47 a1- les tanneries de Chateaurenault
Château Renault pendant la guerre 39-45
En 1942 , pour mes dix ans , après avoir passé le D.E.P.P. (diplôme d’études primaires préparatoires ) j’arrive au Cours Complémentaire de Chateaurenault ….à bicyclette depuis mon village natal du Boulay situé à 5 kilometres .
Je connaissais vaguement cette petite ville « cité du cuir à semelle » , mais je n’étais pas encore habitué à l’odeur fétide de la ville basse quand il n’y avait pas de vent !
Mais au fait qu’est-ce qu’une tannerie : l’homme préhistorique a découvert le tannage végétal en observant que les dépouilles d’animaux laissées au pied de certains arbres en milieu humide ne pourrissaient pas , de l’observation de ce tannage « naturel » on est passé au tannage artisanal puis industriel .
Donc , une tannerie est un atelier où des peaux d’animaux (bœuf, vache, mouton, chèvre, cochon) sont traitées chimiquement et mécaniquement pour la production de cuir.
L’atlas Vidal-Lablache de 1920 indique Chateaurenault comme centre de tanneries .
Le produit utilisé peut avoir une origine naturelle (tanin en provenance de certaines essences forestières comme le chêne, dont on broyait les écorces dans un moulin à tan), ou bien être un produit chimique de synthèse. Pour recupérer l’écorce , on frappait la bûche pour la décoller , l’on la fendait libérant un bois blanc qui, une fois séché était très prisé des boulangers pour chauffer leur four. Les écorces étaient mises en fagots, vendus pour en extraire le tanin utilisé dans le tannage du cuir.
On peut voir au hameau de Vauchevrier, sur la Brenne, le moulin qui est attesté comme moulin à tan, ou moulin à écorces, depuis au moins le XVIème siècle. Jusqu’à la première moitié du XXe siècle , il était utilisé par les tanneurs de la ville afin d’approvisionner les tanneries en écorces nécessaires aux opérations de tannage des peaux. Le bâtiment était entretenu et géré par un pile-tan, un ouvrier spécialisé qui vivait et travaillait sur place.
Le moulin était associé à une halle aux écorces, où étaient stockées à l’abri de l’humidité les bottes d’écorces destinées à être broyées. (voir la photo de la halle aux écorce.) .Outils pour la récolte de l’écorce de chêne : le matériel comprend une lame courbe emmanché d’une mailloche et de l
ames planes (ici en os), ils servaient à décoller les écorces de chêne destinée aux tanneries. Ensuite des moulins à pilons permettaient de broyer les écorces . Les moulins sont dotés d’une roue hydraulique dont l’axe est garni de cames qui soulèvent les « mentonnets des pilons Le bas de chaque pilon est revêtu d’une boite de cuivre du poids de 20 kilogrammes Les pilons sont dotés de deux types de couteaux l’un en forme de T l’autre en taillant simple .
Dans la tannerie,les peaux sont salées pour éviter leur putréfaction ensuite elles étaient rincées : étape du reverdissage ensuite les peaux sont plongées dans de la chaux pour préparer l’épilation , elles sont nettoyées : sur leur face extérieure les poils et crasses sont enlevés, sur leur face intérieure la peau intérieure en putréfaction est enlevée, étape appelée le pélanage .
Les peaux sont alors trempées dans des bassins contenant du tanin (chaque couche de peau étant recouverte de tan , puis immergées dans l’eau ) ceci pendant douze mois , puis elles son retirées, lavées puis séchées.
Cette opération s’appelle le tannage,
Pendant l’occupation allemande les tanneries de Chateaurenault doivent réduire leur activité de fabrication de cuir à semelle de 40% .
En 1942 , la production des attributions de chrome inquiète les tanneurs qui craignent une augmentation prochaine et brutale de leurs besoins en extraits tannants végétaux . De nombreux problèmes entravent la production de leurs usines : difficulté d’approvisionnement en écorce de chêne .
Mais revenons sur le principe du « tannage »
Les tanins sont capables de former des complexes avec les protéines. La combinaison avec le collagène de la peau est à l’origine du tannage,.
