50a2- Histoire de l’électricité en indre et loire
Histoire de l’électricité en Indre et Loire .( à partir d’un document du SIE d’indre et loire )
Le 7 novembre 1882, Gaulard et Gibbs déposent le premier brevet fondateur de la distribution électrique moderne. Son titre (« Nouveau système de distribution de l’électricité pour servir à la production de lumière et de la force motrice ») Il préconise également l’utilisation de « générateurs secondaires » : les transformateur
Le « générateur secondaire », décrit dans ce premier brevet, est composé d’un enroulement primaire fait de fil de cuivre de 3 mm de diamètre isolé et disposé en trois couches sur un noyau
de fer doux. L’enroulement secondaire est constitué de 6 bobines positionnées autour de l’enroulement primaire.
En 1883, grâce à une élévation de la tension, Lucien Gaulard et John Dixon Gibbs réussissent à transporter de l’électricité sur une distance de 40 km. Ils utilisent un courant alternatif sous une tension de 2 000 V,
Le 27 février 1884 Lucien Gaulard dépose une troisième version de son générateur. Les enroulements primaires et secondaires sont alors constitués de disques de cuivres alternés spires à spires (voir ci-contre).
Le nom de transformateur fut proposé en 1884 par Édouard Hospitalier .
Pendant l’été 1885, George Westinghouse, sur le conseil de Pantaleoni, acheta plusieurs générateurs Gaulard et devint concessionnaire exclusif pour les États-Unis en décembre le 18 janvier 1886, Lucien Gaulard inaugure l’usine centrale de Tours où 250 chevaux de machine à vapeur entraînent 2 alternateurs. Par une distribution souterraine, Gaulard alimente des générateurs secondaires d’un type nouveau à circuit magnétique fermé et placés en dérivation.
Le 18 novembre 1886 , Tours inaugure donc son premier réseau électrique de courant alternatif . Néanmoins , plusieurs décennies s’écoulerons avant que cette nouvelles sources d’énergie ait raison de l’éclairage au gaz .
En 1898 , on électrifie les lignes de tramways qui étaient tractés d’abord par des chevaux !! puis par des machines à vapeur
A noter que la ville de Tours ayant demandé que des fils ne soient pas employés sur l’avenue de Grammont , la Compagnie de Tramway utilisa un procédé d’alimentation par les plots « Diatto » placés tous les 5 mètres , ces plots baignent dans un petit bassin de mercure sous tension , chaque plot était activé au passage du tramway grâce à un électro-aimant situé le long du frotteur de captage du courant . mais parfois il reste sous tension après le passage du tramway risquant d’électrocuter bêtes et gens .
Par ailleurs le frotteur avait tendance à attirer toutes les ferrailles susceptible de traîner sur la chaussée , beaucoup de chevaux furent électrocutés par cette alimentation de 600 volts.
Mais , revenons au réseau de distribution électrique pour les autres applications domestiques et industrielles :
A l’origine de ce réseau il y a les petites centrales de production situées au centre de la ville .
Voici l’une d’elle située place du Palais à Tours.
En ce qui concerne la distribution de cette énergie , la fée électricité fait une timide apparition dans le reste du département . Elle est l’œuvre d’artisans , de petits industriels , ou encore de notables qui veulent assurer l’éclairage public de la commune ou de quelques maisons du bourg . Ils opèrent alors à titre individuel ou par le biais de petites sociétés constituées à cet effet . Mais la puissance des machines est faible et le rayon d’action des réseaux limité .
Appelée « Centrale » en raison de sa position fréquente au centre de la zône de distribution , cette petite usine génératrice portait souvent le nom de « secteur » , car elle assurait l’alimentation d’une zône déterminée .
C’est ainsi que sont créées entre autre , la société électrique d’Azay le Rideau en 1896 , celle de Sainte Maure en 1903 , ou encore celle d’Yzeure sur Creuse en 1908 .
(photo de l’usine hydroélectrique du bec des deux eaux)
En 1900 , la Société du Gaz et de l’Electricité de Bléré-La Croix avait déjà repris la concession d’électricité accordé à un électricien devenu défaillant .
