133-Pétra visite de mars 2008
Bizarrement , Pétra ne m’avait laissé aucun souvenir dans « mon » histoire scolaire .
Pétra se situe au cœur d’un vaste plateau à l’est de la mer morte , elle occupe une faille profonde à travers de laquelle coulait le Jourdain vers le golfe d’Acaba .
Vers le bas à gauche de la carte de la Jordanie .
La ville s’étend dans la rivière dite de Moïse d’où provient le nom actuel de Wadi Moussa .
Petra vient du mot grec pierre .
Les Nabatéens appelaient leur ville Reqem .
Le « Guide du Routard » est dithyrambique « sans conteste le plus beau site du Proche-Orient avec les Pyramides d’Egypte !
Mais nous sommes obligés de nous plonger dans les guides :… Les Nabatéens (en arabe : «‰√Ê»«◊ al-Anb®ª¢∞?) sont un peuple commerçant de l’Antiquité vivant au sud de la Jordanie et de Canaan, et au nord de l’Arabie actuelle, ils étendirent leur territoire vers le nord, jusqu’à la région de Damas. Leur territoire est frontalier de la Syrie, de la péninsule Arabique, de l’Euphrate et du nord de la mer Rouge. À la suite de l’intervention de Pompée(64 av. J.-C.), le royaume nabatéen devint un royaume client de Rome, mais il conserva une large autonomie. Sa capitale était la cité troglodytique de Pétra, située aujourd’hui en territoire jordanien.

Leur commerce se déroule principalement entre les oasis, où ils pratiquent l’agriculture de manière intensive. Ces oasis sont reliées par des routes commerçantes .
En 106, l’empereur romain Trajan soumit définitivement les Nabatéens et incorpora leur royaume à l’Empire, où leur culture se dissipa.
Passé les guichets, on accède à l’enclos des chevaux , il faut résister car la visite du Siq à l’ombre doit se savourer tranquilement , à pieds .

Avant d’arriver au Siq, après un petit kilomètre , le chemin passe devant les tombeaux de Gaïa, la nécropole nabatéenne : Il s’agit de trois tombeaux monolithiques, suivis de deux tombeaux superposés et datés du I° siècle après J.C.
A l’étage supérieur, c’est le « Tombeau aux Obélisques » avec ses quatre stèles funéraires d’inspiration égyptienne , il s’agit du « Tombeau au Triclinium » de style corinthien et dont la façade est taillée dans la roche.
On atteint ensuite l’entrée du Siq.
Le Siq est la voie d’accès principale à Petra, c’est, sur un kilomètre et demi, un spectaculaire défilé entouré de falaises colorées de 100 mètres de haut.
Tout le long du défilé on peut apercevoir les canalisations creusées dans la roche par les Nabatéens pour récupérer les eaux pluviales d’un bassin de 92 km2 grâce à la relative imperméabilité des roches[12]. Cette faible perméabilité du sol posait néanmoins de nombreux problèmes, comme le déclenchement de crues saisonnières Au Ier siècle, Strabon dira que les habitants de Pétra « ont des sources en abondance, que ce soit pour des fins domestiques ou pour arroser leurs jardins .
la photo montre les deux aqueducs creusés dans les parois du Sîq pour acheminer l’eau.
Des installations de collecte et de distribution d’eau destinées à stocker et transporter l’eau en s’affranchissant du relief escarpé sont encore visibles de nos jours, notamment des barrages hydrauliques et des réservoirs à ciel ouvert . Il existait également un important réseau de citernes souterraines. Au nord-est et sud-est de Pétra, les eaux du Sîq coulaient dans deux aqueducs, une galerie ouverte (recueillant les eaux ruisselant des parois) taillée dans la roche et enduites de plâtre imperméable, une autre fermée en pente douce constitué de tuyaux en terre cuite ou en céramique . Les eaux pluviales alimentaient le premier aqueduc, l’Aïn Moussa le second les 200 citernes (dont plusieurs sur le mont Umm al-Beira, ou « Mère des citernes, beaucoup de réservoirs et un nymphaeum, ou fontaine publique . Un réseau de plus gros débit permettait aussi de capter l’eau de source plus éloignée et d’alimenter des quartiers en hauteur. Ces réseaux amenaient environ 40 millions de litres d’eau par jour à Pétra . Le système de distribution d’eau a été comparé avec celui de Rome à la même époque, lui aussi très avancé, bien que la taille des deux cités fût très différente,
L’eau, d’une importance cruciale, constituait également le talon d’Achille de la ville. Ainsi les Romains coupèrent-ils l’aqueduc, lors d’un siège de la ville, afin d’obtenir une reddition plus rapide des habitants .
