57 ter - 1996 Carnaval de Rio
En Février 1996 nous optons pour un voyage au Brésil , et chose incroyable , l’agence de Voyage ne nous a même pas signalé que nous serions à Rio au moment du carnaval !!!! en voici la preuve :

Il faut dire que la ville de Rio a mauvaise réputation …et pendant le Carnaval !!! C’est encore pire .
C’est donc sur place que nous découvrons le « cadeau ».
Dès le premier soir nous pouvons nous plonger dans l’ambiance du carnaval dans tous les quartiers de la ville : attention , pour s’immerger dans la foule il faut laisser son portefeuille et son passeport dans le coffre de l’hôtel et ne garder que quelques « Real » dans sa poche !
Pourtant les autorités ont « déporté » à mille kilomètres les pickpockets les plus connus ..ils ne seront de retour à Rio qu’après le Carnaval .
La première visite qui s’impose est le Corcovado : nous empruntons le chemin de fer inauguré en 1884 par l’empereur Pierre 2 du Brésil , ce train autrefois à vapeur, transportera pendant quatre ans les pièces nécessaires à la construction du Christ .
Nous admirons le Christ mais nous sommes un peu perdus dans les nuages …pas de panorama .
Le lendemain , le ciel est bleu , nous décidons de retourner seuls au belvédère .
A l’aller tout va bien : bus , petit train , aux pieds du Christ le panorama est formidable …la baie de Rio est la plus belle au monde !! Les avions de ligne qui arrivent à Rio passent au dessous de nous …inoui…
Mais il faut redescendre ….et en bas , sur la place plus debus plus de taxi …des figures patibulaires nous entourent …la station de taxis est vide …pas tout à fait car une épave de « mustang » stationne sur la place.

Le chauffeur nous aborde , nous lui présentons la carte de l’hotel , nous négocions un prix plus que raisonnable …et en route pour ….et là …surprise ! au lieu de se diriger vers l’autoroute du bord de mer , le chauffeur lance son bolide ( il reste encore quelques chevaux des 300 cv d’origine !) dans des ruelles de plus en plus étroites , il monte de plus en plus vite en slalomant entre les obstacles et les nids de poule , et puis c’est la descente sur l’autre versant de la colline et oh miracle nous retrouvons des rues normales et enfin notre avenue du président Margas , nous réalisons que notre pilote a réussi à réduire le trajet à environ 3 kilomètres au lieu des 7 km par le bord de mer !

Notre équipée aurait pu mal se terminer dans les favélas de Rio !
Le soir , devant l’hotel , le carnaval de quartier s’anime avec ses propres chars , nous sortons pour nous mélanger à la foule après avoir laissé passeports et portefeuille à l’hôtel .
Ce n’est qu’un avant goût du carnaval officiel , mais quelle ambiance !

Enfin le grand jour arrive …direction le Sambadrôme .
Nous sommes bien placés au premier rang des tribunes populaires , face à nous des tribunes pour VIP sont des véritables salons dans lesquels se prélassent sur de confortables canapés des richissimes invités .
La nuit tombe , et vers 22 heures la sono nous indique l’arrivée de la première école de samba : « Porto Da Pedra »

c’est un spectacle inoui , le char d’abord : énorme , aux décorations superbes , les danseurs qui l’entourent et qui évoluent sur l’air des Sambas endiablées .
Les chars et les danseurs se succèdent , on en a plein les yeux …et les oreilles , mais ce qui semble inoui c’est la synchronisation parfaite entre la musique et les danseurs dans un tel espace .
C’est finalement sur internet que j’ai découvert le secret de cet performance acoustique :
« Le tout est sonorisé sur le parcours par des tours de son tous les 10 m ainsi qu’un camion de son (sono embarquée) chargé de suivre la batéria. Un système de repérage des déplacements de cette batéria permet de retarder adroitement la diffusion dans les enceintes tout au long du parcours, en fonction du déplacement du couple batéria-sono embarquée. La célérité du son étant de quelque 300 m/secondes, il faut éviter de diffuser en direct le mix vers des gradins placés parfois à plusieurs centaines de mètres de ces sources tonitruantes. On imagine facilement la confusion provoquée par un même son, énorme, arrivant à plusieurs secondes d’intervalles… .La batéria, qui s’étale sur 60 m et plus, évolue sur tout le parcours . »
Chaque char semble être plus beau que le précédent , ce qui n’existe pas dans les défilés classiques , on en a vraiment « plein les yeux »

Un char original : …sur le thème du carnaval de Nice .
Avec la nuit , la chaleur tropicale de Rio s’estompe et un léger souffle frais balaie les tribunes (nous sommes sur le Tropique du Capricorne ) .Evidemment l’attraction majeure du carnaval ce sont les belles brésiliennes !

Nous profitons de l’entracte entre les défilés pour nous rafraîchir !
Arrive ensuite l’Imperio Serrano :
Depuis sa fondation en 1947 cette école de Samba a gagné 8 fois , ses couleurs sont jaune , vert et blanc .

La bateria est l’ensemble de percussions qui accompagne le “puxador” (chanteur) et le cavaquinho qui jouent le samba enredo lors du carnaval de Rio. Une seule des grandes écoles de samba de Rio peut compter jusqu’à 400 percussionnistes .

Le son est capté par des « perchman » et introduit dans la « sono » du sambadrôme .
Les chars sont extraordinaires comme cette diligence :

Mais ce sont les ensembles de danseuses qui nous séduisent le plus comme ces « Bahinaises » :

elles tournent , elles tournent !!
Et les chars se succèdent : Don Quichotte , l’Hydre , l’antiquité , les insectes ……quelle imagination !
Les pauses sont nécessaires après cette saturation de sons et d’images .
Il est déjà minuit et la fatigue se fait sentir .
La prochaine école de Samba est « Estacio De Sa » .
Sur la photo suivante , précédant les danseurs on aperçoit le camion sono dont nous avons parlé précédemment :

Chaque école de Samba présente un groupe de « baianaises » : femmes plus ou moins agées revêtues de costumes traditionnels de Bahia . Elles honorent par leur présence l’histoire de la samba .

Quant aux jeunes beautés , très dénudées , elles paradent parfois sur des plateaux :

J’ai oublié de vous dire que chaque école chante un texte original qui a été distribué dans le programme du Carnaval …et les « cariocas » dans le public ne se privent pas de chanter . Par exemple voici un extrait du texte d’Estacio De Sa :
Etc………
Et le défilé continue …parfois surprenant :

La nuit s’avance …déjà une heure du matin .
Et voilà «Unidos de Vila Isabel » , fondée en 1946 qui a pour couleur le bleu et le blanc .
Mais le premier char est tellement somptueux que la photo n’arrive pas à en rendre les détails :
Je renonce à compléter ce reportage photographique qui s’est poursuivi jusqu’à 6 heures du matin …peut-être que je n’arrivai plus à coller mon œil dans le viseur !!
Heureusement dans la presse du lendemain s’étalait la photo des vainqueurs du carnaval :
Mocidade é campéa ( pour la 5ème fois)
Mais …regardons de plus près : « Le vainqueur est : »







