135- Histoire d’un “Mec” (Claude Josset)
C’est « l’Histoire médicale » d’un vieux mec… !!!
Le dit « mec » est né en 1932 …au siècle dernier , puisqu’on s’intéresse à sa santé …pas grand chose à signaler dans son enfance …sauf des mauvais souvenirs de fièvre au dessus de 40 degrés associés à des cauchemars …. j’aime pas trop en parler !! Cependant , un épisode de santé qui a influé sur mes études fut un méchant traitement à la pénicilline (nouveau) qui a entraîné une jaunisse carabinée …jusqu’à la toussaint ….trop tard pour la rentrée en Math Elem !!
J’ai déjà raconté les grandes lignes de ma vie .. aussi vais-je me limiter à mes expériences récentes de santé .
- Une alerte sérieuse (je ne savais pas que c’en était une) eut lieu lors d’un voyage à Paris au début du 21éme siècle :
- Ce n’est pas très drôle d’avoir un rhume de « cerveau » lors d’une visite de la capitale , d’où la bonne idée d’entrer dans une pharmacie et d’acheter des « gouttes dans le nez » sans ordonnance et sans aucune observation du pharmacien , qui en l’occurrence se comporte comme un vulgaire épicier !! après quelques gouttes de ce vasoconstricteur qui dégage la tête , on est loin de se douter qu’un mètre plus bas l’action du dit vasoconstricteur resserre l’urètre au niveau de la prostate !
- Rien ne se passe tant que je n’ai pas envie de « pisser » mais lors de la première envie …rien ne sort …cela commence comme un gag : le monsieur qui ne peut pas pisser !! Et puis cela tourne au drame : jusqu’à un appel à SOS médecin ….il faut annihiler l’effet vasoconstricteur par un vasodilatateur !!! c’est simple !!
- Cette alerte aurait du m’apprendre qu’il se passait quelque chose de bizarre au niveau de mon bas ventre .
- La seule leçon que je retirai de cet épisode était de lire les notices des médicaments et de ne plus me mettre de gouttes dans le nez .
- Mais ces simples précautions ne suffirent plus ….mes stations dans les pissotières se prolongeant , il fallut bien admettre qu’il y avait un problème .

- La consultation du Larousse Médical confirma la nécessité de revoir l’ensemble du tuyau d’évacuation .
- Le système est compliqué , le « créateur » a voulu économiser en utilisant un seul tuyau pour l’urine et le sperme , économie stupide car il a imaginé un système de tuyaux et de vannes…source de pannes .
- Je cherche le rôle de la prostate : La prostate est une large glande de l’appareil génital masculin. Sa fonction principale est de sécréter une partie du liquide séminal, l’un des constituants du sperme, et de le stocker : CQFD . Ce qui est idiot de la part du « créateur » ou un de ses aides (il n’a pas pu tout faire seul !) c’est d’avoir fait passer le tuyau au milieu de la prostate !!!.
- En décembre 2000 , lorsque je vais voir un spécialiste au CHU de Tours il n’y va pas par 4 chemins : vous avez deux solutions : l’opération de l’ablation de la prostate ou la radiothérapie , mais plus gênant : il y a des cellules cancéreuses , ça y est le mot « cancer » a été prononcé sans précaution …
- Le Docteur , chef du service urologie du CHU de Tours , comme un bateleur de foire me donne le choix entre trois options : ne rien faire ( survie de 3 ans) - l’ablation de la prostate avec la possibilité d’endommager la valve de sortie de vessie (risque d’incontinence) – enfin détruire l’intérieur de la prostate par des « rayons » …..pour un physicien …les rayons ont eu ma préférence !!!
- Cependant , afin de mesurer l’étendue des dégâts il m’inflige une dernière « torture » : une biopsie sans anesthésie
effectuée par l’anus ( même au moyen-âge on n’avait pas inventé une pareille torture ) : le petit dessin suivant donne une idée de « l’opération » . - En Mai 2001 , au terme de ma préparation à ce traitement je me présente dans le bunker des « rayons » avec une croix tracée sur mon pubis à l’emplacement de ma « prostate » .
