51- Voyage aux USA 1978

Voyage aux Etats Unis (exposé accompagné de diapos fait par Claude Josset devant les cadres de la Direction Régionale de Tours en 1978)

Quand on est marié avec une professeur d’anglais et que ses deux sœurs sont professeurs d’anglais , et de surplus lorsque son fils est passionné d’anglais (ou plutôt d’américain) ….quand on a vendu sa voiture et sa caravane …il n’est pas incongru de se retrouver , un après-midi du 4 août , à l’aéroport Charles De Gaulle : mon fils , ma femme , ma sœur et moi .

C’est un Boeing 707 de la TWA , aux sièges exigus comme ceux d’un car de ramassage scolaire qui nous fait franchir l’Atlantique Nord pour 86000 anciens francs (172000 aller et retour) .

Cet avion est loué par « Jeunes sans frontières » qui a revendu une partie de ses places à la « Fédération des Villes Jumelées » et à « Jet Tour » et les passagers  effectuent ce vol à des tarifs les plus variés de 170000 à 220000 f !

Notre pilote est un vétéran de la dernière guerre mondiale , et pour son dernier voyage avant la retraite il a obtenu le privilège de voler à basse altitude jusqu’aux plages de débarquement !

Et là : surprise , nous ne sommes plus dans un Boeing 707 , mais dans un bombardier « superforteresse » de la seconde guerre mondiale , qui vole à basse altitude dans la vallée de la Seine , parfois au niveau des collines , en virant d’une aile sur l’autre .

Après l’Ile de France nous nous glissons entre les méandres de la Seine , et arrivons enfin à l’embouchure de la seine , et nous devinons l’émotion du pilote qui plonge sur les plages de débarquement  , et puis comme à regret , le pilote reprend doucement de l’altitude pour franchir le cotentin …un grand moment d’émotion !

Et après un dernier regard au cap de la Hague nous prenons la direction du Nord Ouest et regagnons les 30 000 pieds pour traverser l’Atlantique .

Nous ressentons cette montée en altitude comme un détachement de la planète ….l’exiguïté des sièges du 707 permet même  de se prendre pour un cosmonaute !!!

Partis à 6heures française nous arrivons à 8 heures de New York  et nous roulons sur les pistes du « Kennedy airport » jusqu’au terminal TWA .

Les formalités d’immigration étant assez longues , nous sortons de l’aéroport à 10 heures du soir . Et là , surprise , tous les représentants des agences nous attendent avec leur pancartes… tous , sauf le nôtre !!!

Gentiment le représentant d’une autre agence nous offre de monter dans son bus …mais il ne se déroute pas et se contente de nous débarquer à « proximité » . de notre hôtel .

Nous formons un petit groupe : les Quatre Josset et les quatre Bouillon (des tourangeaux) . La rue qu’on nous a indiqué grouille d’une foule de mendiants , de drogués et d’individus menaçants , nous sommes agrippés par des mains crochues mal intentionnées , nous devons cramponner nos bagages , Nelly se défend par des moulinets de son sac , un fou brandit un couteau ….un policier que nous interpellons se montre impuissant à nous aider …300m plus loin nous assistons ..médusés à l’agression d’un policier !!

Le mystère de notre étrange arrivée à New York s’éclaircit à l’hôtel où nous apprenons que le responsable de l’agence a disparu avec la caisse !! mais l’hôtel nous offre , généreusement la nuit  que nous avions réglé à l’agence !

Nous dormons dans une ambiance de cris dans la rue ,  du clignotement des enseignes néon qui tapissent la façade  et des sirènes des voitures de  police .

Le lendemain , devant l’hotel les marginaux ont disparu , New york est redevenue paisible , la circulation est fluide .

Nous montons dans un bus en direction du port , nous glissons 15 cents dans un bocal près du conducteur et notre ticket nous revient de mains en mains .

Le conducteur est en liaison radio permanenta avec la compagnie  et il demande la permission de se dérouter par suite de travaux .Sur l’embarcadère de l’hudson nous nous embarquons sur un bateau d’excursion pour faire le tour de Manhatan .

