52 - Voyage en Egypte Août-Septembre 1981

Famille JOSSET

Voyage en Egypte Août – Septembre 1981

Pour les vacances d’été 1981 , nous avions projeté de parcourir Israël à partir de l’ Egypte .
Il faut dire que les bateaux qui desservaient le Moyen orient étaient contraints de respecter les règles des Israéliens : tout bateau à destination d’Israël a l’ interdiction de fréquenter un port d’ un pays musulman .
Ceci réduit considérablement le nombre de possibilité de rejoindre Israël par bateau .
Nous nous renseignons auprès de l’Ambassade d’Israël : le passage d’Egypte en Israël est tout à fait possible .
Nous prenons donc un billet pour Alexandrie sur le bateau Italien Dana Sirena à partir du port D’ Ancone .
Un billet pour le J7 , et 4billets pour Claude, Nelly , Yves et Mylène .
Yves qui a 18 ans a son permis de conduire .
Nous partons le 6 Aout de Tours avec le J7 , pour une première étape de 700 km jusqu’à Chamonix , nous aimons bien cette étape , près du glacier des Bossons , facilement accessible près de la route d’ accès au tunnel .
Nous n’ aimions pas beaucoup prendre le tunnel mais cette fois-la , nous étions pressés car il fallait être à Ancone le 7 Aout en fin d’ après – midi .
Le passage du tunnel fut atroce car les poids-lourds inconscients nous talonnaient à quelques mètres en faisant des appels de phare ( c’était avant la catastrophe du tunnel ) .
Il ne fallait pas manquer le départ du bateau à Ancone , et il y avait 580 km à parcourir soit près de 7 heures de trajet avec de courts arrêts , cependant à bout de force , vers 17 heures nous arrivons sur le port d’ Ancone , sur un quai désert , nous constatons l’absence de bateau .
On nous informe alors que le bateau a eu une avarie de moteur et est en réparation dans le port de Bari à 450km plus au sud ; il faut remonter sur l’autoroute , à la nuit tombante pour foncer vers Bari .
Yves prend le volant pour cette étape imprévue , mais hélas notre élan est brisé par un immense bouchon sur l’ autoroute …. Nous pensons que notre voyage va prendre fin sur cette autoroute ou le bouche à oreille des touristes fait état d’un accident et de la recherche de la tête de l’accidenté perdue dans les buissons .
Deux heures après la circulation reprend , mais nous pensons avoir manqué définitivement le bateau .


Au petit jour , nous arrivons à Bari , nous apprenons que nous n’ avons pas été les seuls à être bloqués sur l’ autoroute , et le bateau attend les retardataires .
La traversée est une véritable croisière , une majorité d’ Italiens est là pour s’amuser : barbecue sur le pont , piscine , pistes de danse , nous ne voyons pas le temps passer .
Evidemment Yves découvre un piano dans un pont .
La traversée est calme , et au bout de trois jours nous apercevons la baie d’ Alexandrie .
Les formalités pour le J7 sont très longues , l’automobile club de l’ Ouest nous a donné un carnet de passage en douanes qui nous permet le passage en Egypte et en Israël , mais première surprise , on nous impose une immatriculation égyptienne et nous devons fixer deux plaques bleues écrites en caractères arabe .
Nous souscrivons une assurance Egyptienne .
Nous sommes prêts à affronter la circulation égyptienne , d’ailleurs à Alexandrie tout se passe bien , mais on commence à se rendre compte de l’ utilité du klaxon .
La route Alexandrie – le Caire est bonne et ressemble aux anciennes routes nationales françaises . Pour notre première étape en Egypte , nous évitons la ville du Caire et nous passons à l’ ouest du Nil pour trouver un camping qu’on nous a signalé derrière les pyramides .
A cette époque le désert arrivait encore jusqu’aux pyramides et nous eûmes pas beaucoup de mal à trouver le camp « Sahara City » bordé par des dunes de sable .
De l’eau , des WC même sommaires et quelques fils électriques qui trainent par terre , voilà tout ce qu’il faut pour camper confortable !!
Le J7 est remarquablement équipé pour résister à la chaleur , heureusement car au Caire , au mois d’ Aout la température monte à 40° dans la journée , par contre , comme dans toute l’Egypte , la nuit , une brise venue du Nord apporte une fraîcheur ..toute relative .
Le J7 possède un double toit en contre-plaqué, peint en blanc , laissant un espace d’une dizaine de centimètre pour la circulation de l’air , et, sur ce double toit est agrafée une bâche , ainsi le soleil n’atteint jamais la tôle du fourgon
Sur le toit , un climatiseur à eau permet
le refroidissement de l’air grâce au passage de l’air sur un feutre arrosé en permanente , un deuxième climatiseur portatif , sur le même principe était fixé sur une fenêtre arrière , notons que ces climatiseurs à évaporation d’ eau ne fonctionnent que dans les climats secs , ce qui est le cas du climat de l’ Egypte .
A partir du camp de Sahara city , chaque jour , nous allons au Caire , nous plongeons dans la circulation du Caire au milieu des charrettes des véhicules de toute sortes avec comme seule règle s’imposer à coup de Klaxon .J’adore ce style de conduite mais lorsque Nelly me demande d’arrêter de klaxonner , le J7 est immédiatement immobilisé sur place .
Notre parking de choix est devant le Musée du Caire que nous visitons longuement .
Evidemment nous sommes bien placés pour visiter le site des pyramides

