92- Voyage au Québec avec les Redor en 2000

Quelle est la meilleure saison pour visiter le Québec ? l’hiver , dans la neige …en moto-neige ! nous ne sommes pas assez courageux ..peur du froid !!

Finalement nous optons pour l’automne … pour la beauté de la nature.

Nos amis Redor sont du même avis !

Surprenant … le voyage individuel organisé que nous choisissons s’arrête au 15 Septembre…..trop tôt pour les feuillages d’automne !

Notre agence Tourangelle se fait fort de bâtir un voyage «  à la carte » au même prix que le voyage clé en mains !!!

Nous nous interessons au climat du Québec : tout en étant à la même latitude que la France le Québec ne bénéficie pas du climat océanique qui rythme nos saisons !!

En France nous baignons dans le Gulf stream …(en rouge sur la carte) au Québec ils baignent dans le courant du Labrador ..qui descend du pôle Nord (en bleu) .

Pour notre voyage nous visons l’été indien : une courte période avant les froids de la fin octobre début novembre !!

Nous comptons surtout assister au feu d’artifice des couleurs des feuillages d’automne .

C’est donc le 18 Septembre 2000 que nous embarquons à Roissy pour Montréal .

Comme nous volons vers l’ouest …avec le soleil ..nous arrivons de jour à Montréal où nous trouvons la magnifique Chevrolet Impala que

nous avons retenu .

Il fallait bien une telle voiture pour accepter nos 4 énormes valises …nous sommes trop vieux pour voyager léger .

Je retrouve avec plaisir le confort des boites automatiques , mais pas question d’utiliser les 180 Chevaux disponibles sous le pied car la police de la route est intraitable au Canada …. Ce qui fait ressembler les autoroutes à des voies de chemin de fer : toutes les voitures roulent à la même allure … il faut un temps fou pour doubler avec une vitesse de 5km /h supérieure à celle de la voiture qui nous précède !!! une vraie folie !!

L’aéroport de Montréal est à une cinquantaine de kilomètres de la capitale et nous trouvons facilement notre hôtel Travelodge .

Cet Hôtel , bien placé au centre ville nous a permis d’explorer le centre ville .

Nous parcourons le « Village Saint Denis » avec ses triplex : maisons à trois étages dont chaque étage est accessible depuis la rue par des escaliers extérieurs .

C’est une rue commerçante avec des libraires , des cafés , des restaurants.

Mais c’est sous terre que la ville va nous étonner : cela a commencé avec les déboires de la cathédrale érigée en 1859 sur le modèle des églises gothiques anglaises , a partir du moment où la tour centrale fut achevée , elle commença à s’enfoncer dans le sol , et en 1920 elle commença à pencher dangereusement , il fallut démonter ce clocher et attendre une quinzaine d’années pour le remplacer par une réplique en aluminium .

En 1987 la cathédrale fut installée sur des pilotis ancrés sur un sous sol plus stable , ce qui dégagea un volume en sous sol , aménagé en galerie marchande .

Cet aménagement du sous sol est à l’origine du plus grand complexe souterrain du monde .

Les tunnels et galeries permettent de relier entre eux des centres commerciaux , des universités , des résidences , et des hôtels , Les tunnels abritent des restaurants , des boutiques : 35% des commerces du centre ville .

Cette ville souterraine est desservie par des stations de métro .

Le système de métro sur pneumatiques a été développé dans les années 1930 par la firme Michelin, mais c’est dans les années 1950 que le métro de Paris en a adopté une variante. Le métro de Montréal utilise ce même système. On retrouve deux rails classiques de chaque côté desquels on a une piste de roulement pour les pneus. Finalement, on a deux rails de guidage et d’alimentation verticaux . Les pneus assurent la traction et le support de la charge alors que des roues en acier, parallèles sur le bogie, sont là en cas de crevaison.

B D : les isolateurs de barres de guidage isolent électriquement celles ci qui servent également à maintenir les rames sur la voie .

F : le frotteur latéral prend le courant à partir des barres de guidage.

G : le frotteur négatif assure le retour du courant par les rails métalliques .

Nous passons devant l’hotel de ville rendu célèbre par le discours du Général de Gaule « vive le Québec libre »

A Montréal , le modernisme côtoie le traditionnel , ce qui nous rappelle que nous sommes en « Amérique ».

