51c - Tour de la méditerranée

Le Tour de la Méditerranée Occidentale

Au mois d’ Aout 1975 , nous préparons un grand voyage autour de la Méditerranée occidentale : France , Espagne , Maroc , Algérie , Tunisie , Italie , France .
La R16 TS est équipée de son double toit en contreplaqué ,avec le frigo 12v , 2 roues de secours , et Jerrican d’essence .
La caravane est équipée pour 4 personnes : à l’arrière une table qui se transforme en grand lit pour Claude et Nelly , à l’avant un lit et une couchette pour les deux enfants.
Yves devant pratiquer le piano tous les jours , nous avons du nous résoudre à emmener un piano électrique fort encombrant sur la couchette avant .
Nous partons le 13 Août et au bout de quelques kilomètres , dans la descente de Montbazon , sur la Nationale 10 , la caravane se met à tanguer dangereusement , je ralentis doucement et m’ arrête , la cause de l’incident est vite identifiée : ce sont 3 packs d’eau , soit une vingtaine de kilos qui ont été stockés à l’arrière de la caravane ,ce qui allège trop l’appui du timon sur la voiture ,. Il suffit de ramener la charge à l’avant et tout se passe bien .
Notre première étape est Tours -San Sebastian sur la nationale 10 , par Poitiers , Angoulème et Bordeaux .
Après le passage de la frontière Espagnole nous arrivons à San Sebastian où nous goûtons les plaisirs de la plage .
La baie est protégée , le sable est fin , la vue sur les îles est superbe .
Le terrain de camping est installé à Donostia sur le monte Igueldo à 3,500 km au sud de la ville .
Nous n’avons pas le temps de visiter la ville et de faire le tour de la baie .
Le lendemain nous prenons la route de Burgos .
Dans les sierras espagnoles le moteur chauffe , nous sommes obligés de nous arrêter au garage Renault de Burgos qui détecte un problème de calorstat sur le circuit de refroidissement , heureusement ils ont la pièce et nous repartons pour nous arrêter sur le parvis de la cathédrale gothique le temps de la visite , puis nous reprenons la route de Madrid .
Nous trouvons un terrain de camping au bord de la route avant d’ arriver à Madrid .

Avec la caravane , il est hors de question de visiter Madrid , cependant nous arrivons à stationner notre attelage à proximité du Musée du Prado .

C’est la première fois que nous visitons ce musée prestigieux : nous nous extasions devant les œuvres majeures du musée :
* Le Jardin des délices (Jérôme Bosch)
* Le Triomphe de la Mort (Pieter Bruegel l’Ancien)
* Les Ménines (Diego Vélasquez)
* Les Fileuses (Diego Vélasquez)
* Tres de Mayo (Goya)
* Saturne dévorant un de ses enfants (Goya) .
Nous quittons le Prado et rejoignons notre voiture garée sous les frais ombrages des avenues et nous prenons la route de Tolède .

La ville de tolède apparaît entourée de remparts , nous passons sur un pont étroit pour franchir un ravin escarpé , le terrain de camping El Greco est bien signalé à 2 km du centre ville dans la vallée . Un camping particulièrement confortable .
La caravane décrochée nous visitons la ville .Yves est fasciné par les boutiques d’armes blanches damasquinées .
Nous visitons l’alcazar et la cathédrale et flânons dans les ruelles pittoresques .
Du terrain de camping nous avons une belle vue sur les remparts de la ville au soleil couchant

La route de Tolède à Grenade est longue ( 245 km ) et nous avons à franchir des zônes montagneuses , en particulier deux cols à 1100 m entre Jaén et Grenade . Au mois d’ Août le centre de l’ Espagne est une fournaise , et j’ utilise constamment l’ interrupteur que j’ai installé pour mettre en marche les thermo-ventillateurs dès que la température de l’eau approche 90°.
Le terrain de camping de Grenade est parfait , avec une piscine , et il organise chaque soir une sortie de spectacle Flamenco . Un petit car nous emmène dans le quartier du Sacromonte connu pour ses « grottes » où les gitans se produisent tous les soirs dans des fêtes flamencos avec chants et danses .
Le lendemain nous prenons la voiture pour monter à l’ Alhambra ou nous commençons par visiter les jardins du Généralife .
Du petit palais nous avons une belle vue sur la vallée du Daro et les monts enneigés de la Sierra Nevada .
Nous continuons la visite par la Casa Real (Alcazar) ou nous visitons successivement la cour des Myrtes , la salle des Ambassadeurs , ensuite nous nous attardons dans la cour des lions entourée des salles d’apparat .