Mais il n’existe pas de représentation Israélienne au Caire , impossible donc de connaître les possibilités et formalités pour passer en Israel , il faut se rendre à la frontière du Sinaï ,la frontière provisoire avec Israel depuis la guerre des 6 jours.
Nous prenons la route de Suez qui ne possède pas de passage sur le Canal , nous prenons donc la décision de remonter le long du Canal vers le nord , vers Ismélia , toujours pas de bac pour passer le canal , mais plus au nord , en traversant un village nous apprenons l’ existence d’un pont de bateau provisoire sur le canal .
Nous quittons la route et roulons en tout terrain vers le Canal ….et soudain nous arrivons dans un rassemblement de centaines de voitures dans l’ attente d’ un pont de bateaux
La nuit tombe , des feux s’ allument , Yves et Mylène sympathisent avec de jeunes égyptiens , minuit arrive et toujours rien , il n’y aura pas de pont de bateaux cette nuit , nous allons nous coucher .
De grands cris nous réveillent vers quatre heures du matin , le pont de bateau s’ installe . Rapidement nous remettons en place le siège du conducteur , et plaçons le J7 dans la longue file des voitures qui se forme , nous ne voyons rien de cequi se passe sur le canal mais nous sommes rassurés de voir que les lourdes voitures américaines , aussi lourdes que le J7 prennent place dans la file .


Nous arrivons sur le bord du canal qui descend à pic , on ne peut plus reculer , le spectacle est incroyable , entre de petits bateaux avec des hors-bord qui hurlent des pontonniers ont installé des passages métalliques à la largeur des voies des voitures , le J7 s’engage , l’écartement semble correct , mais sur chaque barque un marin tente à coup de marche avant et arrière de maintenir l’ alignement du pont , les 150m de traversée me semble bien long à franchir , mais dans la lumière des phares la rive opposée apparaît presqu’à pic , la panique m’ envahit , jamais le J7 ne pourra gravir cette pente , j’accélère à fond car la première du J7 est très puissante , un choc terrible a lieu sous le moteur mais je maintien la vitesse persuadé que le carter du moteur n’a pas résisté . Nous réussissons à escalader la rive du canal .
Dès que nous pouvons nous arrêter , je me glisse sous le moteur avec une lampe électrique , le carter comporte quelques bosses mais aucune fuite d’ huile n’est à déplorer .
Nous avons réussi à franchir le canal de Suez

Il reste 170 km à parcourir à travers le désert , jusqu’à la frontière provisoire avec Israel , dans la lumière des phares on a du mal à distinguer les langues de sable qui envahissent la route , Yves s’ensable et me repasse le volant , il faut passer en force en seconde pour éviter l’ ensablement .
Nous roulons tandis que Nelly et Mylène dorment à l’arrière du J7 .
Le jour se lève lorsque nous entrons dans la palmeraie Del Arish , nous approchons de la frontière et nous nous arrêtons sous les palmiers dans un camp de réfugiés palestinien .