La place Ville-Marie fut conçue dans les années 60 par l’architecte I.M.Pei , le plan cruciforme

de la tour a permis d’

obtenir la plus grande

surface de bureaux

possible !

Elle mesure 188 mètres

Et possède 44 étages

(la ville de Montréal

limite la hauteur des

grattes-ciels à celle

du Mont Royal .

Nous arrivons aux pieds des tours de la BNP , la Banque Laurentine , appelées « l’édifice bleu » , construites en 1981 ces tours jumelées de 16 à 20 étages communiquant entre elles .

L’immeuble présente un nombre important de bureaux offrants de saisissants points de vue sur la ville et le mont royal .

Il a été conçu par l’architecte René Menkes.

Ses angles permettent d’abriter des bureaux offrant de saisissant points de vue sur la ville et le Mont Royal .

L’entrée principale permet de mettre en valeur la célèbre sculpture de Raymond Mason « la foule illuminée » .

Parmi les surprises que nous révèlent la ville , c’est la découverte de la copie du Panthéon de Rome , entre deux gratte=ciel !!

L’édifice a été réalisé en 1848 par John Wells .

Le fronton , sculpté par Sir John Steele , comporte les armes de la banque et retrace l’épopée commerciale du Canada .

Parmi les curiosités de Montréal il y a le parc Olympique aménagé pour les Jeux Olympiques de 1976 .

Le stade , d’une capacité de 65000 places , conçu par l’architecte français Roger Tallibert est muni d’un toit rétractable .

Sa construction fut marquée par un double scandale : sa toiture amovible ne fut pas installée pour l’ouverture des jeux et le coût final fut faramineux !!

Cependant c’est une superbe réalisation technique et esthétique .

Tout est grandiose : la piscine olympique est située à la base de la tour inclinée du stade olympique .

Notre visite se poursuit avec le « Biodôme » , vaste coque en béton de ce qui était le Vélodrome olympique . La ville de Montréal y a aménagé un musée de l’environnement .

Il présente 4 écosystèmes des Amériques ; la forêt tropicale , la forêt Laurentine , le Saint Laurent marin et le monde polaire .

Nous passons rapidement du Brochet Laurentin , au manchot royal bénéficiant d’une climatisation pôlaire !

Puis dans la partie tropicale nous côtoyons les singes et les oiseaux exotiques .

Ainsi se termine notre visite au site olympique.

Grâce à notre belle voiture américaine nous essayons de tout voir et notre visite ne serait pas complète sans grimper sur le Mont Royal .

Suite à la venue de Jacques Cartier , lors de son second voyage en 1535 , l’île sur laquelle cette colline se trouvait prit le nom d’Ile du Mont Royal en l’honneur du roi de France François 1er .

Avec le temps le nom devint Montréal .

La vue que contemplait Jacques Cartier était différente de celle que nous avons en l’an 2000.

Le parc du Mont Royal , d’une superficie de 101 hectares , a été aménagé entre 1873 et 1881 par F.L.Olmsted , le paysagiste de Central Park à New York . Il possède 60 000 arbres et de nombreux écureuils qui tombent sous le charme de Pierrette .

C’est sur cette image bucolique que nous quittons Montréal pour Québec en suivant la rive gauche du Saint Laurent .

A notre arrivée à Québec , la statue de Samuel de Champlain nous rappelle qu’il est le fondateur de la ville de Québec .

Après avoir acquis une expérience d’explorateur au service du roi d’Espagne dans les Caraïbes , il explore le Saint Laurent pour le compte du Roi de France .

Il atteint Montréal en 1603 , et en 1608 revient fonder un poste à Québec .

Allié aux Hurons et aux Algonkins , il est vainqueur des Iroquois en 1709 .

Après la restitution de la Nouvelle France par l’Angleterre en 1632 , Champlain revient avec le titre de

Commandant .

Mais nos pas nous amènent naturellement sur la terrasse Dufferin au pied du Château Frontenac .

Avec une vue imprenable sur le Saint Laurent .

C’est en 1880 que dans la foulée des projets d’embellissement de Lord Dufferin , Gouverneur Général du Canada , la Compagnie Canadian Pacifique décide de doter la ville d’un somptueux établissement hôtelier .