En 1910 le département compte 21 concessions attribuées à 12 entreprises différentes :
Une commune avait deux choix possibles pour
assurer le service public d’électricité : la première option était d’affecter du personnel communal chargé d’exploiter le réseau dans le cadre d’une régie , la seconde possibilité était la concession de service public : elle permettait à la commune de se décharger de de l’exploitation sur un tiers le concédant ( commune ou Syndicat de commune ) signait donc un contrat avec le concessionnaire auquel était annexé un cahier des charges définissant les conditions de distribution , la zone à alimenter et la date d’expiration du contrat .
Il faut attendre 1910 pour assister à une véritable extension des réseaux électriques : trois grandes compagnies se partagent le département d’Indre et Loire avec le concours de la Compagnie Générale du Gaz pour la France et l’Etranger implantée à Tours.
A l’origine la CGFE ne s’intéresse qu’aux concessions gaz et électricité de Tours et de Loches .
L’électrification du nord de l’Indre et Loire est indissociable de celle du Loir et Cher et aussi du Loiret . D’un point de vue économique , l’appartenance de ces départements à la vallée de la Loire leur confère une réelle homogénéité . Il n’y a donc rien de surprenant à ce qu’une entreprise ambitieuse ait eu la volonté de réaliser une distribution d’énergie électrique en dehors des cadres départementaux .
Le 20 Janvier 1911 Charles Lefèvre , ingénieur polytechnicien installé à Blois , crée sa société anonyme : l’ Electrique du Loir et Cher , l’ Electrique de Touraine lui succède le 31 du même mois : elle doit assurer le transport , la distribution et l’utilisation de l’énergie électrique sur le territoire de 7
communes de la vallée du Cher , le 28 Juillet 1913 , l’Electrique du Blésois interviendra plus modestement sur le Nord-est de l’Indre et Loire .
Dans la région de Château la Vallière : l’Electrique de Touraine conquiert 10 nouvelles concessions , plus 10 autres fin 1911 dans la région de Cormery .
De leur côté les établissements Charles Lefévre ont conclu 27 autres traités de concession pendant la même période . La progression est spectaculaire : 27 communes sont alimentées en 1912 , 53 en 1913 ,. Cette même année , l’Electrique de Touraine dessert 1910 abonnés . Mais plusieurs sociétés qui ont des intérêts dans la région forment un consortium de défense pour parer à une extension qui risque de les atteindre . Opération rapidement réussie : à la faveur des difficultés financières contraignant à céder 18000 actions détenues dans le capital de l’Electrique du Loir et Cher , le consortium devient majoritaire dans le conseil d’administration . Toute idée de rivalité avec CGFE est abandonnée au profit d’une coordination judicieuse des secteurs contigus .
La première guerre mondiale stoppe le développement de la clientèle . Chaque année de conflit se solde par un résultat déficitaire pour les différentes sociétés . C’est alors que naît l’idée d’un organisme unique assurant toutes les activités de production de vente et d’achat de courant électrique .
Le 2 Mars 1922 , l’Union Electrique du bassin moyen de la Loire (UEBL) voit le jour à l’initiative de la Société Lyonnaise des Eaux et de l’Eclairage , la Société Générale d’entreprise et la Société d’éclairage et de force par l’électricité .
Cette union prend à bail l’exploitation de l’Electrique de Touraine et connaît une phase d’expansion considérable dans toute la région .
Ma naissance en 1932 (moi Claude Josset) se fait donc à la lumière électrique !!! alimentée par le transformateur du bourg du Boulay 15000v/ 127-220v installé sur un pylone metallique situé à 100m de l’école .
Dans le département d’Indre et Loire ,les différentes sociétés électriques fusionnent sous l’égide de la nouvelle Union électrique du centre (UNEC) .
En 1946 lors de la nationalisation d’EDF elle dessert 50660 abonnés répartis dans 178 communes du département .
Examinons la situation du sud du département .
En 1914 , après avoir dispersé géographiquement ses efforts , la société Marcel Durigneux et Cie s’associe à la Compagnie de distribution de Force et Lumière pour effectuer des enquêtes et des demandes de concessions dans 115 communes , dont 98 en Indre et Loire . Une fois encore , la première guerre mondiale ralentit ces activités et de nombreux réseaux ne seront jamais réalisés . En Septembre 1918 , ces deux entreprises fondent le Sud-Loire électrique avec les papeteries Descartes .