Là , il fa falloir être patients car nous arrivons le Vendredi 14 Août jour de fête des musulmans et le le Samedi 15 , jour de Sabbat est fête des Israéliens , ce sont donc deux jours pendant lesquels toute dé marche à la frontière est impossible .
Le campement sous les palmiers est idylique , Yves sympathise avec un Douanier égyptien qui vit sous une tente avec sa femme , il est invité à partager leur repas .
Mylène a l’ imprudenc de faire sécher ses tennis au soleil , une petite fille passe en courant et vole les chaussures , personne ne s’ en aperçoit mais revenu en France , Yves s’ aperçoit qu’il a filmé la scêne .
Le Dimanche les postes frontières sont ouverts , il est possible de franchir la frontière à pied , mais faute d’ un accord sur les véhicules , en cours de renégociation , le passage des voitures est suspendu . Il faut se résigner et renoncer au voyage en Israel .
Nous reprenons la route du Caire , on nous indique un bac en service à El Quantara , nous passons le canal sans encombre , et nous prenons la route du Caire .
Il va nous falloir traverser toute l’ agglomération du Caire d’ est en ouest pour regagner notre terrain de camping .
En pleine nuit nous nous engageons dans les ruelles du Caire , avec comme seul repère les indications d’ une boussole , la traversée dure des heures , mais nous finissons par atteindre la rive Est du Nil , et à partir du pont qui franchit le fleuve nous connaissons le trajet vers les pyramides .
Le lendemain nous retournons au Caire pour acheter des baskets pour Mylène , nous rencontrons des Français qui nous affirme que la route vers la haute Egypte est tout à fait possible .
Nous désirons prévenir nos parents du changement du but du voyage , nous rencontrons à la poste du Caire un soudanais qui est venu au Caire pour que sa femme accouche dans un hopital Français , nous attendons une liaison téléphonique avec la France , notre ami soudanais nous offre le Thé , mais impossible d’ avoir la communication .
On nous dit que l’ hôtel Méridien dans l’ ile de Roda , possède une liaison téléphonique avec l’ Europe . Nous y allons , l’ hôtel occupe une position magnifique à la pointe de l’île avec une vue magnifique sur Le Caire . Effectivement , nous réussissons à parler aux parents Josset : nous annonçons l’ impossibilité d’ aller en Israël et notre nouveau projet en Egypte . La liaison est mauvaise et les parents Josset qui appellent ensuite les Rebière , pensent que nous avons été enlevés et rançonnés hypothèse confirmée par une carte loufoque envoyée par Yves du port de Patras en Grèce . Nous sommes loin d’ imaginer ce quiproquo et nous sommes contents d’ avoir pu donner de nos nouvelles .
En manoeuvrant sur la place devant les mosquées j’ accroche la porte du J7 dans une charrette , la porte tombe mais je la redresse à grands coups de marteau et la remet en place sous l’œil blasé des passants
Avec Yves nous pénétrons dans la mosquée du Sultan Hassan et nous tournons autour du tombeau avec les fidèles , nous passons devant une vaste salle ou sont réunis des barbus qui semblent comploter ….sans doute l’attentat contre Sadate quelque jours après !!!
Le Mercredi 19 Août nous partons de bonne heure vers le sud nous nous arrêtons à Saqqarah ou nous visitons le musée et la statue de Ramses 2 , puis nous entrons sur le site de la pyramide à degrés .
On nous propose une calèche pour visiter le site mais la calèche n’a que 3 places , on me propose un cheval .
Pour seule expérience de cheval j’avais celle d’ un gros percheron , tout juste capable d’ un trot lourd et paisible mais le petit cheval arabe qu’on me propose part au galop derrière le cheval du guide , je me met droit sur les étriers et relève la tête du cheval avec les guides pour le ralentir et éviter qu’il ne trébuche dans les pierres du désert ; mais finalement il m’accepte et tout se passe bien .
Nous visitons une tombe et repartons vers le Serapéum la sépulture des taureaux Apis , d’immenses sarcophages monolithiques sont alignés dans une galerie .
Au retour , toujours à cheval nous trouvons le J7 dont l’alarme se fait entendre à intervalles régulier , quelqu’un a sans doute essayé d’ouvrir la porte .
Nous reprenons la route , toujours aussi encombrée d’ânes , de charrettes et de camions surchargés ne permettant pas une forte moyenne .
Heureusement car il faut éviter d’énormes nids de poules qui casseraient facilement les barres de torsion du J7 .
Mais la nuit tombe au moment où la route se dégrade complètement , il faut zigzaguer en roulant au pas pour éviter de tout casser .
Un camion nous suit qui nous dépasse en nous faisant signe de le suivre , nous évitons ainsi de tomber dans les trous .
La nuit est très avancée lorsque nous arrivons en vue d’ un caravansérail à l’entrée de Minieh .
Nous mangeons au restaurant et négocions la possibilité de brancher notre camion sur une prise électrique de l’ auberge .
Nous dormons , bercés par le ronronnement des ventilateurs des climatiseurs .
Le lendemain nous repartons vers le sud vers la ville d’ Assiout .
La ville d’ Assiout est un repaire d’ intégristes musulman , et il est bien recommandé aux touristes de ne pas s’ y arrêter .
Mais , surprise , à l’ entrée de la ville des travaux interdisent le passage et nous sommes détournés vers le centre de la ville .
Les rues deviennent de plus en plus étroites , nous traversons un marché ou les marchands forains doivent démonter leur toile pour nous laisser passer , mais aucune animosité à notre encontre n’ est perceptible nous nous arrêtons pour acheter du raisin , Mylène et Yves réclament des bakchich à la ronde pour décourager les enfants qui mendient à notre passage , et tout se termine par des éclats de rire .
Ouf , nous avons passé Assiout , quelques années plus , la région sera interdite aux touristes !
Le soir après 265 km de route nous arrivons à Abydos
Nous admirons le temple à la tombée de la nuit

