85- Voyage en Indonésie en 1997

Voyage en Indonésie en 1997 .

L’Indonésie est située à la convergence de la plaque pacifique , la plaque eurasienne et de la plaque australienne . Il en résulte une très forte activité volcanique et des tremblements de terre fréquents .

Le volcan le plus actif est le Mérapi . Le pays compte au moins 150 volcans actifs .

Au XVème siècle , les Portugais de Goa s’établissent à Java , les Hollandais les chassent en 1605 . Au XVII ème siècle ils s’établissent à Java .

Le royaume de Mataram cède peu à peu une partie de ses territoires aux Hollandais .

Au XIXème siècle , les colonisateurs imposent leur loi au reste de l’archipel .

En 1945 , Soekarno et Mohamad Hatta proclament l’indépendance de l’Indonésie .

En 1966 , le général Soeharto prend le pouvoir qu’il perd en 1998 .

Le processus de démocratisation engagé depuis 1996 a été ralenti par la multiplication des conflits ethniques et religieux .

Lors de notre voyage en 1997 , les guides locaux ont essayé de nous mettre à l’abri des manifestations pré-électorales , chaque parti ayant un jour de manifestation autorisé , et notre chauffeur a parfois garé son car en catastrophe en apercevant des centaines de manifestant en vélomoteurs brandissant des gourdins !!!

Mais pour atteindre l’Indonésie la route (aérienne) est longue :

Le 24 Avril 1997 , dans la matinée , nous nous envolons de l’aéroport Charles De Gaulle pour un vol sans escale à destination de Singapour .

Après une journée de visite de Singapour , nous reprenons l’avion pour Makassar au sud de l’ile des Célèbes où nous arrivons le 26 Avril dans l’après midi .

Nous visitons le port de Paotere où sont amarée des centaines de jonques qui sillonnent la mer des Célèbes .

Conrad a décrit ce port ou se croisaient pirates et goélettes de commerce avec leurs voiles et leurs coques en bois .

Ces bateaux tout en bois tropical sont construits sans aucun plan , les plus gros les Penisi : gros cargos ) peuvent atteindre plus de 30 mètres et près de 200 tonnes !

Nous sommes invités à visiter l’un d’eux …un véritable voyage dans le temps !

La ville reste le pivot du commerce maritime , et de la construction des goélettes à voile .

A partir de Makassar nous prenons la route vers le nord vers la région de Tanatoraja .

La route étroite commence par suivre la mer avec ses villages de pêcheurs et ses tonnes de poissons qui sèchent au soleil.

Puis la route s’enfonce vers l’intérieur de l’île …à mesure que nous parcourons cette route de 300 km nous quittons la civilisation urbaine et découvrons un autre monde étrange et fascinant .

En nous éloignant de la mer nous traversons des paysages de rizières en terrasses , avec le repiquage du riz .

Ce qui est surprenant c’est de voir le riz à toutes les phases de sa croissance : les saisons semblent se télescoper , il faut dire que nous sommes sous l’équateur !

Enfin nous arrivons dans la région montagneuse de Tanatoraja : les habitants vivent dans de grandes batisses de bois en forme de selles

Les toitures en sont recouvertes de motifs géométriques , elles sont également ornées de cornes de buffle dont le nombre et la taille dépendent du rang social de la famille .

Nous ne visitons pas ces étranges habitations .

Les maisons reposent sur de solides pilotis de bambous fixés dans des pierres sculptées .

En face de chaque maison on trouve un grenier à riz .

On suppose que la forme de ces maisons rappelle les embarcations d’un peuple arrivé par la mer ?

Les toits consistent en un matelas de bambous imbriqués à la manière des tuiles , puis d’une épaisseur de chaume de riz et enfin d’une rangée de bambous éclatés qui dérive la pluie .

A proximité du village nous apercevons d’étranges cavités dans les falaises et aux « balcons »  ainsi creusées dans la roche , avec sur ces « balcons » des sculptures de bois à l’effigie des morts.

Le cercueil est logé dans une caverne refermée par une porte décorée .

Les rites mortuaires sont exceptionnels pour les Torajas .

Le mort , embaumé attend des mois …ou des années que sa famille réunissent les moyens nécessaires pour que l’âme du défunt puisse s’envoler sur le dos d’un buffle vers le ciel de ses ancêtres .