Au Moyen Âge, pour la préparation du cuir, on extrayait le tannin d’écorces de chênes ou de châtaigniers qu’on broyait dans des moulins à tan. Les peaux était trempées dans des fosses à tan pendant au moins un an avant d’être travaillées.
Le tannage s’obtient en établissant des liaisons entre les fibres de collagène de la peau ce qui a pour conséquence de transformer des peaux fraîches en cuir imputrescible.
La première description chimique des tanins végétaux est redevable au chimiste allemand Emil Fischer (1852-1919)
Étymologie : tanin dérive de tan par le suffixe -in*. Le tan est la poudre extraite de l’écorce du chêne qui sert à tanner les peaux. Ce terme de tan est très probablement issu du gaulois *tanno- signifiant « chêne » que l’on peut restituer d’après le breton tann « chêne » et l’ancien cornique (parlée en Cornouailles jusqu’au XVIIe siècle) tannen « chêne.
LE TANNAGE : Les opérations traditionnelles de traitement des peaux sont les suivantes :
– LE TRAVAIL DE RIVIÈRE comprend le REVERDISSAGE qui sert à réhydrater les peaux dans l’eau courante car les peaux en poils arrivent sèches et salées, et ensuite on procède au RINÇAGE des peaux après l’ÉPILAGE ce qui se fait dans un atelier généralement construit en bordure de l’eau appelé PLANCHER .
– LE PELANAGE a pour but de faire gonfler la peau de façon à la rendre plus perméable au tan et à faciliter l’arrachage des poils ou ébourrage. Il se fait en trempant les peaux dans des pelains, bassins enterrés dans le sol, contenant un mélange de chaux et d’eau.
L’atelier abritant les pelains s’appelle la PLANERIE, il est généralement situé près du plancher.
On a remplacé les bassins « pelains » par des tonneaux de tannage pour réduire la durée des opérations ( voir photo )
L’utilisation de tonneaux de tannage, en remplacement des fosses, permet de réduire la durée des opérations, ainsi que la pénibilité du travail pour les ouvriers. Le tanin de l’écorce se dissout et est successivement absorbé par les peaux qui se durcissent . L’ajout d’autres extraits végétaux tannants (châtaignier ou quebracho, arbre d’Amérique tropicale) réduit également la durée du tannage : la basserie ne dure plus qu’un mois et le refaisage consiste e
n quatre bains de huit jours. L’ensemble des opérations est ainsi réduit à environ six mois.
– L’ÉPILAGE ou ÉBOURRAGE consiste à arracher les poils avec un couteau à deux manches.
– L’ÉCHARNAGE a pour but de débarrasser la peau de tous les muscles, tendons, graisses pouvant encore adhérer à la peau avec un grand couteau à deux manches et lame
échancrée appelé faulx à écharner.
– LE TRAVAIL DE BASSERIE, déformation de passerie, correspond aux passages ou passements effectués par les peaux dans des bassins enterrés dans le sol et contenant du jus tannant .
_ LE REFAISAGE s’effectue dans des cuves de refaisage puis dans les fosses de tannage à l’air libre. On y dépose des couches successives de peaux en alternance avec des couches d’écorcesde chênes ou de chataigniers qu’on broyait dans des moulins à tan .
Sur la photo ci-contre on aperçoit les cuves circulaires à l’air libre telles qu’on les voit actuellement au Maroc ) .
Les peaux sont régulièrement levées d’une fosse pour être recouchées dans une autre avec de l’écorce fraîche. Ces opérations durent plusieurs mois car il faut que le tanin pénètre profondément dans la peau .
(voir photo des fosses circulaires)
– LE DÉBRAYAGE a pour but d’enlever les débris de chair pouvant subsister et d’égaliser l’épaisseur.
- L’ESSORAGE à l’air libre.
