116 Voyage en Andalousie
Tourisme en Andalousie
Visite de Cordoue en Andalousie en Mai 2003 (Claude et Nelly ) et en Avril 2007 (Claude , Nelly , Jennifer et Sylvain ) .
Les Romains avaient occupé l’Andalousie qu’ils nommaient Bétique. Cette région correspond en grande partie à l’actuelle Andalousie,
ils installèrent la capitale de la Bétique à Cordoue (Corduba en latin). Au IIIe siècle la Bétique devint l’une des trois provinces romaines de la péninsule ibérique avec la Lusitanie et la Tarraconaise.
La religion chrétienne arriva au IVe siècle.
Les Byzantins et Wisigoths d’Hispanie arrivèrent en Andalousie avant que les Maures ne l’envahissent
Les musulmans envahirent l’Andalousie en 711 lorsque le conquérant berbère Tariq ibn Ziyad arriva par le détroit de Gibraltar.Les Maures, c’est-à-dire le peuplement berbère arabisé, installés après la conquête se maintinrent dans le sud de la péninsule jusqu’en 1492, année où ils furent chassés de Grenade.
La confusion entre al-Andalus et l’Andalousie remonte vraisemblablement à l’émirat de Grenade, qui à compter de 1238 jusqu’à l’année cruciale 1492 apporta des éléments culturels structurants tels que l’architecture de l’art nasride. Toutefois, le royaume de Grenade, vassal des rois de Castille et d’Aragon n’occupait pas tout l’espace géographique de l’Andalousie actuelle.
Pour nous , chrétiens , qui avons stoppé la conquête musulmane à la bataille de Poitiers , la présence d’un émirat de Grenade pendant 250 ans reste un mystère , en effet les Sultans étaient des vassaux des rois catholiques !!!
La présence musulmane Berbèro-Arabe marqua profondément la culture andalouse. Ferdinand III de Castille s’empara de Cordoue en 1236. Séville fut prise en 1248 et Grenade en 1492.
Le Royaume de Grenade, déjà vassal, tombe en 1492 ; ce fut aussi l’année où Christophe Colomb effectua son voyage vers le continent américain. Séville devint alors le principal port espagnol pour les voyages avec le Nouveau Monde, car il était le seul à avoir le droit de commercer avec les Amériques . En avril 1587 sir Francis Drake attaque la flotte de la future Invincible Armada en cours d’armement dans le port de Cadix provoquant un retard d’un an dans le projet d’invasion de l’Angleterre.
Mais c’est la ville de Cordoue qui est la synthèse des cultures qui ont marqué l’Andalousie : fondée par les Carthaginois, capitale de la Bétique Romaine, puis au 10ème siècle capitale du grand Califat avec ses 300 mosquées et sa grande université . De cette époque on retiendra cette imbrication de la cathédrale renaissance dans l’Alhama , la Grande Mosquée !
La Mezquita de Cordoue ( la mosquée cathédrale)L’édifice original , commencé en 785 par Abd Rahman 1er comprenait le « patio de los naranjos » voisin de la salle des prières comprenant 11 nefs séparées par des rangées de colonnes de marbre provenant d’édifices romains . La longueur de la mosquée fut allongée par Abd al Rahman 2 en 848 et par Al Hakam 2 en 961 . Chaque fois le mihrab a été reconstruit Lorsque Cordoue fut reprise par les chrétiens en 1236, ceux-ci en firent une cathédrale. Ils murèrent l’ouverture entre la cour et la salle de prière, ne conservant qu’une porte d’entrée (Puerta de las Palmas). Ils abattirent quelques rangs de colonnes pour dégager la place de la Chapelle Royale décorée de stucs mudéjars.Au XVe siècle, les chanoines du chapitre décidèrent de doter leur cité d’un édifice beaucoup plus somptueux . Ils firent démolir une partie importante du centre de l’édifice pour y édifier une cathédrale qui est incrustée dans la mosquée, rompant les perspectives de la forêt de colonnes. La photo aérienne permet de comprendre comment la cathédrale « surgit » au centre de l’édifice . 
Malgré l’opposition du maire ,Luis de la Cerda , qui fit publier un ban en 1523 qui punissait de mort quiconque détruirait une colonne , l’Evêque Alonso Manrique excommunia le maire et obtint de l’Empereur Charles Quint (portrait à droite) l’autorisation de la construction d’une cathédrale au centre de la Mosquée !!!