Nous passons devant les tours jumelles qui viennent d’être construites , avec leurs 110 étages , 1350 pieds de hauteur (450m) et qui abritent un centre d’affaire international . Je les photographie en oubliant le filtre jaune que Jean-Marc a mis sur l’objectif pour photographier en noir et blanc .

Nous approchons de la statue de la Liberté , puis nous faisons demi tour pour reprendre notre boucle , , nous passons devant Down Town , la pointe de Manhattan avec son jardin et le musée de bateaux .

Nous passons sous le pont de Brooklyn construit il y a un siècle en 1883 qui relie Manhattan à Long Island , long de 2000m avec ses rampes d’accès , et son tablier de 1000m de long et 30m de large . La travée centrale est à 41m au dessus de l’East River .

Tout au long du tour , les ponts se succèdent .

L’énergie électrique qui alimente la ville était autrefois produite sur place par deux centrales thermiques . C’est entre ces deux centrales thermiques que nous apercevons l’Empire State Building .

Nous passons devant le building des Nations Unies .

Parmi tous les ponts nous admirons le pont de Georges Washington construit en 1936 avec une travée de 1067m , comportant 8 couloirs de circulation . En 1962 un second tablier sera accroché sous le premier et comportant 6 couloirs de circulation , il relie Manhattan au New Jersey .

Nous passons devant les centrales thérmiques qui alimentent New York en électricité

Nous bouclons le tour en 3 heures et demie en passant devant les docks déserts des anciens transatlantiques .

Nous allons ensuite visiter  le « Rockefeller Center » terminé en 1939.

Il compte 70 étages et mesure 260 m de haut .

Nous prenons l’ascenseur rapide pour la terrasse qui nous offre une belle vue vers « l’empire State Building » , nous découvrons également Central Park .

Sur une terrasse nous apercevons l’héliport sur le Panam Building

ouvert de 1965 à 1968 puis quelques mois en 1977. Il a été fermé suite à un accident spectaculaire qui a fait cinq victimes.

Sur les terrasses des tours nous apercevons les aéro-réfrigérants des systèmes de climatisation  et les réservoirs d’eau  . Il y a entre 10 000 et 15 000 réservoirs ou citernes (water tank) à New York, en acier et en bois qui peuvent contenir jusqu’à 50 000 litres d’eau. A l’origine, ils avaient un but utilitaire, ils servaient à alimenter les immeubles en eau. On a donc installé des réservoirs d’eau sur les toits dès le 19ème siècle qui fonctionnent selon le principe des vases communicants, comme les châteaux d’eau que l’on trouve dans chaque village en France

Aujourd’hui ils sont conservés même en cas de rénovation pour leur aspect industriel correspondant au patrimoine architectural de New York. Ils sont aussi utilisés comme réserve d’eau secondaire par les pompiers en cas d’incendie.

Nous redescendons et parcourons le « Channel » , appelé ainsi car il sépare la maison anglaise et la maison française !!

Nous passons devant l’église irlandaise Saint Patrick , curieusement enchâssée entre les gratte-ciels . En face , nous découvrons la statue « Atlas supportant le monde » devant « l’international building ».

A quelques pas se trouve le musée d’art moderne où nous pouvons admirer des tableaux de Picasso dont les célèbres Demoiselles d’Avignon qui symbolisent le cubisme .

Le tableau Guernica est mis en valeur ( toujours pas rendu à l’Espagne , malgré la mort de Franco !) et nous finirons notre visite par la Chèvre de Bronze qui folâtre dans la cour du musée .

Ainsi se termine notre visite de New York …car le but de notre voyage c’est l’Ouest américain ….mais New York – San Francisco c’est 5000 Km , l’équivalent de Paris-Téhéran .Comme le temps nous est compté nous allons faire le trajet New York Denver en avion …soit 3000 Km pour 115 dollar soit 112 000 anciens francs aller et retour .

Arrivés à Dallas nous découvrons la voiture que nous avons retenu : une voiture 2 portes avec une banquette arrière affublée de deux hublots et un coffre entièrement occupé par la roue de secours ( une vraie roue de camion !!) Pas moyen de ranger nos bagages !