- LE CORROYAGE :
Après le séchage, les cuirs prennent la dénomination de cuirs en croûte. Il faut ensuite les façonner pour les rendre plus lisses et plus souples à l’exception des cuirs forts. Ces derniers, gros cuirs de vaches et de boeufs destinés à la fabrication des semelles de bottes ou de souliers, reçoivent après séchage un battage au marteau afin de les raffermir. Les cuirs minces ou baudriers et le “veau en huile” subissent d’autres traitements :
– LE BUTTAGE est effectué avec un couteau à deux manches muni d’une lame à deux tranchants, le “couteau à revers” qui sert à enlever les parties filamenteuses qui peuvent être encore recouvertes de tannée (résidu du tan, qui ne contient plus de tanin).
– LE PAUMELAGE ou MARGUERITAGE consiste à corrompre le cuir c’est-à-dire à l’assouplir en le frottant côté chair et côté fleur avec un instrument en bois dur appelé “marguerite”.
– L’ÉTIRAGE ou LISSAGE a pour but d’étendre la peau et de la rendre plus uniforme et consiste à passer fortement sur toute la surface du cuir une “étire”, longue plaque
métallique.
LE SÉCHAGE des peaux suspendues à des crochets se fait dans de hauts bâtiments, les SÉCHOIRS, qui se composent généralement de plusieurs étages et comportent des parois munies de lattes horizontales à inclinaison variable.
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Le procédé de tannage à la jusée qui s’applique aux gros cuirs permet aussi une fabrication plus rapide et les eaux de la Brenne très calcaires se révèlent favorables à ce type de cuir. Le choix de la fabrication du cuir à semelles va se trouver confirmé avec l’arrêt des importations de cuirs de veaux lors des guerres de l’Empire avec l’Espagne et le Portugal.
En 1806 Château-Renault est au premier rang des tanneries d’Indre-et-Loire avec 24 maîtres tanneurs sur 84, 230 fosses sur 606, 250 ouvriers sur 821.
Une page de l’encyclopédie Larousse permet de revoir les opérations de tannage des peaux :
La fermeture des marchés sous l’Empire et la politique protectionniste de la Restauration vont être à l’origine de nouveaux marchés vers le midi de la France et vers l’Italie.
Les exportations représentent 3 millions de francs en 1811. Quant aux importations de peaux de bœufs, elles proviennent de plus en plus d’Amérique du Sud : ce sont les cuirs dits de Buenos-Aires et de “Fernambouc” (Récife).
Une autre raison de l’essor de la tannerie est liée à l’introduction par Placide Peltereau de la mécanisation dans la fabrication des cuirs puis au développement des moyens de transport notamment avec l’arrivée du chemin de fer en 1867.
Les méthodes de négoce se modernisent, elles aussi, avec l’emploi de commissionnaires et la création des ventes publiques de cuirs verts, comme celle de Tours, créée en 1872, qui leur assurent des cuirs à moindre coût et un classement par catégories de choix. Les tanneurs de Château-Renault forment à cette époque une association syndicale pour passer leurs ordres d’achat lors des ventes ayant lieu à Tours.
Une certaine concentration industrielle se produit au cours du XIXe siècle et on voit se développer les sociétés en nom collectif. Le nombre des entreprises d’Indre-et-Loire passe de 24 en 1806 à 15 en 1859 occupant 600 ouvriers12. En effet, seules les grosses entreprises ont pu moderniser leurs installations pour s’adapter aux nouveaux procédés de tannage végétal à base d’extraits de châtaignier ou de bois exotiques, comme le Québracho, ou minéral à base de chrome, qui leur permettent de réduire la durée du tannage. Pour lutter contre la concurrence, les tanneurs de Château-Renault forment en 1885 une Union des tanneurs qui dépose le 29 août 1891 au Tribunal de commerce de Tours une marque de fabrique “U.T”13 , véritable label garantissant la qualité de leurs cuirs et protégeant leur réputation basée sur la formule “du tan et du temps”.
Le Syndicat de la tannerie de Touraine et du Centre-Ouest est également crée en 1889, présidé par un tanneur de Château-Renault ; il est chargé de défendre leurs intérêts auprès des pouvoirs publics.
A la fin du XIXe siècle, on traite à Château-Renault plus de 200.000 gros cuirs par an.
La main d’œuvre est recrutée localement, souvent au sein des mêmes familles et compte peu de personnel féminin. La population passe de 2.434 habitants en 1836 à 4.492 en 1896 et 4.135 en 1914. En 1890, les 16 tanneries font vivre de nombreuses activités annexes : trois fabriques de chaussures, deux fabriques de colle forte.