Nous rencontrons un égyptien du Caire , possédant une maison à coté du temple , qui nous invite à garer le J7 dans sa cour et à passer la soirée chez lui , nous raccordons notre circuit électrique sur celui de sa maison et bavardons avec lui .
Nous nous couchons tranquillement mais sommes réveillés vers minuit par des militaires qui nous intiment l’ordre de les suivre . Je dé branche l’électricité , soulève la bâche sur le pare brise et encadré par une dizaine d’ homme en armes nous suivons l’ officier qui sabre au clair ouvre le chemin . Petit à petit j’accélère ce qui l’ oblige à courir devant le détachement .
Heureusement , nous arrivons à la caserne assez proche et je suis l’ officier dans son bureau qui m’ explique que l’ Egyptien qui nous avait donné l’hospitalité était un opposant dangereux au régime , et notre sécurité n’ était plus assurée …..mais j’avais un branchement électrique répliquai-je , l’ officier me montra alors la seule prise électrique de son bureau sur laquelle je me branchai aussitôt .
L’ incident était fâcheux pour le tourisme , aussi le lendemain matin , un interprète venait s’ excuser au nom de l’ officier et insistait pour se faire photographier avec toute la famille .
Il ne nous restait que 160 km pour atteindre Louqsor , une promenade avec à l’arrivée la vue sur des kilomètres des temples de Karnak et de Louqsor .
Une bonne surprise nous attend : sur la place ombragée , devant la mosquée , s’est constitué un petit camp de tourisme : quelques caravanes , camping car , nous nous y installons ; nos voisins nous informent que nous pouvons trouver sanitaire et eau courante à la mosquée .
Nous possédons un emplacement central pour les visites .
Il fait très chaud , nous ne pouvons visiter les sites que le matin entre 6 heures et midi …ensuite il faut se mettre à l’ abri ..par exemple dans un restaurant climatisé et ne ressortir que vers 3 ou 4 heures de l’ après midi .
Nous visitons Karnak et Louqsor , et le long du Nil je rencontre avec Yves un conducteur d’ânes qui nous propose la vallée des rois et des reines à dos d’âne , marché conclu , le matin à 6 heures nous prenons le bac avec notre guide Ab Doula , il ne parle ni Français ni anglais mais répète « Ah les ânes ».