DE 1523 à 1617 on détruisit le centre de la mosquée pour y construire la cathédrale Gothique et Baroque , longue de 55 mètres. 
Le remord de Charles Quint tint dans cette phrase qualifiant le nouvel édifice : « ce qui se voit partout à la place de ce qui ne se voit nulle part »
Vu de l’intérieur le passage des colonnes de la mosquée à la voûte de la cathédrale est impressionnante .
Mais pour comprendre l’imbrication des édifices il faut consulter le plan .
La construction de la mosquée de Cordoue débute près de trente ans après l’arrivée d’Abd al-Rahman Ier sur la péninsule, qui, fuyant Damas et la vengeance meurtrière des Abbassides parviendra à arracher ce bout de terre aux confins du monde musulman. Il est né près de Damas en 731 . Mais en 750 la dynastie musulmane Abasside supplante les Omeyyades qui sont massacrés , un rescapé de cette famille Abd al Rahman réussit à échapper au massacre et arrive en Espagne en 755 où il s’impose comme émir de la région de Cordoue (Al Andalus )
Selon Ibn Idhari, Abd Al-Rahman entreprend la destruction de la partie chrétienne afin de faire du bâtiment uniquement une mosquée mais permet en contrepartie aux chrétiens de construire de nouveau des églises. Le bâtiment est entièrement transformé en mosquée un an plus tard. Les ruines des églises et du temple furent réutilisées comme matériau de construction, ainsi que certains aspects architecturaux .
En effet lorsque les musulmans s’établirent à Cordoue, ils exproprièrent les chrétiens du terrain de l’église Saint-Vincent, non loin du Guadalquivir, construite par les Wisigoths sur le site d’un temple romain dédié à Janus. L’émir Abd-Al-Rahman Ier ordonna d’y faire construire à la place une mosquée. Elle fut agrandie trois fois de suite par ses successeurs, pour finir par couvrir 23 000 m2 et devenir ainsi la plus grande mosquée du monde après celle de La Mecque. Cette mosquée n’est pas orientée par rapport à la Mecque . Elle se présente aujourd’hui sous la forme d’un vaste quadrilatère d’environ 180 m de long sur 130 m de large, comptant dix-neuf nefs et plus de 850 colonnes surmontées par des chapiteaux de styles différents.
L’édifice initial, commencé en 786 par Abd al-Rahman Ier comprenait une cour carrée, le patio de los naranjos ou cour des orangers entourée d’un mur d’enceinte et sur laquelle s’ouvrait complètement la salle de prières, de forme rectangulaire, composée de onze nefs, chacune ayant douze travées, disposées face à la cour. Ces nefs étaient séparées par de fines colonnes de marbre provenant d’édifices romains ou wisigoths. Accolé au mur d’enceinte à l’opposé de la salle de prière, se trouve le minaret. Hicham Ier fit réaliser plusieurs aménagements intérieurs, comme des galeries destinées aux femmes qui venaient prier et un bassin d’ablutions.
La longueur des travées fut à peu près doublée par Abd al-Rahman II en 833 et allongée une dernière fois par Al-Hakam II en 961. À chaque fois, le mihrab, placé au fond de l’allée principale dut être reconstruit. L’actuel, monté avec l’aide d’artistes byzantins envoyés à Cordoue par l’empereur de Byzance Nicéphore II à la demande du calife, est une énorme coupole monolithique en marbre blanc superbement décorée de mosaïques inspirées des édifices religieux de l’Empire byzantin.
En 987, Al Mansour voulut augmenter encore la surface de la salle, mais la proximité du fleuve empêcha de poursuivre l’allongement des onze travées initiales dans la même direction : on ajouta donc vers l’est, sur toute la longueur de l’édifice, huit travées supplémentaires qui en doublèrent presque la surface et mirent le mirhab dans une position excentrée.
La mosquée possédait alors 600 colonnes en marbre sur lesquelles reposent des arcades doubles en brique et pierre blanche (superposées l’une à l’autre avec un espacement intermédiaire) qui permettent d’avoir un plafond haut, et donnent à l’édifice une impression de légèreté.