Au diable l’avarice ; sur le parking nous choisissons une Plymouth Furry , de 5 litres de cylindrée , 150 chevaux ,

longueur 5, 50 mètres , largeur 1,98 m , réservoir 97 litres !!!

Nous consommerons 14 litres au cent d’essence sans plomb … attention :aux USA la loi punit quiconque introduit dans une voiture munie d’un pot antipollution , du carburant contenant du plomb .

Heureusement , à Poitiers , avec Nelly nous avons traduit la notice d’une voiture américaine ,  nous sommes donc initiés aux joies de la boite automatique , de la climatisation ( qu’on ne peut arrêter même quand il fait froid ….tellement le moteur chauffe !!! .  Ce qui surprend c’est le poids et l’inertie de cette énorme voiture, ce qui remet en cause toutes les sensations de la conduite : freinage et accélération .

Ce qui me surprend , c’est le choix Drive , Second , Low , en particulier l’absence totale de frein moteur en position Drive .

Nous prenons connaissance avec notre voiture entre Denver et Yellostone . La vitesse est limitée à 70 miles par heure  et nous nous faisons doubler par les énormes camions américains aux chromes astiqués comme des locomobiles .

Nous faisons connaissance avec les maisons préfabriquées chargées sur d’énormes camions , l’une d’elle , tellement énorme ne pouvait être doublée qu’avec l’aide du shérif  .

En approchant de Yellowstone , nous  découvrons les « touristes » américains qui possèdent  des cellules installées sur des pick-up , et de superbes motor-homes équipés de conditionneurs d’air , de groupes électrogènes , et qui  tractent souvent un bateau , ou une  petite voiture .

Nous parcourons 600 Km et traversons des bourgades typiques de style far west !

J’ai enfin compris le maniement de la boite automatique !!! pas si simple qu’il n’y paraît …

Malgré les 150 chevaux , en « Drive » , on parfois l’impression de manquer de puissance !! enfin ce n’est qu’une impression !!

A la tombée de la nuit nous arrivons dans le Parc National du grand téton , que nous traversons sur environ 50 Km … ici la nature est intacte, les arbres grandissent , meurent , tombent , pourrissent et se régénèrent naturellement …mais les américains poussent la non intervention jusqu’à l’absurde , si la foudre allume un feu , ils laissent brûler …Brûler…Brûler…car c’est un phénomène naturel ! on traverse ainsi sur des miles et des miles une forêt calcinée !!

Nous arrivons ensuite dans la parc national de Yellowstone créé en 1872 et qui s’étend sur 9000 Km2 , en empruntant la « south entrance ».

Nous allons tout de suite voir le vieux fidèle , le Geyser qui toutes les 64 minutes expédie 40 m3 d’eau et de vapeur .

Il faut être patient et à chaque soubresaut du geyser tous les photographes qui l’entourent appuient sur le déclencheur de leur appareil photo ! captant toutes les phases du phénomène qui dure environ 30 secondes .

Nous passons la nuit dans le Park dans un bungalow confortable et chauffé à l’électricité . Il y en a des centaines qui s’intègrent discrètement dans le paysage .

Le lendemain , nous parcourons la grande boucle de 237 Km qui permet de voir les points les plus intéressant du parc .

Nous traversons une zône de geysers et de sources chaudes , puis nous traversons de vastes prairies remplies d’échassiers , plus loin nous surprenons des antilopes sous le couvert d’un bois .

Tout à fait au nord , nous arrivons aux terrasses des sources chaudes des Mammouths qui sont constituées de 10 bassins colorés en blanc , jaune , rose , ocre , brun , vert , par des concrétions calcaires .

Nous arrivons ensuite au Canyon où la rivière offre le spectacle  de magnifiques chutes .

Le lendemain matin nous roulons vers l’ouest en traversant l’Idaho , puis l’Utha jusqu’à Salt Lake City , la capitale des mormons.

N’étant pas baptisés Mormons , nous ne pouvons pas visiter le Temple .

Nous visitons seulement le Centre d’Information où , pendant une heure nous sommes catéchisés à coup de conférence , de films , de diorama ….

Après une nuit de repos dans un motel , nous reprenons la route de l’Ouest où nous suivons pendant 200Km le Grand Lac salé jusqu’à la piste de vitesse de Bonneville :

Le Lac Salé de Bonneville s’étend sur 412 Km2 , il provient de l’évaporation de l’ancien lac Quaternaire après la dernière glaciation .

