112-Varsovie-Gdansk
Varsovie- Gdansk
En août 1944, pendant le soulèvement de Varsovie, plus de 85 % du centre historique de la ont été détruits par les troupes nazies. Après la guerre, ses habitants ont entrepris une campagne de reconstruction sur cinq ans, avec pour résultat une restauration méticuleuse des églises, des palais, et de la place du marché de la vieille ville.


La Vieille Ville (entièrement reconstruite à l’identique de son apogée datant des 17 e et 18 e s., sur la base de documents d’archives et de gravures) donne à voir un bel ensemble gothique et renaissance, symbole de la richesse historique de la capitale. Ce remarquable travail de reconstruction des plus fidèle a d’ailleurs été récompensé par l’Unesco qui, en 1981, a inscrit la Vieille Ville au Patrimoine mondial .
La place du marché reconstruite dans le style initial du 17ème est entourée de maisons aux facades décorées de fresques , de sculptures et de bas reliefs .
Elle abrite des cafés et restaurants célèbres .
Sur la place des artistes proposent des aquarelles aux touristes.

Finalement notre visite aura été assez courte car ce quartier reconstitué scrupuleusement est assez limité en surface .

On repart vers le Nord …Pour Gdansk ! Et là mes souvenirs se télescopent avec ceux d’une visite en 2007 lors d’une croisière sur la baltique intitulée « Croisière Hanséatique » .
Les souvenirs des deux visites se mélanges et se complètent ; les voici , mais reprenons l’histoire si complexe de cette région :
L’histoire de Gdansk remonte au VIIe siècle. Un château fortifié (grod) y fut construit par le roi de Pologne aux environs de 980. Le bourg est fréquenté tôt par des commerçants vikings et allemands.
Gedania (en latin) obtint le statut de ville avec le droit de Lübeck en 1224.En 1295, elle passa avec sa province sous suzeraineté polonaise. Le 14 novembre 1308, les Chevaliers teutoniques s’emparent de Gdaƒsk en chassant le duc de Poméranie, massacrent ses habitants et conservent la région. La population, en plus des Cachoubes, était largement formée de colons allemands : marchands, paysans, moines.
Dantzig adhère à la Hanse en 1310 et elle en était une des principales villes ; lors de la dissolution de la ligue, elle resta unie aux trois villes de Lübeck, Hambourg et Brême (jusqu’au XIXe siècle, on a nommé ces quatre cités les villes hanséatiques).
En 1454, elle fut reconquise par les Polonais.
De 1466 à 1793, Gdaƒsk était une ville libre dans la République nobiliaire de Pologne bien qu’elle eût une population en majorité allemande.
Gdaƒsk en 1575
Ayant refusé en 1575 de reconnaître Étienne Bathory, elle eut à soutenir la guerre contre ce monarque, qui s’en empara en 1577.
Durant la Guerre de Succession de Pologne, Stanislas Leszczyƒski, beau-père de Louis XV, s’y réfugia en 1734 et y soutint un siège.
La ville est annexée à la Prusse pendant le dernier partage de la Pologne en 1795. Elle devint la capitale de la Prusse-Occidentale jusqu’en 1920, avec une brève interruption sous Napoléon entre 1807 et 1813. En 1807, le maréchal Lefebvre fit le siège de Dantzig et s’empara de cette place. Il reçut en récompense le titre de duc de Dantzick.
Par la paix de Tilsitt, conclue la même année, Dantzig fut déclarée ville libre, sous la protection de la Prusse et de la Saxe (dont le roi était également duc de Varsovie, mais conserva une garnison française. Les alliés la reprirent en 1813 après un long siège soutenu par Rapp ; elle fut rendue à la Prusse qui en fit le chef-lieu de la Prusse-Occidentale
Le Traité de Versailles consécutif à la Première Guerre mondiale fit de Dantzig une ville libre, sous le contrôle de la Société des Nations (1920), malgré une large majorité allemande. La Pologne fut responsable pour sa politique extérieure, etc. En septembre 1939, la Seconde Guerre mondiale commença par le bombardement de la garnison polonaise de Westerplatte, puis Dantzig fut occupé par l’Allemagne.
C’est pourquoi le 4 mai 1939, en France , paraît à la “Une de L’Oeuvre” un violent article intitulé : « Mourir pour Dantzig ? »
Son auteur est un député socialiste et pacifiste de 45 ans, Marcel Déat. Il plaide pour un soutien limité de la Pologne, que menace l’Allemagne hitlérienne.
Celle-ci, après avoir brutalement annexé la Bohême-Moravie, revendique le port de Dantzig, dont la population est majoritairement allemande. Il s’agit d’une « ville libre » instituée par le traité de Versailles de 1919 pour ménager à la Pologne un accès portuaire sur la mer Baltique. Elle coupe en deux le territoire du IIIe Reich…
C’est dans ces conditions que Marcel Déat publie son fameux article. Il ne recueillera cependant guère d’assentiment dans l’opinion publique. Comme d’autres intellectuels pacifistes de gauche, le député va très vite évoluer vers la Collaboration après que la Wehrmacht aura envahi la Pologne puis la France.
Son nom reste attaché à la collaboration avec l’Allemagne nazie
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la ville fut partiellement détruite pendant sa prise par l’armée soviétique et l’armée polonaise, la population allemande a fui ou fut expulsée, et la ville fut de nouveau rattachée à la Pologne à la suite de conférences entre Staline, Churchill et de Roosevelt et fut de nouveau connue sous son nom polonais Gdaƒsk notamment en français et en anglais. Entre temps, les bâtiments historiques du centre-ville furent reconstruits, alors que les quartiers nouveaux furent édifiés plus près du littoral de la mer Baltique.