Depuis le débarcadère jusqu’à la vallée des rois il y a 6 bons kilomètres , les ânes trottent joyeusement mais ont tendance à se jeter devant les cars de tourisme
Mylène et Nelly n’arrivent pas à dompter leurs bêtes et à force de s’arque-bouter sur leurs étriers elles se blessent les chevilles .
Enfin le supplice prend fin à l’ entée des tombes de la vallée des rois ou nous visitons trois tombeaux de rois .
Mylène et Nelly ne veulent plus remonter sur les ânes pour continuer la visite , elles négocient un retour en taxi jusqu’à l’ Hotel « Winter Palace » .
Ab Doula nous fait signe que nous pouvons atteindre la vallée des reines en franchissant la montagne au pied de la Cime Thébaine .
L’escalade est rude mais les ânes ont le pied sur , surtout quand ils longent un
précipice .

mais la vue est superbe sur le temple d’ Hatshepsout aux pieds de la falaise

La descente est pittoresque , les ânes s’accroupissent et se laissent glisser sur l’arrière train dans les éboulis , mais nous retrouvons un sentier qui nous conduit au temple d’ Hatshepsout .
Après la visite nous remontons sur nos ânes pour le retour . Au passage nous parcourons les ruines du Ramesseum à dos d’ânes , une façon originale de visiter un site touristique , un peu plus loin nous passons devant les deux colosses de Memmon .
Avant de reprendre le bac ,Ab Doula qui doit avoir 60 ans , nous invite chez lui pour nous présenter sa femme de 20 ans qu’il a pu se payer après une vie de travail . Nous devons admirer également un magnifique ventilateur sur pied qui est l’unique appareil de la maison .
Nous reprenons le bac qui nous ramène sur la rives de Thèbes .
Mais Nelly n’a pas perdu de temps , elle a négocié avec un bateau une croisière jusqu’à Assouan .


Avant de quitter Louqsor nous confions
le J7 au gardien de la mosquée , un billet au départ et la promesse d’un deuxième billet au retour , nous partons tranquille .
En 1981 le Nil n’est pas encore encombré par des centaines de bateaux de croisière , nous savourons le plaisir de naviguer sur le Nil et de profiter du spectacle de l’agriculture avec les norias sur les berges du fleuve et les charrues attelées d’ânes et de chameaux .
Le bateau commence à descendre le Nil jusqu’à Dendehra , nous accostons et nous visitons le temple construit en grès est dédié à Hathor et reconstruit sous les Ptolémées .


Ensuite le bateau fait demi-tour , et remonte le fleuve , repasse devant Kanack et Louqsor et remonte vers le temple d’ Esna .
Avant Esna un barrage-pont barre le Nil et permet d’ irriguer la province de Qena . Nous le franchissons par une écluse .

Le temple d’Esna d’ architecture gréco-romaine , occupe le fond d’ une excavation car au cours des temps il avait été progressivement enterré , il dédié à Khnoum .Sur la terrasse les soldats de napoléon ont gravé leur nom . Nous remontons sur le bateau en pensant que le bateau est un moyen bien commode pour visiter la vallée du Nil .

Nous arrivons en vue du Temple d’ Edfou dédié à Horus et construit par l’ architecte Imhotep en 237 avant J.C.

Le bateau reprend sa route vers le sud .

Avant d’atteindre Assouan nous faisons une dernière étape à Kom Ombo qui est également un temple ptolémaïque , temple dédié au Dieu Sobek , le dieu à tête de crocodile .