Lorsque Cordoue fut reprise par le roi Ferdinand III de Castille, dit “le Saint”, en 1236, ceux-ci en firent à nouveau une église, comme à l’origine, puis une cathédrale. Ils murèrent l’ouverture entre la cour et la salle de prière, ne conservant qu’une porte d’entrée (Puerta de Las Palmas). Ils abattirent quelques rangées de colonnes pour dégager la place de la Chapelle Royale décorée de stucs mudéjars, où furent enterrés Alphonse XI de Castille et Ferdinand IV de Castille en 1371. Ils divisèrent également la dernière travée d’Al Mansour, à l’est, pour y délimiter des chapelles.
Au XVIe siècle, les chanoines du chapitre décidèrent de doter leur cité d’un édifice beaucoup plus somptueux et dans le goût du jour. Ils firent démolir une partie importante du centre de l’édifice pour y édifier une cathédrale qui apparaît comme incrustée dans la mosquée, rompant les perspectives de la forêt de colonnes. Ce monument allie les styles gothique, renaissance et baroque et est magnifiquement décoré ; par la suite, Charles Quint regretta la transformation de cet édifice : « Vous avez détruit ce que l’on ne voyait nulle part pour construire ce que l’on voit partout. »
Dans la partie « mosquée » , on pénètre dans la forêt de colonnes , au nombre de 856 , elles proviennent de temples romains antiques de Mauritanie , de Carthage , d’Espagne et des Gaules . 115 furent emportées de Nîmes , et de Narbonne , 60 de Tarragone et de Séville et l’Empereur Léon en envoya 140 de Constantinople . Elles sont pour la plupart de marbre mais quelques unes en Jaspe , Porphyre ou en Granit . Les fûts sont tantôt lisses tantôt à cannelures verticales ou torses . Comme les colonnes n’étaient pas toutes de même hauteur , les architectes arabes ajoutèrent des bases et des chapiteaux et ils tronquèrent celles qui étaient trop élevées .
Mais nous admirons la richesse du Mihrab :
Le mihrab est une niche qui indique la direction de La Mecque (la qibla) vers laquelle le croyant se tourne pour prier. Dans la mosquée de Cordoue, le mihrab est précédé d’une maqsura (enceinte réservée au calife), construction complexe faite d’arcs polylobés superposés et entrecroisés. Le décor de la façade à coupole de marbre est dû, en partie, à des artistes byzantins.
Mais pour y voir clair dans cette superposition des plans de la mosquée et de la cathédrale , il faut se référer au plan “actuel” (ci-dessus ) de la mosquée-cathédrale :
Couleur rose : 785 Abd el Rahman 1er construit la nef centrale de la mosquée primitive .
Couleur verte : 848 Abd el Rahman 2 double la longueur des travées .
Couleur bleue : 961 Abd el Hakam 2 allonge à nouveau les travées .
Couleur marron : en 987 : Al Mansour veut augmenter la largeur de la mosquée , mais bloqué par le fleuve il ajoute vers l’est huit travées suplémentaires qui doublèrent la surface de la mosquée et mirent m le mirhab dans une position excentrée .

Lorsque Cordoue fut reprise par le roi Ferdinand II de Castille, dit “le Saint”, en 1236, ceux-ci en firent à nouveau une église, comme à l’origine, puis une cathédrale. Ils murèrent l’ouverture entre la cour et la salle de prière, ne conservant qu’une porte d’entrée (Puerta de Las Palmas). Ils abattirent quelques rangées de colonnes pour dégager la place de la Chapelle Royale décorée de stucs mudéjars, où furent enterrés Alphonse XI de Castille et Ferdinand IV de Castille en 1371. Ils divisèrent également la dernière travée d’Al Mansour, à l’est, pour y délimiter des chapelles.
Au XVIe siècle, les chanoines du chapitre décidèrent de doter leur cité d’un édifice beaucoup plus somptueux et dans le goût du jour. Ils firent démolir une partie importante du centre de l’édifice (en blanc sur le plan ) pour y édifier une cathédrale qui apparaît comme incrustée dans la mosquée, rompant les perspectives de la forêt de colonnes. Ce monument allie les styles gothique, renaissance et baroque et est magnifiquement décoré .
Le statut de ce monument religieux est toujours contesté , certains voulant en faire un lieu de culte oecuménique .
C’est toute l’histoire de Cordoue que de découvrir le quartier juif à deux pas de la mosquée-cathédrale avec sa synagogue , la communauté juive prospéra sous l’occupation maure , les juifs étaient appréciés pour leur qualités d’administration et de scientifiques et bénéficiaient de la protection des souverains : un grand nombre de penseurs juifs affluèrent à Cordoue . Ce petit temple de style
mudéjar est orné de stucs et
d’inscriptions hébraïques .