Le résultat de cette maîtrise de l’eau était, à l’époque, la création d’une véritable oasis artificielle. Seuls des vestiges de ces installations sont encore visibles.
Nous cheminons dans le Siq , sur 1200m , dans cette faille de 3 à 11 mètres de large , ça et là nous retrouvons les pavages antiques .
Et , soudain , c’est l’éblouissement , nous sommes encore dans l’ombre du Siq et la façade du Khazneh nous apparaît !
C’est le plus beau monument de Pétra , haut de 40 mètres , entièrement sculpté dans la roche .
C’est un tombeau édifié par le roi Nabatéen Aretas 3 (84-67 avant J.C. ) .
Le dessin de David Roberts permet de voir dans quel état il a été découvert . (David Roberts visita Petra en 1839 au cours d’un long voyage en orient . Vêtu à l’arabe , il voyagea avec une caravane de vingt chameaux et des gardes du corps arabes . Petra fut le point fort de son périple , mais la visite fut écourtée en raison de tension avec les tribus locales . A son retour en Grande Bretagne , ses aquarelles furent reprisent sous forme de lithographies par le belge Louis Haghe et exposées en 1840
Nous restons stupéfaits devant cette façade sculptée dans la roche . Ma photo montre la différence avec la façade dessinée en 1839 par David Roberts, des sculptures ont été érodées mais la colonne à terre a été remise en place .
C’est évidemment un témoignage essentiel sur Pétra et un instrument essentiel pour sa sauvegarde .
Nous profitons de l’ombre des rochers pour déplier le plan du site et préparer notre progression :
Nous sommes au n°4 : le trésor (pour s’y retrouver sur le plan)
1 Djin Blocks
10 Corinthian Tomb
19 Qasr Al-Bint
28 High Palace of Sacrifice
2 Obelisk Tomb
11 Palace Tomb
20 Unfinished Tomb
29 Lion Monument
3 Al-Siq
12 Sextus Florentinus Tomb
21 Al-Habees Museum
30 Garden Temple Complex
4 The Treasury
13 House of Dorotheos
22 Petra Archeological Museum
31 Triclinium
5 Street of Facades
14 The Nymphaeum
23 Lion Triclinium
32 Renaissance Tomb
6 The Theater
15 Colonnaded Street
24 Al-Deir
33 Broken Pediment Tomb
7 Aneisho Tomb
16 Byzantine Church
25 Turkmanian Tomb
34 Roman Soldier Tomb
8 Urn Tomb
17 Winged Lion Temple
26 Conway Tower
35 Snake Monument
9 Silk Tomb
18 The Arched Gate
27 Moghar Annassara
36 Crusader Fort (excusez le mélimélo des numéros )
Après le khazneh le site s’élargit et nous arrivons dans la ville basse , et , successivement nous découvrons le théâtre qui bizarrement a été taillé dans la roche par les nabatéens et non par les romains . Cependant il fut ensuite agrandi par les Romains au détriment de la nécropole. C’est un théâtre de plan classique. Il est constitué de 34 rangées de gradins faisant face à un bâtiment de scène dont il ne reste que les fondations et quelques colonnes. De 3 000 à 4 000 spectateurs pouvaient y prendre place. Sous la scène étaient aménagés des magasins et le logement pour recevoir le rideau durant le spectacle. L’orchestre atteint 50 mètres dans sa plus grande largeur. Endommagé par le séisme de 363, il ne fut totalement abandonné qu’après celui de 747.
Son creusement a entraîné la destruction d’un grand nombre de grottes et de tombeaux préexistants, les cavités visibles sur la paroi du fonds en sont un ultime témoignage. Ceci n’a pu être décidé que pour des raisons politiques car le théâtre devait plutôt servir de lieu de réunions civiques et commémoratives en lieu et place de l’agora grecque ou du forum romain dont on a pas retrouvé à Pétra d’emplacement similaire. Il fut endommagé par le tremblement de terre de 363 . EnsuitelLe chemin atteint l’entrée de la ville basse. Le secteur construit de la cité, qui occupait le centre du cirque de Pétra, n’a pas résisté aux deux violents tremblements de terre qui ont secoué la ville et il est difficile de se faire une idée précise de son importance. Il faut imaginer une ville probablement à la mode hellénistique, avec marchés, bains, temples et aussi des villas. Les Nabatéens ne vivaient pas dans les monuments rupestres, qu’ils utilisaient uniquement comme tombeaux ou comme lieux de culte.