L’architecte américain Bruce Price adopte le style « Château » pour une construction en brique rehaussée de pierres de taille , ornée de tourelles médiévales , d’échauguettes et de mâchicoulis coiffées de toits en cuivre .

Nous parcourons la ville haute et ses nombreux couvents et découvrons la chapelle des Ursulines dont l’histoire est reliée à la ville de Tours .

La bienheureuse Marie de l’Incarnation , née Marie Guyart , naît le 28 octobre 1599 à Tours , son mari meurt en 1619 , en 1632 elle entre au cloître des Ursulines à Tours et prononce ses vœux , elle part pour Québec en 1639 ; alors bourgade de 250 habitants .

Elle fonde un couvent dans la basse ville de Québec , puis dans un édifice dans la ville haute . Elle se consacre à l’éducation des filles .

Elle meurt le 30 Avril 1672 .

Elle a été béatifiée en 1980 !

Après la visite de la ville haute nous descendons les escaliers vers la ville basse et la rue du petit Champlain , dont j’ai retrouvé la gravure dans le livre de Jules Verne : Famille sans nom (collection Hetzel 1867) .

Photo de Pierrette dans l’escalier « casse cou ».

Les plus anciens quartiers se trouvent dans la ville basse , près de la place royale où oh surprise se trouve le buste de Louis XIV .

Après une journée de visite de Québec nous reprenons notre magnifique Chevrolet pour suivre le Saint Laurent rive gauche .

Nous nous arrêtons pour admirer les chutes de Montmorency .

Haute de ses 83 mètres, la chute Montmorency est à l’embouchure de la rivière du même nom. Elle est 30 mètres plus haute que les célèbres chutes du Niagara. Cette chute porte aussi le nom de « Grand Sault »

La chute a été nommée par Samuel Champlain en l’honneur de l’amiral de France et de Bretagne Charles de Montmorency-Damville, mort en 1612.

Lorsque l’Armée britannique débarque en Nouvelle-France, le 26 juin 1759, le Général James Wolfe établit son quartier général près de la chute. Le site a aussi été témoin de la bataille de Montmorency, le 31 juillet de la même année.

En 1780, Le gouverneur Haldimand fit construire le premier manoir comme maison de campagne.

La puissance des chutes du Parc fut aussi utilisée par l’industrie électrique. La première centrale hydro-électrique du Québec fut inaugurée le 7 octobre 1885 aux pieds de la petite chute. Cette centrale alimenta le réseau de tramways de la ville de Québec et permit d’éclairer les artères principales de la ville. Une autre centrale, mais cette fois-ci beaucoup plus puissante (trois génératrices de 500 kW) fut installée en 1893.

En 1975, le gouvernement du Québec achète le Manoir .

Nous prenons la route de Saint Anne de Baupré où nous visitons la magnifique cathédrale ….son histoire remonte au 17ème siècle où des marins Français surpris par une tempête implorent la Sainte et abordent sains et saufs la côte de Baupré .

Pour la remercier , en 1658 ils construisent une chapelle en bois …pendant la construction des guérisons miraculeuses se produisent .

La Chapelle fut remplacée successivement par des églises de plus en plus vastes jusqu’à la basilique actuelle , de style néo-normand , qui a été consacrée en 1976.

Le complexe de la basilique comprend aussi le Musée de cire , la galerie d’art , et le cyclorama qui représente Jérusalem et les lieux saints .

Le 26 Juillet on y célèbre la fête de Sainte Anne .

Nous repartons vers l’est sur la rive gauche du saint Laurent , et soudain …non nous n’avons pas la berlue nous passons dans des vignobles !!!

Le premier vignoble au Québec fut implanté par Samuel de Champlain en 1608 .

Mais la culture de la vigne a pris son envolée à partir des années 1980 .

Nous admirons les magnifiques vignes du Domaine Royarnois de Cap Tourmente , en bordure du Fleuve Saint Laurent . Ce vignoble produit un vin rouge et deux vins blancs issus du cépage Cliche-Vandal , un cépage rustique créé et développé au Québec .

Notre étape se termine à Baie Saint Paul dans l’hôtel du même nom .

Nous allons sur le bord du Saint Laurent voir le spectacle incroyable du passage d’énormes pétroliers et cargos sur le « fleuve » .

