48 a - Claude militant syndical !

Claude et le syndicat CGT Cadres EDF (GNC)

Libéré du service militaire « rallongé » à 30 mois à cause de la guerre d’Algérie , j’appréhendai le retour à la vie normale .
EDF m’ayant proposé un poste de « jeune cadre » à Blois , je demandai à être affecté à Tours , ce qui me fut accordé .
Au siège du Centre EDF-GDF de Tours place Jean Jaurés je fus installé  dans un minuscule bureau à côté des WC , je dus quémander du travail pour occuper mes longues journées de présence .
Grâce à ma table de log , ma machine à calcul et à ma règle à calcul je réussis à produire une longue série de statistiques , tableaux  et courbes sur les achats et les ventes d’énergie du Centre de Distribution EDF de Tours . La différence entre achats et ventes étant les « pertes en ligne : invérifiable !

Ce centre EDF était tout juste issu de la nationalisation des Compagnies privées d’Electricité  et de Gaz .Tous les cadres évoquaient ce passé sans trop de nostalgie , car ils avaient trouvé la stabilité et une certaine « liberté » dans l’entreprise publique .
Il faut rappeler que , comme il n’était pas rentable d’électrifier les campagnes , les communes ou syndicats de communes construisaient des réseaux électriques avec des subventions de l’état , en 1910 le département comptait 21 concessions attribuées à 12 entreprises , en 1937 les communes se regroupent en un syndicat intercommunal d’électricité : le SIEL , la nationalisation de 1947 crée EDF qui exploite dorénavant le réseau .
Petit à petit , ayant gagné la confiance de l’ingénieur exploitation , je m’intégrai au service technique . J’eus l’opportunité et le plaisir de remplacer le Contremaître de construction des postes EDF de répartition ,… du concret !

Monsieur Lemerle ingénieur exploitation , ancien chef de la centrale électrique de Tours , me fit visiter une curiosité d’EDF tours : une Centrale Expérimentale de production d’Electricité équipée de moteurs à pistons libres SIGMA de 5800kw , ce moteur diesel générant des gaz à haute pression faisant tourner une turbine !!

une curiosité technologique qui tomba rapidement en panne et qui se révéla plus tard un “nid” d’amiante!

En dehors de mes tâches d’entretien bâtiments , rapidement je devins très ami avec cet ingénieur d’exploitation du centre .

En dehors du réseau 30 kilovolt qu’il avait à gérer , il gérait la production de la centrale thermique de Tours dont il était l’ancien directeur , et également celle des deux centrales hydrauliques du Centre EDF de tours .

La plus importante était la centrale du Bec des deux Eaux . Ce barrage, qui passa sous le contrôle de l’EDF en 1946, comprenait une digue de 70 mètres de long et une petite usine hydro-électrique ; un plan d’eau permettant les sports nautiques fut aussi aménagé en amont du barrage ; campings, hôtels et restaurants s’installèrent et firent les beaux jours de la commune.

Les agents EDF qui travaillaient dans cette usine étaient des « heureux » pêcheurs , lorsque les gardes-pêches n’étaient dans les parages à les guetter , l’un d’eux (sa femme ) avait un restaurant spécialisé dans le poisson .

Une autre petite centrale était installée sur l’Indre en face du château d’ Azay le Rideau .

En 1523, Gilles Berthelot, financier  de François 1er, maire de Tours et  seigneur des lieux, achète les moulins d’Azay, qui appartenaient alors au couvent de Cormery depuis le XIIIe siècle.
En 1788, le moulin d’Azay s’étend sur toute la largeur de l’Indre.
Puis en 1935, c’est la vente du moulin « à usage d’usine électrique » à la société d’électricité d’Azay-le-Rideau. La turbine fournit alors en électricité toute la commune.
Mais revenons au siège du centre …