Nous atteignons la porte du Temenos , il n’en reste que peu de chose , c’est pourquoi je suis tenté de vous présenter l’image de la reconstitution .
(l’imagination ne parvient pas toujours à restituer aux monuments antiques leurs splendeurs d’antan )


Car une foi de plus il faut beaucoup d’imagination pour « voir cet arc de triomphe »
Nous suivons le Cardo Maximus , large voie romaine pavée qui bizarrement ne comporte pas de traces de passages de roues :……voie piétonne !!!!
Nous arrivons au Temple Nabatéen de Qasr el Bint dont il ne reste que l’arche d’entrée .
Ce temple était consacré à la divinité Nabatéenne Dushara .
Seule l’arche de l’entrée nous donne l’échelle du monument .
Nous nous sommes rapprochés de la falaise , et nous pouvons nous restaurer dans un établissement installé dans une grotte .
Une concertation s’engage pour décider de poursuivre notre visite dans la montagne . Persuadés qu’on ne peut escalader la « montagne » qui nous domine sous un soleil « implacable » , Claude Berger et moi-même décidons de louer deux mules .
Grosse erreur , certes les mules ont « le pied sur » , mais elles escalades le chemin dans le rocher en recherchant en permanence l’équilibre sur leur quatre sabots . ….sans se soucier de leur chargement balancé de droite à gauche !!!
Dans les passages au dessus du vide !! sensations garanties ..
La selle (qui n’en n’est pas une ) à tendance à glisser à droite et à gauche , les étriers sont juste la pour rassurer !!
Mais ….quelle récompense !!!
Le Deir a été creusé dans un rocher de grés jaune , il rappelle le Khazneh , mais son décor est plus simple ;Il s’agit d’un monument cultuel qui date du début du deuxième siècle .
Le dessin de David Roberts est formidable mais j’ajoute ma propre photo qui montre le même monument un siècle et demi plus tard :
Un bar a été installé face au monument que l’on peut admirer …à l’ombre en sirotant une boisson fraiche …
La façade du Deir de 45 m de large sur 42 m de haut semble liée à un rite funéraire probablement celui du roi nabatéen Obodas Ier divinisé qui accéda au trône en -96. Une imposante urne funéraire de 9 m de haut se trouve à son sommet et est accessible par un escalier. Par la suite, le bâtiment sera réutilisé par les Chrétiens comme monastère, ce qui lui vaut son nom actuel . Contrairement à l’idée longtemps soutenue, il ne s’agit pas d’une tombe royale, mais d’un monument cultuel. Il constitue le plus grand monument de Pétra : 47 mètres de large, L’entrée elle même est colossale : le seuil de la porte est aussi haut qu’un homme.
Le registre inférieur est composé de huit colonnes à chapiteaux ioniques. Des niches sont sculptées dans les entrecolonnements. Le registre supérieur, copie du Khazneh, se décompose en un tholos entouré de deux demi-frontons creusés de niches rectangulaires. Contrairement à la richesse décorative du Khazneh, la décoration se limite ici à une simple frise triglyphe et des métopes.
La salle intérieure, de forme rectangulaire (11 mètres sur 12), dispose de banquettes basses taillées dans les parois. Dans l’angle nord-ouest, des entailles au sol et dans les parois indiquent peut-être l’emplacement initial d’un bassin d’ablution. Dans le mur du fond, on distingue les traces d’un bétyle arasé surmonté à l’époque byzantine d’une croix. A partir du IVe siècle, l’édifice est réutilisé comme monastère par les chrétiens, ce qui lui vaut encore son nom actuel en arabe, el Deir signifiant « le monastère ». Des croix gravées sur les murs intérieurs laissent penser que l’édifice a pu servir d’église.
Difficile de prendre le chemin de la descente en tournant le dos à cette façade extraordinaire .
Nous faisons halte au Triclinium aux lions dont le nom est lié à deux lions qui se font face , patte levée de part et d’autre de l’entrée.
Le retour paraît beacoup plus long , passé le plaisir de la découverte , et aussi avec la sensation qu’on ne reverra jamais ce lieu mythique , pour conjurer cette sensation je me précipite vers l’achat d’un livre de souvenir et je range soigneusement mes pellicules photos .
Difficile de quitter une merveille du monde !
Mais , en consultant mes archives je m’aperçoit que j’ai déja fait le compte rendu de ce voyage : c’est la preuve que ce voyage m’a profondément marqué …
