Durant les années 1930 , le lieu devint célèbre grâce à Malcom Campbell qui y établi de nombreux records de vitesse .

Après 1949 on y dépassa successivement les vitesse de 500 à 900 Km/h . Durant les années 1960 des véhicules à turboréacteur firent leur apparition qui atteignirent les 908 Km/h . Cette vitesse fut dépassée par le Blue Flame , au moteur-fusée à 1001 Km /h .

Nous nous lançons sur la piste balisée par les bidons dans une gerbe de sel !!! un petit 130 Km/h nous procure des sensations ….inédites .

Mais , consternation : la voiture est couverte de sel dessus dessous !! Nous recherchons aussitôt une station de lavage self-service  pour la dessaler .

Nous passons la frontière du Névada .

Encore 600 Km et nous arrivons à Réno , ville du jeu , des mariages éclairs , et des divorces à la carte .

Nous nous installons dans un complexe motel-église où l’on peut bénéficier d’un forfait mariage avec prêtre , témoins , lancer de riz…repas …nuit de noce !!!

Le lendemain nous visitons cette ville typique du Far-Ouest / Virginia City où toutes les maisons ainsi que l’église sont en bois .

Après la maison du Sheriff nous visitons le musée Marc Twain , un véritable bric à brac avec une machine à vapeur , des pianos mécaniques et des personnages en cire dont Marc Twain , l’écrivain de l’ouest .

Je m’intéresse au réseau électrique de la ville flambant neuf , et je m’attarde à contempler un magnifique poteau bois , contrefiché , sur lequel s’étagent le téléphone , l’éclairage public , les cables basse tension et la haute (ou plutôt moyenne) tension , de plus , par deux ou par trois , les transformateurs monophasés (spécialité américaine ) sont placés à mi-hauteur . Alors qu’en France …et en Europe nous avons adopté le 20 000 volts , les américains du nord utilisent le 5000 volt , le 8250 volt , le 15000 volt ….Pour compléter cette petite digression ..technique …nous admirons !! les compteurs américains .

protégés par une cloche en verre ils trouvent place sur les façades .

Nous nous aventurons ensuite sur une mauvaise piste en terre pour visiter une ville fantôme de mineurs : Body , abandonnée subitement en 1930 .

En 1859, W.S. Bodey, prospecteur, découvrit de l’or à cet endroit et donna ainsi son nom à un camp minier, il périt dans une tempête de neige

En 1876, la Standard Company y découvrit un filon et créa une ville champignon qu’on nomma Bodie. Au total, la quantité d’or produite par Bodie a été évaluée à 34 millions de dollars.

Construite durant la Ruée vers l’or en Californie, la ville atteignit une population de 10 000 habitants en 1880 (deuxième ville de Californie à l’époque), avant d’être progressivement abandonnée à la suite de deux incendies.

Entretenue par des « rangers » comme un parc naturel . Les traîneaux exposés nous rappellent que l’hiver est très rude près des rocheuses .

Nous reprenons la route du sud en bordure du lac Mono qui possède l’une des plus grosses concentration en sel avec une concentration de 78g/litre .

Nous nous arrêtons aux pieds de la Sierra Névada qui nous sépare de la Californie , où nous louons un joli chalet très confortable pour y passer la nuit .

Dans le parc de Yosémite , la route prend le nom de Tioga Road. Peu après la guérite du ranger, nous apercevons les premiers séquoias.

La route s’élève doucement : soixante-dix kilomètres plus loin, mille mètres plus haut, au col de Tioga à 3303 m d’altitude , elle bascule sur le versant oriental de la Sierra .

La route semble courir sur un plateau : la faible pente, les grandes forêts de sapins, les dômes bas de granite craquelé, les étangs bordés de prairies. Au détour d’un virage, la vue s’ouvre parfois sur des sommets distants.

Nous nous arrêtons au  point de vue du glacier (Glacier Point) , nous avons une  superbe vue panoramique . nous devrions voir de nombreuses cascades , mais depuis deux ans il ne pleut plus sur la Californie , et les torrents sont à sec .

