50 a - La Renault R16 TS

Après avoir possédé des  petites voitures : 4 CV Renault , Dauphine , 2 CV Citroën ….Au prétexte de tracter une « grosse caravane » je  (Claude) …recherchai une voiture puissante .
C’est donc en  mars 1968 que Renault  commercialise  une R16 sportive plus puissante avec  un tout nouveau tableau de bord :  la  Renault 16 TS. Le moteur a désormais une capacité de 1565 cm3 et délivre 85 chevaux à 5750 tr/min .

Le bloc moteur en aluminium, monté longitudinalement, avec la boîte de vitesses en porte-à-faux avant, bénéficie d’un circuit de refroidissement scellé et d’un double ventilateur à déclenchement automatique.

Pour l ‘époque … la liste des gadgets est impressionnante … les vitres avant électriques ! le toit ouvrant électriques ! les phares à iode longue portées ! lunette arrière dégivrante ,  le compte tour au tableau de bord  et côté moteur le carburateur double corps qui vous propulse de 90 à 170 Km/h en quelques secondes !!

Le problème avec ce carburateur double corps .. c’est la consommation qui passe brutalement de 10 à 30 litres aux 100 Km lorsque l’on écrase l’accélérateur , la consommation moyenne est de 13 litres aux 100 Km .
Quelle sensations de voir l’aiguille du compteur s’approcher des 200 km/h !!

La petite caravane Pitt , si légère , vole derrière la R16 qui peut rouler à 100 110 km/h , sur les nationales roulantes , l’attelage s’insère parfaitement dans le flux des voitures “solo”


Mais hélas , nous sommes en 1968 et le montage de la voiture sur la  chaîne s’est fait de bric et de broc …tous les accessoires d’importation  se révèleront déficients : l’alternateur , le démarreur , la pipe d’admission , le carburateur …
La voiture se révèlera remarquable entre 100 000 Km et 160000  Km quant tous ces accessoires auront  été remplacés .
Malgré ses deux ventilateurs la voiture a tendance à chauffer avec le phénomène de vapor-lock :
“Le vapor-lock est un “tampon de vapeur” qui empêche quelquefois l’essence d’arriver jusqu’au carburateur, surtout par temps chaud .


On sait que l’essence n’est pas un combustible homogène, mais un liquide constitué par un certain nombre d’hydrocarbures qui ne sont pas également volatils. Certains se transforment en vapeur à une température relativement basse, de l’ordre de 60°C, chiffre qui, par temps chaud, peut être dépassé à l’intérieur du capot (on a relevé 80°C).
La veine liquide se rompt, alors le carburateur, n’étant plus alimenté, se vide et le moteur s’arrête. »
C’est ainsi que fut gâché un voyage en Tunisie !!
Le remède fut rapidement trouvé : avec ma scie sauteuse je découpai le capot au dessus du carburateur avec une sortie d’air chaud en plastique .


Le dispositif étant complété par un interrupteur au tableau de bord permettant de mettre le deuxième ventilateur en marche avant d’aborder la montagne !!
Notre tendance étant de passer les vacances dans les pays chauds , je pris l’habitude d’installer sur le toit un « double toit » en contreplaqué pour éviter à la tôle de chauffer au soleil .

Sur le dessin ci-dessus la R16 est présentée dans sa version  grand tourisme avec son double toit , sa protection du pare-brise , son frigo dans une boite avec une inscription « serpents » pour décourager les voleurs , avec 2 roues de secours , et un jerrycan !!!
Il faut ajouter que la suspension à barre de torsion de la R16 pouvait être « bandée » , ce qui la rehaussait de 15 cm …la transformant ainsi en « tout chemin » avec un plancher à 30 cm du sol  …très utile pour franchir une rivière à gué .

Ce qui se révéla fort utile en 1971 pour des passages de rivières  , en Turquie lorsque un tremblement de terre en Anatolie eut détruit un certain nombre de ponts  . Cette année là le compteur afficha 15000 Km  après la visite de l’Iran ..et de Persépolis , tout près de la frontière de l’Afganistan !

Voici une photo , récupérée sur le film 8mm , de la R16 au milieu des concurents du Rallye


Un autre périple de rêve fut le tour de la méditerranée occidentale en 1975  avec une grande caravane : France , Espagne , Maroc , Algérie , Tunisie , Italie France  (voir chapitre spécial).

Sur la photo l’attelage R16TS et caravane paraît énorme par rapport au Ferry….effet de perspective !!
Ci-après une belle photo de l’attelage à l’entrée des gorges d’El Kantara  dans le sud algérien .
Ces gorges sont un oasis tout en longueur entièrement plantées de palmiers dattiers .

La R16 TS était une très bonne « tractrice » pas seulement par la puissance du moteur , mais aussi grâce à des vitesses bien étagées .

Quant à la voiture en solo , c’était la belle époque des vitesses libres qui permettait de tenir un bon 130 à l’heure sur les nationales …Préfailles – Tours en 2 heures 3⁄4 …difficile de faire mieux depuis qu’il y a l’autoroute .

La limitation de vitesse sur route eut un effet bénéfique sur la consommation qui petit à petit se réduisit jusqu’à 11 litres aux 100 kilomètres . Cependant la perspective de remplacer la R16 TS par une autre grande routière…uniquement pour tracter la caravane nous fit réfléchir à la solution Camping-car pour les vacances d’été .
Je vous donne rendez-vous au chapitre « Camping car J7 »