En 1914, beaucoup de petits établissements ont disparu en Touraine et seul Château- Renault conserve et accroît son importance. A cette date, 20 tanneries existent encore en Indre-et-Loire, dont 9 se situent à Château-Renault. La production est toujours centrée sur le
cuir à semelles. Seule la tannerie Placide Peltereau produit du cuir à courroies et bourrellerie et une autre entreprise, la tannerie Tenneson, garde la fabrication à l’ancienne et emploie exclusivement du jus d’écorces de chêne. Les autres pratiquent un tannage dit “lent”, plus
moderne, et utilisent les extraits. Dans ce cas, le tannage dure encore 9 mois, durée estimée nécessaire mais suffisante pour garantir un bon produit selon la définition donnée dans les statuts de l’Union des tanneurs de 1895.
Mais revenons sur l’odeur fétide qui se répand dans la ville de Chateaurenault : le rapport rédigé par l’ingénieur Paul Dou en
1886 au sujet de la pollution de la Brenne par les tanneries de Château-Renault désigne la préparation des peaux comme la « principale cause d’infection »18. Lors de la préparation des peaux, les rognures de chairs en cours de putréfaction sont rejetées directement dans le cours d’eau. et les résidus les plus importants sont mis de côté pour être revendus aux fabriques de colle forte qui s’en servent comme matière
première. L’écharnage se fait sous des hangars dont le sol est
pavé et en pente pour que l’eau chargée de débris s’évacue dans la rivière. Des bassins remplis de chaux du pelanage sort un « liquide épais » qui s’évacue vers la riviére.
Mais bizarrement , la vie avec cette odeur n’était pas insupportable , hormis ses excès .
Mais on ne peut pas parler des usines de Chateaurenault sans parler de l’usine à colle !!! C’est peut-être la plus « odoriférante !!! » Elle utilise les sous produits des tanneries , notamment les chairs nerfs et rognures de peaux .
Elle fabrique différents produits : colle forte , gélatine , suif , ou engrais .
La colle de peau est le produit essentiel d’ou le nom de l’usine , elle est produite à partir des déchets d’écharnage des tanneries et destinée à fournir une colle forte pour les menuisiers et ébénistes
L’histoire des usines à colles de Château-Renault est étroitement liée à
l’industrie de la tannerie, dont elle forme une activité connexe, par la réutilisation des sous-produits livrés par les tanneurs, notamment les
chairs, nerfs et rognures de peaux.
Les produits fabriqués dans une usine à colle sont divers : colle-forte ou colle de peau, colle de nerfs, colle d’os, col- lettes, gélatine, suifs
d’os ou engrais. La colle de peau est le produit essentiel, fabriqué en grosse proportion à partir des déchets d’écharnage des tanneries, et destiné à fournir une colle-forte pour les métiers du bois notamment (menuisiers, ébénistes).
· Les gélatines et colles renferment toujours de l’osséine substance tirée des os et des tissus des animaux. Elles se composent
, principalement de glutine et de chondrine, qu`elles contiennent
en proportions variables. La glutine est une masse amorphe et
transparente qui perd la propriété de se prendre en gelée lors
d’une longue ébullition ainsi que par l`action des acides. La
chondrine est une masse diaphane et dure, qui se ramollit dans ’
l’eau et est soluble dans les alcalis; elle se trouve dans les os
, tandis que la glutine se trouve dans les cartilages. Aussi réserve
ton particulièrement le nom de gélatine à la colle des os, et la
dénomination de colle forte ou colle de peau ai celle provenant des
cartilages, tendons, peaux.
En général, les gélatines et colles se préparent dans le commerce en faisant bouillir des cartilages, tendons (glutine), os
(chondrine ), etc. de jeunes animaux ou des rognures et déchets
de peaux, etc. Aprés avoir puritié par l`acide chlorhydrique et
l’eau, on porte le mélange aqueux à 0° C., et l`on obtient un
liquide jaunâtre qui est ensuite coulé en plaques. Le séchage se
fait dans des étuves. La gélatine en plaques ou en feuilles est
livrée dans le commerce sous différents noms suivant sa pureté,
sa couleur, son odeur, son degré de dissolution, etc. La sorte la
plus commune est :
La colle forte ou colle de peau. On la trouve en morceaux
épais jaune ou jaune rougeâtre, sa solution ne doit pas être
acide. Elle est employée en ébénisterie .
