95-Picasso et moi

Picasso et moi

En 1954 , Nelly et moi nous nous installons à La Riche , au 56 rue de la Mairie ( a vrai dire je m’installe chez Nelly , dans « sa » maison , car elle y est née et  a été élevée par ses grands parents )
L’escalier est sombre , il faut le repeindre ….en rose !!
En ouvrant le journal « les Lettres Française » je tombe en admiration sur une reproduction , en couleur , de « Sylvette » de Picasso .
Cette admiration a deux causes : le génie  de Picasso à transfigurer la réalité , et le choix du modèle qui ressemble à Nelly .
Le mur fraîchement peint de l’escalier me semble un support parfait  pour faire la copie du tableau .

Ce sera le début de mon adoration pour Picasso .
Peindre directement sur les murs a un inconvénient majeur , l’impossibilité de refaire la décoration , quelques années plus tard , en tapissant l’escalier en papier peint je réglai le problème en découpant le papier autour de la peinture .
C’est aussi sur le mur du porche de la maison de la Riche que je peins la joie de vivre de Picasso .
La copie se fait à main levée sans chercher à la rigueur parfaite dans la reproduction , mais en gardant l’atmosphère du tableau .

Le tableau est plus sombre que l’original , mais les petites chèvres sont bien réussies .
Ce seront les dernières peintures directement sur un mur car les peintures des murs ont une durée de vie limitée …
Les prochaines reproductions se feront sur contreplaqué !
Ce seront les joueuses de flûte et la danse en noir sur fond blanc .

Pour remplir un panneau à coté de la fenêtre du salon je réalise une copie de la danse de Picasso , mais je ne résiste pas à supprimer le rire macabre de la danseuse .Ce panneau restera installé pendant des années à coté de la fenêtre sur rue à la Riche .

Mais je me suis promis de ne plus .. ;jamais interpréter Picasso et désormais de le copier servilement , allant jusqu’à représenter fidèlement les « coulures » de peintures qui ne gênaient en aucune façon le maître .
Lors d’un voyage dans le midi nous visitons le Musée d’Antibes où en 1946    Picasso se voit offert par le conservateur du musée , l’opportunité d’installer son atelier au château Grimaldi .
Dans une grande salle , sont  fixées au mur , les trois plaques de fibrociment superposées de 3,60m par 2,50m  sur lesquelles Picasso a représenté Ulysse attaché au mat de son navire , harcelé par les sirènes .

Ce qui me rassurait c’est que Picasso , devant la pénurie de peinture de l’après-guerre , avait utilisé de la peinture à bateaux , ce qui explique la tonalité des couleurs !
Le tableau en trois parties fut peint par deux panneaux à la fois ( ce qui faisait 2,40m de haut chaque fois !!!) puis  transporté dans le J7 et ensuite ,fut fixé solidement au mur des Korrigans où il alla rejoindre « la plage à la Garoupe : Jeux de plage »

Enfin après avoir vu l’exposition de la succession Picasso  et le musée Picasso à Paris , je me lançait à peindre sur toile .
J’étai fasciné par la série des peintures de la série des « Ménines » réalisée en 1957  où Picasso était parfois distrait par les pigeons installés dans un pigeonnier voisin . Entre le 17 Août et le 30 Décembre , Picasso réalisa 58 tableaux .
A l’origine c’est le tableau de Velazquez qui l’inspire .

  • La série des Ménines est entrecoupée de tableaux de pigeons et le tableau de la pianiste avec un petit chien à ses pieds .

Je  m’intéresse beaucoup au portrait de Nush Eluard : de son vrai nom Maria Benz , actrice mannequin et modèle pour photographe , en 1929 elle rencontre Paul Eluard qui vient de se séparer de Gala partie avec Dali , elle deviendra égérie des surréalistes , notamment de Man Ray (voir photo ci-dessous ) Elle se marie avec Paul Eluard en 1934 . Picasso deviendra un intime du couple et peindra de très nombreux portraits de Nush , et aura même une liaison avec elle .

Nush meurt subitement d’une attaque cérébrale dans la rue à Paris en 1946 .

Puis  tour à tour je copie Maya et sa poupée ( Maya est la fille de Pablo Picasso et de Marie-Thérèse Walter, représentée par son père dans de nombreux tableaux entre 193( et 1944 ) ,Sur le chevallet  Jacqueline en costume Turc ( Jacqueline Roque travaillait chez un céramiste lorsqu’elle rencontre Picasso en 1954 , elle veillera sur Picasso jusqu’à son décès en 1973.)


Jacqueline “la vestale Catalane” protège les dernieres saisons de Picasso qui passe à nouveau devant le maire en 1961 , Picasso s’installe à la Californie où il peint de nombreux tableaux de sa dernière égérie .

Copier un tableau est un redoutable travail parfois je suis mécontent de ma copie car les « remords » sont difficiles voire impossibles comme pour ces deux copies de Jacqueline .

Je découvre un tableau étrange et peu connu , de Picasso ,  qui  en1946 immortalise Françoise Gilot en « Femme fleur ».

Picasso peint des séries de   femmes nues dans des fauteuils :à gauche c’est Françoise Walter que Picasso rencontre près des Galeries Lafayette à Paris , alors qu’elle est encore mineure , elle restera son égérie pendant une dizaine d’années , ils vivront ensemble à Boisgeloup en Normandie , le 5 Octobre 1935 naît leur fille Maya.

Et “femme nue dans un fauteuil ” un des nombreux portrait de Jacqueline

Remarque :  Les reproductions de tableaux de ce blog sont des photos des copies réalisées par Claude Josset , ou des reproductions de tableaux existant sur internet et libres de reproduction !!