La « paye » était dispensée dans des enveloppes par le caissier du Centre qui se révéla rapidement comme le responsable du Syndicat CGT …le seul visible dans le Centre .
Je parcourrai le Centre du Nord au Sud en surveillant les travaux et en distribuant les enveloppes de billets de la paye !
A l’époque le Syndicat n’avait pas les moyens de distribuer des tracts (je ne sais pas si le mot existait ) car les moyens de reproduction étaient rares et coûteux , souvent , dans la cour , un délégué CGT haranguait le personnel grimpé sur un escabeau , mais les cadres passaient vite ou choisissaient une autre porte .
Je finis par apprendre qu’il existait un syndicat Cadre CGT et que son responsable était le Chef du Service Technique GAZ , mon approche fut difficile et il me fit comprendre que mon adhésion serait délicate .
En réalité ce syndicat , Groupement National des Cadres CGT , était surtout un Syndicat d’Agents de Maîtrise auquel avait adhéré tout l’encadrement intermédiaire du Centre et les quelques adhérents cadres étaient très discrets sur leur adhésion .
Le Chef de Centre , très paternaliste et donc très aimé !! étant parti en retraite , un « jeune loup » fut nommé » pour prendre en main l’héritage des anciennes Compagnies .
Convoqué dans le bureau du patron je fus « mis au parfum » :
« vous n’êtes pas contaminé !!! je vous fait confiance je vais faire le ménage dans ce Centre ».
Je fus transformé en « exécuteur des basses œuvres » , venant chercher chaque jour une nouvelle tâche à accomplir ……voici un florilège :
-       prétexter des travaux de peinture pour reléguer un cadre dans un bureau exigu et encombré , de préférence mal éclairé !
-       se voir confier des domaines de compétence retiré à des responsables pour les humilier.
-       Se voir confier des tâches en court-circuitant la hiérarchie ( je devais m’en excuser discrètement pour éviter de me voir discrédité)
-       Organiser un scénario pour duper les représentants syndicaux lors des réunions du comité d’entreprise : exemple long exposé sur la réhabilitation des WC …ou l’aménagement des locaux … jusqu à ce que le Chef de Centre regarde sa montre et s’étonne de la durée des débats !!!!
-       Persécuter les cadres logés par l’entreprise par des travaux inutiles et contraignants .
-       Il m’obligea à organiser une entreprise de déstabilisation des responsables des Ponts et Chaussées et du Génie Rural chargés des Travaux d’électrification rurale en leur proposant des appareils d’électro-ménager ….gratuits …ils ne tombèrent pas dans le traquenard et refusèrent ces « pots de vin » !!Le passage de ce  chef de Centre à Tours se solda par un coup de balai impressionnant :
-       Chef du Service Technique Electricité : envoyé à Limoges ( d’où l’expression limogé) ,  il est mort peu après .
-       Chefs de subdivision de Loches et Chinon : mise en retraite .
-       Chef de Service Administratif  , du Service Commercial , du Service Comptable , du Service Technique Gaz et adjoints : mis en retraite d’office .
-       J’en oublie peut être , mais je n’ai eu aucune confidence de ces cadres et des conditions de leur départ .
La passion de ce « Chef de Centre» était l’immobilier , il avait partie liée avec un architecte Grec d’avant-garde à Paris qui avait exercé ses talents au Centre de Laval ,disciple de Le Corbusier et architecte talentueux  ,  je fus envoyé à Laval pour admirer ses réalisations ….stupéfiantes pour l’époque : maisons semi enterrées ,utilisation du béton avec des porte à faux impressionnants ,  terrasses arborées , espace à vivre  sans cloisons ,
Mais le point faible de ce « Chef » était la dépense sans compter pour le décor , d’abord son bureau : je fus envoyé à Paris pour choisir du mobilier « Knoll » tellement hors de prix que je du trouver sur place un ébéniste qui se chargea de faire une copie , mais cependant cette copie fut installée sur un tapis Persan , je fus chargé avec un électricien d’installer un éclairage qui devait éblouir (au sens réél) les interlocuteurs installés devant son bureau !! mais le comble de la dépense fut la climatisation de son bureau ( à l’époque le mot climatisation n’existait pas dans de dictionnaire ) une vraie avec régulation de l’humidité et de la température .
Quant au siège du patron , il avait du le voir dans un film américain .. car je n’en avait jamais vu de pareil .
Il avait la passion des couleurs : couleurs douces , apaisantes pour inciter au travail dans les bureaux , couleurs vives agressives dans les couloirs pour éviter les stations prolongées improductives .
Le paroxysme fut atteint lorsque je fus envoyé à Paris avec cinq modèles de briques pour faire le revêtement d’un mur de son  bureau ……longtemps après le souvenir du mur de brique alimenta les conversations du personnel du Centre de Tours , les agents du centre se battaient pour participer à des délégations afin de voir « le mur » .
Mais …ce mur fut sa perte ! le Directeur Régional de la région de Tours ( sept centres ) ayant eu vent des dépenses exorbitantes du Chef de Centre , le fit chuter ….mais grâce à des appuis haut placé il fut nommé Directeur d’EGA ( Electricité Gaz d’Algérie ) !!!!
Mais avant son départ il apprit que son confident (moi) était adhérent de la CGT ….lors d’une réunion de cadres , devant mes collègues il essaya de m’humilier , trop tard ..
Après son départ mon poste de confident souffre-douleur prit fin et je fus enfin nommé Ingénieur Travaux Electricité .
Mon bureau avait une fenêtre sur la prestigieuse place Jean Jaurès au centre de Tours , les magnifiques jets d’eau que l’on voit sur la photo ont été payés par EDF .
(ma fenêtre est la 5ème au 2ème étage à partir de la gauche !!)
On peut admirer les fenêtres mansardée que j’ai fait aménager au troisième étage pour créer de nouveaux bureaux !

