137- Les Fontaines de Rome
Les fontaines de Rome
Avant de s’émerveiller sur les fontaines antiques de Rome , je recherche sur internet un document sur l’alimentation en eau de la ville antique .
Je « tombe » sur le site de Monsieur LUET très instructif auquel j’emprunte la documentation : Les aqueducs ou l’eau à tout prix Formé de deux termes latins – le nom aqua (eau) et le verbe ducere (conduire) – l’aqueduc désigne une conduite qui amène l’eau d’une ou plusieurs sources à un lieu habité. Adaptée à la topographie du parcours, cette canalisation peut être souterraine, se développer au niveau du sol ou franchir une vallée sur les arches d’un pont. Dans ce canal maçonné, l’eau s’écoulait le plus souvent par gravité.
Les libratores, les ingénieurs topographes qui en élaboraient le cheminement, savaient en effet établir des pentes douces et régulières à l’instar de l’Arlésien Quintus Candidus Benignus « que personne ne surpassa, dit son épitaphe, dans le tracé des aqueducs. » Particulièrement habiles, les ingénieurs eurent parfois recours au système du siphon. Cette technique fut notamment mise en œuvre près de Lyon afin que l’aqueduc du Gier parvînt à franchir la vallée de l’Yseron, large de 2,6 km et profonde de 140 m. Le dispositif consistait à faire descendre l’eau au fond de la vallée dans plusieurs tuyaux de plomb puis, en vertu de la loi des vases communicants, à la faire remonter par pression sur le versant opposé jusqu’à une altitude un peu inférieure à celle du versant de départ.
1. L’alimentation de la ville en eau
Les aqueducs sont construits lorsque les puits ne suffisent plus pour alimenter la ville en eau potable et courante. A Rome, le premier aqueducs est l’Aqua Appia. Il fut construit vers 312 avant J.C. par Appius Claudius. C’est une canalisation souterraine longue de16km. Vers la fin du 1er siècle après J.C..Le volume d’eau distribuée à Rome en 24 heure est environ un million de metre cube pour un million d’habitants. . (soit théoriquement plus de 1 000 litres par habitant, ce qui est plus du double de ce que reçoivent les Romains d’aujourd’hui). La plus grande quantité est réservée aux thermes
Les onze aqueducs de Rome sont construits au fil des siècles pour approvisionner suffisamment en eau la population de RomeDes statistiques détaillées de chaque aqueduc de la ville sont notées autour de 97 par Sextus Julius Frontinus dans son traité Des aqueducs de la ville de Rome (De aquæductibus urbis Romæ), conservateur des aqueducs de Rome pendant le règne de Nerva. Les principales informations que ont été recueillies sur les aqueducs de Rome viennent de ses écrits sur le sujet, ce qui explique le manque de détails sur les deux derniers aqueducs, qui lui sont postérieurs.
Ce qui est assez inhabituel sur un plan c’est de figurer le réseau d’eau en rouge , mais on peut constater la parfaite répartition des fontaines dans la ville .
Les châteaux d’eau
Le château d’eau est un profond réservoir aux mur de mortier étanche. Il possède plusieurs vannes pour repartir l’eau dans les tuyaux de plombs. Ceux-ci alimentent les fontaines publiques , latrines, les thermes ou les maisons des patriciens. En cas de sécheresse, ses vannes sont fermés ; d’abord celles des thermes et enfin des latrines. Les habitants disposent le plus longtemps possible de l’eau des fontaines publique pour boire :
On peut admirer le système de répartition :
avec le départ des canalisations souterraines :
Et comme toujours , chez les romains ce Château d’eau peut devenir un « Monument »
Jusqu’aux tuyaux de plomb !
Un tuyau romain en plomb ou fistule (en latin fistula aquaria) est une conduite utilisée dans le réseau de distribution d’eau dans les villes .
Elle sert à acheminer l’eau depuis les réservoirs, qu’il s’agisse de citernes ou d’arrivées d’aqueducs, jusqu’aux édifices publics tels que les thermes, les fontaines, ou parfois aux maisons de riches particuliers.
Le plomb nécessaire était extrait en grande quantité à l’époque romaine, comme sous-produit des mines de plomb argentifère, notamment dans les mines de Bétique et de Bretagne .
Les fistules sont fabriquées à partir d’une plaque de plomb rectangulaire roulée en forme ovoïde et refermée par un cordon de soudure longitudinale. Leur longueur peut atteindre environ trois mètres (10 pieds selon Vitruve[), et le diamètre extérieur atteindre 30 cm pour une conduite principale, comme celle trouvée sous le decumanus maximus d’Ostie. Les conduites terminales étaient plus fines et mesuraient moins de 10 cm de diamètre .