Mais Cordoue nous réserve une autre surprise : Garaudy philosophe français contemporain s’est installé à Cordoue « carrefour » des religions occidentales :… mais commençons par présenter ce personnage :
Garaudy est un grand philosophe du XXe siècle. Né à Marseille en 1913 dans une famille de petits employés, Roger Garaudy commence son engagement comme militant protestant, ce qui ne l’empêche pas d’entrer en 1933 au Parti communiste et d’y faire une ascension fulgurante après guerre, tout en poursuivant des études de philosophie. Mobilisé en 1939, il est déporté dans les camps vichystes d’Afrique du Nord. Il se montre très critique à l’égard du régime de Vichy au point d’être condamné à mort. Mais les soldats musulmans refusent de le fusiller. C’est là un événement fondateur dont il montrera l’importance par la suite. Devenu membre du Comité central du Parti en 1945, il est élu député communiste du Tarn (1945-1951), puis de la Seine (1956-1958), et sénateur de Paris (1962).
Directeur du Centre d’études et de recherches marxistes, il fut pendant des années le philosophe officiel du Parti, avant d’en être exclu en juin 1970, après sa protestation face à l’invasion de Prague par les soviétiques. Il devient alors catholique sans renier son idéal communiste. Il pense même que christianisme et marxisme sont complémentaires .Mais ses analyses les plus fines, il les a réservées à l’esthétique. 60 œuvres qui annoncèrent le futur
(Skira) paru en 1974, est un véritable chef-d’œuvre. Il y montre que les grandes œuvres d’art, à chaque époque, manifestent les rapports que l’homme établit avec son environnement, avec ses semblables et avec Dieu.
En 1982, il se convertit à l’islam sans renier ses idéaux antérieurs. L’islam est une religion qui « subsume » les deux autres, qui parachève la révélation. Il veut aussi être du côté des « dominés » et de ceux qui lui ont jadis épargné la vie. Il a créé sa propre fondation en Espagne à Cordoue, la fondation Roger Garaudy. Avec Senghor, il a aussi créé sur l’île de Gorée l’Université des Mutants (un mutant étant un homme ou un groupe d’hommes portant en lui le projet d’un ordre économique, social et culturel nouveau et préparant ainsi une « mutation historique ».).
Durant sa période communiste, Garaudy a été un porte-parole du matérialisme historique. Mais ses idées dépassent largement une simple illustration des idées de Marx et Lénine. Il a notamment montré l’importance de la révolution scientifique et technique propre au XXe siècle, la révolution cybernétique : il est l’un des seuls hommes de gauche à souligner ce qui est à ses yeux la grande chance de demain à condition qu’elle s’accompagne d’une révolution dans lesrapports sociaux.
Garaudy ne renie pas l’idéal communiste qui a toujours été le sien, mais il pense aussi que « le communisme n’a jamais existé », c’est-à-dire que son idéal a été assez vite trahi par l’Union soviétique et les régimes mis en place dans les pays de l’Est.
Mais revenons à notre visite de Cordoue , nous arrivons au pont romain qui est l’un des
ponts édifiés sur le Guadalquivir par les Romains après la bataille de Munda (45 av. JC). Au Xe siècle, l’ouvrage a été profondément rénové par les Califes maures, puis restauré à plusieurs reprises après la Reconquista. La dernière rénovation, controversée, date de 2008. Il fut longtemps le seul pont de la ville .
Il relie les quartiers Campo de la Verdad et Barrio de la Catedral. Il est composé de seize arches .A l’une de ses extrémités se dresse la Tour de la Calahorra, porte fortifiée du XIIe siècle. Sur l’autre se tenait une ancienne porte romaine puis maure, remplacée à la Renaissance par l’actuelle Porte du Pont. Au centre, se trouve un mémorial dédié à l’archange Raphaël datant du XVIIe siècle.
A l’extrémité du pont nous arrivons à la Torre de la Calahorra
La tour représente un point d’intérêt touristique à Cordoba. Cette forteresse arabe du 14 s située sur la rive gauche du Guadalquivir défendait le pont romain. La tour de la Calahorra est un bel exemple d’architecture almohade (les deux tours initiales) et mudéjare (troisième tour carrée et tours cylindriques). Edifiée en pierre de taille est surmontée de merlons pointus typiques des fortifications almohades et des fortifications mudéjares qui s’en inspirèrent. La Calahorra abrite actuellement le Musée des trois cultures. A l’intérieur le musée présente l’histoire de la ville pendant le Califat, une période de grande prospérité culturelle, des commentaires intéressantes sur les religions.