Son objet est large : outre la construction du barrage de Maison Rouge près du confluent de la vienne et de la Creuse , il prévoit notamment la production et la distribution d’énergie sous toutes ses formes en Touraine et dans les régions limitrophes . La guerre et la majoration constante des prix , et particulièrement ceux des matériaux de construction , des machines et des appareils électriques modifient les données économiques du projet . La CGFE apportera les fonds nécessaires jusqu’à ce qu’elle impose la dissolution du Sud Loire Electrique . Une décision qui impose la dissociation des activités entre la production d’une part et la distribution d’autre part .
L’aménagement de la chute du Bec des Deux Eaux est poursuivie par les Papeteries Descartes . Ce barrage sera capable d’assurer la fourniture en électricité des Ciments du Pavier et concourir à l’alimentation des concessions du Sud du département .
A la même époque la CGFE s’est assurée la disponibilité en énergie produite par la poudrerie du Ripault . Voilà qui permettait une distribution constante et régulière de l’électricité dans la région par la conjugaison des usines thermiques de Tours et du Ripault avec la Centrale électrique du Bec des Deux eaux . Pour ce faire , une ligne de 30 000 volts est établie entre ces trois sites au cours des années 1920-1921 . Parallèlement , Sud Loire Electrique avait déjà construit la ligne à haute tension reliant la papetterie au barrage des Maisons rouges .
Pour distribuer cette énergie Maurice Durigneux crée l’Electrique d’Indre et Loire le 1è Juin 1923 . Mais les réseaux restent à construire : un raccordement à Sainte Maure sur la ligne de la CGFE et deux autres dirigés vers Loches et Saumur . Mais un différent avec les Ponts et Chaussées entraîne le déchéance de 42 conventions de concession . Les communes concernées verront dans la majorité des cas , l’électrification de leur territoire se réaliser par l’intermédiaire des syndicats d’électrification auxquels elles avaient adhéré .
Dans les années 1920 , les villes et les bourgs les plus importants sont presque tous électrifiés . L’éclairage se généralise et la force motrice commence à se développer . La technique des réseaux souterrains en 5000 volt se développe à Tours .
C’est le prestige d’EDF nouvellement nationalisé qui me fait opter pour une carrière technique dans cette entreprise , et après mon service militaire je demande à être affecté à Tours .
La ville de tours s’est protégée des risques d’inondation par des levées (des digues) …mais la nappe phréatique remonte parfois …très haut .. ce qui n’est pas bon pour les postes de distribution publiques installés dans des sous-sols !!
Devenu « Ingénieur Travaux » au Service Technique , avec mon ami Heulot Ingénieur exploitation de Tours Urbain , nous décidons d’équiper ces postes de matériel protégé étanche pouvant supporter jusqu’à 60 cm d’eau !!
Ce poste Coq-France isolé dans l’huile était une révolution à une époque ou tout était …dans l’air !
Un deuxième avantage était le faible encombrement de l’appareil .
Sur la photo ci-contre , on voit les câbles qui amènent la moyenne tension dans des « boites d’extrémité » étanches , et au dessus les interrupteurs dans l’huile qui permettent les manœuvres de coupure ou de fermeture de la moyenne tension …en toute sécurité .
Ce poste est alimenté par un câble moyenne tension posé en tranchée : voir photo ci après
Mais à l’instar de l’ensemble des territoires de l’hexagone , les zones les plus rurales ne bénéficient pas toute de cette avancée technologique . Le niveau peu élevé de la consommation d’énergie électrique conjugué au coût important des réseaux très longs interdisent aux concessionnaires de financer seuls les extensions de réseaux nécessaires dans les campagnes .
Des moyens de financement sont indispensables . Le 2 Août 1923 , le législateur vote donc la loi autorisant divers dispositifs , parmi lesquels des avances de l’état , des subventions … De même le regroupement de communes en Syndicats permet d’exercer en commun les droits résultants des dispositions législatives .