Le port de Gdaƒsk devint le plus important du pays. En décembre 1970, des ouvriers des chantiers navals de Gdaƒsk ont constitué un syndicat indépendant et se sont révoltés contre les dirigeants communistes. La répression a fait officiellement 44 morts et de nombreux blessés. Le 16 mai 2001, le général Jaruzelski (qui était alors ministre de la Défense) a été accusé d’avoir ordonné aux troupes d’ouvrir le feu sur la foule .[ Soutenus par leurs collègues de Szczecin et de Silésie, les ouvriers de Gdaƒsk ont réussi à faire changer la mentalité des Polonais par rapport aux dirigeants communistes. En 1980, le syndicat SolidarnoÊç et son leader Lech Wa∏´sa ont conduit une révolte similaire dans les chantiers navals de la ville. En 1989, la Pologne est devenue une démocratie .
Nous nous arrêtons à l’entrée du chantier naval devant le monument aux morts des ouvriers érigé en 1980 par le Syndicat Solidarnosk « les trois croix ont brisé la croûte de mensonge qui s’est formée à l’endroit où le sang a pénétré dans la terre » .

Petite anecdote : quelques années plus tard , en voyage organisé , la guide local demandait au chauffeur d’accélérer en passant devant le monument !!!
Voilà ce que c’est de voyager avec 
des capitalistes occidentaux !!!
Je tentai de protester dans l’indifférence générale ….quand on se paye un voyage à l’étranger ce n’est pas pour parler des « syndicat des travailleurs ».
Nous , lors de notre voyage individuel nous avions recherché ..et trouvé la maison de Lech Valésa .
Lech Valesa Leader charismatique de millions de Polonais jusqu’à la fin des années 80, il a été l’un des artisans du changement de régime en Pologne. Simple ouvrier devenu patron de Solidarité (1980-1990), président de la République (1990-1995) et prix Nobel de la Paix en 1983, il est aujourd’hui à la retraite. Lech Walesa est né dans une petite maison de bois le 29 septembre 1943, dans le village Popovo près de Wloclawek. Sa mère était issue d’une famille de paysans, son père était artisan menuisier. Il a trois ans, lorsqu’en 1947, la République populaire de Pologne est proclamée, il en a treize lorsque Gomulka entame en 1956 un
programme de libéralisation. Entre-temps, la pression de l’Union soviétique a fait régner la terreur, a poussé une industrialisation à outrance, a suscité des procès et des envois en masse au goulag, et la collectivisation forcée a été un échec. En 1956, la Hongrie se soulève, aussitôt des ouvriers se mettent en grève à Poznan. Dans ce contexte Khrouchtchev doit accepter que Gomulka applique un socialisme à la polonaise, qui autorise à doses homéopathiques des conseils ouvriers dans les usines. Mais la libéralisation n’est qu’apparente.
Revenons à la ville de Gdansk :
Elle fût dans le passé l’une des cités hanséatiques les plus puissantes de la Baltique. Nous commençons par
marcher sur le port le long du fleuve Motlava avec un surprenant batiment surplombant les quais et qui faisait office de grue pour décharger les bateaux cette grue portuaire médiévale, appelé ˚uraw est mentionnée dès 1367, reconstruite en 1444. Elle permet de soulever 2 tonnes à une hauteur de 27m et permet, entres autres d’assembler les mâts sur les bateaux.
Le mécanisme en bois de la grue a été placé entre deux tours de briques, surplombant partiellement le quai. Le mécanisme consiste en une, puis (à partir du 17ème siècle) deux paires de roues positionnées à la verticale activées par des ouvriers qui marchaient dans les barreaux. Cela permettait de hisser deux cargaisons simultanément.
La paire de roues la plus basse permettait de hisser des cargaisons de navires sur une hauteur de 11 mètres maximum. La paire la plus haute était utilisée pour installer des mâts sur les navires de la Vistule. Les mâts pouvaient être élevés jusqu’à 30 mètres.