A remarquer la maquette de la mosquée au 13 siècle, aussi sur Alhambra. Dans la dernière salle, on peut écouter des extraits de textes de Maimonides, Averroes, impressionnante et émotionnante. Du haut une belle vue sur le pont romain, Mezquita Cathedrale, Alcazar.
le musée offre également aux visiteurs les aspects importants sur la coexistence et bonne entente des cultures juive, chrétienne et musulmane. Au rez-de-chaussée nous trouvons des personnages qui nous parlent du passé de la ville et son importance pour la culture universelle. D’autre part, l’histoire œcuménique de Cordoue y est contée à travers une intéressante projection audiovisuelle . Dans les autres salles, se trouvent exposés des instruments chirurgicaux et musicaux ainsi que des maquettes de différents monuments de la ville de Cordoue.
Mais nous Français , nous ne pouvons que nous intéresser à ce philosophe Roger Garaudy qui a d’abord été l’un des philosophes officiels du Parti communiste Français jusqu’à son ralliement aux thèses de l’extrême gauche autogestionnaire en mai 1968.
Il a été exclu du PCF en 1970 pour ses positions non-orthodoxes (la révolution scientifique et technique impose une nouvelle analyse de la lutte des classes et sa dénonciation après l’intervention militaire en Tchécoslovaquie du « modèle » de socialisme imposé par l’Union soviétique. Il s’implique alors dans le dialogue international des cultures, et, sans renoncer au marxisme, se convertit à l’islam après être revenu au christianisme, dont il était issu.
Directeur du Centre d’études et de recherches marxistes, il fut pendant des années l’un des philosophes officiels du Parti, avant d’en être exclu en juin 1970, époque où il était en dissidence marxiste, proche des idées de Mai 68. Il redevient alors catholique avant de se convertir en 1982 à l’islam. Le cheikh salafiste saoudien Ibn Baz l’a nommé membre du Conseil supérieur international des mosquées. Cependant, en novembre 1996, Roger Garaudy déclare : « j’ai atterri dans l’islam sans me défaire de mes croyances personnelles ni de mes convictions intellectuelles ». Ce qui a fait dire au cheikh que le philosophe français était un « hypocrite » et un « impie originel »
Titulaire d’un doctorat de philosophie avec une thèse sur la Théorie matérialiste de la connaissance (Sorbonne, 1953), il enseigna à l’université de Clermont-Ferrand — où il subit l’hostilité de Michel Foucault, qui le poussa à solliciter sa mutation—, puis à l’université de Poitiers.
Roger Garaudy a créé sa propre fondation en Espagne à Cordoue, la fondation Roger-Garaudy. Elle est abritée dans la Tour de la Calahorra ( nous y voilà ). À l’intérieur, on découvre plusieurs personnages qui retracent l’histoire de l’islam, à Cordoue, à la fin du Moyen Âge.
Roger Garaudy est l’auteur d’un ouvrage intitulé Les Mythes fondateurs de la politique israélienne, qui fut publié en 1995 par les éditions La Vieille Taupe qui ne le servit qu’à ses propres abonnés, puis réédité en 1996. Cet ouvrage, se compose de trois chapitres principaux : « Les mythes théologiques », « les mythes du XXe siècle » et « l’utilisation politique du mythe ».
Il soutient la thèse négationniste d’un complot sioniste, qui aurait inventé la Shoah pour justifier l’expansionnisme israélien, nie le génocide commis par les nazis contre les Juifs, et rejette les thèses que les historiens ont admises depuis des décennies. Il adopte ainsi des thèses fondamentales du négationnisme : Hitler n’aurait pas donné l’ordre de l’extermination ; le mot extermination serait une fausse traduction et désigne en fait l’expulsion des Juifs ; les Juifs furent décimés par le typhus et les crématoires servaient à brûler les cadavres des victimes de la maladie ; il n’y aurait pas de témoins fiables ; les crimes des Alliés seraient pires que ceux des nazis ; les chambres à gaz n’existeraient pas ; des tortures auraient été infligées aux prisonniers nazis pour leur faire avouer le génocide ; théorie du complot juif, absence prétendue de réfutation des thèses du négationnisme .