Nous quittons les bords du Saint Laurent pour prendre la route du nord sur les rives du Fjord Saguenay .

A l’époque quaternaire , la région a été recouverte d’une couche de glace de deux à trois kilomètres d’épaisseur , le glacier a raboté le relief . Le poids du glacier était tel qu’il a provoqué l’enfoncement de la région : et la création du graben du Saquenay , ensuite les glaciations ont surcreusé les failles pour former la vallée en U actuelle .

La fonte des glaciers fit remonter les terres à leur niveau actuel .

Cependant la mer envahit la dépression et aujourd’hui la marée remonte jusqu’à Chicoutimi .

Le fjord atteint , en certains endroits , 1500 m de large et sa profondeur moyenne est de 240 m , il est dominé par des falaises qui culminent à 457 m .

Nous remontons la rive droite du fjord , et traversons la rivière saint Jean sur un pont couvert très pittoresque !

« nos ponts furent couverts , mon cher monsieur , pour la même raison que les filles portent des jupes et des crinolines : pour protéger la beauté structurale qui est rarement vue mais néanmoins appréciée »

Quelques kilomètres plus loin nous arrivons dans le Fjord du Saguenay .

Comme tous les sites remarquables du Québec , la visite commence par « Un centre d’accueil et d’interprétation »  Puis nous parcourons un sentier qui nous révèle la splendeur du fjord .

Au détour du chemin nous rencontrons une gélinotte huppée qui se laisse approcher et admirer à loisir !

Les paysages se suivent et ne se ressemblent pas , après le Parc du Saguenay nous découvrons une cité industrielle , très liée à la forêt québécoise : une gigantesque scierie et une grande usine de pâte à papier , le tout avec le gigantisme de l’Amérique !!

Cette ville de « la Baie » est située dans une anse appelée « des Ha Ha »

D’ailleurs sur les routes nous croisons d’énormes camions chargés de billes de bois qui convergent vers la ville .

En remontant vers le nord ouest , nous arrivons au Lac Saint Jean .

Après la dernière glaciation , la fonte des glaciers a provoqué l’apparition d’une vaste étendue d’eau appelée la mer de Laflamme connectée au Saint Laurent . Par suite du relèvement des terres les eaux se sont retirées mais subsiste le lac actuel .

Nous arrivons au village fantôme de Val-Jabert qui surplombe le lac (A sur le plan) .

Ce village construit au pied d’une superbe chute d’eau de 72 mètres , construit en 1900 , est lié à l’histoire de l’industrie de la pâte à papier .

Son fondateur Damase Jalbert entreprit d’utiliser la force motrice de la chute .

Ce village était doté des innovations les plus modernes pour l’époque : routes macadamisées et électricité .

En 1927 l’effondrement du marché de la pâte à papier provoque l’abandon total du village .

En 1960 le site est mis en valeur .

Nous parcourons le village dont certaines maisons ont été rénovées .

Nous continuons notre tour du Lac , et nous nous laissons tenter par la visite du Zoo de Saint Félicien .

En réalité c’est un parc zoologique créé en 1962 à l’embouchure de la rivière Ashuapmushuan , ce parc est consacré à la conservation d’espèces à protéger tel le Carcajou et le cougar de l’est .

Nous prenons place dans un wagon grillagé qui nous emmène dans le parc .

Nous trouvons original de mettre les touristes derrière des barreaux !

Nous continuons à tourner autour du lac et nous nous arrêtons à Péribonka où en 1912 Louis Hémon a écrit son roman « Maria Chapdelaine » .

Cette œuvre brosse une fresque de la vie des colons du Lac Saint Jean .

La maison des colons a été transformée en musée Louis Hémon .

Notre tour du lac se termine par un retour rapide vers le sud vers le Saint Laurent .

Nous retrouvons le Saint Laurent a Tadoussac . Ce village historique détient une réputation de longue date pour les croisières aux baleines sur le fleuve Saint-Laurent avec aussi ses nombreuses croisières dans le fjord du Saguenay car Tadoussac est un des premiers endroits où des touristes sont montés à bord de bateaux pour faire une excursion aux baleines.