L’augmentation vertigineuse de la consommation d’électricité dans les années soixante entraîna une accélération impressionnante des travaux d’infrastructure .
La ville de Tours était alimentée en câbles souterrains de 5000 volt pour la moyenne tension et en partie 110 volts continu pour la basse tension . Quant à la campagne , elle était alimentée en 5000 volt et 127-220 volt en basse tension .
D’où un énorme défit sur le département d’Indre et Loire : refaire entièrement le réseau Moyenne tension de la Ville de Tours en 15-20 kilovolt , refaire entièrement les réseaux basse tension en 220-380 volt aérien et souterrain , créer une ossature 15-20 kilovolt aérienne sur tout le département . Le défit étant énorme…. La tâche fut exaltante .
Je fus aidé par des dessinateurs – projeteurs compétents et avec des agents techniques et des surveillants de travaux efficaces .
C’est une chance dans un métier de contrôler un cycle complet d’étude , de  conception et de réalisation , et je fus gâté .
La normalisation du matériel n’étant pas encore mise en place , on pouvait imaginer des nouveaux moyens pour acheminer l’énergie électrique vers les utilisateurs : postes « bas de poteau » , câbles torsadés enterrés , coffrets de dérivation , plusieurs de ces expériences sont encore en service à ce jour .
Le Transport EDF ayant loué deux hélicoptères pour surveiller les lignes haute tension , j’intriguai pour utiliser l’un d’entre eux pour réaliser les avant projets de lignes électrique , je lançai des petits sacs de plâtre pour marquer les angles de la future ligne , en une journée on pouvait préparer le tracé de 20 km de ligne .

Mais le Syndicat CGT-GNC me mit au pied du mur : le secrétaire – président du Syndicat , sans que l’on sache exactement ses motivations , annonça qu’il laissait tout tomber , panique dans les rangs des adhérents , une réunion d’urgence des bonnes volontés déboucha sur un nouveau bureau et je fus « catapulté » président du Syndicat avec comme secrétaire un ancien de mes élèves du Collège Paul Louis Courrier ( c’est ce qu’on appelle les surprises de la vie) .
Mais l’activité syndicale dans une entreprise nationalisée suppose une participation active à des réunions « statutaires » : commission secondaire pour la gestion du personnel , Comité Mixte à la production (Comité d’entreprise ) , comité d’hygiène et de sécurité , ….n’en jetez plus !!!