En Indre et Loire on assiste à la création de 25 d’entre eux regroupant 3 à 31 communes .
Entre 1923 et 1934 , les concessions sont accordées aux deux principales entreprises d’électricité : l’Union Electrique du Centre et la Compagnie Chinonaise d’Electricité .
En effet leurs réseaux traversent toutes les zones rurales , en 1931 on constate déjà que le vaste programme d’électrification
rurale est en bonne voie de réalisation .
En 1935 toutes les communes sont alimentées . L’électrification des « écarts » entreprise en 1929 s’est poursuivie pendant de nombreuses années .
En 1937 , les communes acceptent de se regrouper au sein du nouveau Syndicat d’électrification d’indre et Loire (SIEL) . À l’époque il regroupe 86 communes – dont celle de Saint Symphorien et de Sainte Radegonde et 20 Syndicats d’électrification locaux . Dès sa naissance il a pour mission d’étudier toutes les questions relatives à l’électrification du département , d’organises le contrôle communal des distributions d’énergie électriques et de réaliser toute étude administrative , juridique et technique .
Selon l’article 5 des statuts , « le syndicat est administré par un comité composé de délégués élus par les collectivités à raison d’un délégué par 5000 habitants » .
Mais dans les années 1920 commence à germer l’idée d’un service public de l’électricité .
Le caractère de monopole naturel du réseau de transport sur le territoire desservi attire l’attention du législateur. Dès 1922, une loi réglemente le transport à haute tension : droit d’engager des travaux sur les propriétés privées, mais devoir d’accepter le contrôle technique de l’administration et son intervention sur les tarifs.
Le maillage des réseaux électriques passe progressivement du stade régional au stade interrégional. Moins de 7 000 communes étaient électrifiées en 1919, elles sont 36 528 en 1938.
Les grandes compagnies électriques sont amenées à collaborer pour interconnecter leurs réseaux de transport d’électricité, créant à l’occasion des sociétés communes spécialisées. Le début des années 30 voit ainsi la construction des interconnexions de grande capacité (220 kV) entre le Massif central et Paris et entre le Rhin et Paris. A la fin des années 30, la France est dotée d’un grand réseau d’interconnexion à 220 kV et Paris est entourée d’une boucle de 60 kV.
Pour ne délaisser aucune région, apparaît alors le besoin d’un programme d’interconnexion national. En juin 1936, est créé un sous-secrétariat d’Etat à l’Electricité et aux Combustibles solides, confié à Paul Ramadier qui proclame « service public » la fourniture d’énergie. Le 17 juin 1938, Edouard Daladier signe un décret planifiant un programme d’investissement de 3 milliards de francs sur 5 ans.
L’occupant allemand ayant des visées sur l’économie française , le réseau de transport d’électricité continue de se développer même pendant la deuxième guerre mondiale : il croît de 30 %, avec notamment les liaisons Alpes-Paris et Pyrénées-Massif central .
Par contre , au niveau des populations , même après la « libération » c’est la pénurie , au Boulay dans la maison familiale on subit des coupures d’électricité continuelles , on accroche à nouveau une belle lampe à pétrole au plafond de la cuisine .
Comment se sortir de la pénurie d’énergie : grâce au charbon avec les mineurs qui font des prodiges de productivité et avec l’électricité qui est nationalisée ……de justesse grâce à Marcel Paul .
En effet dans le gouvernement provisoire , De Gaulle nomme Marcel Paul ministre communiste de la production industrielle le 21 novembre 1945, succédant à Robert Lacoste,et ensuite il reste à ce poste dans les gouvernements de Félix Gouin et de Georges Bidault, jusqu’en décembre 1946. Le 2 décembre 1945, il fait voter la nationalisation de la Banque de France et des organismes de crédit.
Le 27 mars 1946, il propose la nationalisation de l’énergie et organise la création d’EDF-GDF, qui est votée le 8 avril 1946 Il organise le statut du personnel et met en place une grille de salaire qui va du monteur électrique au Directeur .
Pour faire fonctionner cette énorme entreprise , l’encadrement est laissé en place avec sécurité de l’emploi et il bénéficie d’une « prime » : l’option 13 qui assure une fourniture gratuite à vie de l’électricité et du gaz .