Ce fut un grand hôtel qui attira les premiers touristes à Tadoussac. Ce village est situé sur la rivière Saguenay, près du fjord du Saguenay et de son embouchure, à quelques miles de la mer. Depuis ce temps, plusieurs endroits propices à l’observation des baleines se sont développés sur les rives de l’estuaire du Saint-Laurent où se rassemblent ces baleines.

Nous logeons dans un hôtel plus modeste mais très pittoresque.

Nous nous inscrivons pour une croisière d’observation des baleines sur un bateau de la famille Dufour …mais nous n’osons pas opter pour le Zodiac …un peu exposé aux embruns !!

Le Rorqual est un résident saisonnier de l’estuaire et du golfe de mai jusqu’à la fin novembre où il vient s’alimenter. Les rorquals communs se concentrent dans des régions où l’abondance de la nourriture est favorisée par des phénomènes océanographiques (fronts thermiques, topographie et remontées d’eau froide), notamment à la tête du chenal Laurentien (entre Tadoussac et Les Bergeronnes). Le troupeau du golfe (excluant l’estuaire) a été estimé à 380 individus .

Nous sommes relativement chanceux car les apparitions des rorquals se multiplient tellement fugitives que les photographier est un exploit .

En réalité nous n’apercevons que l’aileron dorsal de la bête !!

Pourtant nous en avons plein les yeux .

Le lendemain nous prenons le bac pour franchir le Fjord Saguenay et remonter la rive gauche du Saint Laurent pour prendre le « traversier » pour nous faire franchir le fleuve qui commence à ressembler à une mer intérieure .

En attendant le bac nous prenons un léger souper à Saint Siméon dans un restaurant panoramique ….et tout à coup nous apercevons …au loin les ventres blancs des Bélugas qui folâtrent en groupe dans le Saint Laurent .

Le béluga, également surnommé baleine blanche, est un mammifère marin bien adapté à la vie dans les eaux froides. Il possède une épaisse couche de graisse sous la peau, qui sert d’isolation et de réserve d’énergie. Une proéminence sur la tête appelée melon lui permet de s’orienter et de trouver ses proies grâce à l’écholocation.

Seul le béluga adulte est blanc. Un béluga adulte peut peser 1900 kg et mesurer entre 2,6 et 4,5 m.

On estime la population de bélugas du Saint-Laurent à environ 1000 individus.

C’est un énorme « traversier » qui prend une centaine de véhicules pour franchir les 22 km de ce véritable bras de mer après une navigation de plus d’une heure .

Nous débarquons à Rivière du Loup ..et nous entreprenons le tour de la Gaspésie.

La Gaspésie est une péninsule qui se trouve à l’extrême est du Québec juste au nord du Nouveau-Brunswick. C’est une région côtière qui longe l’estuaire et le golfe Saint-Laurent en plus de la baie des Chaleurs.

Après une halte au parc du Bic où nous apercevons un phoque sur un rocher à 300 mètres , nous nous arrêtons au musée de la mer situé près du phare de Pointe au père .

Ce musée est consacré à une tragédie maritime dans le Saint Laurent .

L’Empress of Ireland était un paquebot transatlantique de la Canadian Pacific Steamship Company lancé le 26 janvier 1906 et qui assurait la liaison régulière entre Québec et Liverpool, en Angleterre. Le 29 mai 1914, il fait naufrage dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent, près de Rimouski. Avec 1 012 victimes parmi les 1 477 personnes embarquées, il constitue « le plus grand naufrage survenu au Canada » et se classe parmi les plus grands naufrages du début du XXe siècle, avec ceux du Titanic et du Lusitania.

Le 29 Mai , à 2 heures du matin , le pétrolier norvégien « Storeland » percute dans un un épais brouillard le paquebot britannique « Empress of Ireland » le choc est tellement brutal que l’Empress sombre immédiatement .

Plus de 700 personnes se noient , seul un petit nombre peut être sauvé .

L’ Europe au moment du déclenchement de la guerre de 1914 n’accordera que peu d’attention à cette tragédie maritime .

Décidément les « quebécois » adorent les musée ….ou plutôt les « Centres d’interprétation » …..nous nous arrêtons au Centre d’interprétation du saumon atlantique de Sainte flavie .