Arrivés à Assouan , nous débarquons définitivement et nous nous mettons à la recherche d’ un hôtel .
Par curiosité nous nous présentons à l’ accueil du prestigieux « Old catatact hôtel » mais les prix dépassent nos possibilités , nous revenons en ville dans un hôtel modeste ou nous hésitons entre une chambre avec ventilateur ou sans ventilateur , les prix sont tellement faibles que nous nous trompons d’ un zéro , notre séjour nous coûte pratiquement rien .
Nous prenons un taxi pour voir le barrage d’ Assouan et, au passage nous apercevons le temple de Philae au sec derrière les batardeaux et le vieux barrage construit en 1902 .
Nous n’avons pas accès au nouveau barrage construit par les Soviétique mais nous pouvons voir l’usine hydro-électrique et le déversoir de crue .

Mais notre rêve , c’est de voir le temple d’Abou Simbel qui vient d’ être sauvé des eaux .
Nelly parlemente dans une Agence , par la route c’est long et peu sur , d’ailleurs le voyage est interrompu ,il y a aussi les Hydrofoils mais ils sont tous en panne (les soviétiques ne veulent plus fournir les pièces ) il reste l’ avion , de vieux Boeing 737 fatigués qui sont encore capable de parcourir les 300 km jusqu’à Abou Simbel .
Notre cagnotte nous permet ce dernier plaisir et grace aux quelques heures qui nous sont accordée à Abou Simbel nous pouvons admirer et visiter les deux temples .
Il n’ y a pas foule à cette époque et nous pouvons profiter pleinement de notre visite , et comble des combles , prendre des photos où il n’ y a aucun touriste .

Nous rentrons à Assouan avec des images plein les yeux .

Le lendemain 25 Août nous prenons le train pour revenir à Louqsor , nous avons droit à tout le pittoresque du chemin de fer en Egypte ayant prix des billets de 3ème classe avec les « fellah » qui vont au marché .
Le J7 est toujours là et nous remercions le gardien de la mosquée qui reçoit son bakchich promis au départ .
Nous étudions la carte pour le retour , au lieu de suivre la vallée du Nil , il semble que rejoindre la mer rouge serait la bonne solution , nous mettant à l’ abri des mauvaises rencontres .
Le 28 Août nous prenons la route vers le nord , nous suivons la vallée du Nil jusqu’à Qéna , puis nous prenons la route de l’est à travers le désert Arabique .
Il y a environ 150 km à parcourir dans le désert , dans une chaleur accablante , je garde les yeux fixés sur la température de l’eau du moteur qui monte , qui monte , qui dépasse les 100° , il faut agir vite pour refroidir le moteur en mettant en service le chauffage avec son radiateur annexe . Victoire , la température se stabilise mais dans le J7 la température dépasse les 50°., mais si nous ouvrons les vitres , l’ air extérieur paraît encore plus chaud .
Un poste de contrôle de l’armée nous arrête , le soldat fait semblant de lire nos papiers , mais à la vue d’ une bière sortie du frigo , il abandonne le contrôle et en réclame une deuxième .
Heureusement la température redescend en approchant de la mer rouge , que nous atteignons à Port Safaga .
Nous suivons la côte jusqu’à Hourghada où nous trouvons un terrain de camping fréquenté par des plongeurs européens attirés par les merveilles de la mer rouge .
Le J7 est installé au bord de la mer , mais la baignade est décevante car l’ eau est trop chaude .
Cependant , nous avons un avant-goût des merveilles sous-marines avec des coraux et des poissons extraordinaires , mais Mylène s’ expose trop et attrape un coup de soleil .
Il n’ y a pas le moindre végétal , pas d’ herbe , pas d’ arbre et les chèvres que nous rencontrons mangent des bouts de papier dans la rue .

