80- Voyage en Chine

Juin 1992 : Voyage en Chine : l’armée en terre cuite de Xian .

Quelle merveille ce voyage en chine : mais le souvenir le plus vif est la découverte de l’armée en terre cuite de Xian .

C’est près de Xi’an que se situe le tombeau de l’Empereur Qin, célèbre car il unifia la Chine en 221 avant J.C.
Ce site archéologique exceptionnel, classé au patrimoine mondial de l’Unesco a été découvert seulement en 1974, par hasard, par des paysans.
L’Empereur Qin Shihu Angi fit enterrer il y a plus de 2000 ans une copie de son armée dans les positions traditionnelles de combat : des milliers de statues de soldats de l’armée fabriquée en terre cuite. Les statues (environ 6000 guerriers : archers et arbalétriers, et des chars) sont remarquables, car chacune est unique, de taille légèrement supérieure à la taille réelle des soldats, et étaient à l’origine peintes. Malheureusement, la mise au jour fait perdre rapidement la couleur des peintures.

Stupéfaction , incrédulité , l’arrivée sur le site est un véritable choc :

Ils sont là , après 2000 ans , tous différents , avec leur visage , leur expression ! inouï !

Chaque statue de terre cuite représente un soldat de l’armée (les corps étaient faits en série et les têtes réalisées individuellement ) chaque soldat tenait une arme réelle , ce qui provoqua le pillage ultérieur du site quelques années après sa réalisation . De plus un incendie fit écrouler le plafond en madriers de la tranchée .

Essayons de comprendre la réalisation de ce « tombeau »


Les 3 fosses dans lesquelles furent enterrées les statues de terre cuites s’étendent sur un kilomètre à l’est du tumulus du premier empereur qui n’a pas été exploré.

En mars 1974 des paysans découvrirent pour la première fois la fosse n°1 en creusant un puits .

Les archéologues se précipitèrent sur les lieux et découvrirent plusieurs fosses contenant des milliers de statues d’argiles .

Toutes ces statues étaient cassées et ont nécessité une restauration minutieuse , la présentation des 2000 statues de la première salle a nécessité un travail de reconstitution colossal .

Les soldats se répartissent en cinq catégories et on les reconnaît à leurs coiffures, leurs habits, leurs chaussures. Il y a les fantassins, les officiers, les archers, les cavaliers et les généraux.

On imagine comment s’est effectuée la mise en place de cette armée :

Nous circulons entre ces tranchées sans perdre une miette des détails de cette armée , mais nous sommes stupéfaits de découvrir les attelages …sans les chars détruits par la pourriture des bois .

Heureusement des reconstitutions nous permettent d’imaginer la splendeur de l’attelage .

ne croyez pas que cette reconstitution est fantaisiste car on retrouve l’empreinte de la roue et de ses rayons dans l’argile de la tranchée :

parfois on devine les couleurs éclatantes des uniformes des soldats qui ont disparu à l’air libre :

C’est pour cela qu’on laisse à l’abri de la lumière une partie des fouilles pour préserver les couleurs .

On imagine le travail des sculpteurs , travaillant d’après les modèles : ils s’attachent à représenter les traits et les expressions des soldats : les généraux sont caractérisés par la dignité et le sérieux de leur visage , certains soldats ont des barbes broussailleuses ainsi que des moustaches , d’autres plus âgés ont le front ridé , les expressions sont toutes variées .

Nous sommes un peu frustrés de ne pas avoir eu le droit de photographier les fouilles mais nous achetons des cartes postales et un livre dont les photos ci-dessus sont extraites , mais nous nous rattrapons dans le musée où sont exposées les plus belles pièces .

Mais les chinois sont des sages , ils ne veulent pas éventrer la colline voisine qui abrite le tombeau de l’Empereur .

« Dès le début de son règne, Che-hoang (Qin Shi Huang) avait fait creuser et arranger la montagne Li. Puis, quand il eut réuni dans ses mains tout l’empire, les travailleurs qui y furent envoyés furent au nombre de plus de sept cent mille ; on creusa le sol jusqu’à l’eau; on y coula du bronze et on y amena le sarcophage; des palais, des (bâtiments pour) toutes les administrations, des ustensiles merveilleux, des joyaux et des objets d’art y furent transportés et enfouis et remplirent (la sépulture). Des artisans reçurent l’ordre de fabriquer des arbalètes et des flèches automatiques; si quelqu’un avait voulu faire un trou et s’introduire (dans la tombe), elles lui auraient soudain tiré dessus. On fit avec du mercure les cent cours d’eau, le Kiang, le Ho et la vaste mer  ; des machines le faisaient couler et se le transmettaient de l’une à l’autre. En haut étaient tous les signes du ciel, en bas toute la disposition géographique. On fabriqua avec de la graisse de phoque des torches qu’on avait calculées ne pouvoir s’éteindre de longtemps. Eul-che (Qin Er Shi) dit: « Il ne faut pas que celles des femmes de l’empereur décédé qui n’ont pas eu de fils soient mises en liberté. » Il ordonna que toutes le suivissent dans la mort; ceux qui furent mis à mort furent très nombreux. Quand le cercueil eut été descendu, quelqu’un dit que les ouvriers et les artisans qui avaient fabriqué les machines et caché les trésors savaient tout ce qui en était, et que la grande valeur de ce qui était enfoui serait donc divulguée ; quand les funérailles furent terminées et qu’on eut dissimulé et bouché la voie centrale qui menait à la sépulture, on fit tomber la porte à l’entrée extérieure de cette voie, et on enferma tous ceux qui avaient été employés comme ouvriers ou artisans à cacher (les trésors) ; ils ne purent pas ressortir. On planta des herbes et des plantes pour que (la tombe) eût l’aspect d’une montagne.

Voilà , rendez-vous pour l’ouverture du tombeau en 200. ?