- L’équipe de « techniciens » qui pilotent l’engin de l’extérieur sont protégés par une épaisseur impressionnante de béton , on se croirait dans une centrale nucléaire .
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- La tête de l’accélérateur (3) est reliée au bras (2), élément pouvant tourner sur un statif (1). Le collimateur (4) limite et conforme le faisceau. La table (7) permet d’allonger le patient. Elle est reliée à un plateau mobile (5) par l’intermédiaire d’un fût (6)
- Ces accélérateurs disposent d’une gamme de faisceaux atteignant l’énergie maximale possible pour des appareils à usage médical (25 MV). Ils sont installés dans une salle dédiée dont les murs sont construits en béton baryté pour des raisons de radioprotection.
- Le rendement en profondeur des faisceaux dépend de leur nature et de leur énergie. Les photons de 8 MV servent au traitement des tumeurs peu profondes. Les photons produits par les accélérateurs linéaires 2 délivrent une faible dose en superficie. Les photons sont en général utilisés sous forme de plusieurs faisceaux convergents ( c’est pour cela que l’émetteur du faisceau tourne autour du sujet traité ) cela évite que les « chairs » traversées par le faisceau ne soufrent pas trop !
- Les électrons ont un rendement rapidement décroissant en profondeur.
- Petit à petit je m’étonne du processus : mon bas ventre bouge malgré le fait que mes hanches soient maintenues .
- Je commence à douter de la précision de mon irradiation , et le comble se produit lorsque on me dessine une deuxième croix sur le ventre à 2cm de la première !!!
- (la prostate mesure 3 centimètres …) cherchez l’erreur .
- je subis 31 séances . Je constate des problèmes intestinaux
- Cependant , en mai 2004 , on m’annonce …par la bouche d’un interne (que je n’avais jamais vu) que le traitement avait finalement échoué .
- J’exigeai de rencontrer le docteur responsable et d’avoir une franche conversation sur l’échec de ce traitement dû en partie à l’impossibilité d’immobiliser « l’organe » concerné .
- Cependant si on a loupé la cible ..l’intestin lui a dégusté !!
- Un espoir devait naître avec une nouvelle méthode d’irradiation de la prostate pratiquée au CHR de Caen
- Les premieres expériences de traitements par Ablatherm au CHU de Caen ont été effectuées en Décembre 2001.
- Les ondes ultrasonores de haute intensité sont
focalisées à travers la paroi rectale vers la zone prostatique à traiter . - La technique consiste à faire converger des ondes acoustiques hautes fréquences de 3Mhz au point focal. Ce dernier est situé à 40 mm du transducteur de thérapie dans le cas des sondes Maxis. La variation de pression au point focal entraînera une vibration des structures moléculaires. Par conséquent, il y aura une augmentation de la température du tissu prostatique. Les cellules cancéreuses portées à une température d’environ 80°C se nécrosent et disparaissent par voies naturelles.
- En octobre 2005 , à ma grande surprise le Docteur B. m’annonce que l’appareil va être en démonstration à Tours ….je vais profiter de cette opportunité !!! (cobaye volontaire !!)

- L’avantage c’est que l’opération est très précise , cette fois-ci la cible va être atteinte !!( la prostate est vue en direct sur l’écran de contrôle).

- C’est sans doute grâce à ce traitement que 10 ans après je suis encore en vie !!!
- Mais… les effets secondaires ne tardent pas à se manifester : le passage de l’urine dans la prostate est difficile , encombré de caillots , de débris , le Docteur B s’acharne sans succès à « ramoner » le conduit , …. Il a alors l’idée géniale de m’introduire un tube plastique dans la vessie en perçant un « petit trou » dans la peau du ventre … tube raccordé à une poche en plastique …..me voilà transformé en « robocop » avec un réservoir d’eaux usées . Le système se bouche parfois et oblige les infirmières de l’hôpital à des travaux de plomberie !!
- Mais afin de pérenniser l’amélioration on m’applique un traitement génial : comme il s’agit d’une maladie d’homme il faut me « transformer en femme » ! enfin presque !!