Nous ressortons par les jardins du Partal .
Au milieu de tout ces gracieux batiments nous avons un choc en découvrant le palais de Charles Quint , ordonné autour d’une cour circulaire , palais germanique totalement incongru dans l’Alhambra mauresque .
Nous finissons la visite par l’ Alcazaba avec ses deux tours d’ où nous avons une vue magnifique sur Grenade et la Sierra Nevada .
Nous redescendons en ville pour visiter la cathédrale et la Capilla Réal qui renferme les mausolées des Rois catholiques .
Mais notre voyage s’annonce long et le 18 Août nous fonçons vers le sud , vers Algeciras .
Après un arrêt devant Gibraltar nous gagnons le port d’Algeciras où nous avons recours à un commissionnaire qui nous procure les billets de passage vers le Maroc .
Nous embarquons à la tombée de la nuit sur un ferry pour Tanger .
La traversée dure une heure et nous avons le temps de prendre le repas du soir à bord .
A l’arrivée de Tanger les formalités nous prennent un certain temps et nous prenons la route de Fès vers le sud , il se fait tard et nous nous demandons où nous arrêter lorsque nous apercevons sur le bord de la route des tentes brillamment illuminées , sans hésiter nous entrons dans le camp qui se révèle un camp de nomades Berbères .
Le responsable du camp nous accueille très chaleureusement et , rassurés nous nous installons pour la nuit .
Une « sono » dispense des chants arabes à tue tête , ce qui commence à nous poser problème à partir de 10 heures , à 10heures et demie je craque et je vais engueuler le responsable du camp qui arrête immédiatement la sono .
Le lendemain , après une bonne nuit je suis mort de honte quand je m’aperçois que l’heure marocaine est en retard d’ une heure sur l’heure d’ Espagne , hier il n’était que 9 heures et demie quand j’ai piqué ma colère .
Des femmes marocaines m’arrachent le pot de chambre que je m’apprêtais à vider dans les WC du camp et me le rendent propre , on est aux petits soins pour nous .
Nous acquittons une somme ridicule pour cette halte et nous prenons la route de Fès .
La chaleur est éprouvante , nous commençons par nous arrêter au bord de la mer , et puis nous rentrons à l’intérieur à travers les contreforts du Rif où la chaleur est infernale .
Nous arrivons au terrain de camping de Fès guidé par des gosses qui courent devant la voiture , nous distribuons des bacchichs avant de nous installer .
Dans le terrain de camping nous apercevons une piscine dans laquelle se reflète la lune , je me précipite avec Jean-Marc et Yves pour me rafraîchir …hélas .. ; l’eau est croupie et nauséabonde , il faut nous rincer au robinet .
Le lendemain des jeunes nous attendent à la grille du camping pour se proposer comme guide , nous en acceptons un qui nous accompagne jusqu’au repas .nous entrons dans la la vieille ville où l’on rentre par la porte bleue (couleur de Fès) et qui est verte (couleur de l’Islam) du coté médina. Mausolées, Medersas, mosquées, cette Médina a plus de 1200 ans et est superbe .Par contre nous ne pouvons admirer les mosquées que de l’extérieur .
Pour l’artisanat nous serons servis, car notre guide nous emmènera chez le potier, l’artisanat des tapis, de la broderie, des sacs, etc., etc.. dans l’espoir de toucher sa petite commission ! Dans le quartier des tanneurs nous verrons l’endroit où les peaux passent dans les différents bains de tannage et de teinture. Pour le repas du midi notre guide nous indique un superbe restaurant marocain où vautrés sur des coussins nous dégustons un délicieux couscous .
L’ après midi est consacré aux boutiques avec le traditionnel marchandage qui fait le charme des souks .
Yves commence à avoir la nausée , nous suspectons une intoxication par l’eau de la piscine car malheureusement il a du boire la tasse « poluée »
Le 22 Août nous prenons la route de l’ Algérie , en passant par Oujda , le passage de la frontière algérienne est une épreuve malgré le carnet de passage en douane préparé par l’automobile de l’Ouest .
Les premiers kilomètres en Algérie sont difficiles sur une route en lacets ,puis la route s’élargit et devient roulante jusqu’à Oran . Nous rejoignons le terrain de camping d’ Aïn el Turk à 16 km à l’ouest de la ville , situé au dessus d’une plage de sable fin .
Le lendemain matin nous traversons la ville d’ Oran , nous sommes surpris de voir que les anciens quartiers européens , déserts qui depuis les départs des pieds noirs , n’ont pas été occupés par les algériens !
Nous prenons la route d’alger par l’intérieur car la route côtière est trop tortueuse .
En approchant d’ Alger , nous rejoignons la route côtière pour atteindre Tipasa .
Ancien comptoir phénicien , puis colonie romaine entourée de remparts , elle fut prise par les Vandales qui firent abattre les murailles , ensuite les byzantins puis les arabes occupèrent le site .
Il ne reste pas beaucoup de vestiges : des traces d’ un amphithéâtre , un temple , une nymphée , un petit théâtre , une basilique chrétienne et le cardo qui plonge vers la mer .
Ce qui fait le charme de Tipaza c’ est la proximité de la Méditerranée d’un bleu violet , baignant des rochers rouges .
Nous ne nous attardons pas et nous reprenons la route d’ Alger , cependant nous nous arrêtons à Sidi Ferruch dans le complexe touristique flambant neuf qui vient d’ être construit ( Sidi Fredj )