Voilà comment on consacre 30 % de son temps aux activités syndicales ….
Un épisode amusant et édifiant illustre cette double activité : mon Chef de Service Technique  me convoque : «  je suis embarrassé il faut réformer votre section , mais je ne peux pas vous la confier car vous êtes sans doute contre » : je fus obligé de lui faire un exposé sur ma conception de l’activité syndicale : ne pas la confondre avec le sérieux dans le travail !
Ce fut ma première expérience de conversion : les agents du bureau de dessin devant être convertis en agents techniques et surveillants de travaux .
Afin de les aider j’organisai un cours d’électricité ….très simple et ludique …ma petite expérience de prof ( première M’ en 1954-55 ) me permit de bâtir un cours intéressant  pour des agents EDF très motivés et sortis pour la plupart d’un collège technique , ensuite l’affectation était simple : les plus doués pour les études de conception des réseaux , les autres surveillants de travaux .
Je choisis les deux meilleurs pour me seconder ….et me permettre de me consacrer à l’activité syndicale locale , régionale et …nationale ….l’engrenage fatal .
Il fallut que Nelly mette les choses au point pour que je limite « légèrement » ces activités .
Les Syndicats CGT étaient organisés en Syndicats ouvriers et syndicats maîtrise et cadres (appellation GNC) mais une particularité en Indre et Loire était les Syndicats communs entre la Distribution EDF et la centrale nucléaire de Chinon , organisation « boiteuse » car les agents n’avaient pas de préoccupations communes , cependant la photo ci-après prouve que nous avions des réunions communes .

Le slogan de cette réunion syndicale à la centrale de Chinon (EDF 1 ) est surprenant car à cette époque on s’apprétait à abandonner la filière graphite gaz française pour adopter la filière américaine !!!!

A Tours nous avions la chance d’avoir le siège de la Direction Régionale de Tours couvrant 7 Centres de Distribution Mixtes : Tours , Laval , Angers , le Mans , Blois , Vierzon , Orléans  plus la Centrale de Production Nucléaire de Chinon .
J’étais responsable des 7 Syndicats de Cadres de la région et c’est avec cette responsabilité que je m’installai dans les locaux désertés de la Direction Régionale  par ses cadres affolés par ce climat de contestation .
Cette grève extraordinaire était très spéciale car nous avions à gérer la distribution de l’électricité et du gaz avec les agents de maîtrise et les ouvriers en grève ….avec une attention particulière pour les prioritaires hôpitaux et particuliers handicapés .
Les négociations aboutirent avec 10% d’augmentation de salaires, 35% d’augmentation du SMIC, et le droit syndical dans l’entreprise.
Cet épisode eut comme effet de renforcer le rôle du syndicat …et donc le nombre syndiqués !
Cependant il fit la démonstration que la maîtrise du réseau électrique devait se faire avec le respect des usagers ……la démonstration fut faite une année plus tard …..en 1969 .
Cette fois là la Direction d’EDF  voulait discréditer les syndicats  et proposer une loi anti-grève en faisant « écrouler le réseau » . …. A cette époque la fréquence du courant alternatif était maintenue , à peu près à 50 périodes par seconde , je dis à peu près car pour maintenir les horloges « synchrone » à l’heure il fallait compenser les ralentissements au dessous de 50 par des accélérations des machines au dessus de 50 . On comprend facilement que si on consomme trop de puissance les alternateurs ( générateurs ) ralentissent sous l’effort demandé, mais au delà d’un certain effort les alternateurs « disjonctent » les uns après les autres et tout le réseau électrique tombe en panne . Pour éviter ce « drame » qui entraîne une coupure de plusieurs heures , on « déleste » ( on coupe) des gros consommateurs pour retrouver la fréquence normale .Or , ce jour de grève de Novembre 1969 , nous nous aperçûmes que la direction avait bloqué le dispositif de  délestage et la fréquence chutait , chutait …jusqu’à 48 pps , heureusement les camarades de la production devinant la manœuvre de la direction déjouèrent le « complot » en poussant au maximum la puissance  de la centrale nucléaire de Chinon et des Centrales hydrauliques capables de fournir presque instantanément leur pleine puissance …la manœuvre de la Direction de rendre la grève impopulaire par des accidents dans les hôpitaux et les services de sécurité avait échoué .
Les Syndicats de l’EDF ont retenu la leçon , les coupures d’électricité sont à manier avec précaution.

