111- Le Guide Michelin
La première édition du guide MICHELIN parait en août 1900 avec un tirage approchant les 35 000 exemplaires…
Ce Guide, distribué gratuitement aux chauffeurs, contient une multitude d’informations pratiques sur l’emploi et la réparation des pneus, la liste des dépôts d’essence, des hôtels, des plans de villes, une liste des mécaniciens (il y en a moins de 600 pour toute la France),
Dans l’ Avant propos on peut lire :
Le présent ouvrage a le désir de donner tous les renseignements qui peuvent être utile à un chauffeur , voyageant en France , pour approvisionner son automobile , pour la réparer , pour lui permettre de se loger et de se nourrir , de correspondre par poste télégraphe ou téléphone ……. ?
Avec curiosité nous ouvrons le guide à la page 263 :
TOURS : 57,700 h Paris 233kil .
Stock-Michelin : Fiollet et Bourdeaux avenue de Grammont
Delahaye rue du gazomètre
Ensuite nous avons la liste des 5 dépositaires d’essence et d’huile .
Mais ne croyez pas que notre bonne ville de Tours n’était pas partie prenante de la fièvre automobile ! en effet
Rolland-Pilain est une marque automobile française fondée en 1906 à Tours en Indre et Loire par François Rolland, riche propriétaire, passionné d’ automobiles et Emile Pilain, jeune technicien de 25 ans, et surtout plein d’idées novatrices qui feront le renom de la marque comme les premiers freins hydrauliques l’entreprise.
Comme l’indi
que la publicité : l’usine était située à l’intérieur de la ville de Tours place Rabelais . Surprise de découvrir qu’il y avait une usine automobile à Tours !
Mes parents , nommés à la campagne à 35 kilomètres de Tours et à 6 kilomètres de Chateaurenault cherchèrent à se payer une voiture , je ne sais pas sur quel critère ils choisirent , sans doute la proximité d’un garagiste et le prix , mais leur choix se porta sur Fort de ses premiers succès et présentant le formidable essor de l’automobile, André Citroën souhaite introduire sur le marché une petite voiture populaire. Au Salon de Paris 1921, il présente ainsi la 5CV, une minuscule
biplace livrée à un prix défiant toute concurrence.. Produite d’abord dans une unique version peinte en jaune vif, elle est très vite familièrement surnommée “la petite citron”. Puis la “Trèfle” en 1925, après l’aménagement d’une troisième place centrale arrière, elle sillonnera pendant plusieurs décennies les petites routes françaises.
Moteur : 4 cyl en ligne
Cylindrée : 876 cm3
Puissance : 11 ch
Vitesse maxi : 60 km/h.
Mais , petit détail technique elle n’avait pas de différentiel sur son pont arrière !!! Dans un virage, la roue située à l’intérieur (du côté où l’on tourne), ayant une distance plus faible à parcourir, tourne moins vite que la roue située à l’extérieur. Grâce au différentiel, la motricité est maintenue tout en autorisant la différence de vitesse entre les roues. Il assure ainsi une meilleure tenue de route (sans différentiel, un véhicule tend à aller tout droit) et permet de limiter l’usure des pneumatiques.
Mon père prend la route de Saint Christophe , mais lorsqu’il veut tourner à droite sur la route Tours –Le Mans , virage à angle droit la voiture se renverse dans le fossé …c’est le premier accident …personne n’est blessé …à part l’amour –propre du conducteur !
En effet sur une voiture qui fait un virage, la roue extérieure décrit un arc de cercle d’un rayon plus grand que la roue intérieure ; elle parcourt ainsi un chemin plus grand . Quant aux roues arrière de l’auto, elles sont .motrices, c’est-à-dire qu’elles sont solidaires de l’essieu, et si cette liaison est rigide, dans un virage une roue glissera, ce qui fera riper la voiture , mais si la roue ne glisse pas , elle entraîne la voiture qui tend à se renverser !!
Cet incident fera réflèchir mes parents qui consultent les catalogues auto et décident d’acheter une 201 Peugeot deux portes .
L’argument technique de la 201 était les roues avant indépendantes !
Cependant , pour les jeunes génération cela vaut la peine de regarder sous le capot : tout d’abord à gauche en haut on voit le réservoir d’essence muni d’un petit robinet qu’il ne fallait pas oublier de fermer au garage .
De ce robinet un tuyau de cuivre amenait l’essence au
carburateur . Pour réguler l’arrivée d’essence un pointeau fixé à un flotteur fermait l’arrivée d’essence . Avant d’être aspiré dans les 4 cylindres , l’air soufflait sur le gicleur en entraînant des fines gouttelettes d’essence qui se transforme en vapeur et rentrent dans le moteur . je ne rappellerait pas les 4 temps du moteur : admission , compression , explosion , détente , chacun des 4 cylindres agissant à son tour pour réguler la rotation du moteur.