Vous ne serez pas surpris qu’en dehors de ce musée de Cordoue on ne parle plus de Roger Garaudy !!!
Après la surprise Roger Garaudy nous reprenons notre visite de cette magnifique ville .
Plus à l’ouest , sur les rives du Guadalquivir nous atteignons l’Alcazar des Rois Catholiques entouré de remparts crénelés .
En 750, la dynastie des Omeyyades de Damas est renversée par les Abbassides. Le seul membre survivant de la dynastie omeyyade, Abd al-Rahman Ier, ayant une mère berbère, s’enfuit vers le Maghreb et, de là, passe en Espagne (al-Andalus) où il y avait encore des troupes fidèles à la dynastie omeyyade. Il y établit l’émirat de Cordoue et utilise l’Alcázar comme palais. La ville prospère comme un important centre politique et culturel. Les Maures élargissent l’Alcázar avec des salles de bains, des jardins, et la plus grande bibliothèque de l’Occident. Des moulins à eau à proximité du Guadalquivir alimentent un système de levage pour irriguer les jardins. Ces mécanismes existent jusqu’à ce que la reine Isabelle se plaigne qu’ils fassent trop de bruit et la tiennent éveillée.
En 1236, les forces chrétiennes s’emparent de Cordoue pendant la Reconquista. En 1328, Alphonse XI de Castille commence à construire la structure actuelle en ne gardant qu’une partie des ruines de l’ancienne forteresse maure. D’autres parties de l’Alcazar mauresque sont données comme butin à l’évêque, les nobles et l’Ordre de Calatrava.
L’Alcázar a été impliqué dans la guerre civile, où Henri IV de Castille fait face à une rébellion de son demi-frère Alphonse. Pendant la guerre, les défenses de l’Alcázar sont améliorées pour faire face à l’avènement de la poudre à canon. Dans le même temps, la tour principale de l’Alcázar, maintenant connue sous le nom de Tour de l’Inquisition est construite.
Les successeurs de Henri, Isabelle et son mari Ferdinand utilisent l’Alcázar comme l’un des premiers tribunaux permanents de l’Inquisition espagnole et comme un siège pour leur campagne contre la dynastie des nasrides de Grenade, le dernier royaume maure de la péninsule Ibérique.
L’Inquisition utilise l’Alcázar y compris les bains arabes comme un lieu de torture et de salles d’interrogatoire. L’Inquisition y a maintenu un tribunal pendant trois siècles. Boabdil y était prisonnier en 1483. Lorsqu’il a refusé de renoncer à son royaume en 1489, les chrétiens ont lancé une attaque réussie contre Grenade en 1492. La même année, les monarques rencontrent Christophe Colomb dans l’Alcázar alors qu’il se préparait à prendre son premier voyage vers les Amériques.
L’Alcázar sert de garnison pour les troupes de Napoléon Ier en 1810. En 1821, l’Alcázar devient une prison.
Enfin, le gouvernement espagnol fait de l’Alcázar une attraction touristique et un monument national dans les années 1950. Il sert actuellement de musée et nous parcourons les salles où sont exposées des mosaïques romaines du temps de l’empereur Auguste : Polyphène et Galatée .
Mais ce sont surtout les jardins qui nous enchantent avec les multiples jets d’eau qui rafraîchissent l’atmosphère .
Les jardins et les cours ont été inspirés d’un syle mudéjar. Les sources sont recouvertes de nénuphars et décorées par de belles plantes.
Les jardins de l’Alcazar, qui s’étendent sur trois terrasses sont agencés de la
façon suivante : deux grands réservoirs recueillent l’eau provenant de la sierra et la canalisent vers la terrasse inférieure, à laquelle on accède par de grands escaliers. Sur cette terrasse, se succèdent trois grands bassins disposés suivant un axe unique au milieu de plantations multicolores et de haies de cyprès, de buis entourant des plantations de rosiers. Ces jardins possèdent plusieurs statues…. Parmi elles, celles d’Isabelle et Ferdinand, les Rois Catholiques, méritent une mention particulière, puisque c’est ici que fut reçu Christophe Colomb en audience alors qu’il préparait son projet de nouvelle route vers les Indes.

Nous nous promenons dans ce jardin à croisillons avec des haies de buis, des plantations d’agrumes et une fontaine en son centre.
Cette visite valait bien une photo souvenir avec Jennifer et Sylvain .