Mais dans le chapitre « activité syndicale » il y a aussi de bons moments !

A ce point de la relation de mes souvenirs , je commente la photo d’un repas « convivial » lors d’un congrès syndical , mais je trouve qu’il y a beaucoup de bouteilles sur la table !!
Mais dans la salle nous étions studieux .

La direction du Centre EDF GDF de Tours se demandait comment se débarrasser d’un cadre délégué syndical actif … et je leur en fournis le prétexte .
Resté dans mon poste d’Ingénieur Travaux pendant une dizaine d’années , je profitai de la vacance d’un poste de Cadre au Service Régional des Approvisionnements et Marchés pour postuler …sans grand espoir .
Le Chef de Centre de Tours voyant là une possibilité  de faire partir un responsable syndical encombrant se précipita à la Direction Régionale pour appuyer cette demande . Appui inattendu et efficace .. je fus nommé rapidement .

Convoqué par mon nouveau patron ..le Directeur Régional ..je lui annonçais que je gardai « toutes » mes responsabilités syndicales mais que je m’acquitterai pour le mieux des tâches professionnelles …. Ce qui ne posait pas trop de problèmes car les cadres de la D.R . n’étaient pas surchargés de travail . Interloqué qu’on lui tienne tête le Directeur n’eut aucune réaction !
Parmi les problèmes”aigus” que le Syndicat de Tours eu à traiter , ce fut la vente des locaux de la place Jean Jaures en 1984  qui fut l’objet d’une âpre contestation . La Direction voulait vendre tous les locaux du centre ville et en particulier le magasin d’exposition et d’accueil du centre-ville . Une hérésie qui semblait faire partie de la “dénationalisation” du service public .

Nous rédigeâmes un  document rappelant l’histoire de l’immeuble occupé depuis 1928 par la Compagnie du Gaz pour la France et l’étranger …puis par EDF et une intervention au niveau local et national fut organisée jusqu’au Conseil d’administration d’EDF ……arrêt de travail ..manifestation …intervention auprès des politiques …rien n’y fit …l’ensemble fut vendu pour une sommes que nous avons jugé “ridicule” .

Quelques années plus tard , le poste de Directeur Régional EDF GDF étant vacant , j’eu la bonne surprise de voir nommer un nouveau Directeur que la rumeur désignait comme ayant adhéré dans le passé à la CGT , effectivement ce fils d’immigré polonais  mineur du nord se révéla ouvert à mes options syndicales et nous eûmes des discussions assez « surréalistes » entre un syndicaliste et un membre important de la Direction , mais je restai discret sur ces relations .
Pendant quelques années je partageai ainsi mon temps de « travail » entre ces deux activités complémentaires : « boulot » et syndicat  , mais la coordination des syndicats de la Région finit par l’emporter et je dus abandonner mon poste à la Direction Régionale .
Pendant cinq ans j’ai connu cette existence bizarre : deux jours à Paris les autres à Tours en parcourant la Région EDF des sept Centres de Distribution .
Je ne résiste pas à mettre dans ce texte la photo d’une rencontre avec les Directeurs de la Distribution d’EDF-GDF , à droite les Directeurs , à gauche la délégation CGT , je suis au bout de la table mais .. je ne dirigeait pas la réunion  !!