Comme ce petit exposé n’a pas la vocation d’Histoire de l’automobile j’arrête la description du moteur à explosion ( il faut se reporter au chapitre 48d sur la 201 ) .
Nous venons de passer en revue deux éléments capitaux du tourisme : le guide Michelin et l’automobile , il reste un élément capital : les congés payés !!
L’idée de vacances payées naquit dans les années 1920. La victoire du Front populaire aux élections législatives du 3 mai 1936 provoqua un élan de revendications chez les travailleurs. Ils lancèrent un mouvement de grève et d’occupation d’usines à travers toute la France, impliquant près de 2 millions de travailleurs. Ces grèves, paralysant tout le pays, entraînèrent l’ouverture de négociations avec le patronat sous la tutelle du nouveau gouvernement. Elles aboutirent tout d’abord aux Accords de Matignon, puis à la création des congés payés.
Fixés à quinze jours à l’origine, ils entraînent le développement du tourisme , les ouvriers et employés en vélos et tandems , les cadres en automobiles .
On roule Michelin , on s’oriente avec les cartes Michelin , on se restaure , et on trouve un gîte avec le guide Michelin .
En 1894, le stand Michelin est installé à l’Exposition universelle et coloniale de Lyon. Une pile de pneumatiques en signale l’entrée. À sa vue, Édouard Michelin dit à son frère André : « Regarde, avec des bras, cela ferait un bonhomme ! »[1].
Une esquisse voit le jour en avril 1898 : le gros personnage est constitué de pneus, « Michelin, le pneu qui boit l’obstacle ».
En juin de la même année, un imposant « bonhomme Michelin » fait des débuts remarqués au Salon de L’automobile de Paris.
Bibendum ne tarde pas à devenir populaire et à être adopté comme emblème publicitaire des pneumatiques de la marque. Il est présent au défilé du carnaval de Nice et de celui de Paris. Dès la fin des années 1900, des mannequins à son effigie défilent lors d’évènements sportifs. En 1908, un bureau du tourisme est créé et Bibendum devient omniprésent dans la presse et les divers ouvrages édités par la maison clermontoise (Guides, cartes routières, itinéraires, prospectus, cartes postales .
Difficile de dater les couvertures des cartes Michelin de cette première série avec certitude, car jusqu’au début des années 20, aucun élément ne permet de déterminer la date de fabrication, que ce soit de la feuille ou les couvertures jusqu’en 1958, date à laquelle la couverture a été imprimée directement sur la feuille.
Les cartes sont dessinées entièrement par Michelin, plus de 3000 calques sont établis (un pour chaque canton français). La couverture totale de la France, comprenant 47 feuilles, est entièrement terminée en 1913. Une autre amélioration vient du système de pliage et du remplacement des pochettes par une couverture rigide solidaire de la carte, c’était plus rapide à ouvrir, plus simple à replier et moins fragile.
Après la guerre de 14-18 la société Michelin fait rapidement évoluer ses modèles.
1918 - 1921 Le dessin du cartouche du haut est inspiré d’une publicité antérieure
Les nouvelles présentations sont plus colorées qu’au début et la publicité est de plus en plus utilisée pour la promotion des pneumatiques. On voit apparaître vers 1919 le bonhomme Michelin, d’abord au dos des cartes tout petit en militaire de 14-18 et ensuite vers 1923 avec son cigare, sur les couvertures et au dos. Sur les modèles anglais il apparaît dès 1913. Le dos de certaines cartes est splendide, avec des dessins en couleur inspirés des affiches. Sur cette version de 1923-24 la cendre du cigare est diférente des autres versions.


Pendant la 2eme Guerre mondiale La carte Michelin semble avoir joué un grand rôle au côté des alliés. On la retrouve tout au long du conflit.
Dés 1939 des versions simplifiées en 2 couleurs sont utilisées pour équiper l’armée française, on retrouve ce même type de cartes également vers 1944. En 1939 le ministère de la guerre commande à Michelin des relevés de nouvelles zones, comme la Hollande.
Pendant la guerre des copies des cartes Michelin ont été utilisées par les Américains pour produire certaines de leurs cartes. Ensuite au moment du débarquement les cartes Michelin, ainsi que les guides rouges de la marque, ont été mis à contribution, pour équiper les troupes et les guider dans leurs manœuvres.
J’ai pris l’habitude , lors de mes voyages dans le monde , à acheter une carte du pays visité , souvent déçu par la lisibilité de la carte , cela me conforte dans la supériorité de la carte Michelin pour la lisibilité et la précision .