Le port de plaisance et le complexe hôtelier de Sidi-Fredj, passent pour les plus réussis d’Alger, tant pour la qualité de leurs installations que pour la beauté du décor directement inspiré de la tradition algéroise ,l’architecte Pouillon a participé à cette réalisation.


Les édifices qui composent ce formidable port de plaisance sont d’un modernisme éclatant mais demeurent néanmoins une illustration parfaite de l’architecture séculaire de la Casbah : voûtes outrepassées, fenêtres à Moucharabiehs, portes arrondies, patios, galeries, colonnes torsadées…..
Nous pouvons nous payer le luxe de déguster des fruits de mer !
Personne ne nous fait de remarques pour la présence incongrue de notre caravane sur le parking nous pouvons la laisser en toute sécurité pour visiter Alger .
L’arrivée dans Alger est émouvante par des routes que nous avions empruntées en 1959 avec la dauphine , nous nous stationnons en plein cœur d’ Alger , près de la grande poste dans le boulevard Asselah Hocine bordé d’arcades
.
Nous parcourons la rue commerçante Ben Mehidi Larbi , passons à la poste et retrouvons notre voiture qui a été visitée .
Le hayon arrière a été forcé , mais aussitôt ouvert l’alarme « klaxon » de la voiture s’ est déclenché , affolé le voleur s’est saisi de deux objets et a refermé le hayon .
Un rapide inventaire du contenu du coffre nous confirme le vol de ma caméra 8mm et d’ une manche de veste que Nelly tricotait .
Il faut faire une déclaration de vol pour faire jouer l’assurance .
Je me rends au commissariat le plus proche ou j’assiste à une véritable scène de théâtre , il faut expliquer qu’ à cette époque la langue officielle de la police et la justice est le Français , une plaignante parlant un français approximatif vient porter plainte contre son mari qui la bat , le policier pose des questions en français , en me faisant partager la drôlerie de la déposition .
Arrive mon tour et la déposition est rapide , avec les excuses du policier qui compatit à mon vol , intérieurement je jubile , car j’en avais assez de garder mon œil dans le viseur de la caméra , je vais enfin pouvoir revenir à mon ancien amour de la photo .
Nous retournons à Sidi Ferruch pour la nuit .
Le lendemain nous prenons la route en passant devant le jardin botanique et l’école d’ Hussein Dey ou Nelly habitait lors de son séjour à Alger en 1959 .
Nous prenons la route de Tizi Ouzou , puis à travers des montagnes de Kabylie jusqu’à Bougie .
Nous arrivons à Bougie le soir , et nous suivons la corniche au sud et nous nous engageons sans hésiter dans le parc de l’ hôtel Les Hammadites, le fleuron de l’ONAT Ouvert dans les années 1970, avec ses 124 chambres, vue sur la mer ou sur la ville de Bougie , sa situation pieds dans l’eau, avec son resto, son snack, ses deux discothèques et un immense jardin au milieu des platanes .
Notre voiture’ et la caravane discrètement garées sur un parking un peu à l’ écart , nous nous présentons dans la salle à manger ou nous ne lésinons pas sur le menu .
Nous ressortons fort tard et allons dormir discrètement dans le parc .
Nous retournons cependant le matin pour le petit déjeuner sans que personne ne nous fasse de réflexion sur notre nuit .
Nous prenons la route de Bougie à Constantine par l’ intérieur , nous entrons dans le Constantinois , et c’était bien le moment de lire dans un guide les récits des massacres de 1945
Le 8 mai 1945 débutent les manifestations organisées par le PPA à travers les principales villes algériennes. À Sétif , l’événement prend une tournure dramatique. « Faites tirer sur tous ceux qui arborent le drapeau algérien », ordonne le préfet de Constantine. Le matin du 8 mai, la police tire sur les manifestants .
De pacifiques, les manifestations deviennent violentes, embrasant tout l’Est algérien. L’administration coloniale fait intervenir l’armée. Des milices de « petits Blancs » participent également à la répression : manifestants fusillés sommairement par centaines.
Officiellement, cette répression a fait 1 500 morts algériens et 110 Européens. Mais, selon les nationalistes algériens, elle aurait fait 45000 morts .
Dans la voiture l’atmosphère devient pesante , plus question de s’arrêter à Constantine , nous nous contentons de nous arrêter quelques minutes au bout du pont avant de prendre la route du sud en direction de Batna .