- « Fastoche » : d’abord à petite doses d’hormone puis grosse dose : le résultat visible est la disparition ( non pas complètement) de la « zigounette » et l’apparition de glandes mammaires qui nécessiteraient… presque un soutien gorge .
- L’objectif du traitement dit “hormonal” est de s’opposer à l’action des hormones mâles (androgènes) qui stimulent la prostate, par le recours à un anti-androgène.
- La diminution du taux de testostérone, obtenue par le traitement dit “hormonal”, bloque donc la prolifération des cellules cancéreuses et diminue le volume de la prostate. Cependant, le traitement hormonal n’a qu’un effet transitoire, d’une durée variable, et bloque la prolifération du cancer sans le guérir.
- Enfin ne chicanons pas , cela se révèle efficace .
- Mais mon cher Docteur de l’Hôpital Bretonneau étant à
bout d’arguments ( le taux de PSA augmente) il me refile à une de ses collègues Femme !!! - Le premier rendez-vous est réconfortant …j’attend la suite !!
- A propos , je vous parle du taux de PSA sans expliquer ce que cela représente : L’Antigène Prostatique Spécifique, ou PSA (Prostate Specific Antigen en anglais avec leur manie de phrases à l’envers ), est une substance fabriquée naturellement par la prostate. Cette molécule est présente dans le sang de tous les hommes , elle sert à liquéfier le sperme afin de faciliter le déplacement des spermatozoïdes C’est un marqueur de l’activité de la prostate, qu’on peut doser par une simple prise de sang. Il indique surtout quand il y a une anomalie …souvent cancéreuse !!
- Pour l’instant (janvier 2014) je poursuis mon traitement au Zitiga (abiratérone ) il appartient à la classe des médicaments appelés inhibiteurs de la biosynthèse des androgènes. On le prend pour traiter le cancer de la prostate métastatique lorsque les autres traitements se sont avérés inefficaces. Il empêche l’organisme de produire de la testostérone, une hormone masculine associée à la croissance du cancer de la prostate.
- C’est à ce moment critique qu’intervient Zytiga, car ce composé pénètre les cellules cancéreuses et stoppe la production de testostérone. Il y a une corrélation entre la production de testostérone et la multiplication des cellules cancéreuses, ce composé permet de freiner très efficacement l’évolution de la maladie.
- De plus mon traitement est complété par une injection tous les six mois d’Eligard : L’acétate de leuproréline est un nonapeptide de synthèse, il entraîne une inhibition de la sécrétion des gonadotrophines hypophysaires et une suppression de la synthèse des stéroïdes testiculaires chez l’homme (excusez le jargon ! ). Ce traitement entraîne des « bouffées de chaleur » .
-

- Très réconfortant !!!!!!
- Le mécanisme physiopathologique des bouffées de chaleur est mal connu, toutefois elles seraient dues à la diminution de la production d’œstrogènes par l’organisme.Il semblerait également que le système de thermorégulation de l’organisme (régulation de la température), reçoive l’ordre d’abaisser la température de l’organisme, les bouffées de chaleur et les sueurs en étant le moyen.Les bouffées de chaleur s’expliquent par une vasodilatation (c’est-à-dire une augmentation du calibre des vaisseaux) s’accompagnant d’une sensation de chaleur dans l’ensemble du corps !!!!
- Les mauvaises langues (féminines ) pensent que le phénomène aurait trouvé un antidote s’il avait plus affecté les hommes !!!
- Et l’avenir du traitement ???? les médicaments prometteurs dès maintenant disponibles à Gustave Roussy
Plusieurs médicaments innovants sont dès maintenant disponibles dans le cadre d’études cliniques menées à Gustave Roussy.