Mais le grand intérêt de Yosemite ce sont les séquoias géants , d’une hauteur de 75 à 90 m avec un diamètre du tronc de 4 à 12 m et qui peuvent vivre jusqu’à 4000 ans . Nous empruntons un petit train routier pour parcourir la forêt . La foudre n’épargne pas ces grands arbres qui sont souvent fendus et carbonisés à la base .

Mais ma grande déception sera de ne pas voir le tunnel creusé dans le tronc du plus grand séquoia , l’hiver 1976-77 ayant été fatal au géant .

A la sortie du parc , sur la route 120 pour San Francisco , nous descendons de 2000 mètres pour nous retrouver dans les plaines fertiles de la Californie . Une légère brume nous enveloppe quand nous franchissons le pont de la baie d’Oakland (Bay Bridge ) . Nous nous arrêtons au Fisherman’s Wharf , face à l’ancienne prison de l’Alcatraz , de sinistre mémoire. Nous montons sur la Colline du Télégraphe , juste au dessus du port pour découvrir la ville de San Francisco .

Elle est construite sur une colline selon un quadrillage classique aux Etats Unis , mais dans un sens les rues sont horizontales et dans l’autre sens elles suivent la ligne de plus grande pente , leur croisement forment de véritables tremplins entre des descentes vertigineuses .

D’un coté , le quartier des gratte-ciels , et de l’autre côté nous avons une belle vue sur la Baie d’Oakland par laquelle nous sommes arrivés .

Nous découvrons les Cable-cars :

c’est un ingénieur anglais qui avait résolu le problème des transports urbains en faisant passer dans une tranchée d’un mètre de profondeur un cable d’acier montant et descendant sur les deux versants de la colline . Le tramway est muni d’une pince qui actionné par le conducteur se serre sur le cable , pour s’arrêter il faut lâcher le câble et freiner ….dans une pente à 21% c’est impressionnant .

Au terminus on tourne le tramway , à la main , sur une plaque tournante , et on repart …

Nous ne pouvons manquer une curiosité de San Francisco : la Lombard Street ! Nous prenons des risques avec notre énorme voiture américaine pour nous engager dans cette rue avec une pente de 40% et un enchainement de 10 virages en épingle à cheveux tous les 20m environ …ouf nous sommes passés !!!!

La chose n’est pas courante , nous allons dans un restaurant de luxe au dessus du port où nous commandons une bonne bouteille de vin californien .

Ensuite , nous allons vers le nord jusqu’à la Golden Gate :

ce pont  relie ainsi la ville de San Francisco  à la ville de Sausalito. Sa construction a débuté en 1933 et s’est étalée sur une durée de quatre ans, pour s’achever en 1937.

Le Golden Gate Bridge a été jusqu’en 1964 le pont suspendu le plus long du monde, cet ouvrage d’art fait partie des sept merveilles du monde moderne. Nous sommes déçus par sa couleur qui n’est pas dorée mais plus prosaïquement « rouge minium » ce qui facilite son entretien .

Nous traversons le pont d’où nous avons une belle vue sur la baie , et nous arrivons à Sausalito , station balnéaire qui abrite des pontons où sont amarrées des péniches aménagées en habitations pour les artistes « branchés » . Ces habitations , étranges par leurs formes , leurs couleurs , leurs audaces , nous fascinent et nous les contemplons longuement .

Nous ne quittons pas San Francisco sans visiter le quartier chinois qui a été entièrement reconstruit après le tremblement de terre de 1906 .

Après deux jours à San Francisco nous prenons la route du sud le long de la côte .

Le Pacifique est glacé , pas de bains de mer ! Nous nous arrêtons dans un petit parc national d’oiseaux et de phoques .

Les rochers sont couverts de Cormorans , mais sous un soleil implacable , à contre-jour nous avons du mal à les distinguer ainsi que les phoques vautrés au milieu des algues sombres du pacifique . Si nous n’avons pas l’image , nous sommes assourdis par les cris des phoques .