Nous apprenons qu’un bateau peut nous emmener dans les îles avec des fonds de coraux .
L’ excursion est extraordinaire , nous admirons , avec nos masques les coraux et les poissons .
Le soir , nous nous mêlons à des centaines d’ égyptiens devant le boulanger qui attendent la fournée de pain en forme de galette ( lavash) , par un petit guichet on glisse la monnaie et on récupère les galettes .
Le Lendemain Nous repartons et stationnons quelques heures à proximité de l’ Hotel Sheraton .
La route que nous suivons le long de la côte se transforme en piste , empruntée par les énormes camions des pétroliers qui plantent leurs derrick dans la mer rouge !
Je trouve qu’ Yves conduit trop vite sur cette piste piègeuse .
Nous passons la nuit sur une plage , à proximité de cabanes de pêcheurs .
Enfin le 2 Septembre , vers midi nous arrivons à Suez , nous sommes couverts de la poussière rouge de la piste , et nous nous présentons dans un beau restaurant panoramique situé en haut d’ une tour . le passage par les toilettes nous rend présentable et nous pouvons nous installer face au port de Suez …et là, la surprise : le yacht royal de la reine d’ Angleterre passe majestueux devant nous emmenant le Prince Charles et la princesse Diana en voyage de noce .
L’après-midi , forts de notre expérience , nous contournons Le Caire vers le Sud pour regagner notre camp de Sahara City .
Nous restons encore 4 jours au Caire , très surpris de rencontrer des milliers de policiers équipés comme des CRS français .
Sadate a préparé une offensive contre les islamistes radicaux .il annonce ses intensions dans un discours fleuve de plusieurs heures dont nous écoutons la traduction simultanée sur Radio Le Caire en Français , il révèle les turpitudes des islamistes et les abus sexuels des Imans sur les jeunes filles nubiles .
Le réquisitoire est tel qu’ il va entraîner une réaction terrible des islamistes .
Sadate fait arrêter tous les activistes musulmans et pour donner le change vis à vis de la population , il fait arrêter les dirigeants Coptes chrétiens .
Notre bateau pour l’Italie est prévu pour le 8 Septembre , nous avons encore le temps de faire du tourisme .
Nous visitons la citadelle du Caire et la mosquée du sultan Hassan.
Nous décidons de visiter le Fayoun , cette vaste dépression à proximité du Nil , est alimentée par des sources d’ eau douce et permet des cultures abondantes .
Après avoir visité un moulin et acheté un grand panier en herbes tressée , nous descendons vers le Sud pour voir les pyramides de briques .
Nous grimpons sur la pyramide de Haouarah construite en brique crue ,d’où on a une superbe vue jusqu’aux pyramides de Guizé .

Une deuxième pyramide plus au sud semble plus dégradée .
Avec le J7 nous nous engageons sur un chemin qui traversait un village , mais , surprise sur la place une foule hostile nous accueille avec des cris et des vociférations , le chef du village avec lequel nous tentons de dialoguer semble impuissant à calmer la foule , Nelly reçoit une pierre et je suis contraint à effectuer un demi-tour sous une volée de pierres qui fort heureusement ne casse aucune vitre .
Nous remontons vers le nord et prenons à bord un touriste qui a été pris à partie
dans la traversée du village suivant .

Nous ignorons les raisons de cette hostilité peut être en liaison avec les évènements du Caire
Le 7 Septembre nous prenons la route d’Alexandrie , nous emmenons deux petits jeunes français que nous avions rencontré sur les bords de la mer rouge .
Sur le port d’ Alexandrie nous rencontrons des marins français qui sont sur le point de repartir en France sur un petit sous-marin , un vrai calvaire de voyager en surface , ballottés par les vagues .
Nous campons sur la côte à l’est d’Alexandrie avant d’ embarquer le 8 septembre .
Le retour par Ancone , Chamonix et Tours se passe bien et rapidement car nous avons 2 conducteurs : avec Yves qui maîtrise parfaitement le J7
13 Septembre arrivée à la Riche .
Nos parents garderont un silence gêné sur le prétendu enlèvement en Grèce .

Le Président Anouar el-Sadate est mort le 6 Octobre 1981 durant une parade militaire , assassiné par les intégristes qui avaient infiltré l’ armée Egyptienne

Mylène en Egypte

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