C’est le cas du MDV 3100 et de l’orteronel, des médicaments d’hormonothérapie utilisés sous forme de comprimés et dont les résultats sont particulièrement encourageants, y compris chez des patients dont la tumeur progresse malgré l’hormonothérapie et la chimiothérapie. Ces médicaments sont habituellement bien supportés. Un autre médicament, l’abiraterone a été utilisé avec succès dès 2008 à l’Institut Gustave Roussy dans le cadre d’une étude consacrées aux patients ayant déjà reçu une chimiothérapie, l’abiraterone a été mise sur le marché en France en Septembre 2011. Plusieurs études utilisant ces médicaments d’hormonothérapie de nouvelle génération portent désormais sur des patients n’ayant pas reçu de chimiothérapie. Enfin, deux nouveaux médicaments d’hormonothérapie (Orion et Astellas) sont en cours d’évaluation à l’Institut Gustave-Roussy pour la première fois au monde.Parmi les traitements ciblés disponibles pour les patients atteints de cancer de la prostate, un traitement ciblant la clusterine, une protéine en partie responsable de la résistance des cellules cancéreuses à l’hormonothérapie et à la chimiothérapie, l’OGX-011, est également prometteur. Ainsi l’OGX-011 s’est avéré efficace dans une première étude portant sur une centaine de patients atteints de métastases et en échec du traitement hormonal. L’OGX-011 est actuellement disponible à l’Institut Gustave Roussy à la fois pour les patients relevant d’une chimiothérapie par docetaxel ou par cabazitaxel. Le traitement est administré sous forme de perfusion et est habituellement bien toléré.
Enfin, un médicament permettant de stimuler l’immunité anti-tumorale, l’ipilimumab, est disponible en association à la radiothérapie dirigée sur les métastases osseuses .
- En Avril 2014 le taux de PSA remonte à 160 .
- Apprès un scanner le 29 Mai 2014 et un taux de PSA record de 600 , on abandonne le Zytiga qui se révèle inefficace .
- Il faut une chimio !!
- Le 11 Juin , à l’hopital on pose un cathéter ( chambre implantable ) et on commence la Chimio .
- 12 Juin : première chimio , très mal supportée ….le 28/08/14 le Docteur Narciso décide de poursuivre le traitement en deux fois :
- 3 et 10 Juillet ; deuxième chimio
- 24 et 31 juillet : troisième chimio
- 14 et 21 août : quatrième chimio
- 10 et 16 sept : cinquième chimio
- 30 sept et 7 oct : sixième chimio
- le PSA redescend à 27 !!!
- Après un scanner le 21 oct 2014 (globale stabilité de la maladie ….)
- traitement Eligard le 26 oct (tous les 6 mois) .
- Et le 27 octobre 2014 la chambre implantable est retirée .
- Le 4 Juin 2015 le Docteur Narciso décide d’un nouveau traitement hormonal Xtandi 40 mg de 6 mois ( taux de PSA remonté à 395).
- Fin Juillet le taux de PSA redescent à 318
- En Août des problèmes de fatigue obligent à réduire le traitement de Xtandi . Fin Aout le taux de PSA se stabilise à 325 .
- En Septembre 2015 le Dr Narcisso confirme de réduire la dose de Xandi désormais bien supporté .
- En Octobre 2015 scintigraphie au Vinci …le Dr Narcisso conseille 10 séances de rayons pour réduire les deux tumeurs détectées qui appuient sur les nerfs ; cause du mal au dos .
- le Docteur Born fait 2 séances de mésothérapie plus de la cortisone qui mettent fin aux douleurs du dos .
- ensuite divers épisodes de douleurs qui réapparaissent traitées toujours par la cortisone .
- début Decembre 2015, sans lien avec le “reste” une crise d’hypertension est traitée par le Dr Cayron par du Loxen
- Une radiotherapie est précédée par un scanner …du bas-ventre !
- des violentes douleurs de la colonne vertèbrale sont soignées par de la Cortisone
- Coucou …..je regarde ma montre calendrier….je n’en crois pas mes yeux …on est le 24 Février 2016 …..et je suis “relativement en forme …triomphe de la médecine ou la grâce qui s’est abattu sur un mécréant …..durant mes voyages je me suis “attardé” dans tellement lieux de cultes de religions diffèrentes que je ne sais pas à qui attribuer ces “bontés” celestes … j’ai un petit faible pour les Dieux Egyptiens …vu leur ancienneté qui les rapproche de l’arrivée de l’homme sur la terre .