Nous y apprenons que les œufs sont pondus à l’automne , l’éclosion a lieu en avril , les alevins s’enfouissent dans le gravier d’où ils ressortent en juin , à la fin de l’été ils mesurent 5cm , on les appelle Tacons , ils passent l’hiver sous les cailloux , à 2 ou 3 ans ils mesurent 15 cm et se dirigent vers la mer , vers Terre Neuve et le Labrador .

En mer ils grossissent et au bout d’un an atteignent 60 cm .

Après 3 ans en mer ils reviennent là ou ils sont nés , et viennent se reproduire mais contrairement aux saumons du pacifiques ils ne meurent pas et retournent à la mer.

Des 8000 œufs pondus par une femelle , seuls 4 adultes reviendront frayer !!

Nous passons la nuit dans un hôtel au bord du Saint Laurent : l’hôtel Belle Plage de Matane .

Par la fenêtre de notre chambre , nous avons une belle vue sur le port qui accueille les traversiers de Baie Comeau et de Godbout .

Le Québec me réserve une surprise : Le « Nordais » est le plus Grand parc éolien de l’époque : 100 Mégawats !!! : deux groupes de 76 et 57 éoliennes .

En dehors du Danemark , en cette année 2000 , il n’y a pas beaucoup d’éoliennes en Europe aussi nous nous arrêtons pour visiter ce « champ d’éoliennes .

On nous distribue une notice (en français) qui m’intéresse beaucoup .

Nous avons droit à des explications , nous admirons beaucoup la production d’Hydroquébec qui est exclusivement hydraulique et éolien …..et qui alimente les Etats Unis …et New York !!!

Mais , cerise sur le gâteau , nous découvrons l’énorme éolienne à axe verticale . Avec ses 110 mètres de haut , cette éolienne n’a pas besoin d’être orientée , mais elle est si lourde qu’il faut un moteur pour la lancer , sa puissance de 4 Mégawatt est énorme .

Construite en 1983 , elle a été endommagée en 1992 par suite d’une tempête .

Nous nous arrêtons au phare de la Madeleine qui est le plus haut phare …du Canada !

Le premier phare fut construit en 1871 pour permettre la navigation de nuit le long des côtes gaspésiennes. C’était une construction en bois. Ce phare était alimenté au moyen de lampes à l’huile de pétrole.

C’est en 1908 qu’on procède à la construction d’un nouveau phare en béton armé. La nouvelle structure mesure 18 mètres de haut.. Lors des brouillards, le phare émet des signaux sonores par sa corne de brume. Ce signal était particulier à ce phare, alors, les marins, en l’écoutant, savaient où ils se trouvaient.

Nous approchons de l’extrémité de la presqu’île de Gaspésie et nous entrons dans le parc national de Forillon .

Le parc comprend une côte maritime , des falaises de l’extrémité des Appalaches , des dunes , des forêts ….

Le parc a été créé en 1970 .Il est situé à la fine pointe de la Gaspésie. Ses paysages grandioses de mer, de falaises et de montagnes s’étendent sur 244 km .

La côte nord , rocheuse est sauvage et magnifique.

La présence de dix formations rocheuses différentes, les colonies d’oiseaux marins et les plantes arctiques-alpines donnent au parc son caractère unique. Parmi les petits mammifères on trouve le castor , le renard , le coyote , le lynx , le porc épic (voir photo) la marmotte , l’écureuil roux , et……….l’ours brun !! que nous n’avons pas vu malgré les avertissements !!

Nous marchons sur un sentier côtier qui nous fait découvrir le site du tournage du téléfilm « l’ombre de l’épervier ».

Nous visitons ces décors plus vrais que nature en espérant que la télé française accueille ce « sitcom ».

Le site est somptueux , qui a été respecté par les réalisateurs du film .

Nous continuons le tour de la presqu’île jusqu’à Gaspé ….

Parti de Saint Malo le 20 Avril 1534 Jacques Cartier arrive dans l’estuaire du Saint Laurent , il aborde à Gaspé , y plante une croix de bois et prend possession du territoire au nom du Roi de France François 1er .

Pour commémorer cet événement six stèles en fonte ont été érigées .

Nous poursuivons notre tour de la presqu’île jusqu’à Percé …le parc national le plus spectaculaire du Québec .