Après avoir traversé de vastes étendues des hauts plateaux parsemés de chotts nous arrivons à Batna .
De Batna nous prenons la route de Timgad où nous arrivons le soir , le gardien qui vit dans une petite maison ne voit pas d’inconvénient à ce que nous campions sur le site .
Le lendemain nous parcourons la ville antique au lever du soleil . elle s’ inscrit dans un carré de 400m de côté .
Cette ville romaine construite au 1er siècle pour contrôler les tribus de l’Aurès , était habitée par des légionnaires retraités , elle fut détruite au 5ème siècle par les tribus indomptées .
Nous visitons successivement les grands thermes du nord , le Cardo Maximus , le magnifique Arc de Trajan , le théâtre , très bien conservé , et le forum très dégradé .
Nous revenons à Batna pour reprendre la route de Biskra .
Nous arrivons à El Kantara « la porte du désert »
Le défilé taillé dans la montagne débouche sur une vallée luxuriante avec une immense palmeraie qui s’étend au pied des rochers violet et rouge .
Biskra est la dernière ville de l’Aurès avant le désert , le paysage devient de plus en plus aride ,et 70km plus loin nous apercevons la blancheur éblouissante du Chott Melrhir .
Nous quittons la route de Touggourt et nous engageons sur la route d’El Oued entre les Chotts .

Ce n’est plus le sable mais le sel sous le soleil du mois d’août ! 150 km d’ angoisse , avec la peur de la panne sous le soleil du sahara .
On ressent le plaisir d’ apercevoir la tache verte de l’oasis d’El Oued au sortir du désert .
Nous choisissons de stationner devant l’ hôtel Souf car devant la fatigue d’ Yves , nous pensons lui offrir le confort d’ une chambre d’ hôtel , nous mangeons à l’ hôtel sur le bord de la piscine , puis nous regagnons notre caravane en laissant Jean-Marc et Yves dans la chambre d’hôtel , hélas la climatisation de l’ hôtel ne fonctionne pas et nos pauvres garçons passeront la nuit en essayant de se rafraîchir dans quelques litres d’eau tiède dans la baignoire .
Pourtant les nuits sont fraîches au Sahara car le ciel est totalement dégagé et paradoxalement nous sommes au frais dans notre caravane .
Le matin nous visitons l’oasis aux mille coupoles et escaladons la dune qui domine l’oasis .