Sur les 700 Km entre San Francisco et Los Angeles , nous sommes frappés par la sauvegarde de la nature , pas ou peu de constructions ….ou celles qui existent sont parfaitement intégrées au paysage , côté océan c’est grandiose ! avec une grosse houle qui brasse des masses d’algues brunes .

Une exception à cette nature sauvage existe sur la corniche de Big Sur avec une magnifique villa de milliardaire accrochée aux rochers .

La visite de la Mission du Carmel :

Érigée en 1793, la mission subjugue toujours les visiteurs par sa beauté toute simple de l’Ancien Monde. Même aujourd’hui, les cours et terrasses débordent de vie avec leurs plantes et leurs oiseaux (les oiseaux mouches qui butinent les fleurs !). Les édifices environnants  n’ont pas été épargnés par le passage du temps; leurs avant-toits semblent s’affaisser sous le poids des années, et leurs toits sont recouverts de mousse. Établie par le père Junípero Serra, cette mission est une des plus remarquables de Californie. La basilique au plafond en voûte est ornée de vieux tableaux à l’huile et de statues du Christ en bois. Ses murs sont blanchis à la chaux provenant de coquillages brûlés.

À l’extérieur, le campanile de style maure, avec ses 11 cloches, a survécu aux intempéries . Cependant  le campanile nous fascine , semblant être celui du film d’Hitchcok : Vertigo ( en réalité il s’agit d’un décor !!!) .

Nous visitons le jardin des plantes de la bible .

Nous arrivons à Los Angeles sur lequel plane un nuage jaune de pollution .

Notre première visite est pour les Studios Universal que nous parcourons dans un petit train : ici nous arrivons dans un décor de rue enneigée !!! par 40° C c’est assez étrange , plus loin avec Moïse nous passons la mer rouge devant un mur d’eau ! plus loin nous sommes attaqués par le requin des « Dents de la mer » . Puis nous arrivons sur le plateau où se tourne un film , plus loin ma sœur est invitée à soulever une voiture sans effort apparent !!… c’est Hollywood !!!

Une autre visite qui s’impose c’est évidemment Marine land : quand il fut ouvert en 1954 , Marineland sur le pacifique etait le plus vaste oceanarium du monde , sa renommée provient de sa représentation des Orques ou baleines tueuses qui propulsent allègrement leur masse de plusieurs tonnes à plusieurs mètres de hauteur  et également de l’étourdissant ballet des dauphins .

Nous rencontrons Bleuette Pion qui prépare sa Thèse sur « le régionalisme et les cultures autochtones au sud des états unis dans la nouvelle et le roman américain entre 1910 et 1950 »……plus simplement « les cow-boys et les vaches dans l’ouest américain »…mais ce que préfère Bleuette c’est le Disneyland qu’elle fréquente assidûment , elle nous y entraîne …et nous aimons beaucoup …surtout la reconstitution de la Nouvelle Orléans .

Nous nous faisons peur en empruntant le”Big Thunder Mountain Railroad” , un train fou dans une mine !

Nous allons quitter la Californie pour traverser le Far-West , mais avant cette aventure nous nous intéressons à la “santé” de notre voiture .

Nous soulevons le capot de notre voiture…et surprise , il y a 3 jauges de niveau d’huile , le carter , l’hydrodrive , le compresseur  de la climatisation

,  …tous les niveaux sont au minimum …il faut s’arrêter dans une station service . Il faut dire que nous avons déjà parcouru plus de 3000 Km dans des conditions parfois difficiles . Nous pouvons repartir le coeur léger .

Après 4 jours de visites , nous quittons Los Angeles en direction du Nord-Est et très vite nous nous trouvons dans le désert avec pour seul végétal des arbres de Josué !!

Nous passons la nuit dans un « rustic oasis motel » alimenté en électricité par un groupe électrogène (pas la nuit) et équipé de conditionneurs d’air à eau (le rafraîchissement étant obtenu par l’évaporation de l’eau ) .

Le lendemain matin nous approchons du Parc National de la vallée de la mort , les dunes de sable rappelent un peu le paysage du Sahara !

La vallée de la mort où la température atteint 57°C recèle du borax « l’or blanc du désert » qui fut exploité et transporté par des attelages de 20 mules , puis par des tracteurs à vapeur .

