14 - Marie Louise Breuil Rebière
Marie-Louise est née le 17 Janvier 1908 à La Riche , sa mère est Marie Rigal originaire de Thalamy en Correze , qui suit son mari Antoine Breuil venu exercer le métier de brocanteur en Touraine .
Ses parents parlent patois , mais à l’époque , l’ intégration passe par la langue française , Marie-Louise va à l’ école publique de la Riche, bonne élève , elle va ensuite à l’ École Primaire Supérieure .
Elle est reçue à l’ École Normale de filles de Tours , dans la même promotion que Fernande Brossier , mais elle bénéficie d’ un régime particulier d’ externe , elle rentre tous les soirs à la Riche .
André Rigal ami de Pierre Rebière , présente sa cousine Marie-Louise à son ami , ils s’écrivent , puis se marient le 26 Septembre 1929 , juste à temps pour obtenir un poste double d’ instituteurs à Faye la Vineuse , dans le sud du département d’ Indre et Loire .
Pierre Rebière et Marie-Louise ont une fille Nelly , née au domicile des parents de Marie-Louise au 56 rue de la Mairie à La Riche .
Marie ne semble pas prête à élever un enfant , et Nelly ne quittera plus la maison de ses grands-parents .
Marie-Louise et Pierre obtiennent un poste double à Saint Michel sur Loire , la vie s’écoule paisiblement avec une visite hebdomadaire à Tours ….et à leur fille Nelly .
Le 15 Octobre 1936 , naît un deuxième enfant : Marc , cette fois-ci , Marie-Louise l’ élève elle-même
En 1939 son mari , Pierre échappe à la drôle de guerre grâce à une affection pulmonaire . Il occupe le poste de secrétaire de mairie qui facilite l’ accès aux denrées alimentaires , ce qui atténue la rigueur des restrictions .
À la libération , Marie – Louise qui n’a pas oublié son anglais , sert d ‘interprète avec les américains .
Son mari est mobilisé du 14 avril 45 au 15 septembre 45 , sa belle-mère Maria Rebière Champoux , vient à Saint Michel pour « tenir la maison » , Nelly vient aussi pour s’ occuper du secrétariat de mairie .
En 1950 Pierre Rebière est nommé Directeur du Cours Complémentaire de Langeais chargé des cours de Mathématiques , Marie-Louise est chargée des cours de Français , elle rayonne dans ce poste et marquera de nombreux jeunes par son enthousiasme , son érudition et son sens de la poésie .
Marie-Louise est très fière de son fils qui montre également des qualités littéraires dans ses études secondaires .
Pierre , ou plutôt Roger , elle l’appelle toujours Roger , achète une caravane , entièrement construite en bois par un charron , tractée par la 402 Peugeot , cela permet des vacances sur l’ Atlantique , mais aussi des cures à la Bourboule pour sa gorge malmenée par l’ enseignement .
En 1954 elle ne prête pas une grande attention au mariage de sa fille Nelly avec Claude Josset.
Après le baccalauréat son fils Marc part à Paris en classes préparatoires de Normale Sup à Henri IV puis à Chaptal .
Marc est reçu au Concours d’ entrée de l’ École Normale Supérieure de l’ Enseignement Technique .
À l’ ENSET , Marc adhère au Parti Communiste Français , et milite activement .
En 1961 , il apprend que sa première nomination de prof de Français est en Algérie .
En plein climat OAS , la nomination d’ un prof communiste en Algérie est une brimade et une provocation de l’ administration .
Toute la famille pense qu’ il est opportun de résilier le sursis d’ incorporation et de faire le service militaire . Mais la guerre d’ Algérie est toujours là , et Marc part directement .
Le 23 Juin 1961 , dans des circonstances mal éclaircies , Marc est tué d’ une rafale de mitraillette tirée par un soldat français .
Au delà de la douleur , Marie-Louise sombre dans une prostration dont rien ne semble pouvoir la sortir .
Elle prend sa retraite et ne sort plus de sa maison de St Cyr ou ils emménagent durant l’ été 1961
Habillée de noir , refusant de voir ses amis , refusant d’ accueillir sa belle-mère , elle sortira de son isolement pour insuffler l’ amour de la poésie à son petit-fils Jean-Marc .
Elle écrit des poèmes qui sont primés dans des concours de poésie , un petit recueil est publié à compte d’ auteur .
Tous les ans les vacances se partagent entre la côte atlantique à Saint Michel Cef Chef et la Corrèze dans la maison d’ Embesse , mais Roger se fatigue de la caravane et cherche une maison à acheter du Côté de Tharon .
En 1964 , c’ est l’ achat de la villa de Préfailles , Marie Louise se laisse imposer le rythme de l’année : hiver à Saint Cyr , printemps à Préfailles , été à Embesse , automne à Préfailles , avec systématiquement la présence des petits enfants :d’abord Jean-Marc puis
Yves né en 1963 et Mylène née en 1966.
A la passion de la poésie avec Jean-Marc succède l’ étude du Piano avec Yves , Mamy ( Marie-Louise ) se passionne pour cet enseignement remettant en cause ses souvenirs de jeune fille , n’ayant que peu pratiqué le clavier en dehors du guide-chant de l’ école primaire .
Mais , la poésie reste son intérêt principal et Roger l’ inscrit à des concours de poésie ou elle obtient de nombreux prix .
Très habile pour des travaux minutieux et artistiques , elle brode , tricote , fait des tapisseries .
Elle soufre de décalcification , mais ayant des difficultés à définir ses douleurs elle est très mal soignée par le médecin de famille , jusqu’à lui déclencher un ulcère à l’ estomac .
Amaigrie elle décède d’ une déshydratation générale à l’ age de 86 ans .
Mais quelques années auparavant , elle avait fait preuve d’une énergie peu commune pour faire un voyage en Egypte en faisant profiter tout le groupe de ses connaissances historiques extraordinaires !