Nous ramassons des roses des sables au pied des dunes .
Nous sommes très inquiets car sur notre carte Michelin , pour rejoindre la Tunisie n’existe qu’une piste accessible aux tout terrains .
Il y a 114km jusqu’à la frontière et au début tout va bien , mais petit à petit les dunes se rapprochent de la route , et des langues de sable envahissent la chaussée .
Le sable est déconcertant , tantôt dur et tassé qui secoue durement la suspension , tantôt mou et mouvant qui stoppe brutalement l’élan de la voiture .
Mai soudain une coulée de sable de 50m submerge la piste , je passe la seconde , le moteur fatigue et je parcours 30 m puis je m’enlise définitivement .
Je décroche la caravane , sort une corde de 20m en nylon l’accroche à l’avant de la voiture et attend patiemment le passage d’ un camion .
Dans une telle situation l’ entraide entre conducteur est totale , le premier camion s’arrête et à condition de ne pas reculer dans le sable , grâce à la longueur de la corde , il accepte de me remorquer et n’a aucun mal à me sortir de la dune , après une boisson fraîche sortie de notre frigo en guise de remerciement , c’est la voiture qui délivre la caravane grâce à la corde .
Cet enlisement me sert de leçon et c’est à pleine puissance que je réussis à franchir les autres langues de sable .

Nous approchons de la frontière , une simple cabane abrite le poste de douane algérien .
Je commet la maladresse de dire au douanier Algérien que je possède quelques Dinars Algérien , catastrophe , il est absolument interdit d’exporter des dinars , je me vois obligé de revenir à El Oued , . Je repars vers la voiture et quelques minutes après je reviens en disant : « je n’ai plus de dinars » . Tout va bien , les formalités sont remplies rapidement .
Les tunisiens n’étaient certainement pas habitués de recevoir des touristes en caravane et tout se passe rapidement .Quelques kilomètres en bordure du Chott Djerid nous séparent de Nefta .
Nous roulons à nouveau dans le sel avec la lumière aveuglante du soleil .
L’arrivée à la « corbeille » de Nefta est extraordinaire après la traversée du désert , cette vaste dépression verdoyante semble miraculeuse après le désert de sel .

Nefta est surtout réputée pour sa splendide palmeraie située au fond d’un cirque, profond d’une trentaine de mètres. Cette oasis, distante de 23 km de Tozeur, est un véritable petit joyau.
On a le sentiment, lorsqu’on arrive à Nefta, d’avoir enfin accédé au paradis des musulmans, décrit comme une oasis où couleraient l’eau et le miel à l’ombre d’une végétation luxuriante…
Principale ressource économique pour ses habitants, le palmier dattier nécessite des soins attentifs qui le rendent fécond: magnifique arbre pouvant atteindre jusqu’à 20 ou 25 m de hauteur, et un diamètre de 60 à 80 cm, le palmier dattier peut vivre environ 100 à 150 années; il ne commence à porter des fruits qu’à l’âge de 6 ans. Le palmier doit être fécondé artificiellement:
d’avril à juin, les agriculteurs se hissent au sommet des arbres femelles afin d’attacher à chaque régime en fleur une brindille de régime mâle chargé du pollen fécondant.
La cueillette effectuée au début de l’hiver nécessite une main-d’œuvre nombreuse: les hommes doivent alors grimper au sommet des palmiers afin d’y détacher les régimes chargés de dattes.
Celles-ci, nommées deglet-en-nour (doigts de lumière) en raison de leur belle couleur ambrée, sont ensuite expédiées vers les marchés, et une bonne partie est réservée à l’exportation.

Nous avons un calendrier à respecter , et nous devons rejoindre Tunis dans les plus brefs délais , la route est constamment coupée de passage d’ oueds heureusement à sec en cette saison , nous nous arrêtons à Kairouan ou nous visitons la Zaouïra qui comprend la mosquée du Barbier, une école coranique , une medersa et l’habitation du Mokaddem .