Marcel Paul installe à la Direction Générale un homme compétant : Pierre Simon Ingénieur des Ponts et Chaussées et résistant pendant la guerre , refusant les pressions du parti qui aurait souhaité un militant communiste !!
Après avoir était formé en 1954 par l’EDF de Lyon , j’arrive donc en 1960 dans un Centre de Distribution Mixte de Tours ou l’ensemble de l’encadrement provient des anciennes compagnies .
L’arrivée d’un « jeune » chef de Centre à Tours va bouleverser la hiérarchie du Centre , il me convoque et me déclare que tout le « vieil » encadrement issue des anciennes Compagnies devra « sauter ». Il me déclare :« vous , vous n’êtes pas contaminé » !!!
Il vise en particulier les exploitants ruraux bien installés dans des zônes rurales issus toutes des ex-compagnies .
Dans une réunion mémorable de tout l’encadrement , il annonce que , désormais , tous les problèmes « d’électrification rurale » réseaux neufs et renforcement seront de la compétence de ce « jeune cadre » nommé Claude Josset .
Quel affront pour tout ces anciens cadres , qui protestent vivement mais sont contraints d’accepter , mais lors de ma première visite à Loches je me fais mettre à la porte sans ménagement par le Chef de Subdivision !!!!
Petit à petit je me fais accepter par les exploitants locaux en particulier des chefs de district que je consulte humblement pour connaître l’état des réseaux . Mon passage à l’école des métiers de la Pérollière facilite les choses . (je connais leur métier).
Coté Collectivités concédantes il me faut gagner la confiance des deux représentants des Ministères de tutelle Les services de l’Agriculture avec un agent technique nommé Voisin , le Service des Ponts et Chaussées avec l’ingénieur Nerrière et le secrétaire du Syndicat Intercommunal d’Electricité d’Indre et Loire : Bouillon . Je m’en fais des amis .
Pendant plus de dix ans , l’Electrification Rurale va occuper une grande partie de mon temps .
Mon premier travail fut de réaliser la cartographie des réseaux , en mobilisant des dessinateurs sur le projet : on commença à cartographier les réseaux sur lesquels des travaux de renforcement étaient nécessaires . Cela en trois phases : réalisation d’un plan de la commune au 1/10.000 ème , relevé des réseaux aériens sur place , report des réseaux sur le plan .
Pour classer l’urgence des besoins en renforcement des réseaux , des campagnes de mesures des tensions et des intensités à la « pointe » furent organisées , je fus autorisé à payer des heures supplémentaires aux agents d’EDF qui devaient faire des mesures vers 19 ou 20 heures !
Un fichier des travaux les plus urgents fut établi en fonction de ces mesures , mettant fin aux passe-droits des « politiques ».
Toues ces mesures furent approuvées par nos interlocuteurs du Génie Rural et des ponts et Chaussées .
Ainsi je devins le spécialiste de l’Electrification rurale et nous pûmes obtenir de la Direction Régionale d’Edf …..et du Ministère de l’Agriculture des dotations exceptionnelles !!
La modernisation des réseaux permettait d’améliorer la sécurité , en particulier la suppression des postes sur deux poteaux avec des fusibles moyennes tension …..
Autrefois il fallait être courageux (ou inconscient) pour monter sur un poste « poteau » …en pleine nuit…sous la pluie ou la neige pour changer un fusible moyenne tension …( de 3000 à 15000 volts ) .
Les vieux prétendaient avoir changé les fusibles sous tension en les prenant à la main dans la casquette !!! (3000 ou 5000 volts ) .
Cependant , des « vieux » exploitants nostalgiques modifiaient parfois le matériel moderne pour l’équiper à l’ancienne . Le problème fut en partie réglé par l’arrivée de jeunes « exploitants » formés dans les écoles de métiers EDF ! école de métier que je connaissais bien !!! y ayant passé une année . Les consignes de sécurité y étaient « sacrées ».
Ce sont ces jeunes monteurs formés dans les écoles de métiers d’EDF qui mirent fin aux vieilles pratiques . Et qui acceptèrent les nouveaux transformateurs H61 sur poteaux .