Nous avons de la chance , car les routes autour de Rantepao sont encombrées d’une foule de parents et d’amis du défunt .

Les uns portent une perche ou est suspendu un porc vivant aux soies noires , les autres conduisent des buffles ….tout ces animaux seront sacrifiés pour permettre au défunt d’entreprendre son voyage vers l’au delà .

Heureusement la foule est telle que les touristes que nous sommes sont devenu invisibles et ne dénaturons pas cette cérémonie solennelle .

Le prêtre fixe le moment ou d’un coup de machette on coupe la gorge du premier buffle blanc qui servira de monture à l’âme du défunt , les autres buffles (jusqu’à 12 , suivant le rang social du défunt ) sont sacrifiés à leur tour ….et le dépeçage rituel commence .

une spécialité étonnante : le sang de porc cuit dans des bambous …une sorte de boudin :

En nous éloignant des préparatif du festin , nous prenons place dans la longue file des amis du défunt qui défilent devant le cercueil ouvert et nous déposons une modeste obole ….comme tous les participants.

Nous reprenons la route et nous photographions une maison insolite mélangeant la tradition et le modernisme d’une énorme parabole de réception de télévision … nous réalisons que nous sommes sous l’équateur car la parabole est pointée au zénith !!!

Décidément nous sommes particulièrement gâtés car nous sommes ensuite invités à la fête religieuse d’inauguration d’une nouvelle maison .

La façade de cette maison est superbement décorée .

Le prêtre promène une torche dans toute la maison …et même sur le toit !!

Pendant ce temps là les bouchers se livrent à une hécatombe de cochons noirs .

Nous quittons à regret cette extraordinaire civilisation par la même route qu’à l’aller .

Et nous nous envolons pour la mystérieuse île de Komodo .qui fait partie des petites îles de la Sonde , située entre Sumbawa et Flores .

Komodo mesure trente kilometres de longueur pour seize kilomètres de largeur , l’ile est connue pour abriter le Dragon de Komodo (Varanus komodoensis), le plus grand lézard vivant au monde avec une longueur moyenne de 2 à 3 mètres et une masse d’environ 70 kg . Sa taille est attribuée au gigantisme insulaire , il n’existe pas d’autres animaux carnivores pouvant partager cet écosystème .

De couleur marron brique , virant au rouge chez les mâles adultes , la peau incrustée de plaques osseuses , des pattes armées de griffes puissantes , se nourrissant de chairs , capable de traîner un cerf adulte en terrain accidenté , courant vite avec des pointes à 30 km , le Varan de Komodo n’est dangereux que si on le provoque !!

Ce reptile vit dans la région depuis vingt-cinq millions d’années !!!

Nous quittons cette île étonnante pour la grande île de java : nous atterrissons à Surabaya ou nous visitons cette ville de Java-est ?

Nous apercevons au loin le volcan Merapi dont il ne faut pas s’approcher car ses eruptions sont terribles et imprévisible .

Ce volcan nous rappelle que nous sommes sur la ceinture de feu du Pacifique !

Nous prenons la route pour le mont Bromo .

Nous quittons l’hôtel en 4X4 à 5 heures du matin pour nous rendre au sommet du mont Penajakan (2770m) afin d’assister au lever du soleil sul l’immense caldeira de 11 kilomètres de diamètre remplie de brume d’ou émergent trois volcans .

Le point de vue est fabuleux avec les trois volcans : Bromo , Batok et Semeru .

Ensuite un 4X4 nous descend dans le cratère ….d’un diamètre de 11km !!nous roulons dans les cendres volcanique jusqu’au pied du premier volcan …là on nous propose d’escalader le premier cratère avec des petits chevaux très nerveux !!! l’ascension se termine par un escalier qui nous amène au bord du cratère qui fume doucement : il sommeille depuis 20 ans !!

Toutes les 5 minutes le volcan Semeru gronde et rejette un panache de cendres .

Chaque année lors de la pleine lune du 12ème mois du calendrier indonésien les populations rendent hommage au volcan au cours d’une cérémonie le « kasodo » , qui se termine au lever du soleil par des offrandes qui sont jetées dans le cratère ( mets , poulets , fruits , chèvres etc )

Nous rejoignons l’aéroport de Surabaya pour rejoindre Jogjakarta que nous visitons le jour suivant .