Le parc national de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé s’affiche par son riche patrimoine naturel, historique et géologique. Sculpté par le temps et la mer, à l’extrémité de la péninsule gaspésienne, il possède l’île Bonaventure et le majestueux rocher Percé, emblème touristique du Québec. Sa flore et sa faune singulières, dont sa célèbre colonie de fous de Bassan, en font une destination incontournable, tout comme le patrimoine bâti de l’île, dernier témoin de la vie des insulaires du siècle dernier.

Nous nous inscrivons pour un tour en bateau qui nous permet de nous approcher du rocher qui est composé de calcaire fossilifère datant du Devonien (il y a environ 400 million d’années).

Le Rocher Percé est un phénomène géologique. C’est un monolithe rattaché au plateau d’une part et formant une falaise verticale d’environ 15 mètres de hauteur. La longueur totale du monolithe est de 433 mètres, sa largeur est de 90 mètres et sa hauteur maximale est de 85 mètres. On estime que le poids de la roche est de 5 millions de tonnes.

Au milieu de la roche, se trouve une arcade de six mètres de haut sur huit mètres de large. Cette arcade a été excavée par les forces de la nature au fil des 350 millions d’années qui se sont écoulés depuis la formation de cette roche.

Le tour de l’ile de Bonaventure nous permet d’assister aux plongées des Fous de Bassan qui entrent dans l’eau comme des torpilles , les ailes serrées contre leur corps et ressortir avec un poisson dans le bec (n’ayant pu photographier ces « fous qui tombent du ciel à une vitesse incroyable , j’ai trouvé sur internet cette magnifique photo ) leur vitesse est de 60 à 110 km/h !!!

Après ce tour en mer nous abordons sur l’Ile de Bonaventure .

Nous traversons l’ile de part en part pour nous rendre sur la falaise des Fous de Bassan . Au passage nous avons la chance d’observer un Pivert entrain de creuser un arbre.

An notre arrivée au sommet de la falaise est de l’île nous sommes stupéfaits devant le spectacle de milliers de fous de Bassans sur la falaise ( 60000 couples …je ne les ai pas compté ) .

Une simple corde nous sépare de la colonie et il est recommandé de ne pas les perturber . L’espace aérien est interdit au dessus de la colonie .

Au retour nous apercevons une colonie de phoques .

Notre étape suivante nous amène à Paspébiac : lorsque l’entrepreneur jersiais Charles Robin débarque à Paspébiac en 1766 , il y découvre un havre qui protège les navires et un déglacement hatif au printemps , c’est ainsi que deux compagnies de pêche s’y installent .

Paspébiac devient la plaque tournante de l’industrie de la pêche dans le Saint Laurent .

Nous passons la nuit dans un petit hôtel superbement meublé .

Nous visitons un petit musée de la pêche à la morue .

Le lendemain nous nous arrêtons dans le lieu ou s’est décidé le sort du Canada Français : la Bataille de la Restigouche . Il est situé au fond de la baie des Chaleurs, à l’embouchure de la rivière Ristigouche. On y commémore la dernière bataille navale entre la France et la Grande-Bretagne pour la possession du territoire nord-américain. L’affrontement a pris fin le 8 juillet 1760 et a définitivement scellé le sort de la Nouvelle-France. Le centre d’interprétation met en valeur les vestiges du Machault . Cette frégate faisait partie de la mission de secours envoyée de France pour reprendre Québec, tombée sous le feu de l’armée britannique, à l’automne 1759. Dans ce lieu, on y découvre une superbe collection d’objets retirés de l’épave.

Voici l’histoire : dans un dernier effort pour soutenir sa colonie, la France dépêche une mission de secours en Nouvelle-France. Cinq navires marchands escortés par la frégate Le Machault appareillent du port de Bordeaux, les 6 voiliers transportent 400 hommes de troupe.
Seuls Le Machault, Le Bienfaisant et Le Marquis-de-Malauze se retrouvent dans le golfe du Saint-Laurent, le 15 mai.
Le 18 mai, il ancre la flottille dans l’estuaire de la rivière Ristigouche.