Cette grue est tellement extaordinaire que je renvoie au chapitre “les grues du port de Gdansk”!!!
D’ordonnance médiévale, Gdansk séduit par le charme de ses ruelles, nous pénètrons dans la ville par la pittoresque porte Mariacka d’ou part la rue du même nom , pavée de petits carreaux de granit, avec ses maisons aux perrons richement ornés et ses élégantes boutiques de bijoux en ambre.
Elle séduit par son ambiance portuaire, où se côtoient intellectuels et matelots, ouvriers et artistes.
Mais le flou dans l’histoire récente de la ville nous oblige à consulter quelques documents sur la dernière guerre mondiale !
1945 représente jusqu’à aujourd’hui la coupure décisive dans l’histoire de Danzig. Alors que la ville avait échappé aux bombardements anglo-américains jusqu’à l’été 1944, l’entrée de l’Armée rouge en Prusse orientale durant l’automne1944 provoqua l’arrivée massive de réfugiés puis la fuite panique d’une partie importante de la population. Le naufrage du Wilhelm-Gustloff torpillé en baie de Danzig le 30 janvier 1945 avec 9000 réfugiés à bord symbolise l’engloutissement d’un monde.
Les combats de mars 1945, suivis de plusieurs jours de pillage, détruisirent entièrement la vieille ville. La population allemande restante fut expulsée dans des conditions dramatiques, de façon « sauvage » d’abord, puis dans le cadre officiellement « humain et ordonné » prévu par le traité de Potsdam, lequel entérinait la translation territoriale de la Pologne jusque sur l’Oder. Dans le même temps affluait à Danzig – désormais Gdaƒsk – une population polonaise et ukrainienne déracinée, provenant pour l’essentiel du rapatriement des prisonniers en Allemagne, des régions dévastées du centre de la Pologne ou des territoires orientaux (kresy) annexés par l’URSS. En moins de trois ans, la population de la ville fut entièrement renouvelée. Tous les habitants ou presque étaient de nationalité polonaise, mais seule une poignée d’entre eux avaient leurs racines à Danzig avant 1939.
La disparition du Danzig allemand s’accompagna de la perte de pans entiers de la mémoire locale. Nul doute d’ailleurs que l’ignorance de l’histoire allemande facilita à l’inverse le mythe de la continuité d’une histoire polonaise. Les historiens allemands ou polonais qui ont travaillé sur les processus d’appropriation mentale des nouvelles villes occidentales de la Pologne ont tous noté que la « propagande » politique du régime avait jeu facile au moins sur ce point .
Donc , presque entièrement détruite durant la seconde guerre mondiale, la vieille ville fut fidèlement reconstruite pierre après pierre. Parmi les édifices les plus prestigieux nous visitons l’Hôtel de Ville, remarquable édifice du XIVème siècle qui abrite le célèbre Musée Historique de Gdansk, la Maison d’Artus où l’élite des marchands tenait ses festivités (datant du XVème siècle), ainsi que la Basilique Notre-Dame, une majestueuse église gothique en briques qui renferme une extraordinaire horloge astronomique du XVème siècle.
Avant de quitter Gdansk nous pouvons apprécier le travail de reconstruction de la ville avec cette photo des ruines de la ville .
Formant avec Gdansk reconstruite la « triville », les villes de Sopot et de Gdynia méritent le détour. Pittoresque station balnéaire, avec sa jetée de 512m et son opéra de verdure aménagé au milieu des collines, Sopot-Deauville polonais conserve le charme nonchalant du XIXè siècle. Nous marchons courageusement jusqu’à l’extrémité de la jetée …en pleine mer !!
Nous sommes impressionnés par la « forêt » de piliers en troncs d’arbres qui soutiennent la jetée .
Mais en Juin 2007 , nous avons le privilège de quitter le port de Gdansk à bord du M.S. Andrea pour effectuer le tour de la Baltique .