Le 28 Août , nous rejoignons la mer à Nabeul , ou nous campons près de la Méditerranée , nous visitons le marché au chameau , et renouons avec la visite des boutiques de souvenirs que nous avions oublié en Algérie .
Il y a toujours un jeune tunisien qui aborde Yves et Jean-Marc de façon toute désintéressée , pour le plaisir de discuter .
Nous nous rapprochons de Tunis ou un terrain de camping nous attend à 20km à l’est de Tunis à Hamman plage , il faut franchir une voie ferrée à un passage qui n’est pas du tout à niveau avec la voiture qui frotte sur le sol , heureusement nous ne restons pas bloqués .
Nous avons deux jours pour visiter Tunis avant notre embarquement pour la Sicile .

Nous retournons visiter les souks de Tunis qui sont très propres , très organisés , sans marchandage stressant .

Nous visitons le musée du Bardo avec sa collection de mosaïques , et de statues provenant de la Carthage romaines .
Par décret du 7 novembre 1882 , le Grand palais du bey de Tunis construit dans la deuxième moitié du XIXe siècle, reçoit les premières collections archéologiques en mars 1885. L’inauguration officielle du musée a eu lieu le 7 mai 1888 et le musée est alors baptisé Musée Alaoui, du nom du bey régnant. En 1956, le musée prend son nom de Musée du Bardo .

Le 31 Août nous visitons Carthage .
Le rayonnement et la prospérité de la Carthage punique , la grande cité fondée en 814 Av. JC, n’ont pas manqué de provoquer des rivalités avec l’Empire romain alors en pleine expansion.
La chute de Carthage au IIe siècle Av. JC et sa destruction complète , marque le début de sept cents ans de domination romaine au cours desquels la Tunisie connaît une prospérité telle qu’elle devient le “grenier” de Rome.
Nous jetons un coup d’œil â l’amphithéâtre et aux citernes de la Malga, puis nous descendons vers la mer pour visiter la Carthage romaine, avec les thermes d’Antonin : mauvaise surprise on ne peut les voir que de loin .
Nous continuons la visite par le théâtre et l’Odéon. Nous achetons des lampes à huiles « authentiques » à des gamins sur le site .
En sortant de la Carthage antique nous nous promenons dans les rues de Sidi Bousaïd si pittoresque avec des villas mauresques aux portes ouvragées . Nous nous arrêtons au Café des Nattes au décor orientaliste .

C’est notre dernière visite en Tunisie , car nous avons retenu un passage pour la Sicile pour le 31 Août .

Les formalités d’ embarquement sont très très compliquées , et alors que toute la famille est sur le bateau , je continue à courir de bureau en bureau pour obtenir les autorisations .

La traversée Tunis Palerme est très rapide : environ 9 heures .
Aussitôt débarqués , nous prenons la route du sud qui traverse la Sicile jusqu’à Agrigente

De la ville fondée en 580 avant Jésus Christ il reste 5 temples tout au long de la vallée des temples .
Le temple dorique de la concorde est le mieux conservé .

Nous continuons la route du sud jusqu’à Syracuse ou après la visite du théâtre , nous allons sur le port ou on nous propose une promenade en barque sur la rivière Ciane où pousse les papyrus .
Le guide refend la tige et tresse les bandes de papyrus qu’il ne reste plus qu’à presser et faire sécher .
Il n’est point nécessaire d’ aller sur les bords du Nil pour voir des papyrus .
Le retour en Europe est bénéfique pour Yves qui ne se ressent plus de ses troubles digestifs .

Mais , nous attendons tous l’excursion sur l’ Etna qui doit couronner notre tour de la Sicile .
Nous montons en voiture jusqu’au refuge de Sapienza à 1800m , puis nous prenons le téléphérique , à la station finale nous empruntons une Jeep qui nous amène à 3320m , au bord du cratère .
Par prudence j’ ai équipé les deux garçons avec des casques de chantier , mais le cratère est calme et ne crache aucune bombe volcanique , seuls quelques grondements témoignent de son activité .
Nous redescendons à Catane où dans le terrain de camping nous entendons les explosions du volcan .
Le lendemain nous prenons la route de Messine , et , au passage nous nous arrêtons au théâtre de Taorminé

La traversée du détroit de Messine s’ est beaucoup améliorée depuis Ulysse ballotté de Charybde en Scylla .Les Ferry passent constamment en attendant un pont hypothétique .