De leur côté, les Britanniques dépêchent, de Louisbourg, une escadre de cinq vaisseaux de guerre commandée par le capitaine Byron. Le 22 juin, la flottille française se retrouve bloquée au fond de la baie des Chaleurs. Devant la supériorité britannique, La Giraudais retraite vers l’intérieur. Il espère que les vaisseaux britanniques, avec leur fort tirant d’eau, ne pourront s’engager dans le chenal donnant accès à l’estuaire.
Une batterie de canons est aussi installée sur la rive nord de la rivière Ristigouche. Le Machault est gardé dans le chenal,derrière un barrage de goélettes que le commandant a fait saborder pour obstruer le passage.
Après plusieurs jours de tentatives pour trouver le chenal principal, les Britanniques réussissent, le 3 juillet, à se frayer un chemin. Le Machault doit se replier en amont.


Le 8 juillet, devant l’inéluctable, le commandant La Giraudais

fait saborder Le Machault et Le Bienfaisant afin d’empêcher les Britanniques de s’emparer des vivres et des munitions.

Les secours tant attendus gisent maintenant au fond de la rivière. Privée de renforts et de ravitaillement, la Nouvelle-France capitule, à Montréal, le 8 septembre 1760. La nouvelle ne parvient à Ristigouche que le 23 octobre. Six jours plus tard, la petite garnison se rend.

Ce musée nous touche beaucoup ….

Nous disons adieu à la côte sud , et nous entamons la traversée de la Gaspésie .

Nous sommes en automne et la durée du jour diminue et a déclenché le changement de couleur de la végétation , ce que nous attendions et ce qui a motivé le choix de la date de notre voyage .

Il faut croire que les saisons se télescopent au Québec , et nous découvrons avec surprise une moissonneuse batteuse en action dans un champ de céréales .

J’ai le temps d’observer l’alimentation en électricité de la campagne québécoise.

La caractéristique de cette distribution électrique est la moyenne tension distribuée par un seul conducteur , le deuxième conducteur étant la terre !!

Nous prenons la route vers le sud sur la rive droite du Saint Laurent , cependant nous quittons cette route pour visiter une petite ville pittoresque de Kamouraska .

Kamouraska, classée parmi les villes et villages les plus beaux et pittoresques du Québec, offre des paysages agrémentés d’une richesse architecturale, qui fait de ce village l’un des plus beaux du Québec. Le village de Kamouraska a gardé une unité architecturale unique au pays et d’élégantes maisons de navigateurs le composent. En particulier nous admirons les toits à larmier donnant aux édifices une silhouette caractéristique .

Nous nous accordons une pause dans ce charmant village

Nous ne saurions quitter le Québec sans nous informer sur le sirop d’érable .

L’occasion nous est offerte avec la visite de l’érablière du Bois Joli .

Nous arrivons dans cette érablière située au centre du bois d’érable .

Une hôtesse nous entraîne dans le bois d’érable , et avec surprise nous découvrons tout un réseau de tubes qui converge vers la cabane .

A l’origine de ce réseau il y a une entaille dans le tronc de l’érable , en réalité un trou de 6 cm de profondeur et de 11mm de diamètre dans lequel on enfonce le « chalumeau » .

L’ancienne méthode comportait une « chaudière » par arbre .

Nous pouvons comparer les deux techniques :

Dans la cabane nous découvrons la machine qui aspire le sirop d’érable .

Tout est mécanisé cependant , au mois de mars il faut chausser les raquettes , dans un mètre de neige pour refaire les entailles sur tous les troncs !

Nous visitons la cabane à sucre , très surpris de cette mécanisation inattendue .

Mais que fait on du sirop : il est concentré sur place dans une chaudière .

Nous la découvrons dans une pièce voisine ….pas en service en cette saison .

Nous terminons cette visite au restaurant de la “cabane”

Notre dernière visite avant notre départ c’est le tour du “Lac des trois Saumons “

Nous quittons l’autoroute de Monréal pour effectuer le tour du Lac des Trois Saumons , région appréciée des Québèquois qui y possèdent des chalets .

Il est difficile d’accéder aux rives du Lac ou sont construites de nombreuses résidences secondaires .

Il nous faut nous contenter de contempler l’arrière des chalets ou des “cabanes” qui , il faut le dire , sont bien intégrés dans cette somptueuse nature .

Enfin à l’extrémité ouest du lac nous accédons au Lac dans un magnifique parc public .

Pierrette prend une des dernières photos de notre superbe voyage .

La traduction n’est pas nécessaire !!!!!