104- Les démonte-pneus

Les démonte-pneus et autres  ustensiles de la boite à outil  de l’automobile ..
Pour conduire une automobile en 1950 ….il fallait avoir le permis de conduire ….bien sur….mais il était indispensable de savoir changer de roue , mettre en place la roue de secours …mais cela ne suffisait pas car à la suite d’une deuxième crevaison ….pas si rare que cela …il fallait réparer ou remplacer la chambre à air .
Cette opération demandait du savoir-faire :
-      s’installer sur une surface dure et propre …sinon sur une couverture ou une bâche .
-      dévisser l’intérieur de la valve pour que l’air puisse complètement s’évacuer .
-      décoller à coup de talon ou à coup de maillet (pour ceux qui en sont équipés) le pneu de la jante .
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-      à l’opposé de la valve , introduire deux démonte pneus sous le talon du pneu ( le bord qui contient des fils d’acier ) et faire levier pour le sortir de la jante . Pour achever l’opération il faut un troisième démonte pneu pour extraire le pneu .

-      le reste de l’opération était plus simple : remettre la valve , gonfler la chambre , trouver le trou ( généralement deux trous opposés ! ) gratter le caoutchouc avec une râpe !!coller une rustine ( disque de caoutchouc préencollée ) ,vérifier l’étanchéité , remonter l’ensemble en commençant par la valve et entrer le pneu dans la jante en évitant de « pincer » la chambre à air . Puis gonfler ….avec la pompe  .

C’était un excellent exercice , qui nécessitait beaucoup de patience car au début le volume d’air de chaque « coup » de pompe étant très faible , rien ne se passe , lorsque la chambre à air est plaquée contre l’intérieur du pneu , ensuite , cela va très vite , pour atteindre 2Kg/cm2 , il faut appuyer très fort ….puis après vérification du manomètre ..ne pas oublier de revisser le chapeau de la valve !!
Pour tous ceux qui ne voulaient pas envisager la réparation au bord de la route , il valait mieux avoir deux roues de secours .
Pour ceux qui doutent de cette présence passée des clous sur la route , voici la page du catalogue de la manufacture de Saint Etienne pour commander des clous .

Le danger du clou c’est que son centre de gravité placé dans la tête ronde le maintenait la pointe en haut !!!!
Lors de nos premiers voyages en Yougoslavie nous n’avions pas prévu que sous les bottes et les sabots des yougoslaves il y avait des « clous » : résultat : une crevaison tous les 20 kilomètres !!! l’horreur , …en me chronométrant je pouvais réparer une crevaison en une demi-heure à condition d’avoir une réserve de chambre à air !! Quelle dextérité !
Le pièces sur les chambres à air étant collées le soir ..saine occupation dans l’odeur enivrante de la « séccotine » quelques années plus tard  on se shootait à la séccotine ….nous étions des précurseurs !  (la fameuse « dissolution », était une solution de néoprène dans le toluène qui permet de coller les rustines sur les chambres à air crevées .) se shouter au toluène (pas cher du tout !
Mais le clou n’était pas le seul responsable des crevaisons …il y avait le silex !!.
Autrefois , avant la guerre ….de 39-40 !!! on empierrait les routes … de façon artisanal :
1er on amenait des « grosses » pierres sur la place du village.
2ème on cassait les « cailloux » à coup de masse .
3ème on empierrait la route cailloux +sable argileux
4ème on arrosait
5ème on roulait (avec un rouleau à vapeur).

Tout cela prenait beaucoup de temps et on se promenait avec du goudron sur les semelles de chaussures , sur les pneus , …enfin partout ….
Il fallait même nettoyer les bas de pantalon à l’essence !!!
Enfin le goudron c’était la fin de la poussière et des nids de poule …le progrès ..quoi !!
Autre accessoire indispensable pour voyager : le « jerrycan » symbole des véhicules de l’armée américaine .
Bizarement inventé par les Allemands dans les années 1930 !!! il fut mis en service  dans les unités mécanisées de la Wehrmacht lors de la  Seconde Guerre mondiale  mais on ne l’avait pas remarqué ….d’ailleurs ce bidon devait comporter un bouchon à vis !!

C’est lors de la campagne d’Afrique du nord) que les Anglais vont découvrir sur les véhicules allemands un récipient quadrangulaire, d’une contenance de presque 20 litres et utilisé pour le transport de carburant. Ce réservoir portable sera vite envoyé en Angleterre et aussitôt copié à des milliers d’exemplaires.
Le nom que les Anglais donneront à ce récipient sera et suivant certains, JERRYCAN ou JERRIECAN.
Jerry ou Jerrie,de l’anglais, et surnom populaire des Allemands, et can pour récipient.
Le jerrican ou jerrycan sera copié également par les américain mais le bouchon sera différend , avec une fermeture à levier , beaucoup plus pratique !!
Enfin …pour moi tant pis c’est un « symbole » Américain.

détail de la fermeture (géniale) du jerrycan . Non seulement l’étancheité était absolue , mais une goupille de sécurité évitait les ouvertures accidentelles .

Les Jerrycan ont accompagné tous mes voyages lointains en voiture plus caravane , en J7 , et en J5 .

Je ne noircierai pas le tableau en évoquant tous les ennuis possibles que procurait la conduite d’une automobile en 1960 !!….surtout quand on s’éloignait trop de son garagiste habituel .
Il y avait aussi le manque de fiabilité de la jauge à essence , d’où les nombreuses pannes sèches .
Mais savoir réparer un pneu « crevé » et savoir souffler dans le gicleur du carburateur étaient les deux gestes à connaître pour courir les routes de l’Europe et du Moyen-orient !!
Enfin , comme toujours c’est la machine qui a remplacé le savoir-faire artisanal .


Démonte-pneu automatique - MATIC 700