Nous attendons avec impatience la visite de Borobodur

Borobodur est l’un des plus anciens temples bouddhiques , trois siècles avant Angkor .

Lorsqu’il fut retrouvé en 1814 grâce à Sir Thomas Stamford Raffles , il était recouvert de lianes , d’arbres et de terre .

Quand il fut dégagé , on s’aperçut que les pluies avaient sapé la terre sur laquelle reposait le temple .

En 1975 on prit la décision de démonter le monument pierre par pierre pour le remonter sur une dalle en béton .

Les travaux se sont terminés en 1984 !

C’est une pyramide , carrée à la base de 123 mètres de côté , au centre de chaque face , un escalier monte vers le sommet .

Les dix niveaux différents reproduisent les divisions de l’univers Bouddhique du Mahayana .

Les 4 premières terrasses comportent 1460 bas reliefs longs de 6 kilomètres !

Au dessus trois terrasses circulaires soutiennent 72 stupas ajourés .

Dans chaque stupa se tient une statue de Bouddha en méditation

Au sommet trône un immense stupa de 15 mètres de diamètre , vide , symbolisant l’absolu : le nirvana !!

Sur la route de Solo , à l’opposé de Borobodur par rapport à Jogjakarta , se tient Prambanan ensemble hindouiste de de trois temples dédiés à Shiva , Vishnu et Brahma

Une frise illustre le Ramayana .

Dans ce pays tout est beau …même notre hôtel .

Et pour finir notre séjour en beauté nous reprenons l’avion pour Bali !!

Bali , qui est l’une des plus petites de l’archipel de la Sonde , avec 120km de long sur 70 de large , a miraculeusement conservé vivantes la civilisation et la culture qui ont façonné l’âme du pays . Elle est une des rares île qui n’ait pas été islamisé .

Nous logeons dans un superbe hôtel au bord de la mer ; le Intan Bali Village.

Nous avons droit à un spectacle de danses Balinaises . Ces danses racontent des épisodes des récits mythologiques

La danse « Lelong » était réservée au palais , les danseuses portent de magnifiques costumes brodés d’or et des coiffes décorées de fleurs .

Les danses obéissent à des règles précises : les danseuses gardent les lèvres fermées , les mouvements des yeux ont une grande importance , tout comme les mouvements des mains et des doigts . La musique qui accompagne les danses est exécutée par un orchestre appelé gamelan .Il est composé d’instruments de percussion et complété par des flutes.

Une autre spécialité de l’île , est le spectacle de marionnettes . Le WayangKulit ou théatre d’ombre est traditionnel à Bali .

Wayang signifie « ombre »et kulit « cuir » .

Les marionnettes , confectionnées en cuir de Buffle finement ciselé et peint sont maintenues par une tige de bambou et sont manipulée par le dalang derrière un drap et devant une lampe . Elle permettent d’illustrer les légendes indiennes issues du Mahâbhârata qui met en scêne la lutte entre le bien et le mal ainsi que le Râmâyana qui raconte le mariage du prince Râma avec Shita .

Le Dalang prête sa voix à tous les personnages , chante et dirige l’orchestre.

Les spectateurs sont situés soit du côté du Dalang ou ils peuvent contempler le travail de ce dernier et les couleurs des marionnettes , soit de l’autre côté ou ils assistent à un théâtre d’ombre .

Bali est aussi un centre de sculptures sur bois .

Afin d’éviter une déforestation intensive, les bois sont souvent importés des îles voisines de l’archipel indonésiens.

Les bois utilises sont :

- le bois de Bali ou le bois d’Albasia

C’est un bois léger, il sert principalement pour des petits sujets, il est traité “naturel” ou “cérusé” et quelquefois en “polychromie”, il est peint façon Batik.

_le bois de Suar : Il s’agit également d’une essence exotique de tonalité rouge-brun, il sert également à la fabrication de petits sujets.

- le bois de “crocodile” : Il est utilisé en tronc et permet la réalisation de sculptures représentant de petites scène de la vie.

- le bois de Balsa : bien que léger, il permet la réalisation de panneaux ou de masques sculptés.

- le Teck : Il est réservé à la réalisation de mobilier, mais également aux statues imposantes.

La visite des ateliers de sculpture et des expositions nous laisse admiratif devant tant de perfection .

Notre séjour à Bali se termine sur la plage de l’hôtel par un superbe coucher de soleil !