44 bis-Exposition Universelle de 1937 à Paris


Une loi du 6 juillet 1934 décide l’organisation d’une exposition internationale à Paris son ambition est de démontrer que l’Art et la Technique ne s’opposent pas mais que leur union est au contraire indispensable : le Beau et l’Utile doivent être, dit-il, indissolublement liés. Dans un contexte de crise économique et de tensions politiques internationales, l’exposition de 1937 doit également promouvoir la paix.

Le projet est, à l’origine, modeste : l’exposition doit s’installer principalement sur le Champ-de-Mars et dans les jardins du Trocadéro. Les terrains font l’objet de deux agrandissements successifs et s’étendent du pont de l’Alma jusqu’à l’Île aux Cygnes, avec des annexes hors de Paris. La plupart des bâtiments sont temporaires, à quelques exceptions : le Palais de Chaillot remplace l’Ancien Palais du Trocadéro

La tour Eiffel est modernisée : suppression des arcades du premier étage, nouvel éclairage.

Le Palais de Tokyo est construit sur les terrains de la manutention militaire et de l’ambassade de Pologne (celle-ci est démolie et l’Hôtel de Sagan acheté par l’État français est offert à la Pologne en compensation). Il doit recevoir le Musée d’art moderne de la Ville de Paris d’une part et le Musée national d’art moderne d’autre part dont les collections étaient jusqu’alors exposées au Palais du Luxembourg.

La largeur du pont d’Iéna est doublée, par une construction en dur.

Les mouvements sociaux nés du Front populaire entraînent de grands retards dans les travaux (sauf pour le pavillon de l’URSS) et de nombreux incidents sur les chantiers : grèves, blocages. Le Gouvernement français est obligé de payer des sur-salaires pour faire travailler les ouvriers le soir et le dimanche, et malgré cela, l’exposition ouvre avec un mois de retard sur le calendrier prévu.

René et Fernande Josset ne manqueraient à aucun prix cet événement , ils laissent leur fils unique Claude à Saint Christophe sur le Nais chez la tante Germaine et rejoignent à Rueil la sœur de René : Paulette .

Le Grand événement de l’exposition c’est le face à face prémonitoire entre les pavillons de l’Allemagne et de l’URSS .


Fernande et René sont très marqués par la visite de l’exposition , à la fois séduits par le modernisme des expositions à un moment où l’Art et le progrès technique semblaient marcher de pair , mais où l’ombre de la guerre se profilait dans le pavillon de la République espagnole avec le tableau Guernica de Picasso

La fontaine de mercure de Calder passe un peu inaperçue dans le pavillon espagnol , elle symbolise la résistance au fascisme , alimentée en Mercure provenant de la ville d’Almadén

en juillet 1936 la résistance des ouvriers de Santa Eufemia aidés par les mineurs de Almadén et des miliciens venus de Conquista, empêchèrent le succès de l’insurrection militaire : Santa Eufemia restera aux mains de la République jusqu’au 26 mars 1939.

PICASSO :  Bombardement de Guernica :Le lundi 26 avril 1937, jour de marché, quatre escadrilles de Junkers Ju 52 de la Légion Condor allemande escortées par des bombardiers italiens et des avions de chasse allemands procèdent au bombardement de la ville afin de tester leurs nouvelles armes. L’attaque commence à 16h30, aux bombes explosives puis à la mitrailleuse et enfin aux bombes incendiaires. Après avoir lâché quelques 50 tonnes de bombes incendiaires, les derniers avions quittent le ciel de Guernica vers 19h45. Après le massacre, 20% de la ville était en flammes, et l’aide des pompiers s’avérant inefficace, le feu se propagea à 70% des habitations.Le nombre officiel de victimes, fait état de 1 654 morts et de plus de 800 blessés[. Il s’accorde avec le témoignage du journaliste britannique George Steer, correspondant à l’époque du Times, qui avait estimé qu’entre 800 à 3 000 des 5 000 habitants de Guernica périrent[

Raoul Dufy réalise, pour le Pavillon de l’Électricité de l’Exposition Internationale, la plus grande peinture existant au monde sur un support indépendant : La Fée Électricité d’une superficie de 624 m². La peinture est formée de 250 panneaux de contreplaqué de 2 m de hauteur sur 1,20 m de largeur, sur lesquels il peint avec une peinture à l’huile très légère, conçue par le chimiste Jacques Maroger, donnant une illusion de gouache et séchant très rapidement. Les personnages sont dessinés à l’encre de chine puis les couleurs sont replacéespar dessus. Ce tableau avec ses 624 m² a longtemps été le plus grand tableau du monde mais a été détrôné depuis.

Le souvenir de l’exposition de 1937 va hanter la génération de la guerre de 1939 , car le retour de la barbarie va balayer le progrès technique et social qui s’étalait dans l’exposition , il aurait fallu s’attarder dans le pavillon de la République Espagnole , et être plus attentif au danger du fascisme !!!