Ce vieux bateau était un des bâtiments de la Compagnie Norvègienne Hurtiguten sous le nom de « Harald Jarl » où pendant 41 ans il fit le voyage du sud au nord de la Norvège . Nous sommes donc sur ce bateau reconditionné , avec une cabine dans la proue de ce navire .
Nous allons faire connaissance avec la mer Baltique On y éprouve à peine l’effet des marées; mais elle est sujette à de violentes tempêtes et à l’action de forts courants dans la direction du Nord-Est au Sud-Ouest. L’inconstance des vents, le peu de profondeur des eaux (de 60 m seulement près des côtes allemandes et polonaises) et de 395 au maximum près de l’île de Gotland), ainsi que des récifs, y ajoutent aux dangers de la navigation .
Mais , comme je vous ai prévenu , je n’hésite pas à vous relater une escale de 2007 à Kalilingrad Capitale de l’Ordre Teutonique , capitale du Duché de Prusse , ville Royale de Prusse et annexion à l’URSS !!! c’est l’histoire mouvementée de la ville . Mais c’est un tout autre intérêt qui nous offre une escale dans ce port de la mer Baltique
En effet c’est dans la région de Kaliningrad que se concentrent les plus grands gisements mondiaux d’ambre, cette résine fossile issue des pinèdes anciennes.
Les missions du musée s
ont multiples. Etudier l’ambre, formation naturelle âgée de 40 millions d’années ; conserver, comprendre, analyser et fournir les informations sur son utilisation par l’homme.
Le musée compte environ 15 000 échantillons façonnés par l’artisan depuis le néolithique jusqu’à nos jours, 10 000 années d’un travail culturel, d’utilisation et de façonnage de ce matériau. Il orne la couronne des pharaons égyptiens, il se trouve dans les tombes royales messéniennes, Homère le mentionne dans l’Odyssée, il est prisé dans la Rome antique, vénéré en Chine… Cette matière incomparable est une richesse naturelle, dotée d’une valeur scientifique et animée d’une dimension culturelle, intégrée au patrimoine commun de l’humanité.L’ambre de la baltique s’est formé il y a 40 à 60 millions d’années, à partir de la résine de conifères formant d’immenses forêts de résineux. Sous l’effet de nombreux facteurs physiques et chimiques du milieu, cette résine s’est pétrifiée pour donner naissance à l’ambre.
En tombant sur le sol, la résine a emprisonné des débris végétaux et animaux constituant un véritable piège pour ceux-ci (les insectes composent 90% des inclus.
Mais cette visite du musée de l’ambre est étrange car Kaliningrad n’a plus aucun lien direct avec le reste de la Fédération de Russie, et il faut désormais passer trois frontières pour rejoindre depuis la région de Kaliningrad, Pskov, la ville russe la plus proche, située à 600 km de là.
Cette discontinuité territoriale de la région par rapport au centre est considérée par Moscou comme une contrainte, autant pour la séparation que pour l’isolement qu’elle est implique pour Kaliningrad vis-à-vis du reste de la Russie.
C’est sur cette bizarrerie de la carte de l’ « Europe » que nous terminons ce voyage en Pologne