L’indication du bénéficiaire pour les raccordements desservant des bâtiments tels que domus privée ou établissements thermaux a permis d’identifier de nombreux propriétaires. En majorité, ce sont des membres de l’aristocratie sénatoriale ou équestre, ou des affranchis impériaux, tous assez proches de l’empereur pour obtenir le bénéfice de l’eau publique. Par exemple à Rome la Villa dei Quintili, desservie par des conduites en plomb portant les noms de deux frères, Sextus Quintilius Condianus et Sextus Quintilius Valerius Maximus, consuls en 151.
Autre exemple trouvé à Ostie sur une fistule de 192 cm de long et 8,5 cm de diamètre externe :
COLONIA OSTIENSIS C(aio) POPPAEO SABINIANO PRAEF(ecto) ANNONAE
La colonie d’Ostie, à C. Poppaeus Sabinianus, préfet de l’annone
La distribution de l’eau :Dans le domaine public, outre les thermes, l’eau est destinée aux fontaines et aux nymphées.
On rencontre des fontaines dans les rues, carrefours et places.
L’eau y coule en permanence, permettant aux passants de se désaltérer ou de venir y puiser l’eau nécessaire à la vie quotidienne dans les lieux privés d’adduction comme les immeubles de rapport (insulae). Elles sont constituées de quatre plaques de pierre fixées entre elles par des agrafes métalliques. Une des plaques est percée pour l’arrivée de l’eau. La bouche de la fontaine est gravée ou sculptée. Le trop-plein de la fontaine s’écoule dans les caniveaux par une rigole, permettant de nettoyer ceux-ci de la poussière et des détritus qui peuvent s’y accumuler.
Les nymphées sont des monuments publics ou privés dans lesquels l’eau est mise en scène dans des fontaines monumentales ou plus modestes mais toujours raffinées. Les nymphées sont dédiés aux nymphes, divinités des montagnes, des bois mais aussi des fleuves et de la mer. Elles peuvent prendre la forme de grottes ou de façades richement ornées.
Vitruve explique que le castellum divisiorum doit comporter trois
bassins après le réservoir qui reçoit l’eau de l’aqueduc1. Celui du milieu se remplit par l’excédent des deux latéraux et sert aux fontaines publiques de la ville. Les deux autres desservent, moyennant une redevance, l’un des maisons particulières, l’autre les bains. En cas de pénurie, le bassin central est donc le premier à se vider alors que les deux autres continuent à fonctionner. Des tuyaux de plomb conduisent l’eau à leur destination finale, en passant par des châteaux d’eau secondaires qui diminuent la pression. Ce dispositif met en oeuvre toute une plomberie de tuyaux, robinets, soupapes , tubes mesureurs etc.
Depuis la canalisation sur la rue, les maisons étaient raccordées à un réservoir individuel, lequel par un réseau de tuyauteries en plomb alimentait les fontaines intérieures, les cuisines et les latrines, les thermes publics ou bains, avec parfois des thermes privés avec bains chauds, tièdes et froids, une piscine extérieure et les jardins. Parfois un tuyau en cuivre raccordait la sortie en bronze plus ou moins ouvragé. Le réseau secondaire alimentait également certaines boutiques ou ateliers comme les blanchisseries ou fullonica, des restaurants (découverts en 2014 )[ . On peut facilement imaginer le nombre important de plombiers, libres ou esclaves, qui travaillaient à la fabrication, à l’installation et à l’entretien de tous ces réseaux d’adduction d’eau dans les villes romaines.
Mais si les Romains organisent l’arrivée de l’eau dans la ville , ils doivent se préocuper de ce qu’on appelle actuèlement les eaux usées : La Cloaca Maxima est le grand égout collecteur qui, dans la Rome antique, desservait le Forum Romanum et débouchait sur le Tibre.(voir à droite le tracé sinueux de cet égout pour desservir la cité antique )
C’est Tarquin l’Ancien qui entreprit sa construction (VIIe ‑ VIe siècle av. J.-C.). Le but de cet égout était d’assécher les bas fonds marécageux se trouvant entre l’Esquilin, le Viminal et le Quirinal. Cet assèchement était devenu inévitable, tant la population de Rome augmentait. Au début cet égout n’était qu’un grand canal à ciel ouvert ayant pour fonction d’évacuer l’eau du sol. Au cours des siècles, par travaux successifs, il devint un vrai égout souterrain, ne le devenant complètement qu’après le IIe siècle av. J.-C.