Parmi les situations surréaliste  que j’ai connu , je citerai le départ en retraite d’un de mes condisciples du stage des licenciés en Sciences à Lyon . Ce départ se célébrant au siège de la Direction à Paris .
Il faut dire que l’évolution de carrière de cette promotion fut assez extraordinaire ,  un Directeur de la Distribution , trois Directeurs Régionaux , deux Chefs de Centre , un Chef de Service …..et moi …membre de la Commission Exécutive de la Fédération CGT de l’Energie … quel palmarès !! . Cette singularité fut relevée dans le discours du Directeur chargé de l’éloge de la carrière du premier à partir !
Voici donc la photo de ce départ en retraite de Desbans au centre , prise dans les locaux de la Direction d’EDF GDF à Paris :

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Sur la photo de gauche à droite Josset , Pouzadoux , Métais , Lardy , Desbans , Bodard à moitié caché ,  Roy , le Coz , Calipel doit prendre la photo , je le rajoute à droite )!

Les échéances du départ en retraite ne coïncident pas avec les Congrès de la CGT Energie , c’est avec une année d’avance que je fus mis en « inactivité de service » , formule consacrée à EDF car , jusqu’à la fin de ses jours ,   on peut être mis à la disposition du Service Public en cas de crise …….une idée de Marcel Paul le Ministre de l’Industrie Communiste qui avait rédigé le « statut » du personnel

au retour des camps de concentration !!!
( photo de Marcel Paul )

Parmi mes activités syndicales à EDF , j’adorai siéger au “Comité Mixte à la Production” sensé faire participer le personnel à la gestion de l’entreprise publique : une belle idée de Marcel Paul .

Au fil du temps cet organisme s’était transformé en organisme de contestation systématique des propositions de la Direction . Ce qui était totalement inefficace , la direction passant outre l’avis du comité mixte .

J’ eu l’occasion de faire l’expérience de sortir de cette routine lorsque la direction décida d’abandonner la structure classique des quatre niveaux de la Distribution EDF-GDF : le district couvrant à peu près un canton , la subdivision autour des petites villes de province , le Centre sur le département , et la Région groupant un certain nombre de centres .

Devant la menace de suppression du niveau le plus proche du terrain , je fis la proposition de proposer un échelon unique sur le terrain basé sur l’exploitation des réseaux et l’accueil de la clientèle .

Proposer une “réforme de structure” était jugé très dangereux par les responsables syndicaux , la Direction fédérale de la CGT énergie se déplaça à Tours pour juger si cela était compatible avec l’intérêt des agents et du service public . Après avoir écouté nos arguments , Il nous fut accordé un avis positif et un feu vert .Une grève vint appuyer le projet .

Notre projet , exposé dans une “brochure” largement diffusée dans le personnel reçu l’accord de tous les Syndicats (exceptionnel) . Un nouveau Chef de Centre fut installé par la Direction avec mission de négocier .

Notre projet permettait de sauver les implantations rurales mais surtout de créer 3  Agences  autour de la ville de Tours en pleine expansion : Tours Nord , Saint Avertin , Joué les Tours , en conservant Tours Centre .

C’est sur cette “victoire syndicale” que je partais en “Inactivité de service”.

Les “lois Auroux” avaient accru le pouvoir des Comités d’entreprise , avec une possibilité de faire appel à des bureaux spécialisés dans les problèmes d’organisation des entreprises .

La Fédération CGT de l’énergie créa donc un bureau d’études et j’eus la “fierté” d’être associé à cette démarche : de 1987 à 2003 avec des études sur les Centres de Besançon , de Vierzon , de Bourges  , de Caen ,  de Tours, de Paris-électricité ! Chaque fois un travail d’équipe avec un ou deux enquêteurs et les militants locaux. Mais une des dernières études fut l’étude de l’organisation d’EDF-GDF en Indre et Loire , étude que j’eus l’honneur de présenter devant le Comité Mixte du Centre de Tours 6 ans après ma mise en retraite .

Mes problèmes de santé m’obligèrent à mettre fin à cette activité post-professionnelle !

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