(Le borax est le minerai du bore. Il sert de départ à la fabrication de l’acide borique et du perborate de sodium. il entre dans la composition des verres borosilicates (comme le Pyrex) où sa propriété de fondant permet d’abaisser la température de fusion .[7]

La température extérieure monte , nous abordons la fameuse côte  du « Towne’s Pass à 4956 feet , des pancartes demandent aux conducteurs de couper la climatisation , et comme les transmissions hydrauliques des voitures américaines transforment une partie de la puissance du moteur en chaleur …la température devient intenable dans la voiture ! le thermomètre d’eau frôle la zône rouge et nous doublons les voitures en panne près des tonneaux d’eau .

Enfin nous arrivons à Zabriskie Point , nous connaissions le site à travers le film de Michelangel Antonioni , sorti en 1970 ; Nous avions été éblouis par les couleurs du paysage …et bien la réalité est mieux que le film…inouï !

C’est une érosion curieuse qui a sculpté ces dépôts colorés au fond d’un ancien lac à 80m au dessous  du niveau de la mer .

Nous sommes relativement proche de Las Vegas qui à l’époque , malgré ses 130 000 habitants ne possédait qu’un quartier central de casinos .

Par curiosité , nous pénétrons dans un établissement de boites à sous , il y en a partout !!! mais nous sommes vite « saoulés » par le bruit infernal ambiant.

Après une nuit dans un hôtel , qui est également truffé de « slot machines » , nous nous enfonçons dans le désert du Sud-Est au petit matin .

J’insiste beaucoup pour nous arrêter à Boulder pour voir un des plus fameux barrage hydroélectrique au monde : le Hoover Dam .

Construit de 1931 à 1936 , c’est un barrage voûte-poids , il mesure 221 m de haut , avec une capacité de 37 milliards de m3 , et un lac de retenue de 640 Km2 , sa puissance installée est de 2080 MW , mais il n’est pas construit uniquement pour l’énergie , il sert également à l’irrigation de la Californie . Je ne pouvais pas manquer cette visite !

Ce qui est extraordinaire  c’est qu’en 1930 , aucun ingénieur du vieux continent ne pensait possible une telle réalisation ! Et , chose remarquable au pays de la libre entreprise , c’est une réalisation du secteur public : en effet 7 états se sont groupés pour construire et exploiter cet ouvrage.

Dernier détail technique : les lignes électriques qui évacuent l’énergie sont à 600 000 Volts !!!!!

Nous reprenons la route vers l’est  , car nous avons 400Km à parcourir pour remonter le Colorado jusqu’au Parc National du Grand Canyon .

Nous célébrons notre arrivée sur la rive sud du canyon par un repas au restaurant panoramique au dessus du canyon .La vue est unique et sans équivalent , nous n’avons aucune référence de distance ni pour la largeur du canyon de 6 à 29 Km , ni pour sa profondeur de 1600m .

Il est interdit de circuler le long du canyon , il faut emprunter des navettes qui nous emmènent de point de vue en point de vue .

Nous admirons les touristes accompagnés de mules pour les bagages qui s’engagent dans des sentiers vertigineux vers le fond du canyon .

Les sédiments géologiques qui vont du tertiaire au précambrien , il y a 2 milliards d’années . Le fleuve a entaillé toutes les couches mettant à nu toutes les roches , tous les fossiles , toute l’histoire du continent américain .

Il y a une grande différence de température entre le bas et le haut du canyon et nous nous contentons des 30°C que nous supportons plutôt que les …40°C du fond du canyon !il faut être en excellente forme pour atteindre les rives du Colorado .

Nous trouvons un « lodge » pour passer la nuit .Nous profitons le lendemain du soleil levant pour apercevoir le fond du canyon avant que la brume ne retombe , et au fond , nous apercevons la rivière , tout en bas , couleur chocolat .

A regret , nous quittons ce magnifique site , et traversons une zône semi désertique , et après 300Km nous passons…par hasard auprès du « Météor crater » que nous visitons à la tombée de la nuit .

C’est le plus grand cratère creusé par un météorite  ayant percuté la terre à la vitesse de 100 000 Km/h il y a 500 000 ans , d’un diamètre de 1265 m . Composé d’un alliage de nickel et de fer , ce météorite était d’une taille estimée à 45 m de diamètre et d’un poids estimé à  300 000 tonnes .

