22 a - Fernand Josset “Armurier”!!!!!

Fernand Josset , les armes et le phonographe .

Les petits enfants , et arrières-petits enfants ???? de Fernand Josset (voir sa biographie) pourraient être chagrinés de savoir qu’il était militaire dans les colonies !
Cela mérite quelques explications :
A Chatellerault , depuis la guerre de 1870 , on avait installé une usine  d’armes (fusils de guerre ) .
Fernand Josset y fit un apprentissage d’Armurier de 1907 à 1909 , qui consistait  en particulier à savoir réparer le fusil Lebel qui équipait l’armée Française .
Il fallair être un bon « ajusteur » pour reproduire avec une « lime » une petite pièce d’acier de fusil . On apprenait également à « tremper » l’acier pour le rendre plus dur , à ajuster toutes les petites pièces de la gâchette au percuteur (voir le dessin!).

En dehors de la surveillance des armes , le rôle de l’armurier à l’armée n’était pas très important : sa principale tâche  « à la colonie » étant d’entretenir les fusils de chasse des officiers et les phonographes de leurs épouses !!
Comment imaginer une soirée entre « coloniaux » sans un verre de pastis et une musique nostalgique .

Vous comprendrez pourquoi Fernand Josset était très populaire auprès des femmes d’officiers (d’après les photos c’était aussi un …bel homme )
Quand la guerre de 14 éclata Fernand Josset fut déclaré indispensable à la Colonie ??? et resta en Afrique Equatoriale Française !!!
Mais au fait , qu’est-ce qu’un phonographe ?
L’année 1877 sera décisive pour l’émergence du procédé d’enregistrement de la musique !. À Paris, Charles Cros utilise un stylet pour graver des sillons sur un cylindre rotatif et constate que « si l’on fait passer le stylet dans les sillons  il reproduit les sons ? Il fait part de son invention  le 18 avril

1877, à l’Académie des sciences.
De son côté l’ingénieur américain Thomas Edison dépose le brevet du phonographe le 19 décembre 1877 après un essai public le 7 décembre 1877[4].

L’ingénieur américain Emile Berliner dépose la même année le brevet d’un procédé qui remplace le cylindre rotatif par un disque . Il inclut ce nouveau dispositif dans le procédé et baptise le nouvel appareil qui en résulte le gramophone
Son dispositif permet d’enregistrer des sons grâce à un stylet composé d’une aiguille interchangeable fixée sur un diaphragme de mica. Ce stylet grave les sonorités sur un cylindre d’étain (de cire par la suite, ce qui améliora la qualité de l’enregistrement).
Dès que l’enregistrement est terminé, la gravure peut être lue par le stylet. L’aiguille, faisant vibrer le diaphragme, transforme le sillon gravé en sons. Afin de permettre la diffusion de ces premiers enregistrements, un mécanisme le  recopie sur un disque  de bakélite .

Au début du 20ème siècle on pouvait donc disposer d’un gramophone portatif pour écouter de la musique au « fond » de l’Afrique .. ce qui avait pour intérêt de divertir le colonial  reconnaissable par son « casque » et de renforcer le pouvoir des « blancs »

le son était amplifié …par un immense « pavillon » ..très esthétique !!

Le mécanisme du phonographe était compliqué …pour l’époque … la source d’énergie ..mécanique étant un ressort ,

Mais le principal obstacle était de faire tourner le disque à vitesse constante …
La solution fut la même que sur les machines à vapeur : deux petites « masselottes » s’écartent par la force centrifuges et freinent la rotation si elle s’accélère

Le régulateur , est simple : plus la vitesse augmente plus les “masselottes” s’écartent par la force centrifuge  et freinent le mouvement !

voilà comment en pleine brousse africaine , on pouvait écouter Bethoven !!!
Tout ceci pour préciser la technicité d’un « réparateur » de phonographe !!!!
En 1916 Fernand Josset  rentre en France au parc d’artillerie de Toulouse .
Mais après la guerre , il s’ennuie en France et s’engage à nouveau pour « l’outre mer » et repart en Afrique Occidentale Française puis en Indochine .
Nous n’avons pas beaucoup d’information sur cette période mais tout laisse à penser qu’il continuait à exercer ses talents de spécialiste d’appareil de  musique enregistrée « dans la cire » .
Il fallut attendre 1921 pour voir la TSF émise depuis la tour Eiffel  ( ce sont les essais de Radio qui ont évité le démontage de la tour ) et la puissance des émetteurs ne permettait pas d’atteindre les « colonies »  !
A part les petits souvenirs d’Indochine conservés dans la famille nous n’avons que peu d’informations sur le séjour de Fernand Josset à Saïgon  …