99b-Ushuaia

Le Phare du bout du monde

Chapitre I

Inauguration

Le soleil allait disparaître des collines qui limitaient la vue à l’ouest . Le temps était beau . A l’opposé , au dessus de la mer qui se confondait avec le ciel dans le Nord-Est et dans  l’Est , quelques petits nuages réfléchissaient les derniers rayons , qui ne tarderaient pas à s’éteindre dans les ombres du crepuscule , d’assez longue durée sous cette haute latitudedu 55ème degré de l’hémisphère austral.
L’Ile des Etats est située à l’extrémité Sud-est du Nouveau Continent , elle est recherchée des navires qui passent d’un océan dans l’autre …
Il convient de le remarquer , la République Argentine a montré une heureuse initiative en construisant ce phare du bout du monde . Après un an de travaux bien conduits , son inauguration venait d’être faite à cette date du 9 Décembre 1859 .
On avait adopté l’éclairage à l’huile , en le dotant de tous les perfectionnements que la science et l’industrie possédaient alors .
Jules Verne

La réalité était un peu différente , car c’est en 1884 que les Argentins y construisirent un phare . L’édifice est en bois , et comporte 12 côtés , il mesure 11mètres de largeur et sa hauteur est de 6,5 mètres . Sa lumière est produite par 9 lampes à huile de colza .
Ce sont les conditions de vie difficiles des gardiens de ce phare qui inspirèrent Jules verne pour l’écriture de son livre « le phare du bout du monde » .
Le véritable phare tombera en ruines en 1902 !!
Une reconstitution du phare existe au musée d’ Ushuaia , et en 1998 , un Français , André Bronner reconstruisit à l’identique le phare mythique .

C’est avec cette histoire de Jules Verne en tête que nous arrivons à Ushuaia le 21 Janvier 1998 .
Notre hôtel est magnifiquement situé au bord du canal de Beagle

autour il n’y a que la nature , les oiseaux , le canal de Beagle et les montagnes enneigées .


La ville d’Ushuaia est étrange , avec une seule rue , où les maisons de bois dominent , et qui s’étire le long du canal de Beagle .

Mais Ushuaia a un triste passé , celui d’un bagne qui a fonctionné durant plus d’un demi-siècle (1896-1947) . C’est auprès du bagne qu’un petit village est né :Ushuaia car les famille des bagnards habitaient à proximité .
Les bagnards avaient pour tâche d’aller dans la forêt  abattre  du bois qui était transporté le long du rio Pipo par un petit train .
Ce train est maintenant un train touristique .

La plupart des bagnards étaient des

prisonniers politique .
Les cellules n’étaient pas chauffées !!!
Le train traverse le parc , les arbres coupés sont le résultat du travail des bagnards , mais aussi le travail des Castors qui ont été introduits en 1946 et qui se sont multipliés , on en compte aujourd’hui plus de 40 000 , provoquant des dégâts considérables .
Arrivé à la baie de Lapataia , un panneau indique le kilomètre 3063 de la N 3 ( elle part de Buenos Aires et se termine ici .) .


Sur les arbres les lichens prospèrent ce qui est un indicateur qui confirme  l’absence de pollution .

Nous nous inscrivons pour une croisière sur le Canal de Beagle .

En s’éloignant d’Ushuaia , on se rend compte que la baie est entourée de montagnes qui sont l’extrémité des Andes .

Le Canal de Beagle  de 185 km de long , c’est le plus grand cimetière de bateaux du monde , la frontière entre l’Argentine et le Chili est une ligne qui relie les points les plus profonds du canal .

Le clou de cette excursion est la « Isla de los Lobos » (ile des loups de mer ) .
Le bateau s’approche tout près des iles Bridges où l’on aperçoit des centaines de loups de mer .

Otarie à fourrure australe  (lobos marinode dos pelos) en espagnol , leur nom signifie « loup marin » pour la forme de sa tête évoquant celle du loup et « à deux poils » en raison des deux couches de sa fourrure

le cormoran impérial possède un dos noir , et toute sa partie ventrale jusqu’à son cou et sa tête sont d’ une couleur blanche . Sa  crête est noire et ses pattes sont palmées  ce qui en fait un très bon nageur .

Ainsi se termine notre voyage en terres australes, le plus au sud , près de l’antarctique !!! .
En effet il n’y plus que mille kilomètres à parcourir pour accéder au continent blanc .

(cliquer sur la carte pour l’agrandir)