Les Romains couvrirent leur réseau d’égouts pour des raisons d’hygiène, car Rome était fréquemment la proie des épidémies.
Le premier canal « le cloaca maxima » fut construit en blocs de pierre sans ciment. Les pierres étaient longues de 2,50 mètres, larges de 1 mètre et hautes de 0,80 mètre ; elles étaient taillées dans du pépérin ou du tuf volcanique de la région de Rome. Son trajet est assez compliqué , mais permettant de drainer les différents quartiers de la Rome antique . Après de nombreuses rénovations les matériaux de construction changèrent.
Il existe un métier qui accompagne les équipements sanitaires des villas romaines : c’est le métier de plombier :
Sur le site de fouilles de Pompéi, région VII, 5, 28, suivant le quadrillage archéologique de la cité, un local a été identifié comme étant un atelier de plomberie. L’identification du métier pratiqué en ce lieu, s’est faite tout d’abord en fonction de l’aménagement du local : un bloc de pierre réutilisé et servant d’établi, mais également d’un grand nombre de déchets d’alliage à base de plomb, de fer, d’alliage cuivreux trouvés dans une partie du local. Nicolas Monteix nous dit que pour l’occupant de cet atelier, la spécialisation dans le travail du plomb, est évidente ainsi que celle sur d’autres métaux. Sur un site proche un fer à braser (à souder) a été trouvé, avec des limes, une tenaille, des forets, trois marteaux et une scie. Le fer à souder a une pellicule de plomb (peut-être de soudure) sur la face servant à souder.
En effet le plombier romain n’avait pas à sa disposition de tube de plomb , mais seulement des plaques de plomb , il devait donc enrouler la plaque sur une pièce de bois , du diamètre souhaité et ensuite procéder à une soudure en coulant du plomb sur les bords de la plaque . Cependant on peut imaginer que la pression de l’eau dans ces canalisations ne pouvait être importante …….l’eau coulait surtout par gravité et non par pression .
Depuis la canalisation sur la rue, les maisons étaient raccordées à un réservoir individuel, lequel par un réseau de tuyauteries en plomb alimentait les fontaines intérieures, les cuisines et les latrines, les thermes publics ou bains, avec parfois des thermes privés avec bains chauds, tièdes et froids, une piscine extérieure et les jardins. Parfois un tuyau en cuivre raccordait la sortie en bronze plus ou moins ouvragé. Le réseau secondaire alimentait également certaines boutiques ou ateliers comme les blanchisseries ou fullonica, des restaurants (découverts en 2014). On peut facilement imaginer le nombre important de plombiers, libres ou esclaves, qui travaillaient à la fabrication, à l’installation et à l’entretien de tous ces réseaux d’adduction d’eau dans les villes romaines.
J’ai déjà exprimé mon étonnement dans la découverte des « chaufferies » des salles de bain romaines à la foi l’eau , le sol et l’air , mais je termine ce chapitre par la reconstitution d’une chaufferie romaine :
Mais revenons sur les fontaines de Rome, ce sont des “monuments” , elles participent à la splendeur de la ville. Ce qui est remarquable que ce sont des des monuments qui traversent les siècles et dont la splendeur ne cesse de croitre :
Ainsi la Fontaine de Trévi était “dans l’antiquité” la bouche d’un aqueduc Romain .
En 1731 le Pape Clément 12 organise un concours pour réhabiliter la place et la fontaine , les travaux commencent en 1732 , ils vont durer trente années et faire travailler une dizaine d’architectes .Le nom de Trevi est celui de la jeune fille qui a indiqué l’emplacement de la source aux Romainsau premier siècle avant J.C.
Cette source
Aujourd’hui encore, on continue d’amener l’eau de cette source située à vingt kilomètres au sud de la ville. Cette histoire est d’ailleurs représentée sur les bas reliefs de la fontaine.
Cette fontaine d’une taille monumentale se trouve au coeur de Rome à proximité du Panthéon. Elle est adossée au palais qui était la résidence des ducs Poli, aujourd’hui devenu l’institut polygraphique italien.
La forme de la fontaine, en arc triomphant, fait penser à l’entrée d’un temple.
Au centre, Neptune est représenté sur un char tiré par deux chevaux marins guidés par des tritons. Il est entouré de statues symbolisant les quatre saisons mais aussi l’abondance et la santé.
La fontaine est également protagoniste d’une scène inoubliable du film de Fellini, La Dolce Vita.
La tradition veut qu’on lance deux pièces dans la fontaine, la première pour faire un voeu et la seconde pour être sûr de revenir à Rome.