Nous retrouvons avec plaisir les autoroutes italiennes dont un petit tronçon est construit au nord de Reggio di Calabria , mais nous crevons la roue gauche de la caravane , des policiers Italiens viennent nous prévenir aimablement que nous risquons notre vie pour changer la roue , opération réussie en un minimum de temps ..
Nous continuons notre route vers le nord sur la route nationale le long de la Méditerranée , le nombre de virages au kilomètre est impressionnant et notre moyenne s’ en ressent .
Cette route infernale continue jusqu’à Paestum ou nous nous arrêtons dans le terrain de camping .

Les temples et les ruines de Paestum , dans un beau calcaire doré , se répartissent dans une plaine côtière à l’intérieur d’ une enceinte de 4750m malheureusement cette plaine marécageuse se révéla malsaine et les habitants romains périrent de la malaria .


En suivant la via Sacra on découvre la Basilique , temple dédié à Héra , puis le temple de Neptune , et enfin le Temple de Cérès .
Sur la photo à droite on voit Nelly , Jean-Marc et Yves devant le Temple de Neptune .
Ensuite nous visitons le petit musée qui contient les 34 métopes qui décoraient le temple d’ Héra .

Nous ne pouvons passer près de Naples sans nous arrêter à Pompéi d’autant qu’en face du site nous trouvons un terrain de camping très confortable .
Nous visitons très sérieusement la ville antique , rue par rue ,contemplant le Forum , les Temples et les théâtres , entrons dans les maisons et les villas en imaginant l’animation de la ville et allant jusqu’à la villa des Mystères en dehors de l’enceinte .
On ne peut se dispenser de voir les corps suppliciés extraits des poussières volcaniques .
Après la visite de Pompéi nous nous rapprochons de Naples pour visiter Herculanum : cette visite surprend par la hauteur des édifices qui ont été sauvegardé dans les cendres parfois sur plusieurs étages .
Nous ne sommes pas très rassurés quand au stationnement de notre équipage et nous bâclons un peu la visite .
(ci-dessous la Villa des Veti )

Nous faisons une petite étape jusqu’au nord de Naples , la conduite dans la ville est infernale , mais la grosse caravane inspire le respect aux Fiats 500 .
Nous campons au terrain de camping des Solfatares , camping calme et reposant avec des odeurs d’ Anhydride Sulfureux qui parviennent de la solfatare voisine .
Il y a même une petite grotte remplie de gaz sulfureux où l’on peut faire une petite cure pour la peau .

A partir de ce terrain de camping , nous pouvons visiter les environs de Naples .
Nous laissons notre voiture sur le boulevard près du port , je laisse un pourboire au pseudo-gardien qui patrouille sur le trottoir .
Nous prenons l’ Aliscafo , l’ hydrofoil qui nous amène à Capri à 100km à l’ heure .

Dès notre arrivée à Capri nous acceptons de visiter la Grota Azura dans une petite barque à rame .
à l’intérieur de la grotte , dont l’entée est très basse , la lumière arrive sous le niveau de l’eau .
La lumière filtrée par l’eau est d’un bleu profond ; phénomène unique dû à la pureté de l’eau .
Nous visitons Capri et redescendons de l’autre coté de l’ile en face des Faraglionis .
Mais il faut penser à remonter la botte italienne en nous arrêtons quelques heures devant le Colisée .
A cette époque l’ insécurité règne à Rome et des individus à mines patibulaires en scooters tournent autours de la caravane aussi jetons –nous un coup d’œil à tour de rôle sur le Colisée , l’ Arc de Constantin et le Forum .
C’est certainement le record absolu pour la visite de Rome : 2 heures exactement entre notre arrivée et le départ .

La remontée de la côte méditerranéenne se fait avec un maximum de célérité car il nous reste 5 jours pour regagner la France avec des étapes dans les camping de Pise qui nous permet de revoir la tour penchée , de Cuneo aux pieds des Alpes avant le col de l’ Arche , puis Avignon face au palais des papes .