Cette coupe montre la pénétration de la météorite et la formation du cratère semblable aux cratères lunaires .

On nous rappelle dans le musée que ce site a servi de terrain d’entraînement pour l’équipage d’Apollo . Pour travailler dans une ambiance la plus proche possible de l’isolement et du paysage sélénite.

Dans le Visitor Center on donne des explications complètes sur le météorite, on peut  voir aussi la capsule Apollo et un scaphandre spatial.

C’est ça l’Amérique : les astronautes et les cow-boy , nous passons des uns aux autres sans difficulté .

Sur ce , nous trouvons un bon motel pour passer la nuit .

Le lendemain nous pénétrons dans le Parc National de la forêt pétrifiée ….où il nous sera interdit de ramasser le moindre fragment de roche ou de bois fossilisé !

Il y a 200 millions d’années cette région était une plaine boisée de conifères . Les arbres tombés étaient absorbés par la vase , l’eau contenant de la silice ( dioxyde de silicium SiO2 ) qui

imprégnait les cellules du bois et s’évaporait dans les périodes sèches laissant des dépôts de quartz , d’améthyste , d’agate , d’onyx , moulant fidèlement la structure du bois .

A une période plus récente , l’érosion du vent et de la pluie a libéré les restes des bois ainsi pétrifiés , des gangues de grès les entourant .

Voici la photo d’un tronc débité montrant la structure interne du bois .

Le parc est jumelé avec celui du « Painted desert » : l’érosion y met à nu des strates colorés , dont certains présentes des couleurs surprenantes bleu-violet !!

Nous reprenons la route de Gallup et traversons sur 200 Km la réserve indienne des Navajo . La maigre végétation colore en vert la plaine aux pieds des falaises rouges !

Nous apercevons parfois quelques huttes traditionnelles d’ indiens .

Au loin , dans le desert nous apercevons des mini tornades qui soulèvent la poussière  du désert .

Nous quittons l’Arizona et pénétrons dans le Nouveau Mexique et à Albuquerque nous prenons la direction du nord vers Santa Fé , nous roulons maintenant sur des petites routes en direction du Colorado .

Nous visitons le village indien de Taos Pueblo …des indiens évangélisés évidemment . Leurs habitations en argile séchée rappellent les techniques africaines de construction , nous avons des doutes sur l’authenticité de ce village car de grosses voitures attendent le départ des touristes pour un retour à la ville !

Moyennant un dollar les touristes se payent un pain soit disant cuit dans un four primitif !

Nous reprenons la route du nord-ouest  , droit sur les Montagnes Rocheuses et après 400Km nous arrivons dans le parc national de « Mesa Verde » .

Nous nous contentons de visiter un village indien accroché dans la falaise , De ce village , les vieillards et les enfants ne pouvaient sortir car le chemin d’accès consistait en des entailles dans le rocher comme seules prises pour les mains et les pieds . Sur les murs nous pouvons voir des signes « préhistoriques » (pour les américains !! ici la préhistoire date de 1300 après JC ! L’amérique est décidemment un pays jeune .

Notre voyage se termine en parcourant la route d’un million de dollars à travers les rocheuses .

Nous franchissons une série de cols : Coal Bank Pass à 10000 pieds  puis le Molas Lake pass à 10000pieds et enfin le  Redstone Pass à 11000 pieds . Nous passons  près de la plus haute montagne des Rocheuses : Mont Elbert à 14440 pieds (4401 m ).

Pourquoi cette route qui se promène à plus de 3000 mètre s’appelle ainsi , nous avons peut-être la réponse dans les publicités proposant propositions de venir prospecter l’or dans les torrents , nous serions bien tentés mais nous ne devons pas nous retarder et louper notre avion de retour Nous nous contentons donc d’admirer les paysages des Rocheuses jusqu’à « la grande jonction » avec la grande route 70 qui nous ramène à Denver .

Nous rendons notre belle américaine à l’aéroport , les  américains « bons joueurs » nous remercient d’avoir fait l’entretien de la voiture et nous remboursent la facture !