisse, victime collatérale innocente du terrorisme international. En effet, suite à ces événements, les objets pointus et coupants ont été interdits dans les poches et les sacs à mains des voyageurs. Du coup, les deux principaux fabricants de couteaux suisse, Victorinox et Wenger, ont vu leurs ventes chuter de 15 à 20 % et ont même dû fusionner en 2005 pour faire face à cette crise et résister sur les marchés internationaux, ce qui a donné lieu à une vague de licenciements. A cause du 9 Septembre , le couteau suisse a accédé au rang d’arme de destruction massive, ce que n’avaient certainement pas prévu ses inventeurs !

Comme j’ai peur que ces évènements ne finissent par mettre aux oubliettes ce fameux couteau : voici son histoire :

Le couteau suisse n’existe pas depuis toute éternité, mais il n’est quand même pas de toute première jeunesse, puisqu’il est né en 1884 (à peu près en même temps que l’Opinel !), et il n’est pas non plus l’ancêtre du couteau pliable de poche (c’est le Laguiole, pliable depuis 1840). Il n’est pourtant pas comparable à l’Opinel et au Laguiole, puisque dès sa naissance il était voué à la multi-fonctionnalité : lame, tournevis, ouvre-bouteille et poinçon en un seul instrument. Cette caractéristique qui fait son immédiate originalité est-elle due au fait que 1891, date à laquelle l’armée suisse se dote de ce couteau, a aussi vu la création de l’automobile à essence, du périscope pour les sous-marins, du fer à repasser électrique et du ventilateur ? Possible, mais on n’a jamais vu, ni à l’époque ni plus tard, un couteau suisse équipé de tels ustensiles plutôt difficiles à glisser dans une poche !



Au tout début, le couteau suisse doit son succès militaire à sa lame en acier inoxydable, alors que son manche est encore en bois : curieux assemblage entre haute technologie et basique ruralité, qui rapidement évoluera puisqu’à présent les lames des couteaux suisses sont composées d’un alliage d’acier inoxydable au chrome et au molybdène et que les manches sont désormais en aluminium pour les militaires, et en plastique rouge (et plus récemment vert pour cause de vague écolo) pour les civils, la croix blanche suisse sur fond rouge ornant indifféremment les modèles civils ou militaires.

Depuis ses débuts helvétiques militarisés (qui ont largement essaimé ), puisque plus les armées d’au moins 130 pays utilisent aujourd’hui cet instrument) jusqu’à ses développements les plus récents, spatiaux et high-tech , le couteau suisse s’est civilisé et démocratisé et est devenu l’un des outils préférés des randonneurs, campeurs, bricoleurs .

Mais comme on n’arrête pas le progrès voici le Couteau suisse SIGNATURE bleu translucide  Réf : [victorinox.0.6225.T2]

Le couteau suisse Signature bleu translucide sera très utile dans la vie professionnelle et au quotidien.  Ce Victorinox est doté d’un stylo à bille (le seul au monde fonctionnant dans l’espace en raison d’une recharge sous pression) repliable de 104 mm à 58 mm.

CARACTERISTIQUES

Longueur manche : 58 mm
5 pièces :
1 . Lame
2 . Lime-tournevis
3 . Ciseaux
4 . Pincettes
5 . Stylo-bille
6 . anneau

Dimensions ( L x l x H ) : 58 x 18 x 10.5 mm



On peut toujours rêver !!!