(voir ci-contre )
Plus besoin d’escalader par mauvais temps et parfois la nuit des supports de transformateurs !!
Cependant ,dans tous les « bourgs » les postes de transformation étaient des postes « tours » , appelés aussi monolithes , dont l’accès était dangereux avec les conducteurs nus en cuivre qui amenaient la moyenne tension au niveau du sol , derrière un simple grillage , la plupart furent supprimés ou équipés de câbles isolés supprimant le danger d’électrisation.
D’ailleurs , petit à petit , on fit disparaitre les lignes moyenne tension (5000 , 15000 , 20000 volts dans les rues des villages …d’où l’inutilité des postes “tour”.
Et puis arriva la révolution des réseaux de câbles torsadés , le syndicat intercommunal d’électricité se fit une « rente » en revendant les tonnes de cuivre des anciens réseaux remplacés par des câbles torsadés pré-assemblés en almélec .
Il faut reconnaître que les ingénieurs-conseil du syndicat intercommunal d’électricité acceptèrent d’adopter les techniques nouvelles de réseaux électrique …..qui souvent étaient plus économiques que les anciennes , en particulier ils adoptèrent la technique des lignes suspendues 15000 volt en 34 mm2 almelec avec de grandes portées (parfois trop grandes car en cas de vent violent les câbles en almélec avaient tendance à « voler » dangereusement ! ) .
Les grandes portées (distances entre deux supports) permettaient aux agriculteurs d’accepter plus facilement le passage des lignes moyenne tension 15000 et 20000 volts.(voir profil en long ci-après)
Mais ce plaisir « sadique » de couvrir la campagne de « belles » lignes électriques (ce n’est pas l’avis de tout le monde ), n’était pas le seul de mon métier de constructeur car en plus de la campagne j’avais un terrain de jeu idéal en ville !!
Alimenter une ville en électricité ce n’est pas simple : il faut trouver des emplacements de postes de transformation .
La ville de Tours était ce terrain de jeu extraordinaire …tout était à refaire , le vieux réseau 5000 volt à bout de souffle .
Avec mon ami Heulot Ingénieur exploitation de Tours urbain nous fîmes le projet ambitieux et coûteux de créer un réseau moyenne tension « en coupure d’artère » assurant une grande sécurité d’exploitation , avec des capacités de puissance transportée considérable : 10 MVA pour un câble de 3X240mm2 .
Toutes les astuces étaient bonnes pour obtenir des crédits ….
Chaque fois qu’un promoteur construisait un nouvel immeuble , on lui imposait de nous réserver un emplacement de poste , souvent en sous-sol , hélas la nappe phréatique de Tours n’est pas très profonde et en cas de forte pluie elle remonte dangereusement !!! Nous sommes donc à la merci des fortes pluies d’orage !!!
Le schéma suivant montre l’intérêt des postes en coupure d’artère :
avec le réseau de cables 3X240 mm2 Alu en coupure d’artère on peut isoler rapidement le câble en défaut ou le poste en panne et alimenter les autres postes , au contraire , sur le réseau en dérivation , tout le réseau est en panne jusqu’à la réparation !!!
Un « luxe » intéressant pour les usagers !! .
Avec mon collègue Heulot nous avions « dessiné » un réseau moyenne tension dit en « fuseau » entre les 4 postes sources de Tours , Joué , Tours Nord , Saint Pierre des Corps .
Ainsi nous avons eu l’impression d’accomplir une tâche de A jusqu’à Z …un privilège !!! .
Cette sécurité obtenue par la double alimentation était d’autant plus appréciée que les autres travaux de réseau :égouts , eau , PTT , entraînaient souvent des incidents sur nos câbles !
Ceci est la fin de la relation de la partie active de ma vie professionnelle « technique » dans le service public ……………car ma nouvelle activité à la Direction Régionale entrait plutôt dans la rubrique « rond de cuir » que je ne vais pas vous relater ….aucun intérêt !!
Avec mes excuses pour les aspect trop techniques de cet exposé !
Claude Josset