En général, la bonne qualité d’une gélatine dépend d’une fabrication rapide faite à une température peu élevée
La dernière usine compte 95 ouvriers en 1950 . mais suite à l’arrêt des tanneries elle ferme en 1961 .
Dès l’origine la pollution des eaux a été la principale préoccupation des pouvoirs publics.
Lors du travail de rivière, les rognures de chairs en cours de putréfaction sont rejetées directement dans le cours d’eau. Les résidus les plus importants sont mis de côté pour être revendus aux fabriques de colle forte qui s’en servent comme matière
première. L’écharnage se fait sous des hangars dont le sol est
pavé et en pente pour que l’eau chargée de débris s’évacue dans la rivière. Des bassins remplis de chaux du pelanage sort un « liquide épais » qui s’évacue vers le ruisseau.
En aval de Château-Renault, les municipalités dénoncent « la mauvaise odeur répandue par cette rivière » dont « les eaux infestent l’atmosphère de miasmes à la fois malsains et nauséabonds ». Les riverains évoquent aussi l’aspect et la couleur de l’eau. la Brenne aurait une «couleur noirâtre ». Le terme noirâtre (plutôt que noir) renvoie à un aspect répugnant qui se retrouve dans la dénonciation, répétée dans plusieurs courriers, des matières organiques en fermentation et des produits chimiques dont les eaux sont chargées. Le bétail ne peut plus s’abreuver à la rivière sans risque et les pâturages voisins sont également souillés.
D’autre part le tannage végétal subit l’érosion de ses applications. Il est utilisé pour tanner de grandes peaux de bovins qui représentent les plus gros volumes de production. Ces « gros cuirs » servent en bourrellerie et surtout dans l’industrie de la chaussure, notamment pour les cuirs à semelles.
Or, ces industries sont elles-mêmes en déclin.
Entre 1906 et 1936, les effectifs employés dans l’ensemble de la filière cuir chutent de 22%. De plus, le cuir subit la concurrence des nouvelles matières synthétiques.
Ainsi, l’évolution technique du tannage s’accompagne d’un inexorable déclin économique, qu’il ne suffit pas à contrarier.
Les tanneries de Château-Renault travaillent, quant à elles, des grandes peaux, principalement de bovins. Elles sont une vingtaine à l’apogée du district vers 1920, à l’issue de la première guerre mondiale durant laquelle les besoins de l’armée en chaussures ont fortement stimulé la production de cuir,. Enfin, bien que de petites tailles, les tanneries castelrenaudines sont insérées dans des réseaux commerciaux internationaux. Elles exportent leurs cuirs en Europe centrale, en Italie, en Algérie et même, beaucoup plus loin, jusqu’au Canada et en Chine .
Le tannage végétal subit l’érosion de ses applications. Il est utilisé pour tanner de grandes peaux de bovins qui représentent les plus gros volumes de production. Ces « gros cuirs » servent en bourrellerie et surtout dans l’industrie de la chaussure, notamment pour les cuirs à semelles. Or, ces industries sont elles-mêmes en déclin.
Progressivement, le cuir devient un produit de plus en plus technique .
La crise des Tanneries de Chateaurenault correspond à la crise générale de cette industrie. Le cuir, jusque-là nécessaire pour la confection des chaussures et la maroquinerie, est remplacé par de nouvelles productions synthétiques. Le développement technique a multiplié la productivité. En vingt ans, avec le même personnel, on fabrique deux fois plus de cuir. C’est aussi, le début des délocalisations des productions et des importations du cuir et de chaussures. En 1969,
l’Inde devient le premier exportateur de peaux tannées, détrônant pour la première fois la France .
Voici donc le récit, certes incomplet de la fin des tanneries